Quand on pense à John Travolta, on imagine tout de suite des images très connues : un costume blanc levé vers le ciel, une coupe gominée sur fond de rock’n’roll ou encore un twist mythique dans un diner rétro. Bien avant de devenir la star d’action et la légende du cinéma que l’on connaît, Jonh Travolta était, et reste au fond de lui, un danseur accompli. Regardons l’histoire de ce danseur hors pair à travers une filmographie où le mouvement et le rythme ont construit sa légende.
La jeunesse de John Travolta et ses débuts

Né en 1954 dans le New Jersey et petit dernier d’une fratrie de six enfants, John Travolta grandit dans un milieu artistique. Sa mère, actrice et metteuse en scène, pousse ses enfants à s’intéresser au spectacle. Mais c’est vers la danse que le jeune John se tourne naturellement. Très jeune, il prend donc des cours de danse, apprenant les claquettes, le jazz et le ballet classique. Cette base technique exigeante explique plus tard son incroyable souplesse, son sens de l’équilibre et sa posture féline. Adolescent, il part à New York et arrête le lycée pour se lancer dans la comédie musicale.
Après des débuts remarqués en tournée dans Bye Bye Birdie, il décroche des rôles à Broadway dans Grease (où il joue le rôle secondaire de Doody, ce n’est pas encore le film que tout le monde connaît) et Over Here!. La télévision le rend très populaire grâce à la série Welcome Back, Kotter (1975-1979). Mais c’est le cinéma qui va le transformer en icône mondiale et le faire danser devant le monde entier.
Une filmographie dansante
Si beaucoup d’acteurs savent bouger en rythme et donc plus ou moins danser, rares sont ceux qui ont traversé les époques en explorant une telle diversité de styles chorégraphiques. Faisons donc un petit tour d’horizon des films où John Travolta a fait valser les genres.
1. Le disco et le hustle dans La Fièvre du samedi soir (1977)

Tony Manero, un jeune vendeur de peinture de Brooklyn sans grand avenir, oublie sa morne condition ouvrière et ses tensions familiales chaque samedi soir en régnant en maître incontesté sur la piste d’une discothèque locale, où il espère remporter un grand concours de danse.
En incarnant Tony Manero, un jeune rebelle de Brooklyn découvrant la liberté sur la piste de danse de l’Odyssey 2001, John Travolta plonge directement dans le domaine de la danse disco et du Hustle. Grâce à une telle bande originale, il crée une frénésie mondiale du disco. Après neuf mois de formation avec le chorégraphe Lester Wilson il apporte à la danse de club une énergie nerveuse, sensuelle et athlétique qui est entrée définitivement dans l’histoire de la culture populaire.
Voici l’une des scènes de ce film iconique :
2. Le ballet moderne dans Staying Alive (1983)

Quelques années après ses folles soirées à Brooklyn, Tony Manero tente de percer à Broadway en décrochant un rôle de danseur professionnel dans une comédie musicale exigeante, tout en naviguant entre ses ambitions amoureuses et professionnelles.
Suite directe de Saturday Night Fever, un film réalisé par Sylvester Stallone, John Travolta mène Tony Manero de la piste de danse du club vers les exigences des théâtres de Broadway. Travolta laisse derrière lui le pur disco pour découvrir la danse contemporaine, le ballet moderne et la chorégraphie théâtrale. Il utilise alors directement son répertoire plus athlétique, plus technique et plus théâtral, ce qui rejoint légèrement sa formation classique.
3. Le rock’n’roll des fifties dans Grease (1978)

Grease Dans l’Amérique insouciante de la fin des années 1950, Danny Zuko, le chef charismatique d’une bande de blousons noirs, et Sandy, une jeune fille sage et romantique, vivent une idylle estivale avant de se retrouver par surprise dans le même lycée de banlieue. Ce film est l’adaptation à l’écran de la comédie musicale de Broadway portant le même nom où John Travolta avait précédemment joué un rôle secondaire.
Juste après le disco, Travolta enfile le blouson en cuir de Danny Zuko. Sur une chorégraphie de Patricia Birch, il mélange l’énergie du rock et du swing des années 1950 à une insolence très pop. Les scènes de bal (le célèbre concours de danse de Rydell High) et les numéros musicaux comme « You’re the One That I Want » montrent sa capacité à lier comédie romantique et précision rythmique avec sa partenaire Olivia Newton-John.
4. La danse country et western dans Urban Cowboy (1980)

Un jeune Texan débarque à Houston pour travailler dans une raffinerie et trouve son exutoire dans un immense honky-tonk local, le Gilley’s, un lieu de perdition rythmé par la danse country, l’alcool et les rodéos sur taureau mécanique. Danse en ligne country, two-step et rodéo marquent des temps forts de ce film qui ravira les amateurs de danse country.
Changement total d’ambiance et de décor. Travolta quitte New York pour les bars texans dans ce drame romantique. Ici, pas de paillettes disco ou de blouson de type teddy. L’acteur s’adapte à la culture populaire rurale américaine, maîtrisant la rigueur collective de la danse country, en n’oubliant pas de monter un taureau mécanique.
Un petit extrait dansant du film :
5. Le fitness et l’aérobic des années 1980 dans Perfect (1985)

Un journaliste du magazine Rolling Stone mène une enquête sur l’univers en plein essor des clubs de fitness et des salles de sport branchées en Californie, et tombe amoureux d’une instructrice d’aérobic intransigeante.
Aux côtés de Jamie Lee Curtis, John Travolta profite de la mode du fitness des années 1980. Dans ce film où il joue un journaliste enquêtant sur les salles de sport, les scènes de danse ressemblent à des cours d’aérobic, montrant sa souplesse dans un style très sportif et moderne.
6. Le twist pop-culturel dans Pulp Fiction (1994)

Les destins croisés de petits gangsters, de tueurs à gages philosophes et de boxeurs fatigués dans la pègre de Los Angeles, rythmés par des dialogues ciselés, de la violence stylisée et des rencontres improbables. Devenu film culte pour beaucoup de cinéphiles, Pulp Fiction a été tourné en 1994 et John Travolta y joue l’un des rôles principaux.
On y retrouve la scène de danse la plus connue du cinéma moderne. Dans le rôle du tueur à gages Vincent Vega, Travolta danse avec Uma Thurman au restaurant Jack Rabbit Slim’s. Sans mouvements compliqués, mais avec un charisme fou et un vrai sens du rythme, il fait un twist simple et décalé qui reste un moment fort du cinéma, marquant son grand retour.
Voici l’extrait culte :
7. Le kitsch exubérant et la danse en ligne afro-américaine des années 1960 dans Hairspray (2007)

Dans le Baltimore des années 1960, une adolescente ronde et passionnée de danse rêve d’intégrer une émission de télévision locale très populaire pour y imposer la mixité raciale et la joie de vivre. Ce film est le remake du film du même nom, tourné en 1988, qui propose aussi des scènes de danse dont le « vrai » madison, le Madison Time (pas le madison que nous dansons en France de nos jours).
Dans cette adaptation très colorée, Travolta fait une performance en jouant Edna Turnblad, la mère complexée bien en chair, grâce à de longues heures de maquillage. On y voit des danses dans l’esprit des danses pour adolescents des années 1960 dans un style comédie musicale avec une bande son dynamique. Contre toute attente, la fin du film lui offre un grand numéro musical (« You Can’t Stop the Beat ») où il montre une grâce et une joie de vivre communicative, prouvant que son talent de danseur ne vieillit pas.
Conclusion
De la rigueur de ses jeunes années au ballet jusqu’à Broadway et aux pistes de danse d’Hollywood, John Travolta n’a jamais cessé de raconter des histoires avec son corps. Sa carrière de danseur est le reflet d’un voyage à travers la culture populaire américaine : des boîtes disco aux planchers poussiéreux du Texas, du rock adolescent au twist moderne. Plus qu’un acteur qui sait danser, John Travolta est un danseur-né qui a utilisé le cinéma comme la plus grande des pistes de danse proposant une série de films incontournables pour tout amateur de danse.
Je me dis que je devrais peut-être inaugurer dans ce blog une série d’articles où chacun serait consacré à un film sur le thème de la danse. Il y en a tellement à vous faire découvrir !











Robert « Bob » Fosse est né en 1927 à Chicago et a très tôt pris des cours de danse, au point de faire sa première représentation en public à l’âge de 13 ans avec Charles Grass, formant le duo des Riff Brothers. Après la Seconde Guerre mondiale, il apparait régulièrement sur scène et dans quelques shows télévisés dont The Colgate Comedy Hour pour lequel il a été sollicité par Dean Martin et Jerry Lewis (j’ai écrit un article sur ces deux lascars dans ce blog, vous savez quoi faire pour en savoir plus !).
Il fait sa première apparition au cinéma en tant qu’acteur-danseur pour la MGM dans le film « The Affairs of Dobie Gillis » (« Casanova Junior » en français) en 1953 avec Debbie Reynolds où il tient l’un des seconds rôles. Il est d’ailleurs amusant de remarquer que le titre phare du film « All I Do Is Dream of You », un morceau écrit en 1934, avait été chanté l’année précédente par cette même Debbie Reynolds dans un film culte nommé
À partir de 1954, il vogue entre les spectacles sur scène, pour lesquels il sera récompensé de nombreux Tony Awards (pour « Pippin » par exemple), et le cinéma. Ses chorégraphies sont variées, fluides et décalées ; elles mêlent souvent jazz, cancan, charleston, simple marche et des danses n’ayant rien à voir les unes avec les autres. Cela étant, son style tellement particulier est aujourd’hui devenu synonyme de cabaret et de Broadway avec l’utilisation du chapeau et les frétillements des mains. Petite anecdote : Bob Fosse racontait que s’il avait eu l’idée d’utiliser un chapeau dans ses chorégraphies, c’est à cause de sa calvitie qui a très tôt fait son apparition.
Je me concentre sur sa carrière cinématographique par la suite, car c’est ce qu’il reste de plus facile à visionner aujourd’hui en DVD ou streaming pour vous rendre compte par vous-même ou en savoir plus. En 1969, Bob Fosse tourne
Un film incontournable réalisé en 1972 est
Bob Fosse réalisa un autre de ses films d’exception en 1979 sous la forme de
Le 19 mai dernier est sorti un nouveau film sur le thème de la danse : « Street dance 3D ». Vous me direz : un film de plus où s’opposent des idées préconçues et qui se finit en happy end. Peut-être. Mais la particularité de celui-là est qu’il s’agit du premier film en 3D, comme son titre le suggère fortement. C’est aussi pour moi l’occasion de faire une petite mise au point sur cette histoire de 3D.


Côté danse, j’ai trouvé les chorégraphies plutôt bonnes dans l’ensemble (mais sans plus pour certaines…). Cela est en fait dû à la manière dont cela a été filmé. Dans l’absolu, il y avait de bons moments, mais ils ont parfois été gâchés par un éclairage mal fait ou des déplacements de caméra qui desservent la danse au lieu de la servir… À noter la présence dans ce film des groupes Flawless (qui a participé à « Britain’s Got Talent », la version anglaise de l’émission « Incroyable talent ») et Diversity (qui a remporté le casting de la même émission). Tiens, tant que j’y suis, le leader de la troupe Diversity peut être vu sur le petit écran également en ce moment. Ashley Banjo fait office de jury dans la saison 1 (2009-2010) de l’émission « Got to Dance », émission anglaise de casting de danseurs, initialement diffusée sur Sky 1, mais (oh surprise !) également diffusée doublée en français sur Gulli (chaîne 18 de la TNT) tous les jeudis à 20h30 depuis le jeudi 27 mai 2010. Les deux autres membres du jury sont Kimberly Wyatt (membre des Pussycat Dolls) et Adam Garcia (danseur à claquettes d’origine australienne).
Et la 3D dans tout cela ? Si les producteurs ont mis cette mention dans le titre, c’est que ça doit être important… Dans les faits, cette « 3D » se concrétise par une simple sensation de profondeur dans une image qui semble composée de différents plans plats. On ne sent pas le volume (à part dans de rares scènes comme les scènes de transition dans la ville ou la battle dans le bar). En tout cas, grosse déception. Pas d’image surgissant hors de l’écran, ni d’impression de faire partie de la scène de danse. Bref, rien à voir avec des films réellement tournés grâce à des caméras spéciales. Il y a même certaines scènes où la lumière « éblouissante » de certains spots lumineux qui était censée donner un effet spécial en 2D rend l’image impossible à distinguer avec des lunettes 3D. Car je mettrais ma main au feu que nous avons ici affaire à une « 3D relief » créée en post-production à partir d’un film classique en 2D. D’ailleurs, je pense qu’il vaut mieux voir ce film directement dans sa version « normale ». La 3D n’apporte rien ici, et ne sert qu’à distraire le spectateur et à réduire son champ de vision (les bords de mes lunettes aux verres polarisés m’ont plutôt gêné qu’autre chose). Donc cette troisième dimension n’est qu’une illusion et un argument marketing.
Je profite d’aborder ce sujet pour faire un aparté sur cette notion de 3D au cinéma. En réalité, on devrait parler d’un film en relief et non d’un film en 3D. Le relief est ce que l’on perçoit quand on regarde des films comme Street Dance 3D, Avatar, etc. Pour ceux qui ne maîtrisent pas encore bien les techniques de rendu en relief utilisées au cinéma, voici un petit résumé. On rencontre actuellement trois méthodes.
Toutes ces méthodes ont un point commun : chaque oeil reçoit une image différente pour donner la sensation de relief. Cela signifie aussi que, peu importe l’endroit où l’on se trouve dans la salle, on reçoit les mêmes images et donc le même angle de vision sur le film. D’où mon propos sur la différence entre la 3D et le relief. Si l’on avait une technologie destinée à projeter de la vraie 3D, un spectateur à gauche de la salle de cinéma ne verrait pas la même chose qu’un autre situé à droite. Pour vous donner une idée de ce que je veux dire, la technologie des hologrammes pourrait s’approcher de cela : selon où l’on se trouve par rapport à l’hologramme, on le voit un angle différent. Lorsque je crée mes danseurs pour mes livres de technique dans mon ordinateur, je les manipule en 3D (eh oui, on peut aussi savoir faire autre chose que danser…) et je choisis l’angle de vue qui le plaît le mieux pour en faire une image intégrée dans le livre. Ce n’est donc évidemment pas là une image en 3D, mais c’est une image conçue par une technique 3D.