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Les danses des années 1960 et les « dance crazes » (1/2)

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Lorsqu’on pratique et qu’on enseigne tout un ensemble de danses en solo ou en couple depuis des années comme moi, il y a une période de l’histoire des danses qui passionne toujours autant : les années 1960. Je n’étais pas né à l’époque, mais j’ai parcouru de nombreuses archives qui montrent une époque où les mouvements de danse libéraient petit à petit au fil des créations plus ou moins loufoques.

Depuis la Renaissance jusqu’aux années 1950 grâce à la valse, au tango, au foxtrot ou encore le lindy hop, les salles de danse étaient animées par des danses à deux où les partenaires étaient en contact plus ou moins longtemps et plus ou moins proche selon le style  de danse. Et puis, en l’espace de quelques mois entre 1958 et 1962, tout vole en éclats. Les mains se lâchent. Les partenaires se font face à un mètre de distance, ou s’alignent en rangs serrés face au jukebox. C’est l’âge d’or des « Dance Crazes » (que l’on pourrait plus ou moins traduire sobrement par « danses à la mode », sans pour autant qu’il y ait d’équivalent français satisfaisant), une manière de danser à l’unisson qui cohabite avec le fait de danser librement chacun pour soi.

Pourtant, cette libération du partenaire ne surgit pas de nulle part : ses prémices germaient déjà dès la fin des années 1920 sur les parquets de Harlem avec le mythique shim sham dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler. Imaginée à l’origine en 1926 par les danseurs de claquettes Leonard Reed et Willie Bryant comme final collectif pour les spectacles de cabaret, puis adoptée dans les années 1930 par Frankie Manning et les danseurs de swing, cette chorégraphie en ligne posait déjà toutes les fondations des futures danses des années 1960 (et aussi plus tard des danses en ligne country ou non). Le principe de la danse en ligne de manière synchronisée sera aussi la base plus tard du madison et du hully gully, jusqu’aux pas du charleston qui nourriront directement le twist et le mashed potato comme nous allons le voir dans ce qui suit.

1. Le stroll (1957–1958)

The Stroll par The Diamonds
The Stroll par The Diamonds

Avant que les corps ne se désarticulent sur des tempos effrénés, la révolution commence tout en lenteur et en élégance à la fin de l’année 1957 avec le stroll (« la promenade »).

Le stroll puise ses racines dans les danses vernaculaires afro-américaines du XIXe siècle comme le cakewalk et le Virginia reel. En décembre 1957, sur le plateau de la célèbre émission télévisée américaine American Bandstand animée par Dick Clark à Philadelphie, les caméras filment les adolescents formant deux longues files parallèles : les garçons sont d’un côté et les filles de l’autre, laissant un couloir central au milieu de la piste. Pendant que les deux rangées effectuent sur place un ensemble de pas latéraux croisés et lents (step, cross-behind, step, tap), le couple arrivé au bout de la file s’engage dans l’allée centrale pour « parader » (on appelle cela « strolling down the lane » en VO) avec un groove rhythm & blues tout en retenue, épaules relâchées sur des chansons comme « The Stroll » par The Diamonds (une chanson écrite sur la suggestion de Dick Clark lui-même) et « C.C. Rider » de Chuck Willis, surnommé « The King of the Stroll ».

Dans cette vidéo, vous voyez un extrait d’une émission américaine pour les teenagers où les participants dansent le stroll. Ceux qui ont lu d’autres articles de ce blog auront sûrement fait la relation avec l’émission Soul Train dont j’ai parlé ici il y a quelques semaines.

2. Le hully gully (1959–1961)

Si vous avez déjà dansé en ligne lors d’une soirée dansante (souvent de danse à deux à la base), vous êtes les héritiers directs du hully gully qui fait donc office d’ancêtre direct de nos danses en ligne après le shim sham. Le nom provient d’un vieux jeu enfantin traditionnel des Caraïbes et du Sud des États-Unis (« Hully Gully, how many? », où l’on devait deviner combien de billes ou de noisettes un joueur cachait dans son poing fermé). La danse naît dans les clubs noirs de Miami et de Los Angeles vers 1958–1959 avant d’être codifiée sur disque par le groupe de rhythm and blues californien The Olympics.

Danseurs de hully gully en 1961
Danseurs de hully gully en 1961

C’est l’une des toutes premières danses en ligne « à quatre murs » comme de nombreuses danses en ligne ou danses country. Le pas de base repose sur un déplacement latéral simple (trois pas de côté sur la droite et un touch ou clap sur le 4e temps, puis retour à gauche), ponctué de quarts de tour et surtout de petites variations mimées empruntées aux autres danses du moment.  Les titres essentiels servant de base à la danse sont « (Baby) Hully Gully » par The Olympics (1959) et « Hully Gully Baby » par The Dovells (1962). En France, les artistes associés au hully gully sont Claude François, Johnny Hallyday, Sheila, sans oublier l’immortel « Douliou-douliou Saint-Tropez » (1964) chanté par Geneviève Grad ! Si vous voulez tous les détails sur cette danse, je vous propose de revoir ici une vidéo complète en deux parties que j’ai faite sur le sujet.

3. Le madison (1958–1960)

Pas du madison sur une pochette de 45 tours
Pas du madison sur une pochette de 45 tours

En France, le madison est devenu un incontournable des mariages et des bals populaires au son du remix « Last Night » de Chris Anderson et DJ Robbie « Baba oup, baba oup ! ». Mais ce n’est pas le madison originel dansé aux USA. Ainsi, savez-vous à quoi ressemble madison d’origine, tel qu’il se dansait à Baltimore en 1960 ? Je vous rappelle quelques éléments que vous pourrez retrouver dans la même vidéo abordant le hully gully puisque les deux danses sont liées. Créé en 1957–1958 à Columbus (Ohio) dans la communauté afro-américaine, le madison devient une véritable institution à Baltimore grâce aux adolescents du Buddy Deane Show dès 1959 (en réalité plusieurs villes se disputent la paternité du madison…). Au printemps 1960, deux disques concurrents sortent simultanément et propulsent le madison dans le monde entier. Le pas de base originel sur 6 temps (pas arrière, pointé, pas avant, jeté/pointé croisé devant, retour) possède un rebond très swing, hérité des jazz roots (shim sham, tranky doo, etc.). Mais la grande particularité du madison de 1960, c’est la présence d’un annonceur (« caller » en VO) sur le disque. À son signal (« When I say hit it! »), toute la ligne exécute des figures codifiées et pleines d’humour comme The Double Cross (double croisé rapide des pieds), The Jackie Gleason (glissé théâtral en hommage au comique américain), The Birdland (en hommage au club de jazz mythique de New York), The Basketball / Wilt Chamberlain (où toute la salle mime un dribble suivi d’un tir au panier en suspension !), The « T » Time (arrêt net en formant un T avec les pieds). Les musiques associées sont « The Madison » par Al Brown’s Tune Toppers (mars 1960), « The Madison Time » par Ray Bryant Combo (1960, avec les appels au micro d’Eddie Morrison). En France, nous avions Billy Bridge, sacré en 1962 « Petit Prince du Madison » avec « Le Grand M ». Petite démonstration en vidéo du madison original américain :

4. Le twist (1960–1962)

Le Twist 1960
Le Twist 1960

S’il ne devait rester qu’un seul nom pour résumer la révolution corporelle des années 1960, ce serait évidemment le twist. C’est la première danse de l’histoire moderne où deux partenaires dansent ensemble sans jamais se toucher, tout en se regardant droit dans les yeux et en improvisant. Le mouvement de torsion du bassin (twisting) existait depuis longtemps dans les danses d’Afrique de l’Ouest et dans le blues rural américain du début du XXe siècle. En 1958, le chanteur de rhythm & blues Hank Ballard voit des jeunes danser ainsi en Floride et enregistre « The Twist » en face B d’un 45 tours. Dick Clark flaire le potentiel colossal du morceau et demande au label Cameo-Parkway de le faire réenregistrer par un jeune chanteur de 18 ans au sourire communicatif : Ernest Evans, rebaptisé Chubby Checker (un clin d’œil malicieux à Fats Domino). Le 6 août 1960, sa prestation télévisée déclenche une onde de choc mondiale. Fait unique dans l’histoire du Billboard Hot 100, la chanson devient numéro 1 deux fois, en septembre 1960 (adoptée par les ados) puis à nouveau en janvier 1962 (lorsque les adultes et la jet-set new-yorkaise — de Jackie Kennedy à Greta Garbo — s’emparent du phénomène au Peppermint Lounge) ! Vous connaissez tous la célèbre image (que j’utilise aussi personnellement quand j’enseigne un twist) : « Écrasez une cigarette imaginaire avec la plante des pieds tout en vous essuyant le bas du dos avec une serviette de bain ». Le twist est basé sur une action d’opposition (contre-mouvement) entre le bloc épaules/bras et la rotation aller/retour des hanches sur des genoux fléchis. Certains danseurs jouent sur les niveaux (descendre jusqu’à ras du sol en fléchissant complètement les jambes) ou lèvent une jambe de temps en temps.

De nombreux titres se dansent en twist, en particulier : « The Twist »  par Hank Ballard & The Midnighters (1959), « Let’s Twist Again » par Chubby Checker  (1961) ou encore « Twist and Shout » par les Isley Brothers –  (1962). En France on a eu des interprètes comme Johnny Hallyday (« Viens danser le twist », lancé à l’Olympia en septembre 1961), Les Chaussettes Noires, Les Chats Sauvages (« Twist à Saint-Tropez ») ou encore Richard Anthony.

5. Le pony et le fly (1961)

It's Pony Time
It’s Pony Time

Fort du triomphe du twist, l’industrie musicale de Philadelphie lance une nouvelle danse presque chaque trimestre à compter de 1961. Cela commence par le pony (début 1961) propulsé par Chubby Checker avec « Pony Time » (numéro aux USA en février 1961, adapté d’un titre de Don Covay). Pour le danseur, c’est un triple pas rebondi syncopé (step-together-step) sur la plante des pieds en soulevant légèrement les genoux et en tenant des rênes imaginaires devant la poitrine, imitant le trot nerveux d’un poney (« pony » en anglais).

Ensuite est lancé le fly (automne 1961), toujours avec Chubby Checker. Sur son 45 tours « The Fly », on entend un rasoir électrique devant le micro pour imiter le bourdonnement d’une mouche… Les pieds glissent latéralement tandis que les bras ou les mains battent souplement comme des ailes, avant que le danseur ne frappe dans ses mains sur le temps fort comme pour attraper l’insecte en plein vol.

Comme cet article commence à être un peu long, je le découpe en deux parties. Rendez-vous dans la seconde partie pour la fin de cette épopée des dance crazes des années 1960, où nous verrons d’autres danses, où je vous parlerai un peu plus de la manière dont cela s’est passé en France à l’époque et où on découvrira quelques films où ces danses apparaissent.

Fin de la partie 1 / 2
[ Lire la partie 2  >>]

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John Travolta : des films sur toutes les danses

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Quand on pense à John Travolta, on imagine tout de suite des images très connues : un costume blanc levé vers le ciel, une coupe gominée sur fond de rock’n’roll ou encore un twist mythique dans un diner rétro. Bien avant de devenir la star d’action et la légende du cinéma que l’on connaît, Jonh Travolta était, et reste au fond de lui, un danseur accompli. Regardons l’histoire de ce danseur hors pair à travers une filmographie où le mouvement et le rythme ont construit sa légende.

La jeunesse de John Travolta et ses débuts

Welcome Back, Kotter
Welcome Back, Kotter

Né en 1954 dans le New Jersey et petit dernier d’une fratrie de six enfants, John Travolta grandit dans un milieu artistique. Sa mère, actrice et metteuse en scène, pousse ses enfants à s’intéresser au spectacle. Mais c’est vers la danse que le jeune John se tourne naturellement. Très jeune, il prend donc des cours de danse, apprenant les claquettes, le jazz et le ballet classique. Cette base technique exigeante explique plus tard son incroyable souplesse, son sens de l’équilibre et sa posture féline. Adolescent, il part à New York et arrête le lycée pour se lancer dans la comédie musicale.

Après des débuts remarqués en tournée dans Bye Bye Birdie, il décroche des rôles à Broadway dans Grease (où il joue le rôle secondaire de Doody, ce n’est pas encore le film que tout le monde connaît) et Over Here!. La télévision le rend très populaire grâce à la série Welcome Back, Kotter (1975-1979). Mais c’est le cinéma qui va le transformer en icône mondiale et le faire danser devant le monde entier.

Une filmographie dansante

Si beaucoup d’acteurs savent bouger en rythme et donc plus ou moins danser, rares sont ceux qui ont traversé les époques en explorant une telle diversité de styles chorégraphiques. Faisons donc un petit tour d’horizon des films où John Travolta a fait valser les genres.

1. Le disco et le hustle dans La Fièvre du samedi soir (1977)

la fievre du samedi soir travolta
La fièvre du Samedi soir

Tony Manero, un jeune vendeur de peinture de Brooklyn sans grand avenir, oublie sa morne condition ouvrière et ses tensions familiales chaque samedi soir en régnant en maître incontesté sur la piste d’une discothèque locale, où il espère remporter un grand concours de danse.

En incarnant Tony Manero, un jeune rebelle de Brooklyn découvrant la liberté sur la piste de danse de l’Odyssey 2001, John Travolta plonge directement dans le domaine de la danse disco et du Hustle. Grâce à une telle bande originale, il crée une frénésie mondiale du disco. Après neuf mois de formation avec le chorégraphe Lester Wilson il apporte à la danse de club une énergie nerveuse, sensuelle et athlétique qui est entrée définitivement dans l’histoire de la culture populaire.

Voici l’une des scènes de ce film iconique :

2. Le ballet moderne dans Staying Alive (1983)

John Travolta dans Staying Alive
Staying Alive

Quelques années après ses folles soirées à Brooklyn, Tony Manero tente de percer à Broadway en décrochant un rôle de danseur professionnel dans une comédie musicale exigeante, tout en naviguant entre ses ambitions amoureuses et professionnelles.

Suite directe de Saturday Night Fever, un film réalisé par Sylvester Stallone, John Travolta mène Tony Manero de la piste de danse du club vers les exigences des théâtres de Broadway. Travolta laisse derrière lui le pur disco pour découvrir la danse contemporaine, le ballet moderne et la chorégraphie théâtrale. Il utilise alors directement son répertoire plus athlétique, plus technique et plus théâtral, ce qui rejoint légèrement sa formation classique.

3. Le rock’n’roll des fifties dans Grease (1978)

grease travolta
Grease

Grease Dans l’Amérique insouciante de la fin des années 1950, Danny Zuko, le chef charismatique d’une bande de blousons noirs, et Sandy, une jeune fille sage et romantique, vivent une idylle estivale avant de se retrouver par surprise dans le même lycée de banlieue. Ce film est l’adaptation à l’écran de la comédie musicale de Broadway portant le même nom où John Travolta avait précédemment joué un rôle secondaire. 

Juste après le disco, Travolta enfile le blouson en cuir de Danny Zuko. Sur une chorégraphie de Patricia Birch, il mélange l’énergie du rock et du swing des années 1950 à une insolence très pop. Les scènes de bal (le célèbre concours de danse de Rydell High) et les numéros musicaux comme « You’re the One That I Want » montrent sa capacité à lier comédie romantique et précision rythmique avec sa partenaire Olivia Newton-John.

4. La danse country et western dans Urban Cowboy (1980)

urban cowboy
Urban Cowboy

Un jeune Texan débarque à Houston pour travailler dans une raffinerie et trouve son exutoire dans un immense honky-tonk local, le Gilley’s, un lieu de perdition rythmé par la danse country, l’alcool et les rodéos sur taureau mécanique. Danse en ligne country, two-step et rodéo marquent des temps forts de ce film qui ravira les amateurs de danse country.

Changement total d’ambiance et de décor. Travolta quitte New York pour les bars texans dans ce drame romantique. Ici, pas de paillettes disco ou de blouson de type teddy. L’acteur s’adapte à la culture populaire rurale américaine, maîtrisant la rigueur collective de la danse country, en n’oubliant pas de monter un taureau mécanique. 

Un petit extrait dansant du film :

5. Le fitness et l’aérobic des années 1980 dans Perfect (1985)

John Travolta dans Perfect
Perfect

Un journaliste du magazine Rolling Stone mène une enquête sur l’univers en plein essor des clubs de fitness et des salles de sport branchées en Californie, et tombe amoureux d’une instructrice d’aérobic intransigeante.

Aux côtés de Jamie Lee Curtis, John Travolta profite de la mode du fitness des années 1980. Dans ce film où il joue un journaliste enquêtant sur les salles de sport, les scènes de danse ressemblent à des cours d’aérobic, montrant sa souplesse dans un style très sportif et moderne.

6. Le twist pop-culturel dans Pulp Fiction (1994)

pulp fiction
Pulp Fiction

Les destins croisés de petits gangsters, de tueurs à gages philosophes et de boxeurs fatigués dans la pègre de Los Angeles, rythmés par des dialogues ciselés, de la violence stylisée et des rencontres improbables. Devenu film culte pour beaucoup de cinéphiles, Pulp Fiction a été tourné en 1994 et John Travolta y joue l’un des rôles principaux.

On y retrouve la scène de danse la plus connue du cinéma moderne. Dans le rôle du tueur à gages Vincent Vega, Travolta danse avec Uma Thurman au restaurant Jack Rabbit Slim’s. Sans mouvements compliqués, mais avec un charisme fou et un vrai sens du rythme, il fait un twist simple et décalé qui reste un moment fort du cinéma, marquant son grand retour.

Voici l’extrait culte :

7. Le kitsch exubérant et la danse en ligne afro-américaine des années 1960 dans Hairspray (2007)

hairspray
Hairspray (2007)

Dans le Baltimore des années 1960, une adolescente ronde et passionnée de danse rêve d’intégrer une émission de télévision locale très populaire pour y imposer la mixité raciale et la joie de vivre. Ce film est le remake du film du même nom, tourné en 1988, qui propose aussi des scènes de danse dont le « vrai » madison, le Madison Time (pas le madison que nous dansons en France de nos jours).

Dans cette adaptation très colorée, Travolta fait une performance en jouant Edna Turnblad, la mère complexée bien en chair, grâce à de longues heures de maquillage. On y voit des danses dans l’esprit des danses pour adolescents des années 1960 dans un style comédie musicale avec une bande son dynamique. Contre toute attente, la fin du film lui offre un grand numéro musical (« You Can’t Stop the Beat ») où il montre une grâce et une joie de vivre communicative, prouvant que son talent de danseur ne vieillit pas.

Conclusion

De la rigueur de ses jeunes années au ballet jusqu’à Broadway et aux pistes de danse d’Hollywood, John Travolta n’a jamais cessé de raconter des histoires avec son corps. Sa carrière de danseur est le reflet d’un voyage à travers la culture populaire américaine : des boîtes disco aux planchers poussiéreux du Texas, du rock adolescent au twist moderne. Plus qu’un acteur qui sait danser, John Travolta est un danseur-né qui a utilisé le cinéma comme la plus grande des pistes de danse proposant une série de films incontournables pour tout amateur de danse.

Je me dis que je devrais peut-être inaugurer dans ce blog une série d’articles où chacun serait consacré à un film sur le thème de la danse. Il y en a tellement à vous faire découvrir !

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Gene Kelly, le danseur sous la pluie

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Aujourd’hui je vous emmène vers l’âge d’or des comédies musicales hollywoodiennes où une photo s’impose immédiatement : un homme souriant, suspendu à un lampadaire sous la pluie, chantant nonchalamment. Cet homme, c’est Gene Kelly. Acteur, danseur, chanteur, réalisateur et chorégraphe de génie qui a révolutionné la danse à l’écran et est décédé il y a tout juste 30 ans cette année.

De Pittsburgh aux scènes de Broadway

Né en 1912 à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Eugene Curran Kelly (le nom civil de Gene Kelly) ne se destine pas initialement à la danse. Durant sa jeunesse, il se passionne surtout pour le sport et le football américain. Poussé par sa mère qui inscrit toute la fratrie à des cours de danse, il commence par rechigner avant de se découvrir une véritable fascination pour les arts de la scène.

Gene Kelly jeune
Gene Kelly jeune

Après des études d’économie, la Grande Dépression frappe sa famille. Pour gagner sa vie, il enseigne la danse et monte des spectacles locaux. Son énergie communicative le pousse rapidement vers New York. Il fait ses débuts à Broadway à la fin des années 1930, avant d’exploser littéralement en 1940 dans le premier de la comédie musicale Pal Joey. C’est le passeport idéal pour Hollywood, qui lui tend les bras.

Un style ancré dans le sol

Gene Kelly et Fred Astaire
Gene Kelly et Fred Astaire

Pour bien comprendre la singularité de Gene Kelly, il faut le comparer à son grand contemporain, Fred Astaire.

  • Fred Astaire incarnait l’élégance suprême, le dandy aérien en queue-de-pie qui semblait flotter au-dessus du sol, héritier direct de la grande tradition du vaudeville. Pour davantage de détails, vous pouvez lire l’article que je lui ai consacré il y a quelques mois dans ce blog.

  • Gene Kelly, quant à lui, était l’athlète terrien. Il a démocratisé un style plus populaire, vigoureux et ancré dans la réalité. Ses claquettes puisaient autant dans le folklore irlandais que dans le jazz, la danse moderne et le ballet classique.

Gene Kelly voulait que la danse exprime des émotions quotidiennes : la colère, la joie simple d’un ouvrier ou la fougue d’un marin en goguette. C’est lui qui a fait entrer la danse moderne et athlétique dans les studios de cinéma.

Ses partenaires

Tout au long de sa carrière, Gene Kelly a partagé l’affiche avec les plus grandes étoiles de son époque, créant une alchimie magique à chaque film :

  • Cyd Charisse, sublime partenaire au port altier avec qui il partage un ballet mémorable dans Un Américain à Paris (1951).

  • Leslie Caron, qu’il découvre et propulse au rang de star internationale dans ce même film.

  • Judy Garland, amie de longue date et complice de talent dans des films comme Le Pirate (1947).

  • Rita Hayworth, à ses côtés dans l’inoubliable Reine de Broadway (1944).

Cyd Charisse et Gene Kelly
Cyd Charisse et Gene Kelly

Ses films à succès

Parmi ses plus grands triomphes au box-office américain, impossible de ne pas citer Un jour à New York (1949). Mais son chef-d’œuvre absolu reste sans conteste Chantons sous la pluie (1952), coréalisé avec Stanley Donen. Ce film, qui brocarde avec tendresse le passage du cinéma muet au parlant à Hollywood, regorge de morceaux de bravoure, à commencer par le numéro éponyme où Gene Kelly, trempé jusqu’aux os, utilise son parapluie comme accessoire de danse pour exprimer le comble du bonheur amoureux.

Chantons sous la pluie : Gene Kelly
Chantons sous la pluie : Gene Kelly

Je vous propose de revoir un extrait légendaire de cette séquence mythique de Chantons sous la pluie :

Parmi les audaces techniques les plus marquantes de sa filmographie, Gene Kelly a sans cesse cherché à repousser les frontières de l’immersion. Dans le film Escale à Hollywood (Anchors Aweigh, 1945), il signe l’un des duos les plus surprenants de l’histoire du 7e art en partageant l’écran avec Jerry la souris (de la célèbre série animée Tom et Jerry).

Gene Kelly et Jerry
Gene Kelly et Jerry

Initialement, les studios MGM avaient approché Walt Disney pour emprunter Mickey Mouse, mais face au refus de ce dernier, Gene Kelly s’est tourné vers les animateurs William Hanna et Joseph Barbera bien connus pour de nombreux dessins animés courts à l’époque. Pour réaliser cette séquence où le marin américain danse en parfaite harmonie avec le petit rongeur sur le « Worry Song », il a fallu plus d’un an de travail minutieux en post-production. Gene Kelly a dû danser seul face à un sol quadrillé et des repères, calant ses mouvements au millimètre près avant que les équipes ne dessinent et superposent l’animation image par image grâce à la technique de la rotoscopie. Le résultat demeure une merveille d’inventivité et de poésie enfantine.

Je vous propose de revoir ce numéro d’animation et de danse inédit à l’époque :

Les ballets oniriques

Gene Kelly ne se contentait pas de enchaîner les chansons rythmées ; il a profondément transformé la structure narrative des comédies musicales en y introduisant de vastes fresques dansées. Convaincu que la danse pouvait exprimer ce que les dialogues ne parvenaient plus à dire, il a imposé des ballets oniriques d’une grande ambition artistique au cœur de ses films.

Le sommet de cette démarche s’observe dans le final monumental d’Un Américain à Paris, un ballet de près de dix minutes entièrement sans dialogues. S’inspirant des grands peintres impressionnistes et post-impressionnistes français comme Dufy, Renoir, Van Gogh ou Toulouse-Lautrec, ce voyage visuel et sensoriel plonge le spectateur dans un Paris rêvé, aux décors changeants et somptueux, où Kelly et Cyd Charisse racontent une histoire d’amour purement par le mouvement et la musique de George Gershwin. Ce pari audacieux, risqué pour les studios de l’époque, a non seulement conquis le public, mais a aussi ouvert la voie à une écriture cinématographique beaucoup plus poétique.

Gene Kelly et Leslie Caron dans Un Américain à Paris
Gene Kelly et Leslie Caron dans Un Américain à Paris

Les demoiselles de Rochefort en France

Gene Kelly vouait un amour profond à la culture française et à Paris, qu’il considérait comme une source d’inspiration inépuisable. Cet attachement l’a conduit à participer à l’un des joyaux du cinéma français : Les Demoiselles de Rochefort (1967), réalisé par Jacques Demy, avec une partition magistrale signée Michel Legrand.

Dans ce film musical multicolore tourné en plein air, il interprète le rôle d’Andy Miller, un musicien américain de passage. Il y danse et y joue en français (doublé pour les chansons, mais s’exprimant lui-même dans les dialogues en français) aux côtés de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Sa présence est un pont magnifique entre Hollywood et la French Musical Touch.

Découvrez l’ambiance unique de sa participation dans le film Les demoiselles de Rochefort :

Un héritage éternel

Disparu en 1996 à l’âge de 83 ans, Gene Kelly a laissé derrière lui une empreinte indélébile. Il a prouvé que la danse au cinéma n’était pas un simple numéro de remplissage, mais un outil narratif à part entière, capable de faire avancer l’histoire et de toucher le cœur des spectateurs du monde entier.

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Une danse à la Saint-Jean

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À une époque, je m’essayais à tout type d’écrit autour du thème de la danse. J’ai écrit des livres de technique, un livre de type « cahier de vacances »/quiz, j’ai traduit des ouvrages de l’américain vers le français, etc. Je me suis aussi essayé à divers styles d’écriture et divers exercices autour de la danse que j’ai regroupés dans « Histoires de danseurs »  et « Nouvelles histoires de danseurs« . J’ai décidé de partager le texte qui suit avec vous pour vous faire découvrir cela. Il s’agit d’un exercice un peu spécial où je me suis essayé à entremêler les textes de trois chansons que j’aime bien pour former une unique histoire courte. Je vous laisse deviner le titre des chansons (que vous pouvez me demander par message si vraiment vous ne trouvez pas) et le nom des auteurs (que je cite en fin d’article). Je vous dirai seulement que l’action se passe lors de la Saint-Jean…

Mes parents m’ont donné pour prénom Lucie. Lucie, c’est moi. Un prénom, c’est d’ailleurs la seule chose à laquelle on peut se raccrocher dans les moments les plus difficiles. Je ne suis plus toute jeune, mais il y a des événements, dans une vie, qu’on n’oublie jamais. Ne pleure pas ma petite fille. Ce qui t’est arrivé aujourd’hui est arrivé à bien d’autres. Même à ta grand-mère. Je sais, il y a des soirs comme ça où tout s’écroule autour de toi.

J’avais à peine dix-huit ans. De mon temps, nous n’avions pas beaucoup de distractions. Surtout dans les villages de campagne. Le vingt-quatre juin était traditionnellement organisée une grande fête ainsi qu’un bal. C’est comme cela qu’on célébrait l’arrivée de l’été chez moi. On réalisait un grand feu de joie qui devait se voir le plus loin possible. Dans mon humble village, en ce soir de la Saint-Jean, tous les gens de la commune apportaient à l’endroit désigné, des fagots de brindilles, des branches mortes et autres combustibles divers qu’on regroupait en tas, dans la gaieté générale. Parfois, on entassait tous ces matériaux autour d’un grand arbre coupé et laissé là depuis quelques semaines en prévision de l’occasion. Le sommet en était alors décoré de fleurs en bouquet, en couronne ou en croix.

Je n’ai jamais particulièrement aimé la foule. Chaque année, je ne sais pourquoi j’allais danser, à la Saint-Jean, au bal musette. Tout le monde venait de la campagne environnante et se retrouvait au même endroit. Pour les jeunes gens, c’était aussi l’occasion de se rencontrer et de danser ensemble. Chacun attendait l’événement avec impatience.

Pour ma part, je m’y rendais comme d’habitude avec ma famille. Une fois sur place, chacun pouvait vaquer à ses occupations : discussions animées avec des connaissances ou fréquentation de la buvette. Parfois les deux. Je n’avais à l’époque que très peu d’amies. Ma cousine, Manon, était aussi ma meilleure amie. Cette année-là, elle était la seule amie qui était présente à la fête. Heureusement car, même si mes parents étaient présents, je me serais sentie un peu seule sinon.

Je m’émerveillais devant le flamboiement du grand brasier. Sa lumière changeante et imprévisible donnait des accents de fête aux autres éclairages mis en place autour de l’orchestre. Dans le bruit des rires et la clarté des flammes, il s’est avancé. Jules — c’était son prénom, je l’appris plus tard — avait le sourire éclatant d’un prince charmant. Un verre à la main, il m’a frôlé la hanche et s’est penché vers moi en me disant « Tu es bien jolie. » Soudainement fébrile, je sentis ma respiration s’arrêter. Son divin sourire m’hypnotisait. Pourtant, il était déjà passé et avait rejoint ses amis. Sur le coup, je n’ai pas bien compris ce qui se passait.

En ce temps-là, je travaillais dans une ferme dont mes parents connaissaient les propriétaires. Un dur travail où les occasions de se détendre étaient difficiles à trouver. L’ambiance générale et mon jeune âge aidant, mon esprit fût happé par ce gars que je n’avais pourtant jamais rencontré auparavant. Juste quatre mots qui ne cessaient de tourner dans ma tête. Juste quatre mots qu’on ne m’avait encore jamais dits. Juste quatre mots pour lesquels j’étais subitement prête à changer de vie. Étrangement troublée, je ne pouvais m’ôter ce garçon de l’esprit.

Timide, j’avais tendance à rester auprès de ma famille et les amis de la famille. Personne en dehors de mes connaissances proches ne m’invitait à danser. Et encore… Je devinais bien que c’était, parfois, simplement par gentillesse pour qu’une jeune fille ne reste pas là sans danser que mon oncle m’invitait. À un moment donné, Jules s’est dirigé vers moi et m’a prise par la main. Sans un mot. J’étais aux anges lorsque nous avons commencé à danser. Les virevoltes de la valse nous ont petit à petit éloignés de l’endroit où ma famille était regroupée.

Je lui souriais déjà sans retenue, mais quand ce gars m’a pris un baiser, j’ai frissonné. J’étais chipée. Irrémédiablement perdue dans ses magnifiques yeux bleus. Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l’on croit toujours aux doux mots d’amour quand ils sont dits avec les yeux. Je me sentais toute chose. Un élan de sentiments était monté en moi. Moi qui l’aimais tant, je le trouvais le plus beau de Saint-Jean. Et je restais grisée, sans volonté, sous ses baisers.

Il m’a ensuite emmenée un peu à l’écart des danseurs et de la foule. Plein de tendresse, de son sourire charmeur, il me chantait Ramona. Sans plus réfléchir, je lui donnais le meilleur de mon être. Beau parleur, chaque fois qu’il mentait, je le savais. Mais je l’aimais. Je me faisais une raison. Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l’on croit toujours aux doux mots d’amour quand ils sont dits avec les yeux. Moi qui l’aimais tant, je le trouvais le plus beau de Saint-Jean. Encore et encore, je restais grisée, sans volonté, sous ses baisers.

Il me promit qu’il m’aimait avec force de regards enjôleurs. En réalité, il ne prononça jamais les mots « je t’aime. » Il avait sûrement ses raisons pour ne pas me les dire ; il me semblait pourtant évident, à cet instant, qu’il les pensait. Mais hélas, à la Saint-Jean comme ailleurs, un serment n’est qu’un leurre. Je devais le comprendre bientôt.

Alors que la soirée avançait, ma cousine Manon vint me chercher. Il était temps de rentrer. Il était encore tôt malgré tout. Mais dans une ferme on se lève aux aurores. Le travail n’attend pas à la campagne. Je dus donc, à contrecoeur, me séparer de mon amant et rejoindre ma famille. Je dus attendre quelques instants que mon père eût fini sa conversation avec mon patron qu’il venait de croiser au détour du grand feu central aux ardeurs déclinantes. Puis ce fut le signal du départ. À ce moment, de l’autre côté du grand brasier, je crus distinguer mon Jules. Mon coeur se brisa en mille morceaux quand je compris qu’une autre jeune fille se trouvait dans ses bras, suspendue à ses lèvres.

J’étais folle de croire au bonheur et de vouloir garder son coeur. Je prenais conscience de mon erreur, mais comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l’on croit toujours aux doux mots d’amour quand ils sont dits avec les yeux. Moi qui l’aimais tant, mon bel amour, mon amant de Saint-Jean. Il ne m’aime plus. C’est du passé. N’en parlons plus.

Mais ce trouble-là brûle en mes souvenirs. Tout avait commencé si doucement. Juste quatre mots, le trouble d’une vie. Juste quatre mots qu’aussitôt il oublia. Mais j’y pense encore, encore et toujours. La musique, le décor et ses mots de velours. Son parfum, ses dents blanches, les moindres détails sont encore en moi.
 

Ma petite fille… Ne pleure pas. Cette cruelle déception que tu as eue, tu le vois, je l’ai eue moi aussi dans le passé. Mais j’ai survécu. Ce ne fut pas facile, crois-moi. Au début, j’ai essayé, sans trop savoir pourquoi, de toujours regarder devant moi. Sans jamais baisser les bras. Je sais… Ce n’est pas le remède à tout, mais il faut se forcer parfois.

J’ai bien failli ne pas connaître ma grand-mère. Mais un ange en a décidé autrement. Il te faut profiter du temps qui nous est donné de vivre avec les autres tant que possible. Et vivre ses sentiments. Ma grand-mère me disait : « Lucie… Lucie, dépêche-toi. On vit et on ne meurt qu’une fois. Et on n’a le temps de rien, que c’est déjà la fin. Mais ce n’est pas marqué dans les livres que le plus important à vivre est de vivre au jour le jour. Le temps c’est de l’amour. »

Ma petite fille ne t’arrête pas. On ne vit qu’une vie à la fois. À peine le temps de savoir, qu’il est déjà trop tard… J’ai fait le tour de tant d’histoires d’amour et je sais qu’il te faut bien assez de courage pour tourner d’autres pages. Sache que le temps nous est compté. Il ne faut jamais se retourner en se disant que c’est dommage d’avoir passé l’âge.

  *
* *

Merci principalement à Léon Agel mais aussi à Pascal Obispo et Jean-Jacques Goldman, tous trois auteurs talentueux de chansons à succès, pour leur participation involontaire à l’écriture de ce texte. Je vous suggère de relire leurs textes afin de les apprécier en tant que tels et ensuite de comprendre comment je les ai utilisés et mélangés.

Les deux recueils que j’ai cités en début d’article contiennent chacun une quinzaine de textes et nouvelles ainsi qu’un dernier chapitre dépeignant des portraits de différents stéréotypes de danseurs et danseuses traités sur le ton de l’humour. Les histoires courtes parlent toutes de danse (essentiellement de danse en couple) et pourront rappeler à certaines et certains des situations connues… Vous pouvez évidemment les commander sur mon site https://www.rolland-editions.fr 

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Duo Rythme, le retour de la revanche du fils de…

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Les derniers articles que j’ai postés ressemblaient à la fin de tout… Pourtant ce n’était jusque que la fin d’un chapitre. Besoin d’un break, d’une pause dans le rythme effréné de l’animation d’une grande école de danse à moi tout seul en milieu urbain (Toulouse), sur le pont presque 24h/24 et 7j/7 dans des horaires atypiques par rapport à la plupart des gens. Et puis, me revoilà ! Entre temps, j’ai fait une pause, restructuré mon quotidien pour moins de stress à la campagne et un meilleur équilibre pour une vie de famille.

Cette année, je me suis ré-intéressé à la danse country en profondeur, mais il me fallait revenir à la danse à deux dans mon nouvel environnement verdoyant en pleine nature. Et voici que se crée l’association « Duo Rythme » (http://www.duorythme.fr) pour préparer la rentrée prochaine en septembre 2026. Loin de la multitude d’activités que je proposais dans mon école (l’Espace UltraDanse) jusqu’en 2025, il s’agit d’une petite association qui va démarrer sa première saison avec juste 2 cours principalement pour les débutants. On repart à zéro, dans un vrai esprit associatif.

Duo Rythme
Duo Rythme

On reprend tout à zéro (cette fois ma compagne est de la partie dès le début) : brainstorming sur le nom, travail sur un logo, formalités de création, statuts, démarches auprès de la mairie pour occuper la salle municipale, site Internet, communication, etc.

Je vais aussi reprendre les publications ici même après une année de pause (un pause dans beaucoup de choses en fait, mais cela fait du bien de casser le rythme de temps en temps). Alors voilà, restez à l’écoute d’ultradanse.fr qui fête cette année ses 25 années d’existence !

 

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Quelques pas de base en claquettes (tap dance)

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Gene Kelly Claquettes

Qui n’a pas rêvé faire comme Fred Astaire, Ginger Rogers ou Gene Kelly dans les comédies musicales hollywoodiennes, se mouvant avec aisance en faisant de petits cliquetis de la pointe de ses chaussures ? Au-delà de la danse et des mouvements effectués par l’ensemble du corps, l’ajout des claquettes apporte une difficulté certaine à l’apprentissage de ce style. Le mélange de technique et de rythmes imposé par l’utilisation des chaussures avec des fers à l’avant et à l’arrière va avec son propre vocabulaire universel en anglais. Nous allons ici répertorier quelques mouvements de base des claquettes (frappes de base) qui correspondent à ces termes techniques anglais bien précis. Si vous voulez des informations générales sur les différents styles de danse à claquettes, je vous conseille de consulter la présentation dans cet article.

Vue d’ensemble et maintien

Lorsque vous dansez avec des chaussures à claquettes aux pieds, vous réalisez inévitablement les frappes de base que de nombreux autres danseurs ont réalisé avant vous. Il s’agit d’un passage obligé. Ces frappes sont certes destinées à produire des sons assimilables à des percussions, mais n’oubliez pas que vous êtes censés danser… Aussi, vos bras ne doivent-ils pas rester statiques le long du corps (sauf, bien entendu, dans le cas d’une orientation spécifiquement claquettes irlandaises). Généralement, le bras opposé au pied qui effectue la frappe est légèrement levé, exactement comme lorsque l’on marche. Restez toujours bien droit et n’oubliez pas de garder la jambe sur laquelle se trouve le poids de votre corps (jambe opposée à celle qui effectue la frappe) légèrement pliée : pas de jambe tendue !

Liste des pas présentés
(par ordre courant de difficulté)

  1. Tap (touch)
  2. Step
  3. Brush
  4. Back brush
  5. Shuffle
  6. Hop
  7. Leap
  8. Heel
  9. Stamp
  10. Stomp
  11. Toe
  12. Ball
  13. Scuff
  14. Dig
  15. Flap
  16. Slap
  17. Backflap

TAP simple (ou « TOUCH »)

Définition : frappe de la demi-pointe sans poids du corps

La première frappe que vous pouvez réaliser est le touch. Il s’agit d’une frappe simple et brève réalisée en combinant l’action de la cheville et du genou pour abaisser la pointe du pied jusqu’au contact avec le sol, puis en relevant le tout toujours par une action combinée de la cheville et du genou.


1. La pointe entre au contact avec le sol.

2. Elle est aussitôt relevée.

Si vous réalisez un touch avec le pied droit, le poids de votre corps reste tout le temps sur votre jambe gauche : vous êtes en équilibre sur votre pied gauche. On entend 1 son : « clic ».

STEP

Définition : frappe de la demi-pointe avec poids du corps

Le step est réalisé comme un pas (d’où son nom). Le principe est le même que pour le touch, mais au lieu de relever la pointe du pied, vous laissez celle-ci en contact avec le sol et vous faites passer en même temps le poids de votre corps sur la jambe correspondante. Si vous commencez le step avec le poids du corps sur la jambe gauche, vous le finissez avec le poids sur la jambe droite.
On entend 1 son : « clic ».

BRUSH (ou forward brush ou front brush)

Définition : effleurement de la pointe du pied en avant.

Le brush correspond à un mouvement du pied vers l’avant. Vous êtes en équilibre sur la jambe opposée du pied qui va brièvement racler le sol dans un mouvement en arc de cercle vers l’avant. Le contact avec le sol se fait au niveau de la demi-pointe du pied. Ce mouvement est principalement réalisé par l’action du genou. La cheville n’entre en action que brièvement lors du contact avec le sol.

À la fin du mouvement, le pied qui a effectué le brush est en l’air vers l’avant.

On entend 1 son : « chlic ».

BACK BRUSH

Définition : effleurement de la pointe du pied en arrière.

Le back brush correspond à un mouvement du pied de l’avant vers l’arrière. Vous êtes en équilibre sur la jambe opposée du pied qui va brièvement racler le sol dans un mouvement en arc de cercle vers l’arrière. Le contact avec le sol se fait au niveau de la demi-pointe du pied. Ce mouvement est principalement réalisé par l’action du genou. La cheville n’entre en action que brièvement lors du contact avec le sol.

À la fin du mouvement, le pied qui a effectué le brush ne touche pas le sol.

On entend 1 son : « chlic ».

SHUFFLE

Définition : effleurement de la pointe du pied en avant, puis en arrière (brush suivi de back brush).

Le shuffle correspond à la combinaison à suivre d’un brush et d’un back brush.

À la fin du mouvement, le pied qui a effectué le shuffle ne touche pas le sol.

On entend 2 sons : « chlic chlic ».

HOP

Définition : saut sur la demi-pointe sur le pied d’appui

Le hop correspond à un petit saut simple. Le talon ne doit pas être posé au sol ni pour donner l’impulsion, ni pour atterrir.


1. On effectue un petit saut.

2. Et on atterrit sur la demi-pointe.

Vous ne posez pas l’autre pied au sol, ni le talon. On entend 1 son : « clic ».

LEAP

Définition : saut sur la demi-pointe d’un pied sur l’autre

Le leap correspond à un petit saut simple tout en changeant de jambe. Le talon ne doit pas être posé au sol ni pour donner l’impulsion, ni pour atterrir.


1. On effectue un petit saut sur un pied.

2. Et on atterrit sur la demi-pointe de l’autre pied.

Vous posez toujours un pied à la fois au sol. On entend 1 son : « clic ».

HEEL

Définition : pose du talon à plat

Le heel consiste à poser le talon sur le sol.


1. Le talon n’est pas posé.

2. On pose le talon.

On entend 1 son : « clac ».

STAMP

Définition : pied à plat avec poids du corps dessus

Le stamp correspond à une frappe avec le pied plat en portant le poids du corps sur ce pied. À la fin de la frappe, il est possible de rester en équilibre sur le pied qui vient de faire le stamp.


1. On effectue un petit saut.

2. Et on atterrit sur la demi-pointe.

On entend 1 son : « poum ».

STOMP

Définition : pied à plat sans poids du corps dessus

Le stomp correspond à une frappe avec le pied plat en restant en équilibre sur l’autre pied. À la fin de la frappe, il est possible de lever le pied qui vient de faire le stomp sans tomber…


1. On effectue un petit saut sur un pied.

2. Et on atterrit sur la demi-pointe de l’autre pied.

On entend 1 son : « pam ».

TOE

Définition : piqué de la pointe du fer avant

Le toe consiste à poser la pointe du fer avant sur le sol.


1. Le pied n’est pas posé.

2. On pose la pointe.

On entend 1 son : « plic ».

BALL ou BALL TAP

Définition : talon au sol, pose de la demi-pointe

Baisser la demi-pointe pour frapper le sol sans le poids du corps, et la soulever pour continuer.


1. Le talon est au sol…

2. On pose la demi-pointe.

3. On peut la relever.

On entend 1 son : « clic ».
Ce même mouvement existe en baissant la demi-pointe avec le poids du corps. Il se note de la même façon (ball) ou est noté ball+. En fonction de la frappe qui suit, il est facile et surtout logique de savoir si on met ou non le poids du corps.

SCUFF ou HEELSCUFF

Définition : talon de volée

En descendant le genou, la partie arrière du talon effleure le sol vers l’avant.


1. On prépare la frappe.

2. Le talon touche le sol et la jambe continue.

On entend 1 son : « clac ».

DIG ou HEELDIG

Définition : piqué du fer arrière

Commencer talon en l’air et poser la partie arrière du talon avec le poids du corps (on laisse alors le pied au sol) ou sans le poids du corps (on soulève alors le pied pour continuer).


1. Préparation en avant.

2. Le talon finit sa course au sol.

On entend 1 son : « cloc ».

FLAP

Définition : brush suivi d’un step

Il y a deux sons en un seul mouvement : en descendant le genou, la plante du pied (ou demi-pointe) effleure le sol (c’est le brush) avant d’être posée au même endroit avec le poids du corps. Pour signifier les deux sons, prononcer le mot flap comme ceci : « FEUL-LAP ».


1. Le brush…

2. Suivi du step.

On entend 2 sons : « chlic – clac ».

SLAP

Définition : brush suivi d’un tap

Il y a deux sons en un seul mouvement : en descendant le genou, la plante du pied (ou demi-pointe) effleure le sol (c’est le brush) avant d’être posée au même endroit sans le poids du corps. Pour signifier les deux sons, prononcer le mot slap comme ceci : « SEUL-LAP ».


1. Le brush…

2. Suivi du tap.

On entend 1 son : « chlic – clic ».

BACKFLAP

Définition : backbrush suivi d’un step

Il y a deux sons en un seul mouvement : en relevant le genou, la plante du pied (ou demi-pointe) effleure le sol (c’est le brush) avant d’être posée au même endroit avec le poids du corps.

 


1. Le brush…

2. Suivi du step.

On entend 2 sons : « chlic – clac ».

Musique

Vous pouvez danser avec des claquettes sur de nombreuses musiques étant entendu que vous devenez musicien-percussionniste avec vos chaussures aux pieds… Le jazz est toutefois un type de musique de prédilection pour les danseurs à claquettes.

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