Archives de catégorie : Culture

Article sur un thème culturel :  cinéma, télévision, vidéo, livres, musique, peinture, photographie, etc.

Le ballet de danse classique

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Dans ce blog, je parle beaucoup des danses en couple ; c’est en effet la catégorie de danse que je connais le mieux. Mais j’aime bien de temps en temps déroger à la règle au profit des autres formes afin de vous les faire découvrir à l’occasion. Bien souvent, lorsqu’on parle de danse, on imagine les ballerines, danseuses étoiles, avec leur tutu, qui font des entrechats et des pointes. La danse classique est une discipline qui fait rêver toutes les petites filles et j’ai choisi de vous en parler ci-dessous.

La manière de danser à l’origine de la danse classique est née à l’époque de la Renaissance (en particulier au XVe siècle) à la cour d’Italie. À cette époque, il était obligatoire qu’un noble sache se mouvoir avec élégance et sache donc danser. Plus tard en France, à la cour de Catherine de Medicis (Italienne par son père ayant épousé Henri II, devenu roi de France en 1547), tout le monde était amené à danser, même le roi, car la reine était une grande amatrice des arts dans leur ensemble et avait vécu son enfance en Italie. Néanmoins, la danse était pratiquée par une majorité d’hommes et les costumes nous paraissent lourds en comparaison de ce qui se fait de nos jours.

À son ouverture en 1661 par Louis XIV, l’Académie Royale de Danse (dont l’évolution donna l’Opéra National de Paris) fait partie des premières écoles de danse créées en France. C’est à cette époque (fin du XVIIe-début du XVIIIe siècle) que le ballet devient une discipline essentiellement professionnelle avec la formation de danseurs professionnels. Les femmes ont alors acquis un statut dominant dans la pratique de la danse par rapport aux hommes alors que la danse se dissocie du chant et de la déclamation.

Le mot ballet prend son origine dans le mot italien « ballo », qui signifie « danser », du fait de ses origines profondes italiennes. Cependant, les mots de la technique de danse classique sont en français partout dans le monde, car celle-ci a été mise au point par les Français à commencer par Beauchamp, premier maître de ballet du roi, au XVIIe siècle. On parle dès lors de glissade, entrechat, grand jeté, pas de bourrée, etc. L’une des caractéristiques de base de cette forme de danse est l’en dehors qui consiste à avoir la jambe tournée vers l’extérieur de manière que le public en voit la face interne. Les danseurs se tiennent très droits et divers sauts composent les mouvements de base. Les danseuses et danseurs apprennent les positions de base définies par Beauchamp en plus des mouvements codifiés composant la danse.

Au XIXe siècle, les danseuses montent sur pointes et l’on voit naître les plus grands ballets classiques dans le monde entier. Citons pour mémoire, La Sylphide, Giselle, Coppelia en France, Le lac des cygnes, Casse noisette en Russie, etc. Le ballet romantique apparaît à cette époque et les chorégraphes s’inspirent de romans pour composer leurs ballets où les danseuses ont des costumes de gitanes ou portent un long tutu pour jouer le rôle de fées. La compagnie des Ballets Russes marqua particulièrement le XXe siècle avec des danseurs aux noms connus comme Nijinski, Pavlova, Balanchine, Lifar, etc.

La danse classique continue d’être largement pratiquée durant tout le XXe siècle jusqu’à nos jours, malgré l’émergence progressive de nouvelles formes d’expression comme la danse moderne, la danse contemporaine, le modern’jazz, etc. qui cohabitent sur les scènes de spectacle. La technique de ces nouvelles formes autorise la jambe en dedans ainsi que divers déhanchements.

Un ballet de danse classique en tant que spectacle (aussi appelé opéra-ballet) est composé à la fois de danse et d’expression via le mime. L’un des précurseurs aux premiers ballets fut dansé en 1489 à Tortona, en Italie, mais on considère que le premier ballet en tant que tel a été dansé en 1581 au Louvre à l’occasion d’un mariage de proches du roi Henri III sous le nom du « Ballet comique de la reine Louise ». Ce ballet dura 5 heures. Il est à noter que « La Fille Mal Gardée », créé en 1789, est le plus ancien ballet de danse classique encore dansé de nos jours, même si c’est sous une forme remaniée.

Encore un mot sur ce qui pourrait s’appeler danser en couple en danse classique. Jusqu’au XIXe siècle, la danse était composée des mêmes pas pour le danseur et la danseuse. À partir de cette période, la différence se marque entre la fragile danseuse sur ses pointes et le solide danseur. L’homme devient alors partenaire en servant d’appui à la danseuse afin d’effectuer des équilibres et des portés. Les pas du danseur (l’adage et la coda) encadrent les pas de la danseuse et lui permettent de sortir d’un simple rôle de faire-valoir. C’est ce que l’on appelle le pas de deux puisque la chorégraphie est exécutée à deux. De nos jours, il existe aussi des pas de deux non mixtes et l’on parle plutôt de duos. Je vous propose ci-dessous le pas de deux extrait du ballet Don Quichotte (l’un de mes préféres), dansé par Paloma Herrera et Angel Corella en 1999.

On oppose souvent les danseurs de spectacle (comme le ballet qui peut ne pas être que classique) aux danseurs de danse « participative » (où tout le monde danse). Les premiers ont besoin d’une discipline particulière qui leur permet de développer des qualités permettant d’assurer un spectacle digne de ce nom. Les seconds doivent développer d’autres qualités (guidage, partage de l’espace, improvisation) qui sont certes parfois moins physiques, mais tout aussi importantes vis-à-vis de leur forme de danse. Mon avis est que les différentes formes de danse ont à apprendre les unes des autres. Je suis parfois désolé de voir un couple de danseurs de ballet (classique ou non) qui danse en spectacle sans qu’aucun message ne passe manifestement dans une connexion entre les partenaires. La danseuse fait sa partie, le danseur la sienne et, à la limite, ils pourraient très bien danser sans la présence de l’autre (en dehors des portés évidemment…). Ce n’est pas le cas pour les danseurs de danse de société en couple et sur ce point ils ont l’avantage. À l’opposé, si les danseurs de danse en couple pouvaient se tenir un peu plus droits et tourner d’une manière plus stable avec une bonne technique commune aux danseurs de ballet, ils gagneraient en esthétique et en aisance dans leur pratique de la danse. Chacun son domaine de prédilection, mais tout cela me semble complémentaire malgré tout !

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Bob Fosse, as du cabaret et inspiration pour Michael Jackson

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Tous ceux qui aiment la danse de style « Broadway », la comédie musicale ou le cabaret connaissent forcément Bob Fosse, un danseur, chorégraphe et réalisateur dont la patte visuelle est parfaitement identifiable. Le grand public connaît son œuvre sans forcément connaître le personnage par le biais de films comme « All that jazz » (« Que le spectacle commence » en version française) ou encore « Cabaret ». Je vous invite, par cet article, à découvrir un chorégraphe qui a su apporter sur scène et à l’écran une esthétique de danse toute particulière que j’aime beaucoup.

Bob FosseRobert « Bob » Fosse est né en 1927 à Chicago et a très tôt pris des cours de danse, au point de faire sa première représentation en public à l’âge de 13 ans avec Charles Grass, formant le duo des Riff Brothers. Après la Seconde Guerre mondiale, il apparait régulièrement sur scène et dans quelques shows télévisés dont The Colgate Comedy Hour pour lequel il a été sollicité par Dean Martin et Jerry Lewis (j’ai écrit un article sur ces deux lascars dans ce blog, vous savez quoi faire pour en savoir plus !).

The Affairs of Dobie GillisIl fait sa première apparition au cinéma en tant qu’acteur-danseur pour la MGM dans le film « The Affairs of Dobie Gillis » (« Casanova Junior » en français) en 1953 avec Debbie Reynolds où il tient l’un des seconds rôles. Il est d’ailleurs amusant de remarquer que le titre phare du film « All I Do Is Dream of You », un morceau écrit en 1934, avait été chanté l’année précédente par cette même Debbie Reynolds dans un film culte nommé « Chantons sous la pluie »Acheter sur Amazon (scène où elle sort d’un gâteau d’anniversaire). Mais revenons à notre ami Bob qui a aussi tourné à l’époque dans « Give a Girl a Break »Acheter sur Amazon, mais tout particulièrement « Kiss Me Kate »Acheter sur Amazon dont une scène qu’il a dansée et chorégraphiée a mis le projecteur des producteurs de Broadway sur lui. All That Jazz À partir de 1954, il vogue entre les spectacles sur scène, pour lesquels il sera récompensé de nombreux Tony Awards (pour « Pippin » par exemple), et le cinéma. Ses chorégraphies sont variées, fluides et décalées ; elles mêlent souvent jazz, cancan, charleston, simple marche et des danses n’ayant rien à voir les unes avec les autres. Cela étant, son style tellement particulier est aujourd’hui devenu synonyme de cabaret et de Broadway avec l’utilisation du chapeau et les frétillements des mains. Petite anecdote : Bob Fosse racontait que s’il avait eu l’idée d’utiliser un chapeau dans ses chorégraphies, c’est à cause de sa calvitie qui a très tôt fait son apparition.

Sweet charityJe me concentre sur sa carrière cinématographique par la suite, car c’est ce qu’il reste de plus facile à visionner aujourd’hui en DVD ou streaming pour vous rendre compte par vous-même ou en savoir plus. En 1969, Bob Fosse tourne « Sweet Charity »Acheter sur Amazon avec Shirley MacLaine jouant le personnage principal d’une taxi girl qui se fait arnaquer par son petit ami. Il s’agit d’un remake musical et dansé des « Nuits de Cabiria »Acheter sur Amazon de Federico Fellini. Autant dire que l’histoire est parsemée de scènes atypiques par rapport au cinéma grand public. Je vous reparlerai de ce film en fin d’article sous un angle plus actuel, vous verrez pourquoi.

CabaretUn film incontournable réalisé en 1972 est « Cabaret »Acheter sur Amazon avec Liza Minnelli. Bob Fosse obtint 8 Oscars dont celui du meilleur réalisateur pour ce film. À Berlin, au début des années 30, le meneur de jeu du cabaret le Kit Kat Klub accueille la clientèle, milliardaires et escrocs. Un jeune étudiant anglais s’installe à la pension Schneider et fait la connaissance de sa voisine, exquise et aguicheuse, du nom de Sally Bowles, qui chante au cabaret dont les chansons et les danses ponctuent le film sur un fond de montée du nazisme et du national-socialisme. Certaines postures de Liza Minnelli ne sont pas sans rappeler celles de Marlène Dietrich dans le film de 1930 l’Ange BleuAcheter sur Amazon, qui partage la même ambiance sociale. Ce film est en réalité inspiré de la comédie musicale « Cabaret » de John Kander et Fred Ebb, qui connut un grand succès à New York en 1966. Et si vous entendez la bande son du film, vous reconnaîtrez forcément des titres qui ont été maintes fois repris dans des spectacles sur scène.

En 1974, Stanley Donen réalise une adaptation du « Petit Prince » de Saint-Exupéry, reprenant l’histoire du roman ponctuée de numéros musicaux. Bob Fosse crée une partie des chorégraphies du Petit PrinceAcheter sur Amazon et y joue le serpent dont la gestuelle et les attitudes inspirent fortement Michael Jackson dès la sortie de son album Off The WallAcheter sur Amazon en 1979. Dans une scène de quatre minutes, nous y voyons la majorité de tout ce qui fait le style esthétique de Michael Jackson — mais ne serait-il pas plus exact de dire le style Bob Fosse ? Je vous laisse plutôt en juger par vous même :

All thata jazzBob Fosse réalisa un autre de ses films d’exception en 1979 sous la forme de « All That Jazz »/ »Que le spectacle commence »Acheter sur Amazon. Inspiré de la vie personnelle de Bob Fosse qui avait fait un malaise cardiaque quelques mois avant le film, il raconte l’histoire d’un metteur en scène et chorégraphe qui veut faire de son prochain spectacle à Broadway l’apothéose de sa carrière. Le personnage vogue entre le travail de casting et de préparation du spectacle et ses excès d’alcool, d’amphétamines et les conquêtes féminines et son cœur finit par céder à ce rythme effréné. Ses pensées se mélangent et prennent la forme d’une comédie musicale, un ultime spectacle où la Mort lui apparait de nouveau pour enfin l’accueillir. Ce film a reçu la Palme d’or à Cannes en 1980.

Le dernier film tourné par Bob Fosse fut « Star 80 »Acheter sur Amazon. Un film de type biopic qui ne parle pas de danse. L’artiste sera emporté par une crise cardiaque 4 ans plus tard à seulement 60 ans.

De nombreux de nos contemporains (dont les plus jeunes) ont récemment découvert Bob Fosse par le biais d’une de ses chorégraphies iconiques, « The Rich Man’s Frug » issue du film « Sweet Charity »Acheter sur Amazon et reprise de centaines de fois dans l’application TikTok dans tous les pays du monde. Le « Rich Man’s Frug » est une chorégraphie comportant trois parties (« The Aloof »/la réservée, « The Heavyweight »/le poids lourd et « The Big Finish »/le grand final) qui met en valeur le style chorégraphique distinctif de Bob Fosse et en particulier son utilisation créative de poses, de gestes et de mouvements de bras caractéristiques. Je vous propose ci-dessous l’ensemble de ces trois scènes, dont on reconnaitra aisément l’univers sixties des mouvements (aussi repris dans les films d’Austin PowersAcheter sur Amazon). Personnellement, je ne m’en lasse pas !

Et puis, pour la forme, voici un lien vers l’une des multiples reprises disponibles sur TikTok. En l’occurrence, je vous propose celle de Sarah « Smac » McCreanor, une excellente danseuse australienne que j’ai découverte dans l’émission « So You Think You Can Dance » (j’ai déjà parlé de cette émission dans ce blog), il y a quelques années. Et si vous relevez le challenge en vidéo, n’hésitez pas à me faire passer le lien pour que je voie cela !

@smacmccreanor

 

Haven’t been this excited for a TikTok trend since joining a year ago. DC: Sir Bob Fosse ##bobfosse ##frug

♬ original sound – Finian Hackett

Voilà qui conclut cette présentation d’un artiste qui a marqué l’histoire du cabaret et de la culture populaire sans que le grand public ne connaisse réellement suffisamment son nom à mon avis. J’espère avoir quelque peu remédié à cette situation et j’espère que vous saurez partager cet article autour de vous si vous avez appris des choses !

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La danse traditionnelle ou folklorique

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En voyageant cet été, vous avez peut-être remarqué que, dans chaque pays ou dans chaque région, on peut découvrir des danses que l’on ne danse pas ailleurs. Les participants sont parfois vêtus de costumes traditionnels, parfois ce sont des habitants du coin qui s’amusent en tenue de tous les jours et ouvrent leurs danses aux touristes de passage. Ces danses, issues du terroir et fortement ancrées dans la culture populaire locale, sont appelées danses folkloriques par certains et danses traditionnelles par d’autres. Essayons d’y voir plus clair…

Qui dit danse traditionnelle, dit naturellement tradition. Les danses traditionnelles sont issues de la culture paysanne séculaire où l’entraide entre les hommes est essentielle à la survie. Cela se passait à l’époque où il n’y avait pas d’électricité et où les voies de communication n’étaient pas aussi développées qu’aujourd’hui. Cela renforce donc la notion de groupe que l’on retrouve naturellement dans le caractère des danses (rondes fermées, chaînes de danseurs, etc.). Le chant était souvent le support indissociable de la danse au point que c’étaient parfois même les danseurs qui chantaient tout en dansant. Chaque pays, chaque région, chaque village développe ses propres danses qu’on peut très bien ne pas retrouver dans le village voisin. On peut ainsi regrouper sous l’appellation de « danses traditionnelles » les danses nationales, les danses régionales, les danses locales, mais par extension également les danses ethniques et les danses de caractère. Le qualificatif de « populaire » peut être aussi inclus dans le sens de « issu du peuple ». Quant à la notion de folklore, nous y reviendrons un peu plus loin.

Les danses traditionnelles sont essentiellement pratiquées dans des occasions précises dans un environnement rural : récoltes, mariages, fêtes religieuses, etc. qui amènent les voisins et amis à se rassembler. La danse est donc à la fois un support pour se donner du coeur à l’ouvrage, mais aussi un moment de loisir pour se retrouver et s’amuser en communauté. La danse traditionnelle est donc bien une danse populaire au sens de « issue du peuple ». On peut citer par exemple, les danses suivantes : polka, mazurka, bourrée, branle, contredanse, sauts, rondeau, gavotte, passe-pied, etc. Ces danses ont pour origine aussi bien les campagnes bretonnes que les pays étrangers. En dehors de l’Europe, on peut aussi y placer des danses comme la samba brésilienne, la danse tahitienne, le danzon cubain, la biguine antillaise, le bharatha natyam d’Inde, etc. Avec le développement de l’industrie et du commerce, ainsi que l’urbanisation marquée du milieu du XIXe siècle en Europe, la culture paysanne reste cantonnée au domaine rural. Ainsi les nouveaux urbains (issus des campagnes) repensent-ils avec nostalgie à ces danses et aux bons moments partagés avec leurs proches. Ils vont donc se regrouper autour des traditions de leur région d’origine qui permettent de conserver des noyaux de culture traditionnelle au sein des villes. Notamment, à Paris, la présence de groupes d’exilés bretons ou auvergnats est bien connue.

La danse traditionnelle n’est, à l’origine, pas forcément pensée pour être regardée. C’est le groupe de danseurs qui se divertit ensemble et l’apprentissage se fait par mimétisme. Pas besoin de réfléchir tant les pas étaient souvent effectués (contrairement à aujourd’hui, où des déformations prennent parfois forme). Pour ce qui concerne les danses traditionnelles françaises, la base historique semble être celle des branles (doubles et simples) de la Renaissance se pratiquant sous la forme de rondes de groupe. Avec l’évolution et des influences diverses, les danses à figures se sont formées par la suite.

Du fait de son implantation dans les villes, la danse traditionnelle évolue dans le nouveau milieu des salles citadines par rapport à la cour de la ferme. Ces danses doivent aussi cohabiter avec les danses de salon dont la large popularité croissante les fait passer au second plan. De plus, grâce aux voies de communication, les danses de régions voisines s’influencent les unes les autres. C’est dans ce contexte que des hommes vont comprendre que la richesse des danses traditionnelles des origines disparaît peu à peu. Certains vont se faire « collecteurs de danses » et travailleront à recenser et cataloguer les danses traditionnelles dans certaines régions. Les danses traditionnelles retrouvent un regain de popularité dans les années 1970. Je ne peux m’empêcher ici de faire le parallèle avec l’une de mes danses fétiches : le lindy hop. Là aussi, la présence de la danse s’estompe durant les années rock’n’roll pour revenir de plus belle grâce à des passionnés. C’est à cette époque que des fêtes de danse traditionnelle se développent ; on les appelle aujourd’hui « bal trad » (pour bal traditionnel), « bal folk » (pour bal folklorique) ou même fest-noz (du nom de ces fêtes en Bretagne). Dans ces bals trad, on retrouve le résultat du mélange des cultures entre différentes régions et différents pays (la gavotte côtoie la polka ou la scottish). Il s’agit avant tout pour les participants de partager un moment convivial dans une époque individualiste qui, paradoxalement, recherche de rapports sociaux par le biais des danses traditionnelles tout comme celui des danses de société.

De nos jours, on parle bien souvent de folklore dans un sens un peu dévalorisant. On dit parfois que le folklore, c’est pour les touristes avec ses costumes régionaux colorés, ses sabots, etc.). Dans ce contexte, la danse est mise en scène comme un spectacle et non plus comme un loisir de groupe que l’on vit. Toutefois, cette vision folklorique a l’avantage de contribuer à sauvegarder un patrimoine menacé d’oubli ou de déformation par simplification. Les groupes folkloriques ont connu un grand succès dans les années 1930 et, même s’il y en en moins aujourd’hui, on continue de trouver des passionnés pour poursuivre ce travail de mémoire de la danse. Rappelons simplement que c’est grâce à des chercheurs, collecteurs ou pratiquants de ces danses qu’il est aujourd’hui possible de mieux connaître nos traditions du passé et nos origines populaires. Si vous désirez pratiquer, il vous suffit de participer à des bals trad qui sont souvent précédés d’initiations (mais il est aussi possible de se laisser porter par la danse en regardant les autres). Enfin, si vous avez la chance d’en avoir une à proximité de chez vous, il existe des associations qui organisent des cours hebdomadaires et des stages.

Voici un exemple de bourrée (creusade volante) dansée par « La Bourrée de Paris », un groupe folklorique auvergnat basé à Paris, en 2001 dans l’émission « la Chance aux chansons » de Pascal Sevran sur France 2.

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Le tango argentin

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Les Français fréquentant les bals populaires connaissent bien le tango depuis des années. Ils le dansent en tournant tranquillement autour de la piste au son de l’accordéon, c’est le tango de bal. D’autres, adeptes de la danse sportive, connaissent aussi le tango. Une variante plus dynamique où alternent accélérations, mouvements de tête et changements de direction. Mais le tango qui remporte de plus en plus l’assentiment du grand public est le tango argentin d’où ressort un mélange de passion, de sensualité et d’une certaine élégance. C’est le tango des origines, celui d’où tout est parti. Cela se passait en Amérique du Sud il y a plus d’un siècle. Je vous raconte cette histoire ci-après.

Le tango est né dans le Rio de La Plata, une zone d’Amérique latine à la frontière entre l’Argentine et l’Uruguay qui est devenue le cœur de flux migratoires et d’un peuplement intensif au XIXe siècle. C’est là que l’on trouve les villes de Buenos Aires et de Montevideo. On parle d’ailleurs de tango rioplatense (remplacé par la suite par le terme de tango argentin, même si les Uruguayens le dansent tout autant) pour faire référence au tango issu de cette région du Rio de La Pata. Les origines du mot « tango », quant à elles, sont teintées de références aux Africains immigrés (généralement contre leur volonté) en Amérique du Sud. Certaines sources citent, dans les années 1800, le tango comme des rassemblements festifs de Noirs à Buenos Aires. Par extension, on parlera du « rythme de tango » comme équivalent au rythme de habanera en référence à la musique qui y est jouée par des tambours.

Au commencement, le tango est la musique de la ville avec la milonga urbana qui s’oppose à la musica folklorica des campagnes. Le commerce du Rio de La Plata favorise les influences musicales variées et les différentes formes de musique interagissent. Au XVIIIe siècle, les danses noires étaient interdites, puis elles ont été autorisées certains jours (défilés). Les Blancs rejoignirent peu à peu les Noirs dans ces manifestations (comparsas) et apprirent leurs « tangos » au point de les dépasser en nombre et d’ainsi créer leur propre musique afro-argentine blanche. Vers 1880, trois types de danses cohabitent dans le Rio de La Plata : les criollas (chorégraphiques, musique issues d’Espagne), les danses de salon anciennes (contredanse, menuet, quadrille, etc.) et les danses populaires urbaines (polka, mazurka, milonga, etc.). C’est dans ce contexte que se forme peu à peu le tango porteño/rioplatense (encore appelé criollo à ses débuts) qui devient une danse parmi d’autres comme le shimmy, le foxtrot et le paso doble à l’époque. La danse s’inspire, entre autres, des figures de candombe (dansées dans les défilés de rues), de la habanera quebrada et du style de danse des gauchos. Vers 1910, le tango arrive à un stade où on l’associe à la danse pratiquée dans les carnavals et où il bénéficie de la reconnaissance des masses populaires. Il continue son ascension sociale, sort des rues et des lupanars, et pénètre les classes moyennes et les grands cabarets. Le tango argentin est une danse d’improvisation par excellence qui débute par une invitation à la danse par le regard : le cabeceo. Les partenaires se choisissent ainsi sans mot, par le simple appel des yeux.

À cette époque, on met sur papier les partitions de tangos populaires qui se transmettaient oralement et l’industrie du disque permet de diffuser la musique au-delà des frontières de l’Argentine et de l’Uruguyay. Il semble que la diffusion de la musique « tango argentino » en France soit passée par le port de Marseille aussi bien que par des artistes venus à Paris. Une folie du tango envahit alors la capitale française. Les autorités religieuses n’approuvent pas ces « danses de nègres », mais ne s’y opposent pas formellement. On assiste alors, à Paris, à une simplification du tango argentin : on enlève par exemple les mouvements qualifiés de trop vulgaires, ce qui entraîna l’approbation tacite du pape. Il semble que la manière stylisée de danser de Rudolph Valentino en 1921 dans le film « Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse » soit à l’origine de cette simplification. La popularité de cette danse à la mode fut telle que de nombreux Argentins traversèrent l’Atlantique pour s’improviser professeurs de tango en France. Des musiciens les accompagnèrent et les mélodies du tango furent bientôt reprises par les accordéonistes français des bals populaires et guinguets. Avec son arrivée en Europe, le tango connaît donc un certain nombre de déformations (en particulier aussi une standardisation par les Anglais pour la compétition) qui aboutiront aux autres formes de tango que nous connaissons aujourd’hui et qui n’entrent pas dans le cadre de cet article. Je n’en dirai donc pas plus ici sur ces formes.

Les années 40 marquent l’âge d’or du tango en Argentine et en Uruguay : de nouvelles salles de danse s’ouvrent, les cours de danse se multiplient. La fin d’une période de prospérité économique et de stabilité politique est accompagnée par la fin des symboles associés, dont le tango. Les années 60 sont marquées par l’ouverture de tanguerias, des lieux dédiés assimilables à des cabarets où les aficionados du tango peuvent se retrouver, écouter de la musique et danser. C’est cela, en plus des spectacles chorégraphiés, qui a permis au tango de survivre à l’oubli. Après avoir été délaissé par la jeunesse rebelle des années 60, comme bon nombre de danses en couple, le tango argentin fait son retour en France à compter des années 1980 du fait de concerts (dont celui d’Astor Piazzolla en 1977 à l’Olympia) et tournées mondiales de troupes de danseurs Argentins. Citons ici la tournée « Tango Argentino », ses musiciens et ses dix danseurs qui fait le tour du monde et qui, passant par Paris en 1982, provoque le déclic de la renaissance. Les cours de tango argentin s’ouvrent alors peu à peu dans la capitale. En parallèle, ce renouveau a également lieu en Argentine où des milongas (lieux pour danser le tango) s’ouvrent dans les années 1990. Une certaine codification naît en même temps que ce renouveau du tango argentin qui est à présent enseigné dans des écoles de danse aussi bien en Argentine (académies) qu’en France. Pour illustrer le tango argentin, je voulais vous proposer une vidéo une vidéo produite par le ministère de la culture argentin, mais elle est bloquée sur YouTube pour des raisons de droits d’auteur… Alors je vous propose une prestation spectaculaire de Juan Vargas et Paulina Majia à l’occasion d’une compétition à Buenos Aires en 2019.

Un dernier mot pour rappeler que le tango argentin fait partie depuis 2009 de la liste de « patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ». Cette liste est gérée par l’Unesco qui y a ajouté en 2010 de nouvelles danses dont le flamenco (Espagne), la danse Chhau (Inde), la danse des ciseaux (Pérou) et la Huaconada (Pérou). Si vous souhaitez avoir la liste complète (il n’y a pas que de la danse), c’est sur le site de l’Unesco.

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Échappés In The Streets

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Echappés In The StreetsSi vous cherchez un beau livre sur le thème de la danse à (vous) offrir, voici une bonne idée : Échappés In The Streets. Bon, d’accord, c’est un peu de l’autopromotion, car s’il a été écrit par Valérie Fourrier, il n’en demeure pas moins que j’en ai assuré la mise en page et le travail d’édition. Ce livre préfacé par Patrick Dupond fera la joie des amateurs de ballet, comme celle des amateurs de belles photos agrémentées d’un texte riche et inspirant. Voici le texte de la quatrième de couverture qui parle de lui-même :

Né de l’idée de célébrer les vingt ans du City Ballet de la ville de San Diego aux États-Unis et de la rencontre de l’initiatrice du projet avec une photographe de talent, cet ouvrage nous transporte non seulement dans les coulisses de cette compagnie de danse, mais aussi dans les rues et quartiers de sa ville de résidence. Évoquant les origines et des scènes de vie du City Ballet, les plus grands ballets classiques et contemporains de son répertoire sont décrits et mis en scène dans ces pages par l’auteur qui nous dévoile des anecdotes touchantes, parfois même amusantes. Faisant la part belle aux photographies d’Ursula Bensimon, « Échappés In The Streets » constitue, pour les néophytes, une découverte de ce monde onirique et, pour les initiés, un dépaysement assuré. La majorité des images est issue de séances spécifiques qui font renaître les ballets Carmen, Roméo et Juliette, le Lac des cygnes ou encore Casse-noisette dans des décors grandeur nature comme le musée de l’espace, le zoo de San Diego, la plage, les carrefours de la ville, le tarmac de l’aéroport, les quartiers industriels, etc. Comme son titre le suggère, « Échappés In The Streets » est, sous la forme d’un livre bilingue français/anglais, une invitation à suivre les danseuses et danseurs du City Ballet de San Diego dans les rues d’une ville magnifique qui sait à coup sûr séduire ses visiteurs.

Vous pouvez acheter ce livre dans votre librairie préférée ou directement chez l’éditeur en cliquant ici.

Auteurs : Valérie FOURRIER & Ursula BENSIMON
Éditeur : Christian ROLLAND Éditions, France
ISBN : 979-10-94832-00-4
Prix public 29 €
Format : 200 x 230 mm

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[Vidéo] Tout sur la danse dans Dirty Dancing (partie 2)

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Tu danses Bébé ? Episode 2 : Tout sur la danse dans Dirty Dancing Première émission de la série « Tu Danses Bébé ? » où Kwiscat décode, éclaire et complète ce que l’on voit à l’écran dans les scènes de danse du film culte « Dirty Dancing ».

Si vous voulez tout savoir sur les mouvements de danse que l’on voit dans Dirty Dancing, leur origine, les personnes qui dansent à l’écran, etc. et tout cela scène par scène, vous allez découvrir tout cela de manière exhaustive du début à la fin du film ! Une vidéo très documentée mêlant le sérieux des informations à une présentation parfois décalée…

Vidéo sur YouTube : partie 2 sur 2.

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*** L’auteur ***

Christian (« Kwiscat ») est professeur de danse à Toulouse à l’école de danse « Espace UltraDanse » qu’il a créée il y a quelques années. Il est aussi le chorégraphe de la troupe des « Ultra’s Chicas » et directeur d’édition des éditions « C. Rolland », une maison d’édition de livres principalement axée sur le thème de la danse.

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[Vidéo] Tout sur la danse dans Dirty Dancing (partie 1)

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Tu danses Bébé ? Episode 1 : Tout sur la danse dans Dirty Dancing Première émission de la série « Tu Danses Bébé ? » où Kwiscat décode, éclaire et complète ce que l’on voit à l’écran dans les scènes de danse du film culte « Dirty Dancing ».

Si vous voulez tout savoir sur les mouvements de danse que l’on voit dans Dirty Dancing, leur origine, les personnes qui dansent à l’écran, etc. et tout cela scène par scène, vous allez découvrir tout cela de manière exhaustive du début à la fin du film ! Une vidéo très documentée mêlant le sérieux des informations à une présentation parfois décalée…

Vidéo sur YouTube : partie 1 sur 2.

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*** L’auteur ***

Christian (« Kwiscat ») est professeur de danse à Toulouse à l’école de danse « Espace UltraDanse » qu’il a créée il y a quelques années. Il est aussi le chorégraphe de la troupe des « Ultra’s Chicas » et directeur d’édition des éditions « C. Rolland », une maison d’édition de livres principalement axée sur le thème de la danse.

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La danse indienne et Bollywood

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Aujourd’hui, je vous propose de continuer notre découverte du vaste monde de la danse. Depuis plusieurs années, un style de danse venu d’Inde attire de plus en plus nos contemporains, il s’agit de la danse Bollywood. D’apparence dynamique, joyeuse et souvent mettant en scène des personnages typiques, cette danse se situe au confluent de diverses cultures. Cet article tente de vous faire découvrir cet univers bien particulier, un peu mystérieux et pourtant très apprécié dans le monde entier.

Avant d’aborder la danse Bollywood, jetons un oeil à la danse indienne dans son ensemble. La pluralité culturelle de l’Inde n’est plus à démontrer et cela est autant dû à l’étendue du pays qu’à son histoire. La danse classique indienne impose au danseur une forte expression émotionnelle, une dextérité importante ainsi qu’un maniement du rythme très précis. Trois formes de danse classique indienne sont les plus connues : le Bharata Natyam (originaire sur Sud-Est de l’Inde), le Kathak (originaire sur Nord) et le Kathakali (Sud-Ouest de l’Inde), une forme de danse théâtrale où la symbolique des positions de mains est prédominante. Le Bharata Natyam, pratiqué au départ exclusivement dans les temples religieux par les femmes (les devadasi), est composé de plusieurs éléments dont le maître de danse qui fait aussi office de chef d’orchestre, des rythmiques effectuées par les pieds, des gestuelles de mains (mudras) inspirées de l’iconographie de la religion hindoue, des postures de corps (karanas), etc. Il est à noter que le dieu des arts de la scène hindou est Brahmâ et que le dieu de la danse est Shiva. La danse cosmique de ce dernier exprime le cycle de la destruction et de la création de l’univers. Comme le Bharata Natyam, le Kathak est une danse généralement effectuée en solo. Il a commencé par être associé à une certaine sensualité (ce qui lui a donné mauvaise réputation jusqu’au 19e siècle). Le Kathak raconte une histoire via le mime et des rythmiques de pied complexes. Enfin, le Kathakali, originaire de la région de Kerala, une importante zone de commerce avec l’étranger où le multiculturalisme est de mise. Les danseurs ont le visage fortement peint, une bande de papier faisant office de barbe, un énorme couvre-chef et une tunique imposante, faisant ainsi référence aux divinités, démons et humains de l’ancien temps. La danse se fait pieds nus et comporte des passages où l’on prend appui sur l’extérieur du pied. Dans un programme complet de danse indienne, les trois formes peuvent se succéder au gré des musiques employées. Pour vous donner une idée de ce que j’ai décrit dans ce paragraphe, voici un exemple de Bharata Natyam : un extrait de « Pushpanjali », dansé par Savitha Sastry.

Mais venons-en au Bollywood. Le cinéma indien s’est développé depuis le début du 20e siècle un peu de la même manière que le cinéma américain. Des premiers films silencieux en noir et blanc, on est passé progressivement aux films de comédie musicale dans les années 1930 et 1940. C’est le caractère imaginaire et enluminé des films musicaux de cette époque qui a probablement aidé les populations indiennes à surmonter des périodes difficiles de l’histoire comme la Seconde Guerre mondiale et la partition des Indes en 1947. Cet âge d’or du cinéma indien dura jusque dans les années 1960 et vit naître la plupart des grands classiques. La croissance de l’aspect commercial de ces films à succès continua jusque dans les années 1970 où le terme « Bollywood » est pour la première fois utilisé. Ce néologisme est la concaténation du « B » de Bombay (ville la plus peuplée de l’Inde et de nos jours connue sous le nom de Mumbai) et de l’essentiel du mot « Hollywood », capitale du cinéma américain. Ainsi, le terme « Bollywood » se rapporte-t-il uniquement aux films créés à Bombay (et il y en a beaucoup ; ils ont souvent en Hindi, très populaires, et comportent des scènes chantées et dansées). Chaque autre région de l’Inde (et même au-delà) produisant des films est dotée d’un surnom composé selon les mêmes règles : Kollywood pour les films du quartier de Kodambakkam à Chennai (anciennement Madras, et sont en Tamil avec beaucoup d’action et de cascades), Lollywood pour les films du Pakistan tournés à Lahore, etc. Ainsi, les films Bollywood sont construits à grand renfort de costumes brillants, d’éclairages évolués, d’accessoires divers pour appuyer les chorégraphies chantées un peu comme les musicals hollywoodiens. Depuis le début des années 2000, Bollywood a été le producteur du plus grand nombre de films grand public par an (soit environ 1000 films chaque année), dépassant largement ce qui se fait aux USA.

Dans les premiers films de Bollywood, les chorégraphies étaient basées sur la danse indienne traditionnelle ou classique, dont le Bharata Natyam et le Kathak. Petit à petit, l’influence américaine s’est fait ressentir dans ces danses. En particulier, des éléments des chorégraphies venues de Broadway et des clips passant sur les chaînes de télévision émises dans le monde entier (comme MTV, chaîne musicale « pour les jeunes ») ont peu à peu été intégrés pour ajouter de l’originalité et du spectaculaire dans les productions indiennes. Ces éléments sont donc principalement issus du jazz et du hip-hop. Chaque film raconte une histoire et les chorégraphies dansées sont là pour marquer une étape de l’histoire en question, il y a donc une mise en scène particulière dans chaque chorégraphie où l’histoire intervient. Par exemple, cela peut être une scène romantique entre une femme et un homme qui se rencontrent ou encore une dispute entre deux soeurs dans un décor un peu irréel. À titre d’exemple, j’inclus ci-dessous un exemple de danse Bollywood avec le titre « Bole Chudiyaan Bole Kangana » issu du film Kabhi Khushi Kabhie Gham, tourné en 2001.

En plus des films Bollywood que l’on peut acheter sur DVD un peu partout dans le monde, il est possible de voir des chorégraphies de ce type, par exemple, dans l’émission américaine « So You Think You Can Dance » (d’ailleurs, il y en avait une dans l’émission de la saison 10 américaine diffusée la semaine dernière ; petite copie d’écran maison ci-contre…), mais aussi dans plusieurs spectacles montés par des troupes dans divers pays, dont la France. Ces spectacles à caractère « exotique » pour nous combinent des éléments favorisant l’évasion du quotidien (vêtements d’Inde, bijoux, danseuses aux cheveux longs et bruns, chants dans une autre langue, mouvements différents, etc.), constituant ainsi un certain stéréotype apprécié de nos jours. Cela explique donc l’engouement actuel pour la danse indienne moderne, et en particulier Bollywood, qui permet la création de cours dédiés dans les écoles de danse.

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Carolyn Carlson

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L’article d’aujourd’hui sera consacré à une danseuse et chorégraphe que les adeptes de la danse contemporaine connaissent bien : Carolyn Carlson. J’en profiterai pour vous présenter le dernier livre que j’ai édité, puisque ce dernier porte sur cette même danseuse.

Il est vrai que je ne suis pas spécialiste de la danse contemporaine mais, comme vous le savez, je m’intéresse à toutes les formes de danse. Et c’est par le biais d’un projet de livre que l’on m’a proposé que je me suis intéressé à cette danseuse et chorégraphe qu’est Carolyn Carlson. Mais commençons par le début : Carolyn Carlson est née en 1943 à Oakland, en Californie, de parents d’origine finlandaise. Elle apprend la danse classique sur la Côte Ouest des États-Unis et passe sept années à l’Alwin Nikolais Dance Theatre à New York (1965-1971) d’où elle tirera une grande partie de sa vision de la danse. Elle arrive en France en 1971 où elle est danseuse étoile-chorégraphe au Ballet de l’Opéra de Paris, invitée par Rolf Liebermann. Son parcours professionnel la conduit ensuite en Italie où elle prend durant 4 ans la direction artistique du théâtre de La Fenice de Venise, puis de nouveau à Paris, au théâtre de la Ville. Ensuite, elle passe quelques années en Finlande et en Suède avant de revenir à Venise. Enfin, elle revient en France en 1999. D’abord à Paris où elle crée sa propre structure, y invitant régulièrement des artistes renommés comme Trisha Brown ou Lloyd Newson, puis parallèlement à Roubaix comme directrice artistique du Centre chorégraphique national.

La conception de la danse de Carolyn Carlson intègre à la fois une dimension philosophique et une dimension spirituelle. D’ailleurs, elle parle elle-même de « poésie virtuelle ». La poésie est en effet un exercice qu’elle pratique aussi en dehors de la danse puisqu’elle est l’auteur de plusieurs livres de poèmes et calligraphies. Son approche de la danse contemporaine privilégie l’improvisation et les solos dans un univers souvent très dépouillé et minimaliste. On y retrouve un peu l’esprit de la calligraphie asiatique où tout s’exprime en quelques coups de pinceau et un peu d’encre de Chine. Depuis 40 ans, Carolyn Carlson a influencé de manière importante la danse contemporaine en Europe et ses créations font le tour du monde. Sa première pièce, « Density 21.5 », est montée en Avignon en 1972. Depuis, elle a créé plus de 100 pièces, dont certaines comme « Blue Lady » (1983), « Signes » (1997, et qui a remporté une victoire de la musique en 1998) ou encore « Mundus Imaginalis » (2010) ont marqué les esprits. Entre autres distinctions, elle a été décorée des insignes de chevalier de la légion d’honneur en 2000, puis de celles de commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres le 20 mars 2013. Elle a également été la première chorégraphe à recevoir le lion d’or à la Biennale de Venise en 2006 À l’âge de 70 ans, Carolyn Carlson est actuellement à la tête du Centre chorégraphique national (CCN) de Roubaix et du Nord-Pas-de-Calais et sera remplacée par Olivier Dubois le 1er janvier 2014. Par ailleurs, elle dirige l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson une structure internationale créée en 1999 dans les locaux de la Cartoucherie de Paris.

J’intègre ci-dessous la vidéo d’un passage de « Blue Lady », filmée au Bataclan, où Carolyn Carlson danse lors d’un concert de René Aubry (le compositeur de la musique) en mars 2004.

Carolyn Carlson est le sujet d’un tout nouveau livre de photographies, « Carolyn Carlson – Regards, gestes et costumes », écrit et photographié par Raphaël-Didier de l’Hommel. Ce livre tout en couleurs a deux particularités, outre ses photographies exclusives et uniques : la première est de présenter 7 calligraphies réalisées par Carolyn Carlson elle-même (dont une inédite), la seconde est d’être en édition bilingue français-anglais. J’ai moi-même beaucoup travaillé sur ce livre avec l’auteur afin d’aboutir à un livre d’un format pratique (contrairement à d’autres livres déjà édités précédemment ailleurs) et visuellement agréable à parcourir. L’auteur, quant à lui, est un admirateur du travail de Carolyn Carlson de longue date, puisque les photos qu’il présente ont été prises entre 1980 et 2010. Il a été le témoin de séances d’improvisation exceptionnelles dans divers pays d’Europe, qu’il a pu photographier de manière privilégiée. J’avoue que c’était pour moi un travail important puisqu’il s’agit du premier livre en couleur que j’édite. L’erreur n’était pas permise, mais je sais de source sûre (et directe…) que Carolyn Carlson a beaucoup apprécié le travail réalisé sur ce livre et je ne doute pas qu’il plaira également à tous ceux qui aiment cette danseuse/chorégraphe ainsi que son travail. Pour en savoir davantage, vous pouvez visiter le site de l’éditeur.

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La danse (country) en ligne

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Comme j’ai été très actif ces dernières semaines dans le domaine des livres sur la danse, mon second article de la saison portera encore sur un livre que j’édite. Celui-ci, je l’ai écrit moi-même et il porte sur la danse en ligne, qu’elle soit country (majeure partie du livre) ou non. Cela me donne aussi l’occasion de clarifier dans cet article un certain nombre d’idées reçues dans ce domaine.

De nos jours, parler de danse en ligne, de line dance ou encore de danse country est bien souvent équivalent. Pourtant, il y a un peu d’abus de langage là-dedans. Même si le retour de la danse en ligne sur le devant de la scène française est principalement dû à une certaine ferveur autour de la musique country américaine dans les années 1990, toute danse en ligne n’est pas forcément country. À l’inverse, toute danse country & western n’est pas forcément de la danse en ligne. La danse country & western est en réalité une famille de danses qui sont pratiquées au son de la musique traditionnelle country américaine. On y trouve des danses en couple (dont le two-step ou des variantes de polka), des danses à deux (les « partner dances » où la notion d’homme/femme est moins prononcée) et donc des danses en ligne. Comme je l’ai déjà expliqué lors de la présentation du livre de Ralph Giordano « La danse country & western », cette famille de danse vient de loin et hérite du mélange culturel des Européens (Anglais, Irlandais, etc.) qui ont émigré vers le nouveau continent par le passé. Ainsi, le fait de « danser la country » va-t-il plus loin que danser en ligne.

Pour ce qui est de la danse en ligne à proprement parler, cette forme de danse existe depuis très longtemps. Certaines danses traditionnelles françaises se dansent même en ligne (le Brise Pied, par exemple) et les danses traditionnelles en chaîne ou en cercle sont aussi quelque part une déclinaison des danses en ligne. L’une des danses en ligne américaine les plus anciennes pourrait être le Shim Sham des années swing (1930-1940) qui était dansé aussi bien par les danseurs de claquettes que les danseurs de swing. J’y ai déjà consacré un article dans ce blog. D’autres danses en ligne existent à la même époque, mais on a essentiellement retenu les danses des années 60 comme le madison (même si, aujourd’hui en France, nous ne le dansons plus de la même façon qu’à l’époque) ou encore le hully gully. Avec la période de la danse en solo (« free style »), les danses en ligne chorégraphiées ont été moins populaires. Puis est elles sont revenues durant la période disco avec des enchaînements comme le Bus Stop et ce que l’on voit dans le film « La Fièvre du samedi soir » avec John Travolta.

Enfin, durant les années 1990, est arrivé ce nouvel engouement pour la musique country et les chorégraphies de danse en ligne associées en particulier « Acky Breaky Heart » de Billy Ray Cyrus. Petit à petit, les danses en ligne se sont multipliées sur de la musique country et elles se sont propagées dans le monde entier. Au fur et à mesure, de la pratique de ces danses, certains danseurs et chorégraphes ont eu envie d’appliquer la logique de la danse en ligne à d’autres types de musique et c’est là où la notion de « country » a eu tendance à disparaître de l’expression « country line dance » pour devenir simplement « line dance » (traduction par « danse en ligne » en français). Même si la dominance des musiques country est flagrante, la pratique de la danse en ligne voit chaque année apparaître des dizaines de nouvelles chorégraphies sur des styles musicaux très variés : musique irlandaise, musique latino, musique disco/funk, etc. Voilà donc pourquoi le livre que je viens d’écrire comporte le mot « country » entre parenthèses.

« La danse (country) en ligne » est donc un livre de technique de line dance. Le premier chapitre introduit la danse en ligne dans l’histoire des danses et donne quelques conseils pour les débutants. Le second chapitre présente toutes les techniques et notions qui servent de base à l’apprentissage des danses qui sont présentées dans le reste de l’ouvrage. Cela va du simple pas de marche avec la gestion du poids du corps, au sailor step en passant par le grapevine, le hook et le heel split. Après ces descriptions, ne viennent pas moins de 37 danses parmi les plus dansées dans les bals country et les soirées de line dance de nos jours en France. Ce sont principalement les grands classiques (Electric Slide, Tush Push, Hooked on Country) et certaines autres danses servant de prétexte à l’apprentissage progressif de certaines techniques et déplacements (en particulier certaines danses de la série AB de Val Myers). Il y a même des danses récentes comme Foxy Girl. Enfin, le dernier chapitre aborde tous les aspects musicaux liés à la pratique de la line dance : suggestion de titres, calcul de la vitesse, reconnaissance du style, utilisation des tags et restarts. Bref, c’est un ouvrage complet dont la grande originalité est de présenter chaque pas sous forme illustrée : chaque mouvement d’une danse est présenté à la fois sous la forme d’un schéma et sous la forme d’une description textuelle. Aucun livre en français ne propose ce genre de représentation à ce jour.

Voilà, pour le reste, je vous laisse découvrir les détails dans ce livre (d’autres infos sur le site de l’éditeur) disponible à la vente depuis cette semaine, et qui a été relu par trois enseignantes spécialistes de la line dance (elles sont citées dans le livre et sur mon site Internet). Leurs suggestions ont été particulièrement utiles au généraliste versé dans les danses swing que je suis. Ce livre aurait pu être écrit directement par un professeur spécialiste de line dance, mais il est particulièrement difficile de trouver des professeurs de danse prêts à s’investir dans l’écriture d’un livre (ça prend beaucoup de temps et cela ne rapporte pas grand-chose…). Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manqueraient et je vois bien qu’il y a une attente dans ce domaine. Ainsi, si vous avez envie d’écrire un livre sur la danse et que vous avez les compétences pour faire du travail de qualité, n’hésitez pas à m’en parler en m’envoyant un petit e-mail. De même, si vous ne trouvez pas tel ou tel type de livre dans le domaine de la danse, faites-moi part de votre constat et je verrai ce qu’il est possible de faire pour répondre à ce manque.

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Isadora Duncan et la danse libre

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Dans ce blog, il m’arrive de temps à autre de m’intéresser à une danseuse ou à un danseur en particulier. Certain(e)s sont devenu(e)s célèbres par la télévision ou le cinéma, d’autres sont connu(e)s dans un certain domaine de la danse pour avoir marqué les esprits et influencé la pratique de nombreux de leurs contemporains. Aujourd’hui, je vous propose de parler un peu d’Isadora Duncan, une Américaine que certains ont surnommée « la danseuse aux pieds nus ». Difficile de résumer en quelques lignes tout ce qui a été dit et raconté à son sujet, mais je vais tenter d’aborder l’essentiel. En corollaire à cet article, je vais aussi vous parler d’un livre qui sort ce mois-ci et dont le sujet est en relation.

Isadora Duncan est née à San Francisco, aux États-Unis en 1877. Son père était banquier et grand amateur d’art de manière générale, avec une sensibilité particulière pour la culture grecque antique, et sa mère était musicienne. Suite au divorce de ses parents vers 1880, Isadora et sa famille déménagèrent à Oakland. La petite famille vécut pauvrement et les filles durent donner quelques cours de danse à d’autres enfants du quartier durant leur adolescence afin de compléter les revenus de la mère de famille. En 1895, à l’âge de 18 ans, Isadora Duncan intégra la Augustin Daly’s theater company à New York, mais la danse classique ne lui donnait aucune réelle satisfaction. Sous l’impulsion d’Isadora et pour développer la conception de la danse de celle-ci, toute la famille déménagea pour Londres en 1899, puis quelques mois plus tard pour Paris. Dans ces deux villes, les vestiges grecs des musées (le British Museum et le Louvre) passionnèrent Isadora. On dit qu’à cette époque elle dansait en imitant les positions des peintures de vases antiques tandis que son frère Raymond la photographiait. Ses spectacles de danse étaient basés sur une interprétation de morceaux de musique classique comme le Beau Danube bleu de Strauss, la Marche funéraire de Chopin ou encore la Symphonie Pathétique de Tchaïkovsky.

Plus tard dans sa vie, après l’avoir déjà fait en France et en Allemagne, Isadora Duncan créa sa propre école de danse à Moscou, motivée par la promesse du gouvernement russe de lui apporter son soutien. Une fois l’école bâtie, le soutien en question ne vint pas et elle dut reprendre le chemin de la scène. Le rêve d’Isadora Duncan était de pouvoir enseigner à des enfants qui, à leur tour, auraient enseigné à d’autres enfants. Isadora Duncan est décédée alors qu’elle était dans une automobile en 1927 à l’âge de 50 ans, étranglée par son écharpe. Ses cendres se trouvent au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Philosophiquement, Isadora Duncan s’est radicalement éloignée de la technique de danse classique rigide et, selon elle, contraire à la nature humaine. Elle a toujours recherché le mouvement le plus naturel possible, prônant la connexion entre les émotions et le mouvement. Dans le cadre de cette démarche, elle s’est inspirée de la culture de la Grèce ancienne associée à la recherche de liberté présente dans la culture américaine, donnant ainsi ses fondations à la « danse libre » et à la danse moderne de manière générale, dont s’inspirent certains courants de la danse contemporaine. Lorsqu’elle se produisait, elle était souvent vêtue à la grecque, se drapant dans une pièce de tissu et dansant pieds nus. Six de ses élèves les plus doués s’installèrent aux USA. Ils furent adoptés par Isadora Duncan et prirent son nom de famille. Son travail a permis à la danse de retrouver une place de choix en tant qu’art là où l’aspect divertissement avait tendance à dominer.

L’un des adeptes de la manière de danser d’Isadora Duncan, François Malkovsky, était ami avec l’un des frères de celle-ci, Raymond Duncan. Venu en France pour travailler le chant lyrique, il se découvrit à son contact une vocation pour la danse. Il finit par enseigner lui-même la danse libre dans les écoles et les cours d’éducation physique, imaginant ainsi une approche pédagogique du mouvement naturel humain au sein de la « danse libre » telle qu’elle a été initiée par Isadora Duncan. François Malkovsky est décédé en 1982 en France, à Laon, et son approche de la danse libre continue de se transmettre dans de nombreuses villes.

Cela m’amène à vous parler d’un des livres sur lesquels j’ai travaillé ces dernières semaines et qui a, entre autres activités, retardé le redémarrage de l’écriture d’articles pour le blog que vous consultez. Ce livre, écrit par Anne-Marie Bruyant (qui enseigne la danse libre depuis de nombreuses années), s’intitule « La danse libre » avec pour sous-titre « Sur les traces d’Isadora Duncan et de François Malkovsky ». Je pense qu’à l’éclairage des lignes ci-dessus vous aurez deviné ce dont il parle et que le terme « danse libre » ne fait pas référence au fait d’improviser dans n’importe quel style de danse.

En réalité, ce livre n’est ni un livre sur l’histoire de la danse libre, ni un livre de technique permettant d’apprendre la danse libre chez soi. C’est un ouvrage qui, même si les aspects précédemment cités sont en partie présents, tente d’expliquer les bases de la danse libre, vues de l’intérieur. En effet, la danse libre permet de s’exprimer en toute liberté et en adéquation avec la nature profonde du corps humain, mais elle peut aussi constituer un cheminement intérieur vers un certain bien-être. Le principe est de ne pas forcer le corps dans des positions extrêmes (comme les pointes de la danse classique) et de faire se succéder des mouvements et positions qui correspondent à celle que le corps humain peut faire sans aucune contrainte. C’est donc une forme de danse toute en douceur qui peut très bien convenir aux enfants, aux adultes et aux personnes âgées et elle peut se faire avec ou sans accessoires (balles, bâtons, etc.). S’il est clair que ce n’est pas une manière de danser spectaculaire (mais il existe des chorégraphies et des spectacles de danse libre), le travail se fait à la fois intérieurement, en s’accordant avec la musique et avec sa nature propre, et extérieurement, en oubliant certaines déformations qu’occasionne la vie moderne. Par exemple, il est courant que les personnes débutant la danse libre découvrent qu’ils ne savent pas vraiment marcher et que leur marche de tous les jours pour aller au travail induit des contraintes inconscientes à leur corps. Ceci n’est qu’un exemple de ce que le livre d’Anne-Marie Bruyant explique et j’ai pu découvrir dans cet ouvrage une approche de la danse plus spirituelle que dans d’autres formes de danse. Il est difficile d’expliquer tout cela dans un petit paragraphe comme ici, je vous laisse vous faire votre propre idée en lisant ce livre qui comporte de nombreuses photographies de danse libre aussi bien issues d’archives que prises récemment.

À noter que ce livre, à paraître le 19 novembre prochain, est encore disponible par le biais d’une souscription à tarif préférentiel sur le site des éditions Rolland.

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Les sourieurs de l’opéra

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Désirant développer l’édition de livres pour les danseurs et par les danseurs, j’ai créé ma maison d’édition en 2006. Cela a débuté par mon livre « Le rock’n’roll : technique de danse et pratique », résultat de plusieurs années de travail et de formalisation des bases de cette danse largement pratiquée en France. Depuis ces débuts où, d’étape en étape, j’ai développé divers ouvrages liés à la danse, je n’avais pas encore édité d’auteur français. Je suis passé de l’étape de l’auto-édition à l’étape de l’édition en français de livres américains. L’autobiographie de Frankie Manning a été le premier projet et il fait encore référence aujourd’hui par rapport à l’édition d’origine. Une nouvelle étape se concrétise en mars avec la sortie du premier livre original écrit par une Française et édité aux éditions Rolland, la maison d’édition que j’ai créée.

Ce livre a pour titre « Les Sourieurs de l’Opéra ». Lorsque son auteur, Aurore Rivals, m’a proposé son manuscrit il y a plusieurs mois, je me suis dit qu’il y avait dans ce texte une originalité de ton mêlée à une action qui se déroule dans le monde du ballet classique. Après la lecture de ce texte initial, j’ai donc décidé d’accepter ce projet, ainsi que le travail d’accompagnement que tout éditeur se doit de faire pour mener un auteur à « accoucher » de son texte sous une forme commercialisable. Le rôle d’un éditeur digne de ce nom (aussi spécialisé soit-il dans un domaine, comme moi dans la danse) est d’être présent aux côtés de son auteur et de le complémenter dans un échange de points de vue constructif basé sur le texte d’origine et les contraintes d’une publication au grand public. Il est rare qu’un auteur sorte d’une traite un texte parfait (et encore… peut-on considérer qu’un texte est un jour parfait ?), à moins d’en être à plus de vingt ouvrages publiés et mûrement revus en étroite collaboration avec un correcteur. L’expérience fait qu’un auteur s’améliore au fil de ses ouvrages. Bref, nous avons travaillé de concert sur ce texte qui a été repris plusieurs fois afin d’aboutir au livre qui va sortir mi-mars 2012.

Je vous livre ici le texte de la quatrième de couverture de ce livre d’Aurore Rivals.
Le sourire est leur métier, la danse est leur passion : Nils, Chrissy et Cillian sont les danseurs étoiles de l’Opéra. Nils se prend pour la réincarnation de Maximilien Robespierre et mène sa révolution très personnelle aussi bien à l’Opéra que dans sa vie intime. Eddy, le maître de ballet, homme sombre et solitaire, porte sur le monde un regard d’une extrême lucidité. Il sait déjouer les comédies humaines, celle des autres comme la sienne, mais son esprit trop clairvoyant finira par avoir raison de lui. Ce roman nous fait découvrir des éclats de vie de ces personnages qui, à leur manière, font leur révolution dans l’univers de l’Opéra et du ballet classique. Les interprètes du Lac des Cygnes vont ainsi peu à peu dévoiler le côté blanc et le côté noir de leur existence.

Et voici un court extrait pour vous en donner une idée. (p. 19)
– Alors, princesse, on est prête ?
Chrissy est en train d’écraser le bout de ses pointes dans le bac à colophane d’un air absent. Elle aime se perdre dans ce geste quotidien qui l’apaise, qui lui permet de faire abstraction de toutes les angoisses avec lesquelles elle a rendez-vous, sans faute, la veille du spectacle. La chevauchée des mauvaises pensées, elle apprend à vivre avec, elle ne cherche pas à les fuir, mais ne les laisse pas non plus la posséder. Tout à l’heure, il ne faudra pas faillir, il ne faudra pas leur laisser l’opportunité de faire la comparaison et de penser à une autre danseuse ; enfin, il faudra faire en sorte que Chrissy en blanche Odette et en noire Odile, ce soit une évidence. Chrissy enfile ses chaussons comme une jeune justicière enfile ses gants de cuir. Ce soir, elle part au combat. Nils se poste devant elle, lui tend impérieusement un frêle coquelicot qu’il a pris le temps de choisir et de cueillir exprès pour elle.
– Tiens, c’est pour donner des couleurs à ta petite loge… parce qu’elle est un peu tristounette. Tu devrais la décorer.
Nils accompagne ses paroles d’un geste vague et désigne les murs de la loge entièrement nus. Seule une petite photographie en noir et blanc est collée en haut à droite du grand miroir central. C’est la mère de Chrissy, celle qu’elle se plaît à appeler la « Mère Courage », celle qui se débat avec l’existence, avec son propre âge, avec la vieillesse de ses parents et avec les angoisses de sa fille. Combien de fois a-t-elle caressé ses cheveux d’or alors que le petit corps de Chrissy se crispait en de terribles convulsions à presque chaque veille de spectacle ?

Les Sourieurs, ce sont ces danseurs que nous voyons sur scène, au sourire permanent, qui semblent danser avec élégance mais sans effort des pièces imposant la difficile discipline du ballet classique comme « Le Lac des Cygnes ». Ils passent une bonne partie de leur temps à l’Opéra, mais ils ont aussi leur vie en dehors de la scène. Certains comme Nils ont même une conception très personnelle de la vie. Mais que savons-nous de ces artistes, au fond ? Que peut-il bien se passer dans leur vie en dehors des deux heures que dure le spectacle que nous regardons, médusés sur notre siège ? « Les Sourieurs de l’Opéra » nous parle de certains de ces personnages qui, finalement, sont comme nous : ils mangent, ils dorment, ils ont des sentiments, des joies, des peines. Aurore Rivals, musicienne de formation, tire en partie son inspiration du fait d’avoir côtoyé des danseuses et des danseurs durant des années entières. Elle les a observés, elle les dépeint avec un regard facétieux qui, parfois, nous fait sourire et, d’autres fois, nous émeut. Le ton qu’elle emploie est loin du babillage mielleux pour petites filles que l’on lit habituellement autour des ballerines et des ballets classiques. C’est un ton et une histoire modernes, réalistes, avec des personnages attachants. J’espère que vous aurez envie de découvrir ce livre de 144 pages à prix abordable (aux alentours de 12 euros) et de le faire découvrir autour de vous. D’ailleurs, vous pouvez retrouver la page Facebook du livre « Les Sourieurs de l’Opéra » ici, ainsi que la page Facebook des éditions Rolland ici. Enfin, sachez que tant que le livre n’est pas sorti en librairie, il vous est possible de le précommander à tarif préférentiel en utilisant le formulaire présenté ici, sur la page de description du livre du site Rolland éditions.

Le choix d’accepter ou refuser un livre est difficile. J’ai beau animer une maison d’édition dédiée à la danse, aux danseuses et aux danseurs (et par extension à la musique), je ne peux pas pour autant accepter tous les projets de livre qui me sont proposés. D’abord pour des raisons de capacité de production (rien à voir avec les grosses maisons d’édition qui tirent à 100 000 exemplaires et qui font des bénéfices conséquents), ensuite pour des raisons financières puisque, comme je me trouve dans une « niche », il y a assez peu de ventes et donc peu de revenus à investir dans de nouveaux projets qu’il me faut donc choisir avec justesse. J’édite actuellement environ 2 ouvrages par an. Difficile de faire davantage, malgré les encouragements et les sollicitations de toutes parts de sortir des livres de technique de niveau intermédiaire ou avancé… Ainsi plus les livres que j’édite auront du succès, plus je serai en mesure d’éditer de nouveaux projets à destination des amateurs de danse. N’hésitez pas à faire connaître ces livres autour de vous, sans les moyens des gros éditeurs pour faire de la publicité, seul le bouche à oreille peut faire connaître les livres que j’édite !

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