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Soul train et la danse disco

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Premier programme américain de variétés visant principalement le public noir, l’émission Soul Train a été présentée par Don Cornelius dès ses débuts aux États-Unis en 1971.  Si j’ai décidé de vous parler de cette émission de télévision qui n’existe plus (le dernier épisode a été produit en 2006) c’est que les danseurs y tenaient une place particulièrement importante et j’en profite pour vous parler de la danse disco qui y tenait particulièrement la vedette.

La fièvre du samedi soir - Travolta
La fièvre du samedi soir – Travolta

Lorsque l’on évoque l’époque disco des années 1970, une image emblématique vient immédiatement à l’esprit : celle de danseurs énergiques, vêtus de tenues étincelantes ou en costume plutôt chic, se déhanchant avec grâce et dynamisme sur des rythmes entraînants dans le scintillement de boules disco. La première référence qui nous vient à l’esprit est le film de 1977 « La fièvre du samedi soir » avec John Travolta avec ses chorégraphies dont certains mouvements sont passés dans la culture populaire.

La danse disco

La montée de la musique disco a coïncidé avec un désir croissant de liberté et d’expression, en particulier parmi les communautés marginalisées. La danse disco est devenue le véhicule parfait pour cette expression, offrant un espace où les gens pouvaient laisser libre cours à leur créativité et à leur individualité. Les pistes de danse sont devenues des lieux de célébration où les différences étaient mises de côté au profit de la musique et du mouvement.

La danse disco est un style de danse qui s’est développé dans les années 1970 en parallèle avec la montée de la musique disco. Elle est étroitement associée à la culture disco qui était populaire dans les boîtes de nuit et les discothèques de l’époque. La danse disco est caractérisée par des mouvements alternant dynamique, fluidité et rythme, souvent exécutés en couple ou en groupe sur les pistes de danse des discothèques (littéralement « là où l’on trouve de la musique disco en continu ») illuminées par des lumières stroboscopiques. De nombreux groupes  et chanteurs noirs américains étaient mis en avant dans cette vague disco des années 1970 jusque vers 1985, d’où ce fameux cliché de la perruque afro quand certains veulent se déguiser en danseur disco de l’époque. Mais il y avait aussi des chanteurs blancs et chanter ne voulait pas forcément dire danser…

Cours de danse disco dans les années 1970
Cours de danse disco dans les années 1970

Les pas de danse disco sont généralement simples et accessibles à tous, ce qui a contribué à sa popularité massive. Parmi les mouvements emblématiques de la danse disco en solo, on trouve le skate, le basic step-tap, le disco finger de Travolta, le funky chicken (retrouvé dans une chanson de Tom Jones), le double arm swing et bien d’autres.

Cours de danse disco dans les années 1970
Cours de danse disco dans les années 1970

Les mouvements étaient à la base souvent improvisés et permettaient aux danseurs d’exprimer leur créativité et leur individualité sur la piste de danse. Certains d’entre eux on gagné en popularité et se sont vus attribuer un nom afin d’être reproduits. La transmission se faisait lors de soirées dansantes en discothèque (directement en regardant) ou dans des cours dédiés à ce style souvent dispensés avant une soirée disco, mais parfois aussi dans des cours en école (cf. vidéo plus bas).

Danseurs disco à Toronto dans les années 1970
Danseurs disco à Toronto dans les années 1970

La danse disco était également influencée par d’autres styles de danse populaires de l’époque, tels que le rock’n’roll, le swing, le funk, etc. Cela lui conférait une grande variété de mouvements et de styles. Il est à noter que le disco se dansait beaucoup en solo, mais aussi à deux (on appelle cela le hustle ou le discofox) ou en groupe (danses en ligne comme le « Bus Stop » ou la « Night Fever Line Dance » de Travolta dans le film cité plus haut). Les vêtements portés par les danseurs étaient également caractéristiques de l’époque disco, avec des tenues étincelantes, des paillettes, des tenues parfois proches de tenues de sport, des pantalons à pattes d’éléphant et autres chaussures à plateforme.

Une vidéo est devenue célèbre sur Internet, présentant un cours de disco en solo donné par le Finlandais Arthur Åke Blomqvist avec sa femme Wendy en 1978.  L’homme est à l’origine un professeur de danse de salon connu, ce qui explique aussi son style de danse et sa manière d’amener le sujet paraissant aujourd’hui très kitsch.

Au-delà de ses aspects purement esthétiques, comme d’autres formes de danse avant elle (le swing par exemple), la danse disco était également un moyen de célébrer la musique et de se connecter avec les autres sur la piste de danse. Elle représentait un symbole de liberté, d’expression et d’évasion, offrant un espace où les gens pouvaient laisser derrière eux leurs soucis et leurs préoccupations et se perdre dans la musique et le mouvement. Aujourd’hui, la danse disco continue d’être célébrée et revisitée à travers le monde, rappelant l’héritage vivant de cette époque de musique et de danse exaltante.

L’émission culte « Soul Train » 

Soul Train, le logo
Soul Train, le logo

Au cœur de cette révolution musicale et culturelle se trouve aussi une émission de télévision culte pour les amateurs de disco aux États-Unis : « Soul Train ». Cette émission a joué un rôle crucial dans la popularisation de la danse disco et a contribué à façonner toute une génération de danseurs et de spectateurs du genre. Créée et présentée par Don Cornelius en 1971, « Soul Train » était à l’origine une émission de télévision destinée à mettre en valeur la musique soul et R&B. Diffusée à l’échelle nationale des États-Unis, « Soul Train » est rapidement devenue un phénomène culturel majeur, offrant une plateforme sans précédent aux artistes afro-américains et à la musique noire en général (des blancs apparaissaient aussi évidemment). Mais au-delà de la musique, « Soul Train » est devenue célèbre pour son impact sur la danse en particulier dans le style disco.

Le public dansant de Soul Train
Le public dansant de Soul Train

Le principe de « Soul Train » était que chaque épisode de l’émission mettait en vedette des performances musicales en direct, accompagnées de séquences de danse où des jeunes talentueux montraient leurs meilleurs mouvements sur la piste de danse. Cela s’était déjà fait dans les années 1960 avec les émissions en noir et blanc pour teenagers (voyez le film « Hairspray » pour en avoir une idée) et on a pu donc voir un retour à l’écran de cette approche. Grâce à l’émission, des danseurs amateurs ont pu toucher un large public et contribuer à populariser la danse disco bien au-delà des boîtes de nuit et des discothèques. Ces séquences de danse sont devenues aussi populaires que les performances musicales elles-mêmes, attirant des millions de téléspectateurs chaque semaine.

Les Village People dans Soul Train en 1979
Les Village People dans Soul Train en 1979

Dans chaque émission, des artistes connus ou en devenir pouvaient chanter leur chanson alors que le public dansait. Toutes les célébrités du moment y passaient, comme par exemple Little richard, Elton John, Patti LaBelle, James Brown, Nina Simone ainsi que de nombreuses icônes du disco comme les Village People chantant leur tube « YMCA » en 1979 (cf. photo).

Mon moment préféré de cette émission, et probablement de nombreux autres spectateurs de l’époque, était le défilé des danseurs façon « stroll » des années 1960 sur la chanson des Diamonds (cf. vidéo ci-dessous).

La différence par rapport au stroll de leur aïeux qui est une danse aux pas chorégraphiés, c’est que chaque danseur défilant dans l’espace entre les autres danseurs n’avait que quelques secondes pour montrer ses meilleurs mouvement et ainsi briller face caméra comme le montre la vidéo ci-après en 1974.

 

Conclusion 

« Soul Train » et la danse disco restent des symboles de l’énergie, de la créativité et de l’unité qui ont caractérisé les années 1970. En réunissant la musique et la danse, « Soul Train » a capturé l’esprit d’une époque et laissé un héritage indélébile dans l’histoire de la télévision et de la culture afro-américaine d’autant plus que l’émission a contribué à faire émerger des danseurs de talent qui sont devenus des icônes de la danse comme Don Campbell, Jody Watley ou encore Jeffrey Daniel. De même, la danse disco a influencé de nombreux genres musicaux et styles de danse, allant de la pop au hip-hop en passant par la house music.

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Le Bus Stop : la danse emblématique du disco

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Quand on évoque l’époque disco, on ne peut pas s’empêcher de penser aux pistes de danse éclairées de lumières colorées, aux paillettes et aux mouvements rythmés des danseurs en harmonie avec les « boum boum » enivrants de la musique. Parmi les multiples danses qui ont marqué cette période, le Bus Stop est l’une des plus appréciées et emblématiques. Plus qu’une simple danse, c’est un véritable phénomène culturel qui a traversé les décennies pour devenir un classique intemporel.

Origines et évolution

Fastback Band, Do The Bus Stop
Fastback Band, Do The Bus Stop

Le Bus Stop est dans les années 1970, dans le milieu de la musique disco dans une petite discothèque de Chicago. On lui attribue généralement le titre de première danse en ligne de l’ère du disco. Initialement appelée le « L.A. Hustle », cette danse en groupe a été renommée « Bus Stop » lorsqu’elle s’est propagée vers la côte Est des États-Unis. Elle est composée d’un mélange de pas simples et répétitifs basés sur des mouvements simples de danse en ligne. À l’inverse des danses de couple qui dominaient avant l’ère disco (rock’n’roll, danses de salon, etc.), le Bus Stop permettait à un grand nombre de personnes de danser ensemble sur la piste de danse, créant ainsi une sensation d’unité festive.

L’apparition de la danse dans les clubs new-yorkais a favorisé sa diffusion grâce aux DJ et aux chorégraphes de l’époque. La popularité du Bus Stop s’est rapidement accrue, au point de devenir une référence dans les soirées disco à travers le monde. La danse est généralement liée à la chanson « Do The Bus Stop » du groupe The Fatback Band bien qu’en réalité elle puisse être faite sur n’importe quelle chanson disco avec un tempo adapté. Citons en particulier « Get Up, Get Down, Get Funky, Get Loose » de Teddy Pendergrass, “Play That Funky Music” de Wild Cherry ou encore « Some Kind of Trouble » de Tanya Tucker. Voici une vidéo de la version de The Fatbck Band en 1975.


Petit à petit, grâce à son succès au fil des années, le Bus Stop a été intégré parmi les danses en ligne pratiquées par les amateurs au même titre que les autres danses (country) en ligne.

Mouvements de base

Le Bus Stop est relativement simple à danser, ce qui a joué un rôle essentiel dans sa réussite. La danse se déroule en 32 temps et 4 murs. Voici une explication des étapes fondamentales par série de 4 temps :

  • 1-4 : Walk Back, Touch
    reculer le pied droit, reculer le pied gauche, reculer le pied droit, pointer le pied gauche à côté du pied droit sans le poids du corps
  • 5-8 : Walk Forward, Touch
    avancer le pied gauche, avancer le pied droit, avancer le pied gauche, pointer le pied droit à côté du pied gauche sans le poids du corps
  • 9-12 : Vine Right, Touch
    écarter le pied droit à droite, croiser le pied gauche derrière le
    pied droit, décroiser le pied droit à droite, pointer le pied gauche à côté du pied droit
  • 13-16 : Vine Left, Touch
    écarter le pied gauche à gauche, croiser le pied droit derrière le
    pied gauche, décroiser le pied gauche à gauche, pointer le pied droit à côté du pied gauche
  • 17-20 : Step Touch, Step Touch
    écarter le pied droit à droite, pointer le pied gauche à côté du
    pied droit, écarter le pied gauche à gauche, pointer le pied droit à côté du pied gauche
  • 21-24 : Slide and Heels
    écarter largement le pied droit à droite, assembler le pied gauche
    au pied droit en le faisant glisser au sol (slide), déplacer le poids
    du corps sur l’avant des pieds puis écarter les talons, ramener
    les pieds parallèles
  • 25-28 : Taps
    pointer le pied droit vers l’avant deux fois, pointer le pied gauche
    vers l’arrière deux fois
  • 29-32 : Toe, Turn and Stomp
    pointer le pied droit vers l’avant, pointer le pied droit vers
    l’arrière, pointer le pied droit vers le côté, pivoter d’1/4 de tour à gauche puis taper du pied droit au sol à côté du pied gauche, sans mettre le poids du corps (stomp)
  • Puis on recommence au début !
Danseuses de Bus Stop
Danseuses de Bus Stop

Comme dans le cas d’un madison, on répète ces mouvements, les danseurs tournant d’un quart de tour, vers une nouvelle direction, à chaque cycle. Il est possible d’inclure des variations dans le Bus Stop de base, les danseurs improvisent en utilisant des mouvements de bras ou en ajoutant des pas supplémentaires, ce qui rend la danse à la fois accessible et personnalisable. Par exemple, sur les comptes 21 à 24, il est possible de sauter vers l’avant sur un temps, sauter en arrière sur un temps, puis effectuer un mouvement faisant se joindre puis s’écarter les talons deux fois ; ou encore pour s’amuser, on peut aussi débuter la danse sur le temps 9 et reprendre les temps 1 à 8 pour finir ou encore sur le temps 25 et reprendre les temps 1 à 24 pour finir comme dans la vidéo ci-dessous où le Bus Stop est piloté par Charlie Green en 1982 à Chicago dans une version adaptée au titre « Make It Clap » de Will The Funkboss.

La danse (country) en ligne
La danse (country) en ligne

Vous pourrez retrouver les pas du Bus Stop illustrés dans mon livre « La danse (country) en ligne » avec de nombreuses autres danses accessibles à tous, toujours disponible en librairie, en commande en ligne ou en commande directe aux éditions Ch. Rolland !

Impact culturel

Le Bus Stop dépasse largement le simple cadre de la danse, il incarne une époque la danse en ligne en groupe relativement important étaient au cœur de la culture des clubs. À une époque la musique disco rassemblait les individus de toutes origines et de tous âges, le Bus Stop était un moyen facile et divertissant pour tous pour se connecter et de partager la joie de la danse.

Le Bus Stop est devenu une icône des soirées disco grâce à l’émergence des clubs de danse et à l’influence des films tels que Saturday Night Fever. Il a franchi les frontières culturellesen étant pratiqué dans différentes soirées et demeure encore populaire dans certains cours de danse et les fêtes disco à l’heure actuelle.

Le Bus Stop aujourd’hui

Malgré la disparition de la culture disco années 1970, le Bus Stop n’a jamais réellement disparu. Il demeure un élément essentiel des soirées incluant de la musique disco et continue d’être enseigné dans les cours de danse aux USA. La danse est toujours appréciée pour son côté nostalgique et accessible, tant par ceux qui l’ont connue à son apogée que par les nouvelles générations curieuses de retrouver l’esprit festif de l’époque disco.

Petite anecdote supplémentaire, aujourd’hui dans le milieu du swing « à l’ancienne » des années 1930-40 (jazz roots, lindy hop, etc.) et de ses festivals ou cours de danse, on voit un Bus Stop revisité à la manière swing par des professeurs. On avait déjà eu droit au « Madison revisité par Frankie Manning », et à présent c’est au Bus Stop de servir de base pour animer les cours de danse ou comment faire du neuf avec du vieux ou, plus précisément, faire du très vieux avec du moins vieux !

En résumé, le Bus Stop dépasse largement le simple enchaînement de pas ; il s’agit d’une partie essentielle de l’histoire de la danse, d’un témoignage de l’influence du disco, et d’un rappel que parfois, les meilleures danses sont celles qui réunissent tous les participants sur la piste. 

 

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