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Article sur un thème culturel :  cinéma, télévision, vidéo, livres, musique, peinture, photographie, etc.

John Travolta : des films sur toutes les danses

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Quand on pense à John Travolta, on imagine tout de suite des images très connues : un costume blanc levé vers le ciel, une coupe gominée sur fond de rock’n’roll ou encore un twist mythique dans un diner rétro. Bien avant de devenir la star d’action et la légende du cinéma que l’on connaît, Jonh Travolta était, et reste au fond de lui, un danseur accompli. Regardons l’histoire de ce danseur hors pair à travers une filmographie où le mouvement et le rythme ont construit sa légende.

La jeunesse de John Travolta et ses débuts

Welcome Back, Kotter
Welcome Back, Kotter

Né en 1954 dans le New Jersey et petit dernier d’une fratrie de six enfants, John Travolta grandit dans un milieu artistique. Sa mère, actrice et metteuse en scène, pousse ses enfants à s’intéresser au spectacle. Mais c’est vers la danse que le jeune John se tourne naturellement. Très jeune, il prend donc des cours de danse, apprenant les claquettes, le jazz et le ballet classique. Cette base technique exigeante explique plus tard son incroyable souplesse, son sens de l’équilibre et sa posture féline. Adolescent, il part à New York et arrête le lycée pour se lancer dans la comédie musicale.

Après des débuts remarqués en tournée dans Bye Bye Birdie, il décroche des rôles à Broadway dans Grease (où il joue le rôle secondaire de Doody, ce n’est pas encore le film que tout le monde connaît) et Over Here!. La télévision le rend très populaire grâce à la série Welcome Back, Kotter (1975-1979). Mais c’est le cinéma qui va le transformer en icône mondiale et le faire danser devant le monde entier.

Une filmographie dansante

Si beaucoup d’acteurs savent bouger en rythme et donc plus ou moins danser, rares sont ceux qui ont traversé les époques en explorant une telle diversité de styles chorégraphiques. Faisons donc un petit tour d’horizon des films où John Travolta a fait valser les genres.

1. Le disco et le hustle dans La Fièvre du samedi soir (1977)

la fievre du samedi soir travolta
La fièvre du Samedi soir

Tony Manero, un jeune vendeur de peinture de Brooklyn sans grand avenir, oublie sa morne condition ouvrière et ses tensions familiales chaque samedi soir en régnant en maître incontesté sur la piste d’une discothèque locale, où il espère remporter un grand concours de danse.

En incarnant Tony Manero, un jeune rebelle de Brooklyn découvrant la liberté sur la piste de danse de l’Odyssey 2001, John Travolta plonge directement dans le domaine de la danse disco et du Hustle. Grâce à une telle bande originale, il crée une frénésie mondiale du disco. Après neuf mois de formation avec le chorégraphe Lester Wilson il apporte à la danse de club une énergie nerveuse, sensuelle et athlétique qui est entrée définitivement dans l’histoire de la culture populaire.

Voici l’une des scènes de ce film iconique :

2. Le ballet moderne dans Staying Alive (1983)

John Travolta dans Staying Alive
Staying Alive

Quelques années après ses folles soirées à Brooklyn, Tony Manero tente de percer à Broadway en décrochant un rôle de danseur professionnel dans une comédie musicale exigeante, tout en naviguant entre ses ambitions amoureuses et professionnelles.

Suite directe de Saturday Night Fever, un film réalisé par Sylvester Stallone, John Travolta mène Tony Manero de la piste de danse du club vers les exigences des théâtres de Broadway. Travolta laisse derrière lui le pur disco pour découvrir la danse contemporaine, le ballet moderne et la chorégraphie théâtrale. Il utilise alors directement son répertoire plus athlétique, plus technique et plus théâtral, ce qui rejoint légèrement sa formation classique.

3. Le rock’n’roll des fifties dans Grease (1978)

grease travolta
Grease

Grease Dans l’Amérique insouciante de la fin des années 1950, Danny Zuko, le chef charismatique d’une bande de blousons noirs, et Sandy, une jeune fille sage et romantique, vivent une idylle estivale avant de se retrouver par surprise dans le même lycée de banlieue. Ce film est l’adaptation à l’écran de la comédie musicale de Broadway portant le même nom où John Travolta avait précédemment joué un rôle secondaire. 

Juste après le disco, Travolta enfile le blouson en cuir de Danny Zuko. Sur une chorégraphie de Patricia Birch, il mélange l’énergie du rock et du swing des années 1950 à une insolence très pop. Les scènes de bal (le célèbre concours de danse de Rydell High) et les numéros musicaux comme « You’re the One That I Want » montrent sa capacité à lier comédie romantique et précision rythmique avec sa partenaire Olivia Newton-John.

4. La danse country et western dans Urban Cowboy (1980)

urban cowboy
Urban Cowboy

Un jeune Texan débarque à Houston pour travailler dans une raffinerie et trouve son exutoire dans un immense honky-tonk local, le Gilley’s, un lieu de perdition rythmé par la danse country, l’alcool et les rodéos sur taureau mécanique. Danse en ligne country, two-step et rodéo marquent des temps forts de ce film qui ravira les amateurs de danse country.

Changement total d’ambiance et de décor. Travolta quitte New York pour les bars texans dans ce drame romantique. Ici, pas de paillettes disco ou de blouson de type teddy. L’acteur s’adapte à la culture populaire rurale américaine, maîtrisant la rigueur collective de la danse country, en n’oubliant pas de monter un taureau mécanique. 

Un petit extrait dansant du film :

5. Le fitness et l’aérobic des années 1980 dans Perfect (1985)

John Travolta dans Perfect
Perfect

Un journaliste du magazine Rolling Stone mène une enquête sur l’univers en plein essor des clubs de fitness et des salles de sport branchées en Californie, et tombe amoureux d’une instructrice d’aérobic intransigeante.

Aux côtés de Jamie Lee Curtis, John Travolta profite de la mode du fitness des années 1980. Dans ce film où il joue un journaliste enquêtant sur les salles de sport, les scènes de danse ressemblent à des cours d’aérobic, montrant sa souplesse dans un style très sportif et moderne.

6. Le twist pop-culturel dans Pulp Fiction (1994)

pulp fiction
Pulp Fiction

Les destins croisés de petits gangsters, de tueurs à gages philosophes et de boxeurs fatigués dans la pègre de Los Angeles, rythmés par des dialogues ciselés, de la violence stylisée et des rencontres improbables. Devenu film culte pour beaucoup de cinéphiles, Pulp Fiction a été tourné en 1994 et John Travolta y joue l’un des rôles principaux.

On y retrouve la scène de danse la plus connue du cinéma moderne. Dans le rôle du tueur à gages Vincent Vega, Travolta danse avec Uma Thurman au restaurant Jack Rabbit Slim’s. Sans mouvements compliqués, mais avec un charisme fou et un vrai sens du rythme, il fait un twist simple et décalé qui reste un moment fort du cinéma, marquant son grand retour.

Voici l’extrait culte :

7. Le kitsch exubérant et la danse en ligne afro-américaine des années 1960 dans Hairspray (2007)

hairspray
Hairspray (2007)

Dans le Baltimore des années 1960, une adolescente ronde et passionnée de danse rêve d’intégrer une émission de télévision locale très populaire pour y imposer la mixité raciale et la joie de vivre. Ce film est le remake du film du même nom, tourné en 1988, qui propose aussi des scènes de danse dont le « vrai » madison, le Madison Time (pas le madison que nous dansons en France de nos jours).

Dans cette adaptation très colorée, Travolta fait une performance en jouant Edna Turnblad, la mère complexée bien en chair, grâce à de longues heures de maquillage. On y voit des danses dans l’esprit des danses pour adolescents des années 1960 dans un style comédie musicale avec une bande son dynamique. Contre toute attente, la fin du film lui offre un grand numéro musical (« You Can’t Stop the Beat ») où il montre une grâce et une joie de vivre communicative, prouvant que son talent de danseur ne vieillit pas.

Conclusion

De la rigueur de ses jeunes années au ballet jusqu’à Broadway et aux pistes de danse d’Hollywood, John Travolta n’a jamais cessé de raconter des histoires avec son corps. Sa carrière de danseur est le reflet d’un voyage à travers la culture populaire américaine : des boîtes disco aux planchers poussiéreux du Texas, du rock adolescent au twist moderne. Plus qu’un acteur qui sait danser, John Travolta est un danseur-né qui a utilisé le cinéma comme la plus grande des pistes de danse proposant une série de films incontournables pour tout amateur de danse.

Je me dis que je devrais peut-être inaugurer dans ce blog une série d’articles où chacun serait consacré à un film sur le thème de la danse. Il y en a tellement à vous faire découvrir !

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Gene Kelly, le danseur sous la pluie

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Aujourd’hui je vous emmène vers l’âge d’or des comédies musicales hollywoodiennes où une photo s’impose immédiatement : un homme souriant, suspendu à un lampadaire sous la pluie, chantant nonchalamment. Cet homme, c’est Gene Kelly. Acteur, danseur, chanteur, réalisateur et chorégraphe de génie qui a révolutionné la danse à l’écran et est décédé il y a tout juste 30 ans cette année.

De Pittsburgh aux scènes de Broadway

Né en 1912 à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Eugene Curran Kelly (le nom civil de Gene Kelly) ne se destine pas initialement à la danse. Durant sa jeunesse, il se passionne surtout pour le sport et le football américain. Poussé par sa mère qui inscrit toute la fratrie à des cours de danse, il commence par rechigner avant de se découvrir une véritable fascination pour les arts de la scène.

Gene Kelly jeune
Gene Kelly jeune

Après des études d’économie, la Grande Dépression frappe sa famille. Pour gagner sa vie, il enseigne la danse et monte des spectacles locaux. Son énergie communicative le pousse rapidement vers New York. Il fait ses débuts à Broadway à la fin des années 1930, avant d’exploser littéralement en 1940 dans le premier de la comédie musicale Pal Joey. C’est le passeport idéal pour Hollywood, qui lui tend les bras.

Un style ancré dans le sol

Gene Kelly et Fred Astaire
Gene Kelly et Fred Astaire

Pour bien comprendre la singularité de Gene Kelly, il faut le comparer à son grand contemporain, Fred Astaire.

  • Fred Astaire incarnait l’élégance suprême, le dandy aérien en queue-de-pie qui semblait flotter au-dessus du sol, héritier direct de la grande tradition du vaudeville. Pour davantage de détails, vous pouvez lire l’article que je lui ai consacré il y a quelques mois dans ce blog.

  • Gene Kelly, quant à lui, était l’athlète terrien. Il a démocratisé un style plus populaire, vigoureux et ancré dans la réalité. Ses claquettes puisaient autant dans le folklore irlandais que dans le jazz, la danse moderne et le ballet classique.

Gene Kelly voulait que la danse exprime des émotions quotidiennes : la colère, la joie simple d’un ouvrier ou la fougue d’un marin en goguette. C’est lui qui a fait entrer la danse moderne et athlétique dans les studios de cinéma.

Ses partenaires

Tout au long de sa carrière, Gene Kelly a partagé l’affiche avec les plus grandes étoiles de son époque, créant une alchimie magique à chaque film :

  • Cyd Charisse, sublime partenaire au port altier avec qui il partage un ballet mémorable dans Un Américain à Paris (1951).

  • Leslie Caron, qu’il découvre et propulse au rang de star internationale dans ce même film.

  • Judy Garland, amie de longue date et complice de talent dans des films comme Le Pirate (1947).

  • Rita Hayworth, à ses côtés dans l’inoubliable Reine de Broadway (1944).

Cyd Charisse et Gene Kelly
Cyd Charisse et Gene Kelly

Ses films à succès

Parmi ses plus grands triomphes au box-office américain, impossible de ne pas citer Un jour à New York (1949). Mais son chef-d’œuvre absolu reste sans conteste Chantons sous la pluie (1952), coréalisé avec Stanley Donen. Ce film, qui brocarde avec tendresse le passage du cinéma muet au parlant à Hollywood, regorge de morceaux de bravoure, à commencer par le numéro éponyme où Gene Kelly, trempé jusqu’aux os, utilise son parapluie comme accessoire de danse pour exprimer le comble du bonheur amoureux.

Chantons sous la pluie : Gene Kelly
Chantons sous la pluie : Gene Kelly

Je vous propose de revoir un extrait légendaire de cette séquence mythique de Chantons sous la pluie :

Parmi les audaces techniques les plus marquantes de sa filmographie, Gene Kelly a sans cesse cherché à repousser les frontières de l’immersion. Dans le film Escale à Hollywood (Anchors Aweigh, 1945), il signe l’un des duos les plus surprenants de l’histoire du 7e art en partageant l’écran avec Jerry la souris (de la célèbre série animée Tom et Jerry).

Gene Kelly et Jerry
Gene Kelly et Jerry

Initialement, les studios MGM avaient approché Walt Disney pour emprunter Mickey Mouse, mais face au refus de ce dernier, Gene Kelly s’est tourné vers les animateurs William Hanna et Joseph Barbera bien connus pour de nombreux dessins animés courts à l’époque. Pour réaliser cette séquence où le marin américain danse en parfaite harmonie avec le petit rongeur sur le « Worry Song », il a fallu plus d’un an de travail minutieux en post-production. Gene Kelly a dû danser seul face à un sol quadrillé et des repères, calant ses mouvements au millimètre près avant que les équipes ne dessinent et superposent l’animation image par image grâce à la technique de la rotoscopie. Le résultat demeure une merveille d’inventivité et de poésie enfantine.

Je vous propose de revoir ce numéro d’animation et de danse inédit à l’époque :

Les ballets oniriques

Gene Kelly ne se contentait pas de enchaîner les chansons rythmées ; il a profondément transformé la structure narrative des comédies musicales en y introduisant de vastes fresques dansées. Convaincu que la danse pouvait exprimer ce que les dialogues ne parvenaient plus à dire, il a imposé des ballets oniriques d’une grande ambition artistique au cœur de ses films.

Le sommet de cette démarche s’observe dans le final monumental d’Un Américain à Paris, un ballet de près de dix minutes entièrement sans dialogues. S’inspirant des grands peintres impressionnistes et post-impressionnistes français comme Dufy, Renoir, Van Gogh ou Toulouse-Lautrec, ce voyage visuel et sensoriel plonge le spectateur dans un Paris rêvé, aux décors changeants et somptueux, où Kelly et Cyd Charisse racontent une histoire d’amour purement par le mouvement et la musique de George Gershwin. Ce pari audacieux, risqué pour les studios de l’époque, a non seulement conquis le public, mais a aussi ouvert la voie à une écriture cinématographique beaucoup plus poétique.

Gene Kelly et Leslie Caron dans Un Américain à Paris
Gene Kelly et Leslie Caron dans Un Américain à Paris

Les demoiselles de Rochefort en France

Gene Kelly vouait un amour profond à la culture française et à Paris, qu’il considérait comme une source d’inspiration inépuisable. Cet attachement l’a conduit à participer à l’un des joyaux du cinéma français : Les Demoiselles de Rochefort (1967), réalisé par Jacques Demy, avec une partition magistrale signée Michel Legrand.

Dans ce film musical multicolore tourné en plein air, il interprète le rôle d’Andy Miller, un musicien américain de passage. Il y danse et y joue en français (doublé pour les chansons, mais s’exprimant lui-même dans les dialogues en français) aux côtés de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Sa présence est un pont magnifique entre Hollywood et la French Musical Touch.

Découvrez l’ambiance unique de sa participation dans le film Les demoiselles de Rochefort :

Un héritage éternel

Disparu en 1996 à l’âge de 83 ans, Gene Kelly a laissé derrière lui une empreinte indélébile. Il a prouvé que la danse au cinéma n’était pas un simple numéro de remplissage, mais un outil narratif à part entière, capable de faire avancer l’histoire et de toucher le cœur des spectateurs du monde entier.

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Les danses à deux country (country swing, two-step…)

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Aujourd’hui je vous propose de chausser nos bottes et nos chapeaux (même si cela fait cliché) et de nous plonger dans l’univers des danses à deux du monde country western dont le two-step et le country swing.

Country Line Dance
Country Line Dance

Si on vous parle de danse country, vous imaginez sans doute de longues rangées de danseurs alignés qui font les mêmes pas en même temps. C’est la country line dance ou encore danse en ligne country en français. Certains font la différence entre la line dance tout court et la danse country en ligne, mais nous n’entrerons pas dans ce débat dans cet article. En revanche,  saviez-vous que la culture country comprend aussi un vrai ensemble de danses en couple, improvisées ou non et pleines d’énergie ?

Pour ceux qui aiment la danse en couple, habitués au rythme du rock’n’roll, à l’énergie du lindy hop ou à la sensualité de la salsa, les danses de couple western offrent un terrain de jeu fascinant. Partons ensemble sur les pistes de danse pour découvrir toute la richesse de ce répertoire.

Bal Country
Bal Country

Si vous observez ce qu’il se passe dans un bal country, vous verrez bien sûr des personnes danser les même pas en ligne et en rythme au centre de la piste. Mais vous remarquez aussi sur certains titre des couples qui tournent autour de la piste en dansant d’une manière complètement différente. Dans certains cas, la chorégraphie est la même pour tous les couples (c’est une partner dance, une danse codifiée à la chorégraphie répétitive comme El Paso ou Cowboy Cha-cha qu’on voit souvent danser dans les bals country français en ce moment), dans d’autres cas chaque couple danse un enchaînement différent des autres (c’est probablement du two-step).

1. Deux danses improvisées à la mode : two-step et country swing

Je vous propose de voir en particulier deux danses à deux les plus dansées en improvisation dans les bals country.

Le country two-step (ou Texas two-step)

Danseurs de Two Step
Danseurs de Two Step

Ses origines remontent au début du XXe siècle. Cette danse est issue du foxtrot et des danses de salon européennes amenées par les migrants. D’ailleurs le rythme des pas du two-step est similaire à celui du foxtrot, à la différence qu’il se font sur de la musique country western. Le pas de base suit un rythme en séquence : quick, quick, slow, slow (vite, vite, lent, lent) où la durée d’un « slow » vaut celle de deux « quick ». Sur ce rythme (et les variantes correspondant à certaines figures), la progression se fait le long du bord de la piste, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Le danseur guide la danse et propose des variations et figures à sa danseuse qui le suit.

Je vous propose en exemple un extrait vidéo du film « Urban cowboy » avec John Travolta. C’est le film essentiel qui a donné un coup de pouce à l’émergence de la danse country dans les années 1980. Un must à voir pour les amateurs de danse country. Décidement, John Travolta est dans tous les univers : disco, années 1960 et même country !

Le country swing

Grand porté Country Swing
Grand porté Country Swing

C’est une version moins technique des danses swing américaines comme le West Coast swing ou le lindy hop. Le country swing met l’accent sur l’interaction, les portés, les tombés, les renversés et une connexion très détendue. Ce qui en fait une danse visuelle parsemée de « tricks » et moments spectaculaires au point que certains en oublient qu’il y a un pas de base. Contrairement au two-step, le country swing est une danse plutôt stationnaire (les partenaires restent sur un espace de danse limité sans ligne de danse) et les musiques country utilisées ne peuvent pas être trop rapides. La rythmique de base ressemble  un peu à la salsa en plaçant le « lent » au début de la séquence : slow, quick, quick (lent, vite, vite).

Je vous propose en exemple visuel une vidéo d’un couple qui danse en extérieur. J’avoue que j’ai du mal à trouver des vidéos où la technique est visible au niveau des pieds. C’est l’un des défauts de l’émergence de la danse à deux country swing : les jeunes danseurs actuels se focalisent davantage sur l’aspect visuel du haut du corps en oubliant la technique et la rythmique associées aux pieds…

2. Autres danses proches du monde country western

La famille des danses de couple connue des amateurs de country western est large. Elle convient à toutes les ambiances et à tous les tempos. Voici les autres styles principaux à découvrir :

Le West Coast Swing (WCS)
Même s’il se danse aujourd’hui sur des styles musicaux très variés comme la pop, le R&B ou le blues, il garde une place importante dans les grands festivals country internationaux. Contrairement au country swing, on le danse sur une ligne de danse mais de manière stationnaire tout de même. Son style est élastique, fluide et très technique, suivant de près les variations de la musique dans une interprétation à deux.

La valse country (country waltz)
Avec un rythme en 3 temps comme toutes les formes de valse, la valse country reprend la valse classique avec une touche plus simple et chaleureuse.  La posture est souvent plus ouverte et détendue qu’en danse sportive, un peu comme l’American Waltz. Elle garde cependant le mouvement circulaire fluide autour de la piste. Cette danse permet de glisser comme en apesanteur sur les morceaux les plus mélodieux.

Le nightclub two-step (two-step de boîte de nuit)
Créée dans les années 1960 par Buddy Schwimmer, cette danse de couple convient parfaitement aux ballades country lentes et romantiques. Sa structure en quick-quick-slow et son déhanchement subtil vont avec de grands mouvements de bras.

La polka country
Plus vive et sautillante, elle impressionne sur les rythmes rapides. Elle se danse comme la polka d’origine polonaise, mais sur de la musique country. Un rythme rapide à deux temps, avec un rebond prononcé et des pas chassés. C’est la vraie image de la fête de village américain. Elle transmet une énergie qui se partage facilement.

3. Cohabitation sur la piste et musique

Ces danses se font dans les country dance halls (salles de danse country aux États-Unis), les bals country et les festivals. Les danseurs de two-step, de valse et de nightclub two-step prennent les couloirs extérieurs. Ils se déplacent en cercle. Les adeptes de swing choisissent les espaces plus fixes ou ouverts pour montrer leur créativité. En général, les danseurs de country line dance occupent le milieu de la piste avec parfois déjà plusieurs zones correspondant aux différentes chorégraphies et niveaux qu’il est possible de danser sur la musique en cours.

On danse ces styles sur différentes musiques selon le genre. On peut danse le two-step sur « Chattahoochee » de Alan Jackson, on peut danser le country swing sur « House Party » de Sam Hunt, le nightclub two-step peut se faire sur « Amazed » de Lonestar et la valse country au son de « Strawberry Wine » de Deana Carter.

Conclusion

L’univers de la danse country ne consiste pas seulement à enchaîner des pas tous alignés en silence. C’est un vrai terrain de jeu où chaque danseur, qu’il aime la valse, le foxtrot ou le swing, peut s’exprimer et cohabiter sur la piste de danse avec les autres avec ou sans chapeau sur la tête !

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Soul train et la danse disco

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Premier programme américain de variétés visant principalement le public noir, l’émission Soul Train a été présentée par Don Cornelius dès ses débuts aux États-Unis en 1971.  Si j’ai décidé de vous parler de cette émission de télévision qui n’existe plus (le dernier épisode a été produit en 2006) c’est que les danseurs y tenaient une place particulièrement importante et j’en profite pour vous parler de la danse disco qui y tenait particulièrement la vedette.

La fièvre du samedi soir - Travolta
La fièvre du samedi soir – Travolta

Lorsque l’on évoque l’époque disco des années 1970, une image emblématique vient immédiatement à l’esprit : celle de danseurs énergiques, vêtus de tenues étincelantes ou en costume plutôt chic, se déhanchant avec grâce et dynamisme sur des rythmes entraînants dans le scintillement de boules disco. La première référence qui nous vient à l’esprit est le film de 1977 « La fièvre du samedi soir » avec John Travolta avec ses chorégraphies dont certains mouvements sont passés dans la culture populaire.

La danse disco

La montée de la musique disco a coïncidé avec un désir croissant de liberté et d’expression, en particulier parmi les communautés marginalisées. La danse disco est devenue le véhicule parfait pour cette expression, offrant un espace où les gens pouvaient laisser libre cours à leur créativité et à leur individualité. Les pistes de danse sont devenues des lieux de célébration où les différences étaient mises de côté au profit de la musique et du mouvement.

La danse disco est un style de danse qui s’est développé dans les années 1970 en parallèle avec la montée de la musique disco. Elle est étroitement associée à la culture disco qui était populaire dans les boîtes de nuit et les discothèques de l’époque. La danse disco est caractérisée par des mouvements alternant dynamique, fluidité et rythme, souvent exécutés en couple ou en groupe sur les pistes de danse des discothèques (littéralement « là où l’on trouve de la musique disco en continu ») illuminées par des lumières stroboscopiques. De nombreux groupes  et chanteurs noirs américains étaient mis en avant dans cette vague disco des années 1970 jusque vers 1985, d’où ce fameux cliché de la perruque afro quand certains veulent se déguiser en danseur disco de l’époque. Mais il y avait aussi des chanteurs blancs et chanter ne voulait pas forcément dire danser…

Cours de danse disco dans les années 1970
Cours de danse disco dans les années 1970

Les pas de danse disco sont généralement simples et accessibles à tous, ce qui a contribué à sa popularité massive. Parmi les mouvements emblématiques de la danse disco en solo, on trouve le skate, le basic step-tap, le disco finger de Travolta, le funky chicken (retrouvé dans une chanson de Tom Jones), le double arm swing et bien d’autres.

Cours de danse disco dans les années 1970
Cours de danse disco dans les années 1970

Les mouvements étaient à la base souvent improvisés et permettaient aux danseurs d’exprimer leur créativité et leur individualité sur la piste de danse. Certains d’entre eux on gagné en popularité et se sont vus attribuer un nom afin d’être reproduits. La transmission se faisait lors de soirées dansantes en discothèque (directement en regardant) ou dans des cours dédiés à ce style souvent dispensés avant une soirée disco, mais parfois aussi dans des cours en école (cf. vidéo plus bas).

Danseurs disco à Toronto dans les années 1970
Danseurs disco à Toronto dans les années 1970

La danse disco était également influencée par d’autres styles de danse populaires de l’époque, tels que le rock’n’roll, le swing, le funk, etc. Cela lui conférait une grande variété de mouvements et de styles. Il est à noter que le disco se dansait beaucoup en solo, mais aussi à deux (on appelle cela le hustle ou le discofox) ou en groupe (danses en ligne comme le « Bus Stop » ou la « Night Fever Line Dance » de Travolta dans le film cité plus haut). Les vêtements portés par les danseurs étaient également caractéristiques de l’époque disco, avec des tenues étincelantes, des paillettes, des tenues parfois proches de tenues de sport, des pantalons à pattes d’éléphant et autres chaussures à plateforme.

Une vidéo est devenue célèbre sur Internet, présentant un cours de disco en solo donné par le Finlandais Arthur Åke Blomqvist avec sa femme Wendy en 1978.  L’homme est à l’origine un professeur de danse de salon connu, ce qui explique aussi son style de danse et sa manière d’amener le sujet paraissant aujourd’hui très kitsch.

Au-delà de ses aspects purement esthétiques, comme d’autres formes de danse avant elle (le swing par exemple), la danse disco était également un moyen de célébrer la musique et de se connecter avec les autres sur la piste de danse. Elle représentait un symbole de liberté, d’expression et d’évasion, offrant un espace où les gens pouvaient laisser derrière eux leurs soucis et leurs préoccupations et se perdre dans la musique et le mouvement. Aujourd’hui, la danse disco continue d’être célébrée et revisitée à travers le monde, rappelant l’héritage vivant de cette époque de musique et de danse exaltante.

L’émission culte « Soul Train » 

Soul Train, le logo
Soul Train, le logo

Au cœur de cette révolution musicale et culturelle se trouve aussi une émission de télévision culte pour les amateurs de disco aux États-Unis : « Soul Train ». Cette émission a joué un rôle crucial dans la popularisation de la danse disco et a contribué à façonner toute une génération de danseurs et de spectateurs du genre. Créée et présentée par Don Cornelius en 1971, « Soul Train » était à l’origine une émission de télévision destinée à mettre en valeur la musique soul et R&B. Diffusée à l’échelle nationale des États-Unis, « Soul Train » est rapidement devenue un phénomène culturel majeur, offrant une plateforme sans précédent aux artistes afro-américains et à la musique noire en général (des blancs apparaissaient aussi évidemment). Mais au-delà de la musique, « Soul Train » est devenue célèbre pour son impact sur la danse en particulier dans le style disco.

Le public dansant de Soul Train
Le public dansant de Soul Train

Le principe de « Soul Train » était que chaque épisode de l’émission mettait en vedette des performances musicales en direct, accompagnées de séquences de danse où des jeunes talentueux montraient leurs meilleurs mouvements sur la piste de danse. Cela s’était déjà fait dans les années 1960 avec les émissions en noir et blanc pour teenagers (voyez le film « Hairspray » pour en avoir une idée) et on a pu donc voir un retour à l’écran de cette approche. Grâce à l’émission, des danseurs amateurs ont pu toucher un large public et contribuer à populariser la danse disco bien au-delà des boîtes de nuit et des discothèques. Ces séquences de danse sont devenues aussi populaires que les performances musicales elles-mêmes, attirant des millions de téléspectateurs chaque semaine.

Les Village People dans Soul Train en 1979
Les Village People dans Soul Train en 1979

Dans chaque émission, des artistes connus ou en devenir pouvaient chanter leur chanson alors que le public dansait. Toutes les célébrités du moment y passaient, comme par exemple Little richard, Elton John, Patti LaBelle, James Brown, Nina Simone ainsi que de nombreuses icônes du disco comme les Village People chantant leur tube « YMCA » en 1979 (cf. photo).

Mon moment préféré de cette émission, et probablement de nombreux autres spectateurs de l’époque, était le défilé des danseurs façon « stroll » des années 1960 sur la chanson des Diamonds (cf. vidéo ci-dessous).

La différence par rapport au stroll de leur aïeux qui est une danse aux pas chorégraphiés, c’est que chaque danseur défilant dans l’espace entre les autres danseurs n’avait que quelques secondes pour montrer ses meilleurs mouvement et ainsi briller face caméra comme le montre la vidéo ci-après en 1974.

 

Conclusion 

« Soul Train » et la danse disco restent des symboles de l’énergie, de la créativité et de l’unité qui ont caractérisé les années 1970. En réunissant la musique et la danse, « Soul Train » a capturé l’esprit d’une époque et laissé un héritage indélébile dans l’histoire de la télévision et de la culture afro-américaine d’autant plus que l’émission a contribué à faire émerger des danseurs de talent qui sont devenus des icônes de la danse comme Don Campbell, Jody Watley ou encore Jeffrey Daniel. De même, la danse disco a influencé de nombreux genres musicaux et styles de danse, allant de la pop au hip-hop en passant par la house music.

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L’Espace UltraDanse raconté par son créateur (8/10)

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Partie 9 de la saga «Espace UltraDanse de 2013 à 2025 »
[<< Précédemment en partie 7 : les à-côtés et la gestion]

Préambule

Je m’appelle Christian ROLLAND et c’est moi qui ai créé l’école de danse « Espace UltraDanse » à Aucamville, en périphérie nord de Toulouse, en 2013. Créer sa propre école ne vient pas de nulle part et c’est un projet qui ne s’improvise pas. Je vous raconte ici, en quelques épisodes et sans trop entrer dans les détails (d’où l’absence de la plupart des noms de personnes et lieux précis), le parcours qui a mené à la création de cette école de danse à laquelle je me suis consacré, tel un sacerdoce, où de nombreuses personnes ont pu s’épanouir et dont je m’apprête à fermer le livre prochainement en juin 2025.

PARTIE 8 : les livres sur la danse et la photo de danse

Comme je l’ai dit en partie 1, j’ai créé ma propre maison d’édition sur le thème de la danse avant de créer mon école de danse. Depuis que je suis enfant, j’adore la lecture (elle permet de s’évader et de s’instruire dans un temps ralenti, contrairement aux autres médias) et manipuler le livre en tant qu’objet. J’ai environ 1400 livres dans ma bibliothèque qui ne compte pas les ouvrages que j’ai empruntés et rendus. La danse est un thème qui regroupe déjà 400 de ces livres des années 1900 à nous jours et en diverses langues. Je m’étais déjà essayé à l’écriture de livres depuis tout jeune en recopiant des articles d’encyclopédie sur tel ou tel thème. Plus tard, à l’âge de 21 ans, je publiais déjà mon premier vrai livre dans le domaine de l’informatique aux éditions Addison-Wesley et deux autres ont suivi, dont un chez O’Reilly, des maisons d’édition connues dans ce domaine. Dans mon envie de partager sur le sujet de la danse, il m’a donc semblé naturel de me mettre à l’écriture d’un premier livre sur la technique du rock en 2003.

Fiche technique sur une figure de rock avec notation originale
Fiche technique sur une figure de rock avec notation originale

Je voulais faire une vraie référence technique détaillée permettant non seulement d’apprendre à danser mais surtout au lecteur aguerri de concevoir lui-même sa méthode d’apprentissage. J’ai beaucoup travaillé sur le concept et les notations. Les descriptions sous forme de texte avaient déjà été utilisées et les notations des pieds au sol sous la forme de schémas également dès les années 1950. J’ai ajouté une notation de mon invention qui visualise le couple de danse depuis le dessus avec les positions de corps et de bras. Il ne me restait plus qu’à décrire par écrit la technique du rock’n’roll basé sur ces outils en y adjoignant des vues 3D que je réalisais en images de synthèse. Peu d’autres que moi pouvaient le faire, car il fallait regrouper des compétences techniques en informatique et des compétences techniques et pédagogiques en danse pour écrire ce livre de plus de 400 pages. Malheureusement pour moi, aucune maison d’édition n’a voulu de mon manuscrit qui s’inscrivait dans une niche.

Le rock’n’roll : etchnique de danse et pratique par C. Rolland

Le rock'n'roll : technique de danse et pratique par C. Rolland
Le rock’n’roll : technique de danse et pratique par C. Rolland

Vous commencez à le comprendre, je ne me laisse jamais abattre et, quand j’ai une idée en tête, je me donne les moyens pour aller jusqu’au bout. J’ai donc décidé de faire imprimer moi-même mon livre, puis de le mettre en vente. J’ai démarché les librairies, glané les informations qu’elles me donnaient sur le réseau de fournisseurs qu’elles utilisaient, puis décidé de professionnaliser mon activité pour être présent dans tous les rayons. J’ai donc créé ma structure d’édition sous la forme d’une micro-entreprise, j’ai suivi le parcours du combattant pour me faire référencer un peu partout dans les réseaux professionnels, créé un site Internet et commencé à envoyer mes livres aux librairies et aux particuliers qui me passaient commande dès 2006. Puisque j’avais atteint ce stade, autant continuer à écrire d’autres livres qui seraient distribués grâce au circuit mis en place. J’ai donc continué à écrire des livres sur la danse : techniques des danses à deux, nouvelles, etc. Et puis je suis tombé sur l’autobiographie en anglais de Frankie Manning, monstre sacré du lindy hop, dont j’avais suivi les cours en stage intensif. Quand j’en parlais autour de moi, beaucoup me disaient qu’ils ne maîtrisaient pas assez l’anglais pour le lire. Il me fallait faire découvrir ce texte aux francophones et, comme mon credo est toujours « Ça n’existe pas ? Fais-le toi-même ! », je me suis mis en tête de le traduire.

Livre de Frankie Manning
Livre de Frankie Manning

J’ai contacté l’éditeur américain, acheté les droits d’adaptation en français et je me suis mis au travail. J’ai beaucoup échangé avec le co-auteur du livre par e-mail et par téléphone pour produire une traduction fidèle et même améliorer le livre par rapport à l’original en lui adjoignant des éléments spécifiques et originaux pour la version française. Je passe sur mes 9 mois de labeur pour produire ce livre de 368 pages et mon unique échange téléphonique avec Frankie Manning, un mois avant son décès, qui attendait avec impatience de voir la première adaptation étrangère de son livre en 2009. C’est à cette époque que j’ai contracté avec un diffuseur-distributeur qui m’a permis d’atteindre le statut d’éditeur à part entière et de rendre disponibles mes livres dans tous les pays francophones.

Livres sur la danse Rolland Editions sur un stand
Livres sur la danse Rolland Editions sur un stand

Lorsque j’ai créé mon école et eu mes propres locaux professionnels, j’y ai naturellement regroupé aussi les livres de ma maison d’édition et le stock correspondant. J’ai continué à travailler de nouveaux projets après le lancement de l’école, mais il restait de moins en moins de temps pour me consacrer régulièrement à l’édition et l’écriture de livres. Actuellement, je maintiens la commercialisation et j’attends d’avoir le temps de mettre en place de nouveaux projets ou rééditions. Depuis 2013, j’ai pu partager mon expérience par le biais de conférences, dont une sur l’adaptation en Français du livre de Frankie Manning. Par ailleurs, plusieurs personnes sont venues me voir après avoir connu mon livre de référence sur le rock et apprendre la technique auprès de moi. C’est un plus pour une école de danse que de pouvoir proposer un support correspondant à certains de ses cours. Au moins, la crédibilité technique de l’enseignant est mise en avant et accessible à tous librement. Je sais que de nombreux profs utilisent certains de mes livres (certains ne donnent pas leurs sources malgré tout) et ça montre que mon travail a été utile.

Lorsque le Covid a pointé le bout de son nez avec la fermeture obligatoire des écoles de danse, je me suis demandé ce que j’allais faire de tout ce temps enfermé dans mon école en centre-ville sans jardin pour m’aérer. Comme je l’ai dit en partie 7, j’ai essayé de gérer cela au mieux. J’ai consacré une partie de tout ce temps libre pour acquérir de nouvelles compétences et j’ai choisi le domaine de la photographie. Depuis que je me produis sur diverses scènes avec ma troupe, j’ai souvent été photographié et j’ai découvert qu’on pouvait faire de jolies choses sur une photo. Je maîtrisais déjà un outil complexe comme Photoshop et la retouche d’image, mais je n’avais vraiment aucune compétence en prise de vue. Le fait de côtoyer des photographes passionnés et de voir leur travail m’a donné envie d’en faire autant. J’ai donc suivi des heures et des heures de cours en vidéo en ligne et lu des livres sur la photo. J’ai ensuite dû expérimenter les notions. En premier lieu, j’ai utilisé mon smartphone avec des réglages manuels. Ensuite j’ai acheté un petit appareil photo micro 4/3 et j’ai exploré le mode manuel et encore appris beaucoup de choses.

Séance photo au studio par Christian
Séance photo au studio par Christian

Puis j’ai acheté des éclairages et flashes et, dès la fin des confinements du Covid, j’ai mis à contribution les élèves de l’école de danse pour m’exercer à toutes ces techniques dont je connaissais la théorie. De fil en aiguille, j’en suis arrivé à voir les limites de mon matériel et je suis passé sur un appareil photo plein format et du matériel professionnel. En 2020, j’ai décidé d’inclure une activité de studio photo dans l’école. Pour cela, j’ai remodelé la 3e salle de danse et je l’ai aménagée, isolée et climatisée pour pouvoir servir à la fois de studio photo avec du matériel fixé au mur et de salle de danse avec des miroirs cachés derrière des rideaux. Actuellement, j’y reçois des particuliers pour des photos d’identité, des familles pour des portraits, des professionnels pour des photos relatives à leur profession, etc. Je me déplace aussi pour couvrir des concerts (j’ai déjà eu une photo publiée dans un magazine), festivals et spectacles (dont évidemment des spectacles et galas de danse). Et voilà donc que prend place dans ce local une nouvelle activité en rapport avec la danse et le développement personnel et culturel.

Studio Kwiscat Photo
Studio Kwiscat Photo

[>> À venir en partie 9 : fermeture du livre et conclusion]

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L’Espace UltraDanse raconté par son créateur (9/10)

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Partie 9 de la saga «Espace UltraDanse de 2013 à 2025 »
[<< Précédemment en partie 8 : les livres sur la danse et la photo]

Préambule

Je m’appelle Christian ROLLAND et c’est moi qui ai créé l’école de danse « Espace UltraDanse » à Aucamville, en périphérie nord de Toulouse, en 2013. Créer sa propre école ne vient pas de nulle part et c’est un projet qui ne s’improvise pas. Je vous raconte ici, en quelques épisodes et sans trop entrer dans les détails (d’où l’absence de la plupart des noms de personnes et lieux précis), le parcours qui a mené à la création de cette école de danse à laquelle je me suis consacré, tel un sacerdoce, où de nombreuses personnes ont pu s’épanouir et dont je m’apprête à fermer le livre prochainement en juin 2025.

PARTIE 9 : fermeture du livre et conclusion

Chacun peut le lire dans les parties précédentes, je n’ai pas vraiment chômé dans mes locaux de l’Espace UltraDanse. J’ai eu un grand terrain de jeu (au sens propre comme figuré) et j’en ai bien profité. Il est temps pour moi de mettre une fin à mon « sacerdoce », comme je disais en préambule, et de lever un peu le pied. Je pourrais très bien poursuivre l’aventure car l’école fonctionne sur de bonnes bases, mais je n’ai pas trouvé d’associé ou de partenaire pour partager la charge du fonctionnement de l’école de danse au quotidien 365 jours par an et je ne me vois pas assurer cela tout seul encore des années. Se donner à 200% à une activité, aussi agréable soit-elle, n’est pas toujours une solution sur le long terme et il faut aussi penser à soi. Bien sûr, je n’arrête pas l’enseignement de la danse, ni l’écriture de livres, ni la photographie, ni l’informatique. Je vais juste rééquilibrer mes activités pour une meilleure qualité de vie en mettant la priorité sur ma vie personnelle, qui a été pendant 12 ans quasi inexistante, fusionnée avec ma vie professionnelle et liée à l’activité de la salle de danse. Je quitte ce mode de vie un peu nostalgique mais aussi heureux, car l’école de danse m’a permis de rencontrer ma compagne (qui était une de mes élèves à l’origine) ainsi qu’un petit compagnon à quatre pattes, Mimi, que j’ai recueilli dans la cour et que j’emmène avec moi pas si loin, du côté de Villemur-sur-Tarn, à tout juste 30 minutes du local de l’Espace UltraDanse.

Christian ROLLAND en cours d'interview sur son école
Christian ROLLAND en cours d’interview sur son école

Le 30 juin 2025, je libère ce local où se sont déroulées toutes les aventures que je vous ai racontées dans les parties précédentes et je mets fin au bail signé 151 mois (soit 12 ans et 7 mois) plus tôt. Vous l’avez lu, c’était mal parti, et ça s’est bien fini malgré tout. Il y a eu des hauts et des bas, j’ai parfois été seul, parfois été soutenu, j’ai beaucoup perdu financièrement, mais j’ai énormément gagné personnellement et humainement. Lorsque j’ai annoncé ma décision en début de saison, il y a eu des larmes dans l’équipe des professeurs en poste. Il est vrai que travailler des années ensemble rapproche les gens, d’autant plus que j’ai essayé de donner aux professeurs un espace de liberté où exprimer librement leur vision de la danse. L’équipe de la dernière saison était incroyable de par la qualité des cours proposés et je pense que tout le monde était heureux de travailler dans mon école. Les élèves se sont attachés à chaque professeur et c’est bien la preuve que l’on apporte pas que de la danse aux élèves, une école de danse va au-delà du simple exercice physique et artistique.

Il se trouve que j’emménage à la campagne dans une vraie maison et que l’Espace UltraDanse cesse son existence, mais il est réjouissant de savoir que les efforts et sacrifices faits dans ce projet auront une continuité, car le local a trouvé un nouveau locataire en une autre école en plein développement : Hopus School. Il s’agit d’une école avec des points communs avec la mienne, mais aussi des différences ; c’est normal, chaque dirigeant a sa propre vision d’un tel projet. Ainsi, dès la rentrée de septembre 2025, la nouvelle école sera inaugurée à la suite d’une nouvelle tranche de travaux et d’améliorations basées sur ce que j’ai mis en place 12 ans plus tôt. Certains s’y retrouveront, d’autres moins, mais ce qui est sûr c’est que ce lieu continuera d’être animé par la passion de la danse. Et puis… il paraît que je fais partie de l’équipe des enseignants de la nouvelle école à la rentrée en lindy hop et rock un soir par semaine 😉

Merci !
Merci !

Pour conclure, j’adresse un grand merci à toutes celles et tous ceux qui sont passés par l’Espace UltraDanse à Aucamville : professeurs, élèves, participants aux événements, spectateurs du gala, occupants des salles en location, etc. Si mon école est devenue ce qu’elle est, c’est aussi grâce à vous ! Je ne suis pas particulièrement en recherche de travail, mais si vous pensez que je peux apporter mon expérience technique autour de vous, n’hésitez pas à me contacter. Je pourrais peut-être venir partager tout cela lors d’un stage ou un événement !

[>> À venir en partie 10 : diaporama de la 1ère année épique]

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L’Espace UltraDanse raconté par son créateur (7/10)

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Partie 7 de la saga «Espace UltraDanse de 2013 à 2025 »
[<< Précédemment en partie 6 : stages externes, démonstrations et  troupe ]

Préambule

Je m’appelle Christian ROLLAND et c’est moi qui ai créé l’école de danse « Espace UltraDanse » à Aucamville, en périphérie nord de Toulouse, en 2013. Créer sa propre école ne vient pas de nulle part et c’est un projet qui ne s’improvise pas. Je vous raconte ici, en quelques épisodes et sans trop entrer dans les détails (d’où l’absence de la plupart des noms de personnes et lieux précis), le parcours qui a mené à la création de cette école de danse à laquelle je me suis consacré, tel un sacerdoce, où de nombreuses personnes ont pu s’épanouir et dont je m’apprête à fermer le livre prochainement en juin 2025.

PARTIE 7 : les à-côtés et la gestion

Je vais me servir de cette partie de mon récit pour présenter tout ce qui doit être fait dans le cadre du fonctionnement d’une école de danse, mais qui n’est pas de la danse (et j’en oublierai sûrement). Bref, ça a été mon travail pendant 12 ans, un travail parfois caché qui prend beaucoup de temps en plus des cours de danse (dont il ne faut pas oublier le temps de préparation).

Mon école de danse fonctionne comme toute autre entreprise. Comme je suis tout seul à tout gérer, je suis à tous les postes à la fois chaque semaine. Il faut faire la comptabilité, les déclarations légales, le règlement des salaires, payer les impôts et taxes (dont la TVA) ainsi que les cotisations sociales. Il faut aussi gérer la relation client avec le fait de répondre au téléphones et messageries diverses, de conseiller, de résoudre les problématiques et demandes spécifiques à chacun, faire les devis, factures, encaissements et relances.

Ménage à l'Espace UltraDanse
Ménage à l’Espace UltraDanse

Il faut aussi s’occuper de la communication dont la réalisation des supports de communication sur papier ou en ligne (Web et réseaux sociaux) sans oublier d’être à temps dans les délais. Une école ne va pas sans une équipe recrutée avec soin et un planning étudié et ajusté durant des heures et il en est de même pour chaque événement comme le gala où chaque détail doit être préparé et coordonné. Et puis avoir son propre local nécessite aussi d’y faire le ménage hebdomadaires (et en particulier les parquets de danse) et d’assurer l’entretien et réparations nécessaires à l’accueil des élèves.

Comme je suis un féru de technologie et d’informatique, j’ai naturellement fait le nécessaire pour en faire profiter le fonctionnement de mon école. Cela a commencé par l’installation d’un réseau informatique, d’un ensemble de serveurs dédiés (stockage, applications, etc.) et du paramétrage d’applications permettant de gérer et faciliter le quotidien. Je passe un peu sur ces détails techniques. J’ai aussi développé le site Web de l’école de danse, y greffant un module reprenant les publications des réseaux sociaux pour m’éviter de saisir des choses deux fois. J’ai aussi mis au point deux systèmes liés à un grand affichage présent dans l’école.

Affichage continue d'informations à l'Espace UltraDanse
Affichage continue d’informations à l’Espace UltraDanse

Le premier système affiche des informations en continu, un peu comme les chaînes info, avec différentes zones, des textes et vidéos qui défilent ainsi que quelques autres informations (heure, prénoms des fêtes du jour, météo, etc.). C’est pratique pour attirer l’attention des élèves lors des périodes de rentrée car les affichages sur les murs ne sont pas vraiment consultés. Le second système que j’ai développé est un module qui affiche la vitesse des musiques que je passe lors des soirées dansantes, ainsi que le nom des morceaux et les différents types de danse que l’on peut faire sur un titre donné. C’est pratique pour les débutants qui ne savent pas vraiment reconnaître un style de musique, mais aussi pour les danseurs plus aguerris qui veulent connaître la vitesse d’une musique dès les première notes afin de décider s’ils se lancent sur la piste ou non.

Quand on dirige une école qui assure une présence permanente d’une personne responsable, cela signifie que cette dernière doit être présente dans les locaux de manière très fréquente. Ainsi je donne mes cours et j’assure diverses tâches de gestion, mais il ne faut pas oublier que lorsque un tiers loue une salle de danse, je suis aussi présent au cas où (ce n’est pas une obligation, mais c’est avec cette qualité de service que j’ai souhaité faire tourner l’école). De même, si un professeur est malade durant la période scolaire, il rattrape ses cours durant les vacances scolaires et cela m’oblige aussi à être présent, même si je n’ai de mon côté pas de cours à rattraper. Quand il y a plusieurs professeurs sui doivent rattraper, cela multiplie les jours supplémentaires et réduit les « petites vacances scolaires » à peau de chagrin. C’est dire que certaines périodes, ma présence dans les locaux doit être 7 jours sur 7 et parfois de 9h du matin jusqu’à 23h le soir. Avoir ce mode de fonctionnement quand on est plusieurs responsables, c’est facile, mais à une seule personne, c’est définitivement plus compliqué par rapport à une vie personnelle qui en pâtit forcément. Je n’ai jamais vu ce type de choses dans aucune autre école jusqu’ici et je pense (modestement) que je suis le premier et le seul à l’avoir proposé.

Christian toujours prêt à l'accueil de l'école
Christian toujours prêt à l’accueil de l’école

À un moment donné, j’ai dû emménager dans les locaux de l’école de danse, n’ayant pas les moyens de me rémunérer assez pour payer un loyer. Une fois la période d’adaptation passée, ce n’est pas si mal qu’il y paraît. D’ailleurs, comme de nombreux passionnés de danse en train de découvrir ce monde merveilleux, j’avais un peu rêvé, à une époque, d’une situation où je dormais à 1 mètre de la piste de danse pour pouvoir danser toujours plus. Rêve devenu réalité, mais avec aussi les inconvénients : mon école de danse n’a pas de fenêtre, se situe en plein centre-ville (sans verdure mais avec les bruits et le béton autour), lors des occupations on a la musique plein les oreilles même quand on s’occupe de sujets personnels et, une fois que l’on sait que j’y suis la plupart du temps, les gens ont tendance à vouloir venir n’importe quand et à n’importe quelle heure (ça ne devait pas me déranger, puis que j’étais là de toute façon…). A côté de cela, j’avoue que pouvoir utiliser une salle de 300 m² quand on veut pour y faire quelques pas de danse ou d’autres activités c’est tout de même sympa sans tous ces inconvénients. J’en ai ainsi profité durant la période du Covid. J’étais dans l’école 24h/24, pas beaucoup de verdure à proximité, mais un grand terrain de jeu rien que pour moi. Cela dit, la période était stressante pour un responsable d’école de danse qu’on a obligé à fermer son établissement durant des mois sans réelle perspective. J’ai en effet fermé, j’ai continué à devoir les loyers du local au propriétaire, j’ai remboursé les élèves des cours non fournis et je dois dire que si je n’avais pas élu domicile dans l’école de danse, elle aurait déposé le bilan depuis longtemps. Aujourd’hui, l’école ferme, mais c’est parce que je le souhaite et j’ai pu organiser cette fermeture et la passation à une autre école, et c’est très différent.

[>> À venir en partie 8 : les livres sur la danse et la photo de danse]

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L’Espace UltraDanse raconté par son créateur (6/10)

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Partie 6 de la saga «Espace UltraDanse de 2013 à 2025 »
[<< Précédemment en partie 5 : le gala annuel]

Préambule

Je m’appelle Christian ROLLAND et c’est moi qui ai créé l’école de danse « Espace UltraDanse » à Aucamville, en périphérie nord de Toulouse, en 2013. Créer sa propre école ne vient pas de nulle part et c’est un projet qui ne s’improvise pas. Je vous raconte ici, en quelques épisodes et sans trop entrer dans les détails (d’où l’absence de la plupart des noms de personnes et lieux précis), le parcours qui a mené à la création de cette école de danse à laquelle je me suis consacré, tel un sacerdoce, où de nombreuses personnes ont pu s’épanouir et dont je m’apprête à fermer le livre prochainement en juin 2025.

PARTIE 6 : les stages externes, les démonstrations et la troupe

Lorsqu’on a sa propre école de danse, on donne essentiellement ses cours dans le local correspondant. Cependant, le fait d’avoir pignon sur rue et d’avoir un niveau de danse et d’organisation suffisant pour posséder sa propre école amène aussi quelques demandes de cours à l’extérieur de l’école. Ainsi j’ai été amené à enseigner ponctuellement lors de stages dans divers endroits en France et à l’étranger où j’ai pu donner mes cours à côté d’autres professeurs connus (dont des références dans leur domaine ou des danseurs passant dans l’émission « Danse avec les Stars »). Comme j’avais déjà beaucoup de cours à donner dans mon école aussi bien en semaine que le week-end, je n’ai pas énormément démarché pour développer ce domaine des stages à l’extérieur jusqu’ici, mais j’ai répondu aux demandes qui me sont faites le mieux possible. J’ai ainsi enseigné ponctuellement dans diverses associations en Occitanie ainsi que lors de voyages-stages de danse en Espagne.

Stages à l'extérieur par Christian Rolland
Stages à l’extérieur par Christian Rolland

Le fait de donner des cours lors de festivals et stages assure en partie la promotion de l’école de danse du prof qui les assure. Il est parfois nécessaire de participer à des opérations spéciales localement pour compléter la stratégie de communication de l’école de danse. Ainsi, avec certains professeurs et des élèves de l’école, nous avons pu faire des animations lors d’événements comme la marathon de Toulouse, le salon des Séniors, divers Téléthons, la sortie de films ou des soirées spéciales thématiques dans des cinémas où la danse avait sa place (Dirty Dancing, Retour vers le Futur, etc.) ou encore des festivals swing ou vintage (avec des démonstrations de lindy hop, de charleston ou de rock par exemple). Cela est arrivé également pour des élèves d’autres professeurs de l’école, ceux-ci ayant compris que la promotion autour de leurs cours pourrait aussi passer par là.

Les élèves de l'Espace UltraDanse animent une soirée au cinéma
Les élèves de l’Espace UltraDanse animent une soirée au cinéma

En avril 2016, j’ai eu l’idée de lancer un atelier autour des danses latines. L’idée était de travailler des chorégraphies en groupe basées sur des mouvements de salsa, mambo ou cha-cha dans l’objectif de les montrer à l’extérieur de l’école lors de festivals. Comme je n’ai pas identifié de garçon dans mes cours avec le potentiel pour participer à cet atelier, je me suis retrouvé avec 6 filles et j’ai commencé à leur faire travailler des mouvements de solo de salsa plutôt réservés aux filles (lady style) et à les faire progresser dans ce domaine. Cela a mis du temps à démarrer, car nous travaillions une heure par semaine le week-end. C’était un atelier gratuit où j’échangeais mon enseignement contre un peu de disponibilité, le moment venu, pour produire mes chorégraphies sur scène. Le premier essai en public s’est déroulé lors de la soirée dansante de Noël de la même année. Puis nous avons continué à travailler l’enchaînement dans l’objectif de le montrer sur la scène du Bascala pendant le gala au mois de mai 2017. C’était une chorégraphie de bon niveau et qui aurait tout à fait pu être montrée dans les festivals spécialisés en danse latino. Les Ultyra’s

Les Ultra's Chicas en mode latino
Les Ultra’s Chicas en mode latino

Entre-temps, certaines des participantes à l’atelier n’ont pas pu continuer à se libérer ou ont déménagé et d’autres sont venues les remplacer dans le groupe. Avant le gala, l’idée est venue de donner un nom à ce qui allait être par la suite connu comme la troupe des Ultra’s Chicas (« Ultra » pour UltraDanse, le « ‘s » pour l’appartenance comme en anglais et les « Chicas » du mot espagnol pour signifier que c’était un groupe de filles faisant de la danse latino). Quelques semaines avant le gala, l’une des filles voit un projet professionnel se lancer et doit quitter la troupe. Au pied du mur, comme la chorégraphie était faite pour un nombre pair de danseuses et que je connaissais la chorégraphie (forcément, je l’avais imaginée), je l’ai remplacée au pied levé lors du gala, intégrant un chico aux chicas sans pour autant changer le nom de la troupe. Cette première sur une vraie scène ne fut pas excellente, car nous passions en fin de spectacle et la fatigue se faisait sentir. Nous avons été meilleurs quelques semaines plus tard, lorsque nous nous sommes produits à l’occasion d’un dîner-spectacle oriental dans un restaurant de la périphérie toulousaine.

Les Ultra's Chicas en spectacle en mode vintage après-guerre
Les Ultra’s Chicas en spectacle en mode vintage après-guerre

Par la suite, j’ai proposé de tester un autre style de mouvements féminins en partant sur le registre vintage/pin-up qui m’intéressait particulièrement. Cela me permettait de mettre à contribution mes compétences en swing, lindy hop, charleston et rock’n’roll. J’ai donc lancé le travail sur une musique des Andrews Sisters issue des années 1940-1950. Nous avons choisi une tenue évoquant l’armée de l’air américaine et une autre l’US Navy de l’après-guerre. Outre les mouvements swing et pin-up, j’y ai mis un peu de rock’n’roll à deux avec des acrobaties. En tant que seul danseur homme de la troupe, c’est moi qui dansait avec chacune des filles et faisais le porteur pour les acrobaties. Dès que nous avons eu l’occasion de montrer en public cette chorégraphie « pin-up militaire », nous avons eu un bon succès et des demandes pour la produire dans divers événements.

Acrobaties en lindy hop Ultra's Chicas
Acrobaties en lindy hop Ultra’s Chicas

C’est à ce moment-là que les Ultra’s Chicas se sont réorientées avec le registre vintage, plus porteur d’occasions de montrer notre travail sur scène. Les années passant, certaines danseuses de la troupe ont cessé d’y participer et d’autres sont venues les remplacer. Actuellement, elles sont 6 filles et je suis toujours le chorégraphe de la troupe en même temps que l’interviens de temps à autre sur scène, parfois de manière anecdotique en guide de clin d’œil. Nous avons un spectacle qui peut durer 1h30 avec de nombreux tableaux plutôt dans le registre vintage et américain à présent. Nous nous déplaçons plus loin que les premières prestations et la troupe est à présent indépendante de l’école et ses activités.

[>> À venir en partie 7 : les à-côtés et la gestion]

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L’Espace UltraDanse raconté par son créateur (5/10)

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Partie 5 de la saga «Espace UltraDanse de 2013 à 2025 »
[<< Précédemment en partie 4 : les événements à l’école de danse]

Préambule

Je m’appelle Christian ROLLAND et c’est moi qui ai créé l’école de danse « Espace UltraDanse » à Aucamville, en périphérie nord de Toulouse, en 2013. Créer sa propre école ne vient pas de nulle part et c’est un projet qui ne s’improvise pas. Je vous raconte ici, en quelques épisodes et sans trop entrer dans les détails (d’où l’absence de la plupart des noms de personnes et lieux précis), le parcours qui a mené à la création de cette école de danse à laquelle je me suis consacré, tel un sacerdoce, où de nombreuses personnes ont pu s’épanouir et dont je m’apprête à fermer le livre prochainement en juin 2025.

PARTIE 5 : le gala annuel

Comme dans beaucoup d’écoles de danse, la fin de l’année est marquée par un grand événement où les élèves font découvrir leur travail de l’année à un public très souvent composé de leurs familles ou amis. J’ai choisi de faire le premier événement de ce type dans les locaux de l’école de danse en juin 2013. C’était la fin de la première saison et j’étais assez inexpérimenté dans l’organisation de ce type d’événement regroupant beaucoup de monde, même si j’avais moi-même participé à de nombreux autres que je n’organisais pas.

Dans le milieu des danses à deux, l’objectif n’est habituellement pas de faire des démonstrations quand on apprend à danser. Les élèves souhaitent juste savoir danser dans des soirées dansantes ou événements de danse à deux en improvisation. Ainsi, les écoles qui ne font que des cours de danses en couple marquent elles la fin de saison en organisant une grande soirée dansante ponctuée d’une pause où les élèves font une petite démonstration dans la salle de danse (généralement cela se passe même dans leur école de danse). Ce n’est pas la même formule qu’un vrai spectacle avec une scène. Comme j’avais élargi mon projet aux danses d’expression en solo (classique, contemporain, jazz, etc.), les professeurs concernés ont porté à mon attention qu’il serait judicieux d’organiser un spectacle pour motiver les élèves de leurs cours et faire découvrir l’école à leurs proches.

J’ai donc accédé à leur proposition et organisé une grande soirée à la fin de la première saison de l’école en juin 2014. La soirée s’est déroulée à l’école de danse en deux parties. En premier lieu, un spectacle donné par les élèves de tous les cours, y compris les danses à deux, et dans la suite la soirée dansante telle que je pensais l’organiser au départ.

Espace UltraDanse : premier gala
Espace UltraDanse : premier gala

Entre les deux, j’avais fait des sandwiches maison vendus sur place pour les personnes restant aux deux parties. Même si tous se déroulait « à domicile », c’était déjà pour moi une grande organisation. J’étais à tous les postes, billetterie, sono, coordination, présentation, vente des sandwiches, dj et animation. Et pour couronner le tout, c’était une journée de juin où les températures avaient dépassé les 30 degrés, autant dire que dans une école sans climatisation c’était chaud ! Cela dit, le public et les élèves ont aimé cette première soirée de gala et cette année difficile se terminait dans une bonne ambiance. Les élèves sont passés sur le parquet de l’école, groupe après groupe, sans logique précise en dehors du temps pour se changer dans le cas où des personnes faisaient plusieurs passages.

L’année suivante, je me suis mis en quête d’une vraie salle de spectacle. L’idée était de dissocier le spectacle du gala du scène de la soirée dansante de fin d’année. J’ai d’abord démarché la mairie locale qui n’a pas voulu me louer la salle des fêtes car mon école ne fonctionnait pas sur une base associative. Quand je m’adressais aux autres communes, on me disait que la location était réservée aux structures basées dans la même ville. Bref, rien ne pouvait se faire dans ces conditions et, n’ayant pas de connaissances haut placées, je n’était pas pistonné pour contourner les règles. J’ai donc dû me tourner vers les salles de spectacles à part entière. J’ai finalement eu un accord de la salle Altigone à Saint-Orens, une salle d’environ 600 places à 30 minutes de l’école de danse début mai 2015. C’est tôt dans la saison, mais les meilleures dates étaient déjà réservées. En parallèle, j’ai déposé un dossier au Bascala, à Bruguières, plus proche de l’école et davantage dans la zone d’où venaient les élèves.

Gala UltraDanse 2015 à l'Altigone
Gala UltraDanse 2015 à l’Altigone

Le gala de la seconde année à l’Altigone était aussi le premier gala que j’organisais en salle de spectacle. Je l’ai préparé avec les professeurs et les élèves de manière un peu plate, prévoyant juste une succession de passages dissociés les uns des autres. Et puis la veille du spectacle, je me suis dit que l’ensemble manquait de logique et de liant. J’ai donc passé la nuit entière à travailler sur des textes des sketches racontant la journée d’une personne (moi), du lever au coucher, qui croisait différents groupes de danse au fil des heures. Après une nuit blanche à écrire et mémoriser des textes, ainsi que chercher des accessoires et costumes correspondants, je commençai donc le spectacle sur scène en pyjama avec un nounours sous le bras pour introduire le premier passage. J’avais écrit des textes beaucoup trop longs et au final ça faisait des transitions trop nombreuses et longues qu’il a fallu en supprimer en cours de spectacle pour garder l’ensemble dans une durée raisonnable. C’est comme cela que j’ai appris sur le tas à organiser et scénariser un gala. Bien évidemment, je passe sur les répétitions, les mises en lumière et autres éléments d’un vrai spectacle sur scène que j’apprenais sur le tas.

Le troisième gala en 2016 fut donc fait sur la scène du Bascala, une salle d’environ 830 places au nord de Toulouse. C’est une grande salle aux coulisses spacieuses et très prisée par les écoles de danse. C’est cette année-là qu’avec l’expérience des 2 spectacles précédents j’ai décidé de lier les passages des élèves autour d’un thème qui fut « le cinéma ». Depuis cette édition, chaque gala a eu son thème et les éclairages, décors et accessoires étaient préparés en correspondance. Il y a ainsi eu le voyage autour du monde, la machine à voyager dans le temps, les contes et belles histoires, le cirque (mais ce thème reconduit durant les 2 années Covid a été annulé deux fois), le cabaret, couleurs et sentiments (plus abstrait que les autres), les séries télé et films à épisodes et enfin les villes du monde pour la dernière édition de mai 2025. Le thème, donné aux professeurs dès le mois de septembre, aide le public à se raconter des histoires en voyant les différentes danses et permet des transitions fluides et rapides, contrairement au premier spectacle à l’Altigone. L’expérience paie.

Les affiches des galas de l'Espace UltraDanse
Les affiches des galas de l’Espace UltraDanse

À chaque édition, le gala de l’école constitue à la fois une fête pour les élèves et le public, mais aussi un challenge pour tous les participants qui préparent ce spectacle durant des mois. Une fois le thème donné, chaque cours apprend sa chorégraphie avec son professeur, imagine un costume de scène, travaille la mise en scène, etc. et j’établis l’ordre de passage en tenant compte de diverses contraintes, regroupe les musiques, fais imprimer les programmes, vends les billets pour le public, prépare le nécessaire pour la le jour j. Comme j’organise l’événement et danse sur scène avec mes élèves, c’est à chaque fois une journée marathon dont je rentre vidé. Je commence tôt le matin vers 8h avec l’état des lieux d’entrée, je termine vers 1h du matin avec l’état des lieux e sortie. Ensuite, c’est la coordination de la journée avec les profs et élèves volontaires qui contribuent à installer les loges, préparer les bar et la billetterie, mettre en place la signalétique dans les couleurs, nettoyer, etc. Et puis, durant le spectacle, c’est la course pour se changer dans un spectacle où je suis sur scène environ un tiers du temps sur les 27 passages de moyenne. Ensuite, il faut encore ranger, ramener les décors et accessoires à l’école de danse et tout ranger avant la reprise des cours collectifs qu’il reste avant la fin de la saison.

Gala de l'Espace UltraDanse au Bsacala
Gala de l’Espace UltraDanse au Bsacala

J’ai résumé en quelques mots rapides ce en quoi consiste un gala d’école de danse, mais j’en oublie sûrement. En tout état de cause, je ne regrette pas d’avoir franchi ce cap dès la première année, poussé par les autres profs. Je vois à chaque fois les étoiles dans les yeux du public qui assiste à notre gala. Certaines personnes non adaptes de la danse m’ont fait part du fait qu’ils avaient adoré sans s’ennuyer et qu’ils avaient découvert une manière de présenter un gala de danse qui les a fait changer de point de vue sur le sujet. Les professeurs sont satisfaits, les élèves sont fiers d’avoir réussi à se lancer sur scène devant un public et moi je suis heureux d’avoir été à l’origine de tout cela malgré le gros travail que cela représente.

Final du gala de l'Espace UltraDanse
Final du gala de l’Espace UltraDanse

[>> À venir en partie 6 : stages externes, démonstrations et  troupe]

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L’Espace UltraDanse raconté par son créateur (4/10)

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Partie 3 de la saga «Espace UltraDanse de 2013 à 2025 »
[<< Précédemment en partie 3 : les cours de danse collectifs]

Préambule

Je m’appelle Christian ROLLAND et c’est moi qui ai créé l’école de danse « Espace UltraDanse » à Aucamville, en périphérie nord de Toulouse, en 2013. Créer sa propre école ne vient pas de nulle part et c’est un projet qui ne s’improvise pas. Je vous raconte ici, en quelques épisodes et sans trop entrer dans les détails (d’où l’absence de la plupart des noms de personnes et lieux précis), le parcours qui a mené à la création de cette école de danse à laquelle je me suis consacré, tel un sacerdoce, où de nombreuses personnes ont pu s’épanouir et dont je m’apprête à fermer le livre prochainement en juin 2025.

PARTIE 4 : les événements à l’école de danse

Une école à part entière de danse fonctionne sur trois axes : les cours réguliers (souvent hebdomadaires et collectifs), les cours et événements ponctuels (stages collectifs, cours privés, soirées) ainsi que les locations de salle lorsque des créneaux sont libres. Je vous ai présenté le premier axe dans la partie précédente. Voici quelques mots sur les autres.

Espace UltraDanse : stage
Espace UltraDanse : stage

Commençons par les stages. Ils ont été nombreux en 12 ans et ont abordé de nombreux styles de danses. J’ai moi-même organisé et assuré les premiers stages de week-end ou durant les vacances scolaires. Ils concernaient les danses à deux, évidemment, et permettaient de compléter l’offre de cours collectifs tout en permettant aux personnes désireuses de découvrir de nouvelles danses ou nouveaux mouvements de progresser. Je faisais des après-midi complets autour de trois cours le week-end une à deux fois par mois. Il y avait toujours un niveau débutant pour permettre à de nouveaux élèves de démarrer leur apprentissage et découvrir l’école de danse. Dans un second temps, les professeurs de l’école ont proposé aussi des stages intensifs, parfois sur un thème technique. Là aussi des personnes ne prenant pas de cours hebdomadaires découvraient l’école et ses professeurs à cette occasion ponctuelle. Et dans un troisième temps, il y a eu l’intervention de professeurs extérieurs aux activités régulières de l’école de danse. Ils amenaient encore un autre public à découvrir le local et ses activités. Il y a eu des stages de danses à deux évidemment, mais aussi jazz, street, dancehall, heels, danse africaine, etc. Et enfin, par le biais de locations des salles, des professeurs indépendants ont pu organiser leurs stages indépendamment de l’école dans des créneaux libres restants. Pour certains stages internes comme externes, on aurait parfois pu pousser les murs tellement il y avait de monde ! Dans d’autres cas, on se rapprochait des cours privés avec un petit groupe. Dans tous les cas, l’objectif de donner accès à la danse au plus grand nombre était rempli.

Espace UltraDanse : cours particuliers
Espace UltraDanse : cours particuliers

En parallèle des cours collectifs, il y a généralement des cours privés, en couple ou en petit groupe. Ces cours se déroulent évidemment en dehors des créneaux hebdomadaires réservés ou pendant les vacances scolaires. Dans le domaine des danses à deux, les cours particuliers sont destinés aux couples ne désirant pas changer de partenaire durant l’apprentissage ou à apprendre des chorégraphies spécifiques, comme lors d’une préparation à l’ouverture d’un bal de mariage par exemple. Ce dernier exercice est particulièrement intéressant (et je le propose depuis de nombreuses années) car il a pour but de mettre en valeur un couple de mariés le jour de leur mariage. Souvent, les futurs mariés ne savent pas danser et il faut leur apprendre les bases techniques d’un style de danse avant de passer à la mémorisation de la chorégraphie conçue spécialement pour eux sur la musique qu’ils ont choisie. Dans un domaine connexe, ces cours privés peuvent aussi être donnés dans le cadre d’un enterrement de vie de jeune fille (EVJF) à un groupe souhaitant s’amuser une heure ou deux à cette occasion.

Grande salle en configuration spectacle
Grande salle en configuration spectacle

Dans certaines situations, la grande salle de danse de l’école a pu devenir une salle de spectacles avec quelques aménagements comme l’ajout de rangées de chaises, le masquage des miroirs et parfois même la mise en place d’une scène sur estrade. Depuis la seconde année de l’école, j’ai souhaité proposer un goûter de Noël aux enfants qui fréquentent les cours de danse. Le spectacle associé est composé de passages des enfants devant leurs familles et proches, mais aussi certaines années de passages autres comme ceux de ma troupe (voir en partie 6) ou de certains groupes d’élèves. Ponctuellement, d’autres événements orientés spectacles ont eu lieu dans l’école, la plupart du temps la salle était mise à disposition gratuitement comme pour des événements caritatifs (au profit de l’association Marie-Louise, par exemple).

Espace UltraDanse : première soirée country
Espace UltraDanse : première soirée country

Si j’ai souhaité disposer d’une grande salle de danse, c’est parce que je voulais pouvoir organiser des soirées ou après-midis dansantes autour des danses à deux. La première soirée était une soirée « country & line dance », puis cela a enchaîne sur du rock & swing, etc. Comme l’isolation n’était pas encore faite (voir en partie 2), il m’a fallu interrompre l’engouement pour ces nouveaux rendez-vous peu après le début de la première saison.  Je les ai reprises la saison suivante, mais la dynamique était cassée et les fréquentations furent irrégulières.

Espace UltraDanse : soirée dansante
Espace UltraDanse : soirée dansante

Néanmoins, nous avons eu de très belles soirées durant toutes ces années. Des soirées simples dans la grande salle avec une thématique « toutes danses » ou « rock’n’roll » mais aussi des soirées multi-ambiances sur 3 salles, chacune proposant un thème musical propre comme rock’n’roll dans une salle, latino/salsa dans une autre et West Coast swing dans une troisième.

Orchestre à l'Espace UltraDanse
Orchestre à l’Espace UltraDanse

La grande salle disposant d’un bar pour se désaltérer, c’est son programme qui rassemblait le plus de suffrages. J’ai plusieurs fois fait intervenir des orchestres pour animer des soirées rock et swing pour le plus grand plaisir des élèves. Ça coûte de l’argent, ce n’est pas toujours rentable quand on fait les choses bien, mais c’est aussi important d’avoir ce type d’organisation où musiciens et danseurs peuvent se retrouver dans une ambiance « live » pour partager une soirée.

Réunions à l'Espace UltraDanse
Réunions à l’Espace UltraDanse

Lorsque les salles ne sont pas utilisées pour les besoins internes, elles sont disponibles à la location. J’ai privilégié les événements liés à la danse ou organisés par des danseurs afin d’éviter les problèmes de dégradations ou incivilités. J’ai donc accepté quelques anniversaires mais aucun mariage. Certaines locations ont été faites pour des circonstances particulières et pas toujours médiatisées : des stages organisés par des candidats de The Voice de TF1, des tournages de castings pour Incroyable Talent de M6, des répétitions pour Miss Toulouse et Midi-Pyrénées. Il y a eu aussi des entraînements et tournages de vidéos par des professeurs Toulousains ou encore des entraînements de compétition de danse sportive ainsi que des répétitions de spectacles. Il y a même eu des formations en informatique ou des réunions de syndics de copropriétaires. Avec un grand espace, on fait un peu ce qu’on veut en réalité.

Un événement récurrent complète l’année de cours de l’Espace UltraDanse depuis le début : le gala. Il s’agit d’un spectacle annuel où les élèves montrent sur scène le résultat du travail de la saison tout entière. Si cet événement a eu lieu au sein même de l’école la première année, il a fallu l’organiser dans un lieu beaucoup plus grand et adapté les saisons suivantes. Toute l’histoire est à lire dans la partie suivante.

[>> À venir en partie 5 : le gala annuel]

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L’Espace UltraDanse raconté par son créateur (3/10)

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Partie 3 de la saga «Espace UltraDanse de 2013 à 2025 »
[<< Précédemment en partie 2 : l’aménagement du local]

Préambule

Je m’appelle Christian ROLLAND et c’est moi qui ai créé l’école de danse « Espace UltraDanse » à Aucamville, en périphérie nord de Toulouse, en 2013. Créer sa propre école ne vient pas de nulle part et c’est un projet qui ne s’improvise pas. Je vous raconte ici, en quelques épisodes et sans trop entrer dans les détails (d’où l’absence de la plupart des noms de personnes et lieux précis), le parcours qui a mené à la création de cette école de danse à laquelle je me suis consacré, tel un sacerdoce, où de nombreuses personnes ont pu s’épanouir et dont je m’apprête à fermer le livre prochainement en juin 2025.

PARTIE 3 : les cours de danse collectifs

Espace UltraDanse : cours de rock avec Christian
Espace UltraDanse : cours de rock avec Christian

Si l’on revient particulièrement aux activités du début de l’école de danse, on y voit un planning déjà bien rempli. Lorsque je réfléchissais à la création de ma propre école, j’imaginais tout d’abord une grande salle où je donnais seul mes cours de danse à deux : rock, lindy hop, salsa et autres danses en couple. Et puis, le projet se précisant, après avoir trouvé le local, j’ai réalisé que, pour faire face aux charges, il me faudrait rentabiliser un peu plus l’espace et proposer d’autres cours de danse en parallèle des miens. À l’époque, je regardais régulièrement l’émission de danse américaine « So You Think You Can Dance » (non diffusée en France) et j’adorais découvrir divers styles de danse très différents et les voir se mélanger dans une même émission. On pouvait voir un danseur de West Coast swing exceller en hip-hop ou une danseuse de jazz réussir de belles chorégraphies en couple. Je me suis donc mis en quête d’autres professeurs aux styles complémentaires. C’est comme cela que j’ai embauché la première équipe de professeurs qui assuraient dès la première rentrée des cours de danse classique, de danse contemporaine, de modern jazz, de ragga dancehall, de street jazz, de Bollywood, de West Coast swing, de kizomba et semba, de country et de Pilates. Pour ma part, j’assurais le rock, le lindy hop, les danses de salon standard (valse, tango, etc.), les danses de salon latines (cha-cha, rumba, samba, etc.), les danses des Caraïbes (salsa, merengue, bachata) ainsi que les claquettes. J’avais envisagé de donner moi-même les cours de West Coast swing (que je n’avais alors jamais enseigné), mais j’ai vite compris qu’élaborer une méthode pédagogique pour cette danse aurait trop chargé ma rentrée, et puis un professeur dans ce domaine s’est présenté à bon escient. Et oui, dès la première année, le planning était déjà bien rempli avec quasiment deux cours en permanence en parallèle dans l’école tous les soirs de la semaine.

Espace UltraDanse : cours de jazz
Espace UltraDanse : cours de jazz

Le premier planning a été réalisé en tenant compte de l’existence d’une association de danse dans les locaux de la mairie de la même commune et de son planning. Je peux à présent dire qu’ils n’ont pas fait de même par la suite et qu’ils n’ont pas cherché à collaborer avec ma nouvelle école qu’ils considéraient comme « concurrente » dans la même commune alors qu’ils avaient leurs salles gratuites sans charge et ainsi que des subventions municipales… Leurs tarifs sont pourtant à peine inférieurs aux miens et même plus chers pour les tout petits et l’illimité. J’aurais bien aimé qu’ils fassent preuve d’un peu plus d’ouverture d’esprit toutes ces années pour le développement de la danse, surtout pour une association à but non lucratif. Mais il n’en a rien été et j’ai fini par faire mon bout de chemin dans mon coin, sans rien demander, indépendamment de cette association et des largesses octroyées par la mairie. Dès le début, j’ai souhaité proposer une école familiale avec des cours pour enfants à partir de 4 ans jusqu’aux adultes, dont la doyenne à ce jour avait 82 ans. C’est ce large mélange des âges et des styles qui a donné une partie de l’identité de mon école dès le départ. J’ai essayé de faire en sorte que tous ces profils différents se croisent et cohabitent au sein d’un même ensemble. Quand c’était possible, j’ai aussi favorisé la collaboration entre les professeurs pour enrichir ce qui était proposé. Dans cette aventure, mon objectif a toujours été de favoriser l’accès à la danse au plus grand nombre quitte à en être de ma poche. Ainsi je maintenais un cours annoncé au planning de la rentrée même s’il n’avait que 3 personnes inscrites. Autant dire que 3 cotisations annuelles ne paient pas le salaire d’un professeur et encore moins les frais fixes d’une école de danse (il faut au minimum 10 élèves). J’ai donc « subventionné » personnellement l’activité de certains profs avec des tout petits cours pendant des années, de la première à cette année encore. L’essentiel est de tenir un engagement de créneau annuel vis-à-vis des profs et des élèves, je comptais sur un calcul globalisé sur l’ensemble des cours pour assurer l’équilibre financier de l’école (un peu comme une association à but non lucratif, mais mois j’étais sous forme d’entreprise), ce qui a fonctionné.

Espace UltraDanse : un planning de cours 2024-25 bien rempli sur 3 salles
Espace UltraDanse : un planning de cours 2024-25 bien rempli sur 3 salles

Comme je l’ai écrit dans la partie précédente, cette première année a été bien perturbée du fait d’un chantier non achevé et d’un maître d’œuvre malhonnête. Néanmoins, je remercie les 150 premiers élèves qui ont eu le courage (ou l’inconscience) de me faire confiance à cette époque incertaine concernant l’avenir du projet. Beaucoup de personnes sont venues voir et, prenant connaissance du chantier, n’ont pas souhaité tenter l’inscription annuelle. Moi-même, je n’étais sûr de rien, mais en bon Breton têtu, je me suis accroché et j’ai mené mon projet au bout. Je n’aurais peut-être pas imaginé que l’école fonctionnerait encore 12 années plus tard, mais je l’espérais très fort… J’ai donc mené cette nouvelle école au bout de sa première année en ayant perdu 12 kilos et beaucoup d’argent, comme quoi il faut savoir s’accrocher à son rêve. La fin de la première année a été marquée par un événement combinant démonstrations des élèves et soirée dansante de danse à deux dans les locaux de l’école. Ce fut le premier gala (voir la partie qui y est consacrée plus loin) qui marqua le départ de nombreux autres.

Espace UlraDanse : cours de Pilates en salle 2
Espace UlraDanse : cours de Pilates en salle 2

La seconde année voit l’ajout de quelques nouvelles activités, comme le boogie, la salsa portoricaine, plusieurs niveaux de bachata (assurée par un autre que moi), le Pilates et la danse africaine et sa cousine afro-remix. De nouveaux professeurs amènent de nouvelles disciplines et une variété de choix pour les élèves chaque saison.

Espace UltraDanse : cours par Christian
Espace UltraDanse : cours par Christian

C’est l’occasion pour moi de parler un peu des professeurs qui m’ont accompagné toutes ces années. Je les ai recrutés après un entretien classique, mais j’avoue que je fonctionne beaucoup au feeling. Si je sens bien l’enseignant, il gagne de nombreux points quant au fait de rejoindre l’équipe. Certains ont intégré mon école alors qu’ils étaient déjà installés et on amené leur style et leur expertise. Pour d’autres, c’est moi qui leur ai donné leur chance de démarrer ou développer leur activité d’enseignement de la danse alors qu’ils n’avaient pas d’expérience (ou tout juste quelques mois). Pour certains, mon école a donc été un marchepied pour leur carrière de prof de danse, certains sont reconnaissants de la confiance que j’ai placée en eux, d’autres moins. En même temps, je ne les ai pas aidés pour la reconnaissance, même si c’est parfois dommage d’oublier d’où l’on vient. Vous retrouvez actuellement certains d’entre eux dans d’autres écoles à Toulouse et aux alentours. À chaque fois, j’ai souhaité associer un seul prof à un style de danse. Ainsi, quand on venait apprendre tel style de danse dans mon école, on savait qu’on allait travailler avec tel prof et son approche de la danse, sans surprise.

Espace UltraDanse : cours dans la grande salle
Espace UltraDanse : cours dans la grande salle

Saison après saison, l’équipe évolue au gré des contraintes des uns et des autres. Parfois, j’ai remplacé un prof sur le départ, parfois j’ai laissé un style de danse de côté pour essayer un autre. L’idée est de satisfaire les élèves en recherche de nouveaux cours au sein de leur école favorite. Ainsi, au gré des rentrées et des tendances, j’ai pu proposer de nouveaux cours, comme le tango argentin, la Zumba, la barre à terre, le reggaeton, le hip-hop, la danse orientale, la danse polynésienne, le heels, etc. Et tout cela sans compter les stages ponctuels où d’autres disciplines ont pu être enseignées par des professeurs venant ponctuellement apporter leurs connaissances. De mon côté, j’ai enseigné certaines danses ou niveaux pendant un temps, puis interrompu quelques saisons, puis redémarré ces mêmes danses selon les demandes, tendances, besoins et contraintes de planning. Et puis, j’ai continué à me former, soit en présenciel auprès d’autres professeurs reconnus via des cours et stages professionnels, soit à distance, sans compter le travail personnel de développement de mes propres mouvements et figures durant toutes ces années, ce qui assurait à mes élèves d’apprendre des figures originales en venant dans mon école.

Cours de danse Covid en vidéo avec partenaire bricolée
Cours de danse Covid en vidéo avec partenaire bricolée

J’ai toujours eu du plaisir à animer mes cours de danse. Je me suis donné à fond et en 12 ans je n’ai manqué aucun cours collectif. Même durant la période du Covid j’étais dans l’école en permanence (j’avais  été amené à élire domicile dans l’école pour m’en sortir financièrement et faire survivre le projet) et j’y ai donné des cours en visio ou en vidéo en essayant de divertir les élèves dans ces moments difficiles à vivre pour tous. Pour la petite anecdote, comme j’étais isolé dans l’école en cette période de confinement, j’avais même bricolé une partenaire à roulettes pour montrer les mouvements de danse à deux en vidéo et certains m’en reparlent encore aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est extraordinaire, d’autres sont sûrement dans le même cas, mais ce que je peux dire c’est que ma priorité était d’assurer mes cours et mon engagement envers mes élèves pour leur apprendre à danser en passant un agréable moment. Chaque année des photos de groupe ont pu être prises ça et là pour conserver un souvenir des bons moments passés en cours.

Espace UltraDanse : photos de groupe des élèves
Espace UltraDanse : photos de groupe des élèves

Et voici enfin, une petite liste non exhaustive des danses qui ont été enseignées depuis 12 ans dans mon école : rock, lindy hop, balboa, collegiate shag, charleston, West Coast swing, boogie woogie, jive, salsa cubaine, salsa portoricaine, bachata, merengue, mambo, kizomba, semba, cha-cha, rumba, samba en couple, samba no pe, tango de bal, tango argentin, paso doble, valse musette, valse viennoise, valse lente, valse american smooth, slow, slowfox, quickstep, danse (country) en ligne, claquettes américaines, danse classique, modern jazz, danse contemporaine, street jazz, hip-hop, dancehall, heels, reggaeton, africaine, orientale, Bollywood/indienne, polynésienne, etc. On peut y ajouter des activités d’entretien physique connexes à la danse comme le Pilates, la barre à terre, la Zumba. Bref, toute une diversité de styles pour satisfaire les amateurs de danse du nord toulousain et d’ailleurs !

[>> À venir en partie 4 : les événements à l’école de danse]

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L’Espace UltraDanse raconté par son créateur (1/10)

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Partie 1 de la saga «Espace UltraDanse de 2013 à 2025 »

Préambule

Je m’appelle Christian ROLLAND et c’est moi qui ai créé l’école de danse « Espace UltraDanse » à Aucamville, en périphérie nord de Toulouse, en 2013. Créer sa propre école ne vient pas de nulle part et c’est un projet qui ne s’improvise pas. Je vous raconte ici, en quelques épisodes et sans trop entrer dans les détails (d’où l’absence de la plupart des noms de personnes et lieux précis), le parcours qui a mené à la création de cette école de danse à laquelle je me suis consacré, tel un sacerdoce, où de nombreuses personnes ont pu s’épanouir et dont je m’apprête à fermer le livre prochainement en juin 2025.

PARTIE 1 : les prémisses

Je vous raconte rapidement mon parcours de danse. J’ai commencé la danse tardivement, à l’âge de 23 ans. Je cherchais à apprendre quelques pas pour ne pas avoir l’air trop cloche au mariage d’un de mes amis. J’ai commencé comme beaucoup dans une maison de quartier à Brest. J’y ai fait mes premiers pas de danse en ligne, de rock et de valse. Puis j’ai déménagé à Rennes où j’ai naturellement cherché à poursuivre mon apprentissage, car la technique de danse m’intriguait particulièrement. J’ai trouvé une association proche de chez moi où j’ai pris un cours multi-danses avec les principales danses à deux. La seconde année, j’ai ajouté un cours de rock qui m’a particulièrement plu. Puis j’ai participé à diverses démonstrations en public, suivi quelques stages en week-end, contribué à certains cours de danse donnés à l’Université par la même prof qui animait l’association, tant et si bien que j’ai accepté la présidence de l’association au final. Le monde de la danse me passionnait et j’y faisais des découvertes chaque semaine. C’est à cette époque que j’ai découvert le lindy hop à l’occasion d’une démonstration un week-end de stage et je me suis dit : « C’est ça que je veux danser ! »

La danse n’était alors qu’un loisir à côté de ma vie professionnelle d’informaticien. Cette carrière entamée dans l’informatique m’a ensuite amené à déménager à Nantes. Là encore, je me suis inscrit à des cours de danse, dans une vraie école en centre-ville avec ses propres locaux modestes. Je me suis inscrit à plusieurs cours : rock évidemment, danses standards et danses latines. Mes découvertes ne cessaient de se multiplier et j’étais à l’affût de tout ce qui se faisait dans ce monde merveilleux de la danse à deux. Internet commençait à se développer dans le grand public et je ne manquais rien de ce qui y était proposé dans le domaine de la danse.

UltraDanse.com en 2013
UltraDanse.com en 2013

Et puis, un jour j’ai voulu associer mes compétences en informatique et ma passion pour la danse en partageant mes découvertes au sein d’un site Internet baptisé « UltraDanse.com » (c’est sur ce même site que vous lisez probablement ce texte et davantage d’informations sur sa genèse se trouvent dans l’article qui y est consacré ici). J’y compilais tout je ce que je trouvais d’intéressant des photos aux documents historiques (que je traduisais en français si nécessaire) en passant pas les économiseurs d’écran ou des fichiers musicaux Midi. J’y ai petit à petit ajouté la description de pas de danse que j’ai décrits en 2D et en 3D par des images de synthèse que je créais pour l’occasion. Le site est toujours en ligne, modernisé sous la forme d’un blog, mais je n’y ai pas encore réimporté tous les pas de base en 3D.

Christian sur scène en 2003
Christian (à droite) sur scène en 2003

Petit à petit, j’ai ajouté de nouvelles danses à mon quotidien : country en ligne, claquettes, modern jazz, hip-hop, etc. En 2002, j’étais inscrit dans 4 écoles de danse différentes avec des cours tous les soirs de la semaine et je me déplaçais en stage intensif un week-end sur deux pour les danses que je n’avais pas sur place (lindy hop, Balboa, West Coast swing, salsa, etc.). Autant dire que, dans ces conditions, on progresse vite, même si l’apprentissage de la danse m’a toujours demandé beaucoup de travail personnel, probablement même davantage que la moyenne. J’ai ainsi pu participer à divers spectacles et démonstrations à l’époque et je m’intéressais aussi déjà à la danse en ligne country dont je partageais quelques pas lors de soirées entre amis.

Cours de danse Christian Rolland
Cours de danse Christian Rolland

Un jour, j’apprends qu’une association au sud de Nantes cherche un professeur de danse. C’était l’époque où je m’apprêtais à faire des compétitions de rock et, faute de temps, j’ai dû choisir entre faire de la compétition et enseigner. J’ai choisi l’enseignement. Après un entretien d’embauche classique, j’ai commencé à enseigner les principales danses à deux dans cette association la première année. J’enseignais aussi bien à des enfants à partir de 5 ans qu’à des adultes de tous âges. Puis on m’a contacté pour une deuxième association, plutôt pour du rock, puis une troisième. Et me voilà lancé à donner des cours tous les soirs au lieu de les prendre. J’ai ensuite cherché à améliorer ma pédagogie en prenant des cours professionnels auprès de professeurs expérimentés. L’expérience et le travail ont fait le reste de la réussite de mon activité.

Troupe de lindy hop dans les années 1940
Troupe de lindy hop dans les années 1940

À l’occasion d’un stage de week-end, des professeurs de lindy hop toulousains bien connus me proposent d’intégrer leur troupe de danse. J’ai d’abord refusé, ne m’imaginant pas tout laisser tomber à Nantes du jour au lendemain. J’y avais une maison, un bon boulot, des amis, des élèves ainsi que mes habitudes depuis quelques années. Pourtant, après 3 jours à me poser des questions, je choisis de ne pas avoir de regrets d’avoir laisser passer une aventure hors du commun. Je donne ma démission à Nantes dans toutes mes activités et je déménage à Toulouse à l’âge de 33 ans. Je donne des cours à Toulouse et Agen et je m’entraîne avec la troupe, mais le feeling n’est pas tout à fait là, en particulier j’ai du mal à me faire à la vie toulousaine où je connais peu de monde (cela a mis du temps, mais à présent tout va bien de ce côté !). Nous interrompons donc l’expérience de la troupe après juste une représentation et je continue à donner des cours pendant 1 an avant de reprendre une activité dans l’informatique, faute de revenus suffisants.

Cette époque correspond à celle où j’ai continué à partager ma passion pour la danse malgré tout. Pour cela, ayant récupéré une stabilité financière avec mon travail dans l’informatique, j’ai ajouté à mon activité de site Internet une structure d’édition de livres sur la danse au sein de laquelle j’ai écrit des livres de technique de danse au départ. L’idée était au départ de rendre disponible en librairie un livre de référence technique sur le rock, mais aucun éditeur n’a voulu de mon projet trop spécifique. Alors j’ai créé ma propre maison d’éditions à mon nom. J’ai ainsi commencé à écrire et éditer mes propres livres.

Stand des livres Rolland Editions
Stand des livres Rolland Editions

Puis, j’ai commencé à traduire en français des livres de référence parus aux États-Unis sur le lindy hop et la danse country western après en avoir acheté les droits d’adaptation. Je voulais que les francophones amateurs de danse aient accès à toutes ces informations dont je disposais. Il faut dire que j’ai en parallèle amassé une grande quantité de livres sur le thème de la danse provenant de toutes les époques et en diverses langues. Au début, je démarchais moi-même les librairies avec mes livres sous le bras pour les vendre, puis j’ai intégré le circuit des éditeurs professionnels avec un diffuseur et un distributeur qui assure actuellement la présence des livres dans les librairies françaises et étrangères. J’ai aussi tenu quelques stands dans des festivals de danse pour promouvoir mon travail et accessoirement vendre quelques livres.

Mais revenons à mes cours de danse. Après quelques mois sans enseigner, cela a fini par me manquer. Et puis, j’ai toujours rêvé d’avoir ma propre école de danse. Je me suis donc mis dans la tête de remonter tout cela à partir de zéro. J’ai donc recommencé à donner des cours dans diverses associations autour de Toulouse et dans divers événements dont, par exemple, le bien connu festival country de Mirande.

Christian Rolland au festival Country de Mirande 2012
Christian Rolland au festival Country de Mirande 2012

J’ai, par ailleurs, aussi créé mes propres cours indépendants dans un quartier de Toulouse en louant une petite salle quelques heures par semaine. Cela m’a permis de tester le fait d’avoir à gérer mon activité moi-même de A à Z, mais cela ne fait pas encore une « vraie » école de danse. Et puis, j’ai fini par trouver un local qui avait le potentiel pour créer une véritable école de danse à mon goût. Il se trouvait à Aucamville, à la pointe nord de Toulouse, à quelques kilomètres du quartier de Borderouge où j’avais créé mes cours de danse indépendants, et il s’agissait d’un entrepôt basique de 500 mètres carrés où tout était à faire. Une page blanche à écrire, partant de 4 murs, un toit ondulé fuyant en cas de pluie, sans arrivée d’eau potable et juste une prise électrique industrielle de 480 volts… Et voilà, mon terrain de jeu – et de danse – pour les 13 années qui allaient suivre. C’était en 2012 et l’Espace UltraDanse allait voir le jour.

Le hangar à Aucamville
Le hangar à Aucamville

[>> À venir en partie 2 : l’aménagement du local]

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