Carolyn Carlson

L'article d'aujourd'hui sera consacré à une danseuse et chorégraphe que les adeptes de la

Les talons de la danse (1/3)

Les danseuses et les danseurs utilisent tout leur corps et s’il y a une partie qui requiert tout particulièrement leur attention, ce sont bien leurs pieds. J’ai déjà eu l’occasion de parler ici de différents types de chaussures pour danser en soirée et il est évident que le sujet est vaste, selon le style de danse, selon les goûts individuels, selon que l’on soit une fille ou un garçon. En particulier, certaines danses se font mieux avec des talons (danses latines, tango argentin) alors que d’autres se pratiquent volontiers à plat ou en baskets (rock, lindy hop). Essayons donc de décortiquer la relation entre le talon de chaussure et la pratique de la danse ou, tout simplement, de la marche. Et cela concerne aussi les hommes… Un article en trois parties, tellement ce sujet méritait d’être traité en profondeur. Voici la liste des parties en question :

1. Origines historiques et marche sur talons hauts (cet article)
2. Des contraintes et des maux pour tout le corps
3. Danser sur des chaussures à talon

PARTIE 1
Les chaussures à talons : origines historiques et marche sur talons hauts

L’être humain porte des chaussures depuis environ 40 000 ans, mais le fait de porter les chaussures à talons est bien plus récent puisqu’en en trouve dans la culture de l’Égypte ancienne. Si l’on regarde dans l’histoire de France, on s’aperçoit que la mode des talons hauts provient du XVIe siècle, époque à laquelle Catherine de Médicis utilise des talons de provenance italienne pour se grandir et ainsi faire honneur à son mari le Duc d’Orléans (futur Henri II de France) qui était plutôt grand. La mode des talons envahira rapidement la cour de France aussi bien parmi les hommes que les femmes avec une surélévation pouvant atteindre une dizaine de centimètres. On trouve de cette époque des peintures italiennes montrant les chaussures à semelle haute et, ultérieurement, des chaussures où seuls les talons sont hauts dont j’ai regroupé deux exemples dans l’image ci-contre. Jusqu’à la Révolution, les talons ont été associés à la noblesse ou la richesse, ce qui explique le fait qu’ils aient quasiment disparu après 1789, laissant la place à la botte basse ou à la bottine. Ce n’est qu’au XIXe siècle que les talons reviennent à la mode chez les femmes et en particulier chez les prostituées. Il semble que les avantages esthétiques procurés par les talons hauts aient été assez rapidement recherchés par les « honnêtes femmes » afin de ne pas laisser cet avantage compétitif aux « filles de joie ». À noter que ce n’est que vers 1850 que l’on a commencé à fabriquer des chaussures droite et gauche de formes différentes correspondant à la forme de chaque pied.

À la base, les femmes mettent des talons hauts parce que cela les grandit, les amincit et que cela embellit leurs jambes. De plus, sur des talons hauts, la démarche peut devenir plus féminine, voire aguicheuse, du fait de la mobilisation des hanches pour le mouvement. Diverses causes à cela : les fesses ressortent un peu plus, la cheville en tension prolonge la jambe, les hanches sont utilisées pour marcher, le mollet est contracté et donne une belle courbure à la jambe, la nécessité de se tenir droite si l’on ne veut pas avoir l’air cruche, sans compter le rehaussement général de plusieurs centimètres. Il paraît même que la position de la jambe et de la cheville seraient un signal subliminal à caractère sexuel adressé aux mâles… Or, nombreuses sont celles qui ne parviennent pas à tenir sur des talons fins et encore moins à marcher correctement. Or, tout cela s’apprend et nécessite un certain entraînement au niveau de l’équilibre et au niveau des muscles.

S’il est conseillé à certaines personnes ayant mal au dos de marcher sur un talon de 1,5 centimètre environ au lieu de chaussures plates, la plupart des amatrices de talons privilégient un petit talon de 3 à 4 centimètres. Cela apporte quelques avantages esthétiques sans trop de désagréments (j’y viens bientôt…). Oui, mais voilà, la mode mène vers des talons plus hauts : au moins 9 ou 10 centimètres voire davantage s’il y a une semelle compensée en plus. Et l’équilibre est d’autant plus difficile que le talon est fin (comme le talon aiguille). Ces chaussures à la mode sont très jolies et ont un effet garanti sur la gent masculine, mais il est généralement déconseillé de les porter en permanence, au point de prévoir une paire de chaussures basses de rechange à passer au bout de quelques heures de talons vertigineux. Certain(e)s pourraient croire que le sujet de cet article ne s’applique qu’aux femmes, mais ce n’est pas exact. Les hommes aussi peuvent porter des talons couramment. Il existe des modèles de chaussures portés par les deux sexes et qui ont des talons plutôt élevés (et je n’utilise pas ici le terme de « hauts » puisqu’on n’y est pas encore). Parmi ces chaussures, il y a des bottes de style cowboy (santiags et boots) dont le talon peut atteindre 6 cm (elles sont souvent utilisées pour monter à cheval) et des chaussures à talon cubain dont le talon peut atteindre 4 à 5 cm (voir un article précédent dans ce blog pour plus d’informations sur ce type de talon en danse latine chez les hommes). Et je ne parle pas ici des chaussures une peu exotiques ou à plateforme qui circulaient dans les années de la fin des années 60 aux années 80.

Pour ce qui est de danser, les chaussures de ville à talon haut sont à réserver à une danse modérée et basique, un peu comme en discothèque, car elles sont faites pour la marche ou pour rester assise. En effet, la semelle de ce type de chaussures est bien souvent rigide (voire compensée), ce qui aide à maintenir un équilibre sur des talons très hauts. Ces dernières années, il y a deux styles de danse qui utilisent les chaussures à talon haut. La première discipline est la pole dance (danse sensuelle sur une barre verticale ) dont j’ai déjà parlé dans ce blog. Ici, les talons ne servent pas réellement à la danse, ils sont là pour le côté sexy et « aguicheur ». Il faut dire que les danseuses de pole dance n’ont pas souvent les pieds au sol. Le second style pourrait tout simplement s’appeler « Danse sur talons hauts » (parfois apparentée au style burlesque) et a été tout particulièrement mis à l’honneur par les Pussycat Dolls. Ces dernières ont d’ailleurs sorti un DVD d’entraînement (en anglais ou allemand). Les caractéristiques du port de talons hauts sont mises en avant comme un déhanchement prononcé ou encore une légère position cambrée. On remarque en passant dans le DVD que les filles des Pussycat Dolls ne portent pas leurs talons pour l’entraînement, seulement pour la représentation finale. Un autre exemple de performance sur des talons se trouve dans le clip « Single Ladies » de Beyoncé, rendu célèbre par de nombreuses reprises de la chorégraphie (y compris par des hommes) et en particulier dans la série Glee.

Avant de parler de danse en couple (rock, salsa, tango, etc.) sur des chaussures à talons (voir partie 3), voyons donc comment se passe une simple marche dans ces accessoires de mode… Celles qui ont directement essayé de marcher sur des talons hauts disent : « Pas facile ! » Effectivement, la marche sur des talons demande un certain équilibre et une certaine habitude, d’autant plus s’ils sont hauts. On considère généralement la classification suivante : talon bas (moins de 6 cm), talon moyen (entre 6 et 8,5 cm) et talon haut (supérieur à 8,5 cm). Pour démarrer, on peut s’habituer aux talons à la maison en marchant et effectuant des tâches de base en intérieur plutôt qu’aller directement faire un après-midi de shopping en ville ou une soirée dansante. Le mieux est d’alterner le port de talons plats et de talons hauts de manière à préserver les articulations et le dos. Car le port de talons de manière systématique n’est pas sans impact sur la santé. Je reprends ci-après une photo (je n’ai malheureusement pas noté la source) qui illustre très bien les différentes hauteurs de talons hauts (pas ceux pour danser que je montrerai dans la partie 3 de cet article) sans présence de semelle compensée ou de plateforme et qui montre bien la position de la jambe et de ses muscles en fonction de la hauteur. J’aurai l’occasion d’aborder la dernière hauteur de talon dans un prochain article qui portera sur les pointes (je crois que j’aurai alors fait le tour du sujet des pieds !).

Commençons déjà par avoir une bonne posture. Il faut en effet se tenir droit(e) et le cou dégagé : pas question de compenser la position tendue des chevilles par une flexion des genoux qui, elle-même, entraînera inévitablement un avachissement au niveau de la colonne vertébrale. En chaussures à talons, le poids du corps repose essentiellement sur le talon des pieds et tout le reste du corps doit être aligné au-dessus de ceux-ci. Ensuite, il faut relâcher les muscles ne servant pas à maintenir cette posture élégante. Au niveau des pieds, la marche en chaussures à talons hauts ressemble à la marche sans talons : on avance le pied en posant le talon (aussi haut soit-il) en premier au sol, puis l’avant du pied. Il ne faut pas avoir peur de mettre le talon sous pression, car il est normalement conçu pour résister. La différence se situe au niveau de l’engagement des abdominaux et du mouvement prononcé des hanches. Contrairement à une idée en vogue, il ne faut pas essayer de marcher comme les top models qui lèvent beaucoup les pieds en pliant les genoux et posent les pieds au sol sur une même ligne. Au contraire, il n’est pas nécessaire de lever exagérément les pieds du sol et il suffit de marcher un pied après l’autre, chacun d’eux ayant sa propre ligne parallèle à celle de l’autre. Évidemment, les deux lignes sont proches l’une de l’autre afin de ne pas avoir une démarche de cowboy… En talons aiguilles, l’équilibre peut être plus difficile à maintenir, mais cette difficulté est compensée par une musculature qu’il faut développer au niveau des jambes, des chevilles et des pieds. Et pour cela, rien de mieux que la danse…

Voici donc que s’achève la première partie (déjà longue) de cet article que j’ai essayé de faire le plus synthétique possible… et j’y passe le temps nécessaire pour m’assurer de la justesse des informations que je présente. Je vous invite à revenir sur ce blog dans quelques jours pour prendre connaissance de la seconde, puis de la troisième partie. Je suis persuadé qu’elles intéresseront beaucoup d’entre vous, particulièrement celles qui portent des talons pour danser les danses latino-américaines (cha-cha, rumba, salsa, etc.).

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LA photo des jazzmen

Cela fait quelques billets que je poste dans ce blog où je parle de swing. C’est en effet le sujet sur lequel je porte particulièrement mon attention en ce moment. Dans une prochaine semaine, je vous en dirai plus à propos de ce beau projet d’édition en rapport avec le swing et sur lequel je travaille d’arrache-pied. Ceux qui sont allés faire un tour sur le site de ma maison d’édition en ont déjà sûrement une idée. Bref, vous le savez la relation entre la musique et la danse est très étroite et c’est bien pour cela que l’on trouve généralement en librairie les livres sur ces deux thèmes au même rayon. Aujourd’hui, j’ai juste envie de vous parler d’une photo. Une simple photo ? Non, LA photo.

Cette photo, nommée « Harlem 1958 » ou encore « A Great Day in harlem », a été prise en 1958 par Art Kane. Il s’agit d’une photo majeure dans le monde du jazz. En effet, cette photo représente, en une seule fois, 57 des plus grands musiciens de jazz (54 hommes et 3 femmes) regroupés à New York. Elle a été publiée pour la première fois en janvier 1959 dans l’édition jazz du magazine Esquire.

Alors pourquoi cette photo est-elle si extraordinaire ? La réponse est simple, vous pouvez y voir les visages de grands noms connus comme Dizzy Gillespie, Thelonius Monk, Charles Mingus, Benny Golson, Gene Krupa, Count Basie, Gerry Mulligan, Sonny Rollins ainsi que Lester Young et bien d’autres. Bien que tous les musiciens de jazz de l’époque fussent invités, Art Kane n’avait aucune idée de combien d’entre-eux seraient présents. Il se demandait même s’il en aurait un seul pour faire la photo tout comme ceux à qui il en avait parlé. Il devait être environ 10 heures du matin (pas vraiment l’heure à laquelle les musiciens de jazz sortent habituellement du lit… L’un d’eux s’étonna d’ailleurs de découvrir qu’il y avait un « 10 heures » chaque matin.) en plein été et, pour cette occasion, les jazzmen arrivèrent l’un après l’autre par le bus, en taxi ou via le métro. Dans une interview, Dizzie Gillespie a dit un jour : « Quand j’ai découvert que cette photo allait donner l’occasion de cette grande réunion, je me suis dit que c’était une chance de voir tous ces musiciens sans avoir à aller à un enterrement. » La petite histoire associée à cette photo est qu’il y manque un musicien qui, pourtant était présent ; il s’agit de Willie « The Lion » Smith. En effet, fatigué du temps que mettait la photo à se faire, ce dernier s’était assis sur les marches au moment où le photographe appuya sur le bouton… Quoi qu’il en soit, ces 57 musiciens ont plus ou moins joué les uns avec les autres durant des années sous des combinaisons les plus variées et ont marqué leur temps et l’histoire du jazz. Pour ce qui concerne la danse, c’est leur musique qui a servi à un moment ou à un autre de support à tous les danseurs de lindy hop, de balboa, de shag, de charleston, etc.

Ci-dessus, voici la photo originale à gauche et le même immeuble de nos jours à droite. Sur la photo originale, je vous ai entouré les 3 femmes du groupe et je vous ai ajouté la photo de Willie « The Lion » Smith qui est assis. Il va de soi que cette incrustation est issue d’une autre photo prise le même jour. En avant-plan, on voit que les gamins du quartier ont été autorisés à figurer sur la photo. Peut-être des futurs musiciens (ou danseurs) ?

Au fil des années, cette photo unique a fait le tour du monde. Une très forte allusion à cette photo a d’ailleurs été faite dans le film Le Terminal Acheter sur Fnac.com de Steven Spielberg où Tom Hanks joue le rôle d’un ressortissant de Krakozie, un pays (fictif) en pleine révolution. Cet étranger au fort accent des pays de l’Europe de l’Est se retrouve coincé dans le no man’s land de l’aéroport de New York (JFK). Il faut attendre la fin du long métrage pour comprendre, mais je vous rassure, j’ai adoré ce film très touchant. Vous pouvez donc le voir ou le revoir si ce n’est pas déjà fait. Je précise quand même qu’il n’y a (quasiment) pas de danse dans ce film, c’est donc un coup de coeur dans l’absolu.

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Une partenaire articifielle

Depuis que l’homme a acquis quelques compétences en technique, il a toujours essayé de remplacer un manque dans le vivant par un objet de sa conception. Le meilleur exemple est la création de la lame (originellement en silex) pour trancher ce qu’il ne parvenait pas à découper avec ses propres mains. Beaucoup plus proche de nous, citons aussi la conception de diverses prothèses (éventuellement motorisées) pour remplacer un membre ou un organe non fonctionnel ou tout simplement disparu. Naturellement, notre monde de la danse n’échappe pas à cette manifestation inéluctable de la nature humaine à utiliser les progrès technologiques…

Dans la « vraie vie », il est très courant qu’il y ait un manque de danseurs par rapport au nombre de danseuses disponibles. Les filles ont alors trouvé la parade : elles dansent entre elles. Qui n’a jamais vu deux femmes danser la valse ensemble dans les bals populaires pour compenser le manque de partenaires masculins ? Quand il s’agit de la situation inverse, la réaction est toute différente… Pas question de danser entre hommes ! Pourtant à la belle époque du swing, les soldats américains dansaient ensemble tout comme, à une autre époque, les tangueros argentins s’entraînaient ensemble pour progresser et gagner plus tard les faveurs des rares femmes présentes dans les bals tango. Cependant, la solution que le mâle technophile a trouvée pour s’entraîner à danser sans partenaire féminine est toute autre. Il a simplement imaginé remplacer sa partenaire par un mécanisme technologique plus ou moins évolué, autrement dit par une machine. J’ai retrouvé dans des archives un brevet américain, déposé par un certain S. E. Feist le 17 mai 1921 décrivant un tel système. Voyez donc ci-dessous.

Il est à noter qu’un système similaire avait été mis en scène dans le spectacle Burn The Floor de 1999 : les danseurs dansaient avec des mannequins de couture sur roulettes. Cela me rappelle que je dois plus ou moins figurer dans cette catégorie des danseurs technophiles car j’ai moi-même conçu ce genre de chose pour m’exercer à une époque ou aucune de mes partenaires de danse n’avait la disponibilité pour s’entraîner avec moi. C’est assez simple, je vous explique… Un fin mât en bois d’1m70 de haut auquel on fixe de simples roulettes réparties sur 3 pieds lestés. On y ajoute une barre horizontale pour matérialiser les épaules. À cette barre, on fixe des manches remplies de tissus pour matérialiser les bras. Ensuite, si on le souhaite, il suffit d’y adjoindre une structure en fil métallique fin sur laquelle on peut mettre un vêtement pour donner une vague impression féminine. Cela m’a permis de travailler quelques figures de rock ou de salsa pendant un temps, quoi qu’on en dise…

Encore plus récemment, nos amis japonais ont poussé le bouchon encore plus loin. Tout le monde connaît leur passion pour remplacer l’homme par des robots. Ce sont eux qui ont créé le premier robot marcheur à forme humaine (Asimo de Honda), ainsi qu’il y a quelques mois le premier exosquelette motorisé qui permet de se rapprocher des performances de l’homme qui valait trois milliards (série télévisée fétiche des années 80). Ils ont aussi créé il y a quelques mois la partenaire de danse robotisée. Apparemment elle danse la valse. D’un point de vue technique c’est intéressant. Du point de vue du danseur, l’utilité semble assez limitée car cette danseuse motorisée ne semble être ni très maniable, ni très véloce…

N’hésitez pas à réagir et donner vos commentaires à cet article. Je serais curieux de voir ce que vous en pensez…

 

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Connaissez-vous lez Zazous ?

Le 01 octobre 2008

Derrière la dénomination de « Zazou » se cache un mouvement mené par une certaine jeunesse française des années 1940 adepte de musique jazz. Ils doivent l’origine de leur nom à Cab Calloway (le célèbre chef d’orchestre américain à la mèche rebelle) qui, en 1934, chanta le premier les onomatopées « zah zuh zaz » reprises en 1939 par Johnny Hess dans sa chanson « Je suis swing » que tout le monde connaît. Mais au-delà de l’anecdote sur cette dénomination, c’est un vrai mouvement de jeunesse que nous évoquons ici. À titre d’information, je vous mets ci-dessous le début des paroles de la chanson « Je suis swing » de l’époque.

La musique nègre et le jazz hot
Sont déjà de vieilles machines.
Maintenant pour être dans la note
Il faut du swing.
Le swing n’est pas une mélodie
Le swing n’est pas une maladie
Mais aussitôt qu’il vous a plu
Il vous prend et n’vous lâche plus.

Je suis swing, je suis swing
Da dou da dou da dou da dou dé yeah
Je suis swing, oh je suis swing.
C’est fou, c’est fou c’que ça peut griser.
Quand je chante un chant d’amour
J’le pimente d’un tas de petits trucs autour
Je suis swing, je suis swing
Za zou za zou, c’est gentil comme tout.

Johnny Hess

Et un petit clip pour écouter…

Les Zazous, aussi appelés « Petits Swings », se reconnaissaient par une tenue vestimentaire spéciale : chemise au grand col, cravate relâchée, veston trop long et pantalon trop court pour les garçons et chandail à col roulé détendu, robe plissée courte et bas noirs tombant vers des sandales de curé pour les filles. Leurs cheveux longs et frisés achevaient le tableau et leur donnaient un air rebelle.

L’ambiance des soirées Zazou tournait autour du swing et des vedettes française de l’époque : Johnny Hess, Charles Trénet, Irène de Trébert, Alix Combelle mais aussi Yves Montand et Charles Aznavour. Malgré les restrictions dues à la guerre et l’après-guerre et les erzatz remplaçant la bière ou de café, rien ne pouvait les empêcher de s’amuser en se retrouvant pour danser sur du swing. Tout cela se passait entre 1939 et 1950.

Pour aller plus loin sur le sujet, je vous conseille le récent coffret BD+CD de chez Nocturne Les ZazousAcheter sur Fnac.com qui m’a inspiré pour ce billet et dont il existe une fiche descriptive sur UltraDanse.com.

Vous pouvez aussi vous procurer le livre Les ZazousAcheter sur Fnac.com de J.-C. Loiseau, un peu plus ancien mais aussi très informatif. Côté musique les compilations regroupant des morceaux de jazz produits sous l’occupation sauront probablement vous mettre dans l’ambiance si les titre du coffret BD+CD cité plus haut ne vous suffit pas.

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