Archives de catégorie : Culture

Article sur un thème culturel :  cinéma, télévision, vidéo, livres, musique, peinture, photographie, etc.

Carolyn Carlson

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L’article d’aujourd’hui sera consacré à une danseuse et chorégraphe que les adeptes de la danse contemporaine connaissent bien : Carolyn Carlson. J’en profiterai pour vous présenter le dernier livre que j’ai édité, puisque ce dernier porte sur cette même danseuse.

Il est vrai que je ne suis pas spécialiste de la danse contemporaine mais, comme vous le savez, je m’intéresse à toutes les formes de danse. Et c’est par le biais d’un projet de livre que l’on m’a proposé que je me suis intéressé à cette danseuse et chorégraphe qu’est Carolyn Carlson. Mais commençons par le début : Carolyn Carlson est née en 1943 à Oakland, en Californie, de parents d’origine finlandaise. Elle apprend la danse classique sur la Côte Ouest des États-Unis et passe sept années à l’Alwin Nikolais Dance Theatre à New York (1965-1971) d’où elle tirera une grande partie de sa vision de la danse. Elle arrive en France en 1971 où elle est danseuse étoile-chorégraphe au Ballet de l’Opéra de Paris, invitée par Rolf Liebermann. Son parcours professionnel la conduit ensuite en Italie où elle prend durant 4 ans la direction artistique du théâtre de La Fenice de Venise, puis de nouveau à Paris, au théâtre de la Ville. Ensuite, elle passe quelques années en Finlande et en Suède avant de revenir à Venise. Enfin, elle revient en France en 1999. D’abord à Paris où elle crée sa propre structure, y invitant régulièrement des artistes renommés comme Trisha Brown ou Lloyd Newson, puis parallèlement à Roubaix comme directrice artistique du Centre chorégraphique national.

La conception de la danse de Carolyn Carlson intègre à la fois une dimension philosophique et une dimension spirituelle. D’ailleurs, elle parle elle-même de « poésie virtuelle ». La poésie est en effet un exercice qu’elle pratique aussi en dehors de la danse puisqu’elle est l’auteur de plusieurs livres de poèmes et calligraphies. Son approche de la danse contemporaine privilégie l’improvisation et les solos dans un univers souvent très dépouillé et minimaliste. On y retrouve un peu l’esprit de la calligraphie asiatique où tout s’exprime en quelques coups de pinceau et un peu d’encre de Chine. Depuis 40 ans, Carolyn Carlson a influencé de manière importante la danse contemporaine en Europe et ses créations font le tour du monde. Sa première pièce, « Density 21.5 », est montée en Avignon en 1972. Depuis, elle a créé plus de 100 pièces, dont certaines comme « Blue Lady » (1983), « Signes » (1997, et qui a remporté une victoire de la musique en 1998) ou encore « Mundus Imaginalis » (2010) ont marqué les esprits. Entre autres distinctions, elle a été décorée des insignes de chevalier de la légion d’honneur en 2000, puis de celles de commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres le 20 mars 2013. Elle a également été la première chorégraphe à recevoir le lion d’or à la Biennale de Venise en 2006 À l’âge de 70 ans, Carolyn Carlson est actuellement à la tête du Centre chorégraphique national (CCN) de Roubaix et du Nord-Pas-de-Calais et sera remplacée par Olivier Dubois le 1er janvier 2014. Par ailleurs, elle dirige l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson une structure internationale créée en 1999 dans les locaux de la Cartoucherie de Paris.

J’intègre ci-dessous la vidéo d’un passage de « Blue Lady », filmée au Bataclan, où Carolyn Carlson danse lors d’un concert de René Aubry (le compositeur de la musique) en mars 2004.

Carolyn Carlson est le sujet d’un tout nouveau livre de photographies, « Carolyn Carlson – Regards, gestes et costumes », écrit et photographié par Raphaël-Didier de l’Hommel. Ce livre tout en couleurs a deux particularités, outre ses photographies exclusives et uniques : la première est de présenter 7 calligraphies réalisées par Carolyn Carlson elle-même (dont une inédite), la seconde est d’être en édition bilingue français-anglais. J’ai moi-même beaucoup travaillé sur ce livre avec l’auteur afin d’aboutir à un livre d’un format pratique (contrairement à d’autres livres déjà édités précédemment ailleurs) et visuellement agréable à parcourir. L’auteur, quant à lui, est un admirateur du travail de Carolyn Carlson de longue date, puisque les photos qu’il présente ont été prises entre 1980 et 2010. Il a été le témoin de séances d’improvisation exceptionnelles dans divers pays d’Europe, qu’il a pu photographier de manière privilégiée. J’avoue que c’était pour moi un travail important puisqu’il s’agit du premier livre en couleur que j’édite. L’erreur n’était pas permise, mais je sais de source sûre (et directe…) que Carolyn Carlson a beaucoup apprécié le travail réalisé sur ce livre et je ne doute pas qu’il plaira également à tous ceux qui aiment cette danseuse/chorégraphe ainsi que son travail. Pour en savoir davantage, vous pouvez visiter le site de l’éditeur.

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La danse (country) en ligne

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Comme j’ai été très actif ces dernières semaines dans le domaine des livres sur la danse, mon second article de la saison portera encore sur un livre que j’édite. Celui-ci, je l’ai écrit moi-même et il porte sur la danse en ligne, qu’elle soit country (majeure partie du livre) ou non. Cela me donne aussi l’occasion de clarifier dans cet article un certain nombre d’idées reçues dans ce domaine.

De nos jours, parler de danse en ligne, de line dance ou encore de danse country est bien souvent équivalent. Pourtant, il y a un peu d’abus de langage là-dedans. Même si le retour de la danse en ligne sur le devant de la scène française est principalement dû à une certaine ferveur autour de la musique country américaine dans les années 1990, toute danse en ligne n’est pas forcément country. À l’inverse, toute danse country & western n’est pas forcément de la danse en ligne. La danse country & western est en réalité une famille de danses qui sont pratiquées au son de la musique traditionnelle country américaine. On y trouve des danses en couple (dont le two-step ou des variantes de polka), des danses à deux (les « partner dances » où la notion d’homme/femme est moins prononcée) et donc des danses en ligne. Comme je l’ai déjà expliqué lors de la présentation du livre de Ralph Giordano « La danse country & western », cette famille de danse vient de loin et hérite du mélange culturel des Européens (Anglais, Irlandais, etc.) qui ont émigré vers le nouveau continent par le passé. Ainsi, le fait de « danser la country » va-t-il plus loin que danser en ligne.

Pour ce qui est de la danse en ligne à proprement parler, cette forme de danse existe depuis très longtemps. Certaines danses traditionnelles françaises se dansent même en ligne (le Brise Pied, par exemple) et les danses traditionnelles en chaîne ou en cercle sont aussi quelque part une déclinaison des danses en ligne. L’une des danses en ligne américaine les plus anciennes pourrait être le Shim Sham des années swing (1930-1940) qui était dansé aussi bien par les danseurs de claquettes que les danseurs de swing. J’y ai déjà consacré un article dans ce blog. D’autres danses en ligne existent à la même époque, mais on a essentiellement retenu les danses des années 60 comme le madison (même si, aujourd’hui en France, nous ne le dansons plus de la même façon qu’à l’époque) ou encore le hully gully. Avec la période de la danse en solo (« free style »), les danses en ligne chorégraphiées ont été moins populaires. Puis est elles sont revenues durant la période disco avec des enchaînements comme le Bus Stop et ce que l’on voit dans le film « La Fièvre du samedi soir » avec John Travolta.

Enfin, durant les années 1990, est arrivé ce nouvel engouement pour la musique country et les chorégraphies de danse en ligne associées en particulier « Acky Breaky Heart » de Billy Ray Cyrus. Petit à petit, les danses en ligne se sont multipliées sur de la musique country et elles se sont propagées dans le monde entier. Au fur et à mesure, de la pratique de ces danses, certains danseurs et chorégraphes ont eu envie d’appliquer la logique de la danse en ligne à d’autres types de musique et c’est là où la notion de « country » a eu tendance à disparaître de l’expression « country line dance » pour devenir simplement « line dance » (traduction par « danse en ligne » en français). Même si la dominance des musiques country est flagrante, la pratique de la danse en ligne voit chaque année apparaître des dizaines de nouvelles chorégraphies sur des styles musicaux très variés : musique irlandaise, musique latino, musique disco/funk, etc. Voilà donc pourquoi le livre que je viens d’écrire comporte le mot « country » entre parenthèses.

« La danse (country) en ligne » est donc un livre de technique de line dance. Le premier chapitre introduit la danse en ligne dans l’histoire des danses et donne quelques conseils pour les débutants. Le second chapitre présente toutes les techniques et notions qui servent de base à l’apprentissage des danses qui sont présentées dans le reste de l’ouvrage. Cela va du simple pas de marche avec la gestion du poids du corps, au sailor step en passant par le grapevine, le hook et le heel split. Après ces descriptions, ne viennent pas moins de 37 danses parmi les plus dansées dans les bals country et les soirées de line dance de nos jours en France. Ce sont principalement les grands classiques (Electric Slide, Tush Push, Hooked on Country) et certaines autres danses servant de prétexte à l’apprentissage progressif de certaines techniques et déplacements (en particulier certaines danses de la série AB de Val Myers). Il y a même des danses récentes comme Foxy Girl. Enfin, le dernier chapitre aborde tous les aspects musicaux liés à la pratique de la line dance : suggestion de titres, calcul de la vitesse, reconnaissance du style, utilisation des tags et restarts. Bref, c’est un ouvrage complet dont la grande originalité est de présenter chaque pas sous forme illustrée : chaque mouvement d’une danse est présenté à la fois sous la forme d’un schéma et sous la forme d’une description textuelle. Aucun livre en français ne propose ce genre de représentation à ce jour.

Voilà, pour le reste, je vous laisse découvrir les détails dans ce livre (d’autres infos sur le site de l’éditeur) disponible à la vente depuis cette semaine, et qui a été relu par trois enseignantes spécialistes de la line dance (elles sont citées dans le livre et sur mon site Internet). Leurs suggestions ont été particulièrement utiles au généraliste versé dans les danses swing que je suis. Ce livre aurait pu être écrit directement par un professeur spécialiste de line dance, mais il est particulièrement difficile de trouver des professeurs de danse prêts à s’investir dans l’écriture d’un livre (ça prend beaucoup de temps et cela ne rapporte pas grand-chose…). Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manqueraient et je vois bien qu’il y a une attente dans ce domaine. Ainsi, si vous avez envie d’écrire un livre sur la danse et que vous avez les compétences pour faire du travail de qualité, n’hésitez pas à m’en parler en m’envoyant un petit e-mail. De même, si vous ne trouvez pas tel ou tel type de livre dans le domaine de la danse, faites-moi part de votre constat et je verrai ce qu’il est possible de faire pour répondre à ce manque.

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Isadora Duncan et la danse libre

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Dans ce blog, il m’arrive de temps à autre de m’intéresser à une danseuse ou à un danseur en particulier. Certain(e)s sont devenu(e)s célèbres par la télévision ou le cinéma, d’autres sont connu(e)s dans un certain domaine de la danse pour avoir marqué les esprits et influencé la pratique de nombreux de leurs contemporains. Aujourd’hui, je vous propose de parler un peu d’Isadora Duncan, une Américaine que certains ont surnommée « la danseuse aux pieds nus ». Difficile de résumer en quelques lignes tout ce qui a été dit et raconté à son sujet, mais je vais tenter d’aborder l’essentiel. En corollaire à cet article, je vais aussi vous parler d’un livre qui sort ce mois-ci et dont le sujet est en relation.

Isadora Duncan est née à San Francisco, aux États-Unis en 1877. Son père était banquier et grand amateur d’art de manière générale, avec une sensibilité particulière pour la culture grecque antique, et sa mère était musicienne. Suite au divorce de ses parents vers 1880, Isadora et sa famille déménagèrent à Oakland. La petite famille vécut pauvrement et les filles durent donner quelques cours de danse à d’autres enfants du quartier durant leur adolescence afin de compléter les revenus de la mère de famille. En 1895, à l’âge de 18 ans, Isadora Duncan intégra la Augustin Daly’s theater company à New York, mais la danse classique ne lui donnait aucune réelle satisfaction. Sous l’impulsion d’Isadora et pour développer la conception de la danse de celle-ci, toute la famille déménagea pour Londres en 1899, puis quelques mois plus tard pour Paris. Dans ces deux villes, les vestiges grecs des musées (le British Museum et le Louvre) passionnèrent Isadora. On dit qu’à cette époque elle dansait en imitant les positions des peintures de vases antiques tandis que son frère Raymond la photographiait. Ses spectacles de danse étaient basés sur une interprétation de morceaux de musique classique comme le Beau Danube bleu de Strauss, la Marche funéraire de Chopin ou encore la Symphonie Pathétique de Tchaïkovsky.

Plus tard dans sa vie, après l’avoir déjà fait en France et en Allemagne, Isadora Duncan créa sa propre école de danse à Moscou, motivée par la promesse du gouvernement russe de lui apporter son soutien. Une fois l’école bâtie, le soutien en question ne vint pas et elle dut reprendre le chemin de la scène. Le rêve d’Isadora Duncan était de pouvoir enseigner à des enfants qui, à leur tour, auraient enseigné à d’autres enfants. Isadora Duncan est décédée alors qu’elle était dans une automobile en 1927 à l’âge de 50 ans, étranglée par son écharpe. Ses cendres se trouvent au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Philosophiquement, Isadora Duncan s’est radicalement éloignée de la technique de danse classique rigide et, selon elle, contraire à la nature humaine. Elle a toujours recherché le mouvement le plus naturel possible, prônant la connexion entre les émotions et le mouvement. Dans le cadre de cette démarche, elle s’est inspirée de la culture de la Grèce ancienne associée à la recherche de liberté présente dans la culture américaine, donnant ainsi ses fondations à la « danse libre » et à la danse moderne de manière générale, dont s’inspirent certains courants de la danse contemporaine. Lorsqu’elle se produisait, elle était souvent vêtue à la grecque, se drapant dans une pièce de tissu et dansant pieds nus. Six de ses élèves les plus doués s’installèrent aux USA. Ils furent adoptés par Isadora Duncan et prirent son nom de famille. Son travail a permis à la danse de retrouver une place de choix en tant qu’art là où l’aspect divertissement avait tendance à dominer.

L’un des adeptes de la manière de danser d’Isadora Duncan, François Malkovsky, était ami avec l’un des frères de celle-ci, Raymond Duncan. Venu en France pour travailler le chant lyrique, il se découvrit à son contact une vocation pour la danse. Il finit par enseigner lui-même la danse libre dans les écoles et les cours d’éducation physique, imaginant ainsi une approche pédagogique du mouvement naturel humain au sein de la « danse libre » telle qu’elle a été initiée par Isadora Duncan. François Malkovsky est décédé en 1982 en France, à Laon, et son approche de la danse libre continue de se transmettre dans de nombreuses villes.

Cela m’amène à vous parler d’un des livres sur lesquels j’ai travaillé ces dernières semaines et qui a, entre autres activités, retardé le redémarrage de l’écriture d’articles pour le blog que vous consultez. Ce livre, écrit par Anne-Marie Bruyant (qui enseigne la danse libre depuis de nombreuses années), s’intitule « La danse libre » avec pour sous-titre « Sur les traces d’Isadora Duncan et de François Malkovsky ». Je pense qu’à l’éclairage des lignes ci-dessus vous aurez deviné ce dont il parle et que le terme « danse libre » ne fait pas référence au fait d’improviser dans n’importe quel style de danse.

En réalité, ce livre n’est ni un livre sur l’histoire de la danse libre, ni un livre de technique permettant d’apprendre la danse libre chez soi. C’est un ouvrage qui, même si les aspects précédemment cités sont en partie présents, tente d’expliquer les bases de la danse libre, vues de l’intérieur. En effet, la danse libre permet de s’exprimer en toute liberté et en adéquation avec la nature profonde du corps humain, mais elle peut aussi constituer un cheminement intérieur vers un certain bien-être. Le principe est de ne pas forcer le corps dans des positions extrêmes (comme les pointes de la danse classique) et de faire se succéder des mouvements et positions qui correspondent à celle que le corps humain peut faire sans aucune contrainte. C’est donc une forme de danse toute en douceur qui peut très bien convenir aux enfants, aux adultes et aux personnes âgées et elle peut se faire avec ou sans accessoires (balles, bâtons, etc.). S’il est clair que ce n’est pas une manière de danser spectaculaire (mais il existe des chorégraphies et des spectacles de danse libre), le travail se fait à la fois intérieurement, en s’accordant avec la musique et avec sa nature propre, et extérieurement, en oubliant certaines déformations qu’occasionne la vie moderne. Par exemple, il est courant que les personnes débutant la danse libre découvrent qu’ils ne savent pas vraiment marcher et que leur marche de tous les jours pour aller au travail induit des contraintes inconscientes à leur corps. Ceci n’est qu’un exemple de ce que le livre d’Anne-Marie Bruyant explique et j’ai pu découvrir dans cet ouvrage une approche de la danse plus spirituelle que dans d’autres formes de danse. Il est difficile d’expliquer tout cela dans un petit paragraphe comme ici, je vous laisse vous faire votre propre idée en lisant ce livre qui comporte de nombreuses photographies de danse libre aussi bien issues d’archives que prises récemment.

À noter que ce livre, à paraître le 19 novembre prochain, est encore disponible par le biais d’une souscription à tarif préférentiel sur le site des éditions Rolland.

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Les sourieurs de l’opéra

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Désirant développer l’édition de livres pour les danseurs et par les danseurs, j’ai créé ma maison d’édition en 2006. Cela a débuté par mon livre « Le rock’n’roll : technique de danse et pratique », résultat de plusieurs années de travail et de formalisation des bases de cette danse largement pratiquée en France. Depuis ces débuts où, d’étape en étape, j’ai développé divers ouvrages liés à la danse, je n’avais pas encore édité d’auteur français. Je suis passé de l’étape de l’auto-édition à l’étape de l’édition en français de livres américains. L’autobiographie de Frankie Manning a été le premier projet et il fait encore référence aujourd’hui par rapport à l’édition d’origine. Une nouvelle étape se concrétise en mars avec la sortie du premier livre original écrit par une Française et édité aux éditions Rolland, la maison d’édition que j’ai créée.

Ce livre a pour titre « Les Sourieurs de l’Opéra ». Lorsque son auteur, Aurore Rivals, m’a proposé son manuscrit il y a plusieurs mois, je me suis dit qu’il y avait dans ce texte une originalité de ton mêlée à une action qui se déroule dans le monde du ballet classique. Après la lecture de ce texte initial, j’ai donc décidé d’accepter ce projet, ainsi que le travail d’accompagnement que tout éditeur se doit de faire pour mener un auteur à « accoucher » de son texte sous une forme commercialisable. Le rôle d’un éditeur digne de ce nom (aussi spécialisé soit-il dans un domaine, comme moi dans la danse) est d’être présent aux côtés de son auteur et de le complémenter dans un échange de points de vue constructif basé sur le texte d’origine et les contraintes d’une publication au grand public. Il est rare qu’un auteur sorte d’une traite un texte parfait (et encore… peut-on considérer qu’un texte est un jour parfait ?), à moins d’en être à plus de vingt ouvrages publiés et mûrement revus en étroite collaboration avec un correcteur. L’expérience fait qu’un auteur s’améliore au fil de ses ouvrages. Bref, nous avons travaillé de concert sur ce texte qui a été repris plusieurs fois afin d’aboutir au livre qui va sortir mi-mars 2012.

Je vous livre ici le texte de la quatrième de couverture de ce livre d’Aurore Rivals.
Le sourire est leur métier, la danse est leur passion : Nils, Chrissy et Cillian sont les danseurs étoiles de l’Opéra. Nils se prend pour la réincarnation de Maximilien Robespierre et mène sa révolution très personnelle aussi bien à l’Opéra que dans sa vie intime. Eddy, le maître de ballet, homme sombre et solitaire, porte sur le monde un regard d’une extrême lucidité. Il sait déjouer les comédies humaines, celle des autres comme la sienne, mais son esprit trop clairvoyant finira par avoir raison de lui. Ce roman nous fait découvrir des éclats de vie de ces personnages qui, à leur manière, font leur révolution dans l’univers de l’Opéra et du ballet classique. Les interprètes du Lac des Cygnes vont ainsi peu à peu dévoiler le côté blanc et le côté noir de leur existence.

Et voici un court extrait pour vous en donner une idée. (p. 19)
– Alors, princesse, on est prête ?
Chrissy est en train d’écraser le bout de ses pointes dans le bac à colophane d’un air absent. Elle aime se perdre dans ce geste quotidien qui l’apaise, qui lui permet de faire abstraction de toutes les angoisses avec lesquelles elle a rendez-vous, sans faute, la veille du spectacle. La chevauchée des mauvaises pensées, elle apprend à vivre avec, elle ne cherche pas à les fuir, mais ne les laisse pas non plus la posséder. Tout à l’heure, il ne faudra pas faillir, il ne faudra pas leur laisser l’opportunité de faire la comparaison et de penser à une autre danseuse ; enfin, il faudra faire en sorte que Chrissy en blanche Odette et en noire Odile, ce soit une évidence. Chrissy enfile ses chaussons comme une jeune justicière enfile ses gants de cuir. Ce soir, elle part au combat. Nils se poste devant elle, lui tend impérieusement un frêle coquelicot qu’il a pris le temps de choisir et de cueillir exprès pour elle.
– Tiens, c’est pour donner des couleurs à ta petite loge… parce qu’elle est un peu tristounette. Tu devrais la décorer.
Nils accompagne ses paroles d’un geste vague et désigne les murs de la loge entièrement nus. Seule une petite photographie en noir et blanc est collée en haut à droite du grand miroir central. C’est la mère de Chrissy, celle qu’elle se plaît à appeler la « Mère Courage », celle qui se débat avec l’existence, avec son propre âge, avec la vieillesse de ses parents et avec les angoisses de sa fille. Combien de fois a-t-elle caressé ses cheveux d’or alors que le petit corps de Chrissy se crispait en de terribles convulsions à presque chaque veille de spectacle ?

Les Sourieurs, ce sont ces danseurs que nous voyons sur scène, au sourire permanent, qui semblent danser avec élégance mais sans effort des pièces imposant la difficile discipline du ballet classique comme « Le Lac des Cygnes ». Ils passent une bonne partie de leur temps à l’Opéra, mais ils ont aussi leur vie en dehors de la scène. Certains comme Nils ont même une conception très personnelle de la vie. Mais que savons-nous de ces artistes, au fond ? Que peut-il bien se passer dans leur vie en dehors des deux heures que dure le spectacle que nous regardons, médusés sur notre siège ? « Les Sourieurs de l’Opéra » nous parle de certains de ces personnages qui, finalement, sont comme nous : ils mangent, ils dorment, ils ont des sentiments, des joies, des peines. Aurore Rivals, musicienne de formation, tire en partie son inspiration du fait d’avoir côtoyé des danseuses et des danseurs durant des années entières. Elle les a observés, elle les dépeint avec un regard facétieux qui, parfois, nous fait sourire et, d’autres fois, nous émeut. Le ton qu’elle emploie est loin du babillage mielleux pour petites filles que l’on lit habituellement autour des ballerines et des ballets classiques. C’est un ton et une histoire modernes, réalistes, avec des personnages attachants. J’espère que vous aurez envie de découvrir ce livre de 144 pages à prix abordable (aux alentours de 12 euros) et de le faire découvrir autour de vous. D’ailleurs, vous pouvez retrouver la page Facebook du livre « Les Sourieurs de l’Opéra » ici, ainsi que la page Facebook des éditions Rolland ici. Enfin, sachez que tant que le livre n’est pas sorti en librairie, il vous est possible de le précommander à tarif préférentiel en utilisant le formulaire présenté ici, sur la page de description du livre du site Rolland éditions.

Le choix d’accepter ou refuser un livre est difficile. J’ai beau animer une maison d’édition dédiée à la danse, aux danseuses et aux danseurs (et par extension à la musique), je ne peux pas pour autant accepter tous les projets de livre qui me sont proposés. D’abord pour des raisons de capacité de production (rien à voir avec les grosses maisons d’édition qui tirent à 100 000 exemplaires et qui font des bénéfices conséquents), ensuite pour des raisons financières puisque, comme je me trouve dans une « niche », il y a assez peu de ventes et donc peu de revenus à investir dans de nouveaux projets qu’il me faut donc choisir avec justesse. J’édite actuellement environ 2 ouvrages par an. Difficile de faire davantage, malgré les encouragements et les sollicitations de toutes parts de sortir des livres de technique de niveau intermédiaire ou avancé… Ainsi plus les livres que j’édite auront du succès, plus je serai en mesure d’éditer de nouveaux projets à destination des amateurs de danse. N’hésitez pas à faire connaître ces livres autour de vous, sans les moyens des gros éditeurs pour faire de la publicité, seul le bouche à oreille peut faire connaître les livres que j’édite !

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Sexy Dance 1, 2, 3D

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Comme la période des fêtes de fin d’année approche à grands pas, je continue à parler de produits culturels qui peuvent faire office de cadeau pour vos proches (ou que vous pouvez vous faire offrir). En ce moment et comme chaque année à cette période, je vois dans les rayons des coffrets DVD ou Blu-ray thématiques regroupant plusieurs films en relation avec le thème de la danse. Je vais donc en profiter pour aborder l’un deux regroupant les 3 opus de la série « Sexy Dance » avant de vous lister rapidement d’autres coffrets disponibles actuellement. D’une manière générale, disons que la série des « Sexy Dance » porte sur la danse hip-hop, mais que d’autres danses comme la salsa et la tango y font une courte apparition (et pas toujours dansées comme on pourrait l’espérer). Pour le reste, voici un tour d’horizon de chaque film.

« Sexy Dance 1 » (2006, réalisé par Anne Fletcher).
Ce film, comme toute la série, a pour titre original « Step Up » qui a judicieusement été traduit en français par un racoleur « Sexy Dance » pas du tout français… (On se demande combien de temps il a fallu à l’équipe de traduction pour trouver cette traduction d’anglais à anglais. Les mystères du marketing sont parfois impénétrables.) À: noter que nos cousins québécois ont opté pour le titre « Dansez dans les rues ». En dehors de ces aspects, les acteurs/danseurs sont (entre autres) Channing Tatum, Jenna Dewan, Damaine Radcliff, de’Shawn Washington et voici l’histoire en résumé (un peu inspiré d’Allociné et remanié par mes soins).
Rebelle dans l’âme, Tyler Gage a passé toute sa jeunesse dans les bas quartiers et les mean streets de Baltimore, et sait aujourd’hui qu’il ne se tirera d’affaire qu’en rompant avec son milieu. Son seul atout, bien mince : un don naturel pour le hip-hop, qu’il pratique d’instinct, pour son seul plaisir. Alors qu’il est condamné à des travaux d’intérêt général à l’école d’art du Maryland, il rencontre la belle Nora qui, ambitieuse et douée, a grandi au sein d’une famille bourgeoise ayant très tôt encouragé sa vocation et financé ses études de danse classique à la prestigieuse Performing Arts High School. Tyler et Nora : deux mondes diamétralement opposés, deux talents, deux passions dont la rencontre explosive sera à l’origine d’un étonnant conte de fées musical…
Il apparaît que le cliché du danseur des rues et de la danseuse académique qui doivent travailler ensemble est ici mis à contribution. La fin donc plutôt prévisible, mais c’est un peu classique dans les films de danse.

« Sexy Dance 2 » (2007, réalisé par Jon Chu).
Étonamment, l’épisode 2 n’est pas la suite de l’histoire de l’épisode 1. On aurait pu s’attendre au contraire. Les acteurs/danseurs sont (entre autres) Robert Hoffman, Briana Evigan et Will Kemp et je reprends ici aussi le résumé du site Allociné.
Andie est une fille d’origine modeste, une rebelle qui s’efforce de trouver sa place au sein de la très respectable Maryland School Of The Arts, sans renier pour autant ses racines et son vieux rêve : intégrer la troupe Underground 410 qui rassemble les meilleurs danseurs de rue de Baltimore. Chase est l’étudiant le plus brillant de la MSA, une star en devenir qui aspire à rompre avec les traditions et contraintes de la danse classique. Son but : monter sa propre équipe pour affronter la 410 dans une grande « bataille » de rue. Irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, Chase et Andie arriveront-ils à concilier leurs ambitions respectives, leurs rêves et leurs désirs ?
Pour ce second volume, on inverse les rôles. Cette fois-ci c’est le garçon qui est académique et la fille qui fréquente les bandes de la rue. L’univers est celui des teams de hip-hop qui s’opposent dans des concours.

« Sexy Dance 3 (3D) » (2010, réalisé par Jon Chu).
Tourné à New York, ce film a particularité d’être projeté en 3D dans les salles (tout comme l’a été avant lui « Street Dancers » dont j’ai déjà fait la critique dans ce blog). Les acteurs/danseurs sont (entre autres) Adam G Sevani, Sharni Vinson et Alyson Stoner. Voici l’histoire en bref.
Fraîchement diplômé de la prestigieuse Université de New York, Moose (de « Sexy Dance 2 ») rejoint une bande de loyaux street dancers dirigée par Luke qui embarque bientôt Natalie, une mystérieuse danseuse de hip-hop. Ensemble ils vont se mesurer aux meilleures crews de hip-hop du monde au cours d’un affrontement dont l’issue changera leur destin à tout jamais.
Dans cet épisode, il y a une certaine continuité avec le précédent puisque des personnages font leur réapparition. On voit bien que ce film a été scénarisé pour la 3D et je dois avouer que la 3D/relief m’a fait une bien meilleure impression que celle de « Street Danceers ». Même ici, le scénario est un peu plus surprenant et original que dans les autres films du genre (même s’il reste un zeste de prévisibilité…). Au niveau du spectacle, « Sexy Dance 3 » est plutôt bon car, en dépit de quelques exagérations cinématographiques, on en prend plein les mirettes. À noter dans ce film, la présence de Twitch de l’édition américaine de « So You think You Can Dance » (avec ses belles lunettes qui ne servent à rien). Petit aparté : « So You think You Can Dance » arrive en France sur NT1 en 2012 et pas en simple traduction. Les danseurs seront Français et vous pouvez vous y présenter. L’émission sera présentée par B. Castaldi et le casting est déjà ouvert. Avis aux danseuses et danseurs, l’annonce est en page « actualités » sur UltraDanse.com depuis peu.

À noter que Sexy Dance 4 est prévu pour 2012 chez les studios Summit Entertainment. Un tournage effectué à Miami et donc un décor de plage en perspective… Il est probable qu’il aura pour titre « Step Up 4 Ever » aux USA et donc « Sexy Dance 4 Ever » en France… Enfin, dernier DVD disponible dans cette thématique de « Sexy Dance » : « Sexy Dance, le studio ». On nous avait déjà fait le coup avec « Dirty Dancing », mais cette fois-ci le contenu du DVD est proche de l’esprit du film. Il s’agit en effet d’un DVD d’apprentissage pour danser le hip-hop sous différents styles (locking, break, etc.). À chaque style proposé sont associés une chorégraphie et un décor différent (la boîte de nuit et ses lumières, le studio de danse à l’américaine, la rue). Ce DVD a été associé à l’opus 3 de la série des « Sexy Dance » et on y retrouve la danse dans une grosse flaque d’eau… Les chorégraphies me semblent plutôt bien expliquées, même si l’on n’est pas obligé d’adhérer à tous les styles présentés.

En passant dans les rayons des magasins, je me suis posé une question assez directe : « Je recherche un film sur la danse, où vais-je chercher ? ». En réalité, la réponse est simple dans les magasins français. Il suffit de chercher principalement à la lettre S (« Sexy Dancers », « Street Dance », « Saturday Night Fever », « Shall we Dance? », « Salsa », etc.) ou à la lettre D (« Dirty Dancing », « Disco », « Dance Movie », « Dance with Me », « Danse ta vie », etc.) et c’est un peu pareil au rayon BD & manga. Néanmoins, quelques films font exception : « Honey », « Tango », « Love ‘n Dancing », « Flashdance », etc. Et il en existe encore de nombreux autres qui parlent de danse et qui sont parfois méconnus. Comme je crois les avoir tous visionnés (en dehors des innombrables comédies musicales ou des ballets filmés), j’en dresserai un jour une liste complète ici.

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La salsa cubaine et le merengue

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Cela traînait depuis des mois et j’ai accumulé quelques semaines de retard sur ce projet, mais ce livre sort enfin de chez l’imprimeur ! « La salsa cubaine et le merengue » est le cinquième livre de la collection « Passeport Danse », une collection de livres techniques que j’ai créée dans l’idée de mettre par écrit les bases des danses en couple telles qu’elles sont pratiquées aujourd’hui. À chaque livre, je creuse le sujet avec l’état d’esprit d’un débutant qui ne sait pas danser et qui ne connaît pas les origines culturelles de la danse détaillée. Voici donc quelques informations sur ce nouveau volume.

La salsa cubaine (dite « salsa de casino ») est très différente de la salsa portoricaine. La première est bien ancrée dans ses racines afro-caribéennes alors que la seconde a plutôt été développée à New York et est fortement influencée par les danses pratiquées par les blancs. Comme son nom l’indique, la salsa cubaine vient de Cuba, une île à l’histoire assez tumultueuse et où vit une population assez importante de personnes défavorisées. On dit que les Cubains dansent la salsa tous les jours en rentrant du travail et, comme le chômage y est particulièrement présent, c’est dire s’ils peuvent commencer à danser tôt dans la journée… Bref, blague à part, la salsa est ancrée dans la culture cubaine et c’est sur cette manière de danser la salsa que porte le livre.

Il faut préciser que la salsa cubaine s’est développée en Europe (et aux USA) en partie grâce à des enseignants de danse en couple qui maîtrisaient déjà les danses de salon (ou au moins les danses sportives latines) et le mambo. Ma compréhension est qu’en regardant danser des Cubains exilés, ces enseignants ont interprété les mouvements et déplacements qu’ils voyaient à travers les techniques rodées qu’ils connaissaient. Ils ont alors abouti à une salsa cubaine basée sur le « pas de salsa » que tout le monde connaît (arrière-revient-assemble, arrière-revient-assemble). Certains ont même établi que les petits coups de talon ou pointés sur les temps 4 et 8 faisaient partie du pas de base alors que ce n’étaient que des effets de style des danseurs qu’ils avaient vus. C’est sous cette forme que s’est développée chez nous la salsa cubaine dans les années 90. Dans seconde moitié des années 2000, les danseurs non cubains prennent conscience en se rendant à Cuba que la technique qu’ils utilisent ne correspond pas réellement à celle que pratiquent les Cubains sur place. Certains s’attellent donc à décomposer fidèlement les mouvements originels qui avaient été déformés. Les séjours à Cuba se multiplient donc et les Cubains finissent pas s’organiser pour être en mesure de dispenser des cours structurés chez eux alors que, jusque-là, la transmission se faisait à la demande et sans réelle organisation. Depuis, des séjours « salsa à Cuba » sont fréquemment organisés et chacun peut aller s’imprégner de la culture cubaine tout en apprenant la technique de la salsa de casino à la source.

Je ne reviendrai pas ici sur la rueda à laquelle j’ai déjà consacré un article ici et à laquelle je consacre un chapitre entier de ce livre. On y trouve les changements de partenaires (tarro, dame, etc.) ainsi que des figures typiques de la rueda. À côté de la salsa, j’ai choisi de décrire le merengue, originaire de la République Dominicaine. Ces danses partagent un certain nombre de points dont le fait que ne pas avoir de ligne de danse fixe dans la salle. Le merengue est facile à apprendre et peut très bien faire une introduction à l’apprentissage de la salsa (voire même des autres danses en couple) puisque son pas de base est un pas marché. Afin d’être complet, j’ai ajouté quelques figures qui permettent de danser le merengue en rueda. C’est une manière de le danser en groupe qui a été calquée sur la salsa et qui fonctionne plutôt bien. Si l’on ajoute les habituels rappels historiques sur l’origine des danses (et de leurs musiques respectives) ainsi que les conseils de musiques pour danser, on complète la vue d’ensemble de ce livre accessible aux débutants. Comme d’habitude dans cette collection, il y a de très nombreux schémas et illustrations (plus de 1000 !) qui ont été faits spécialement pour l’occasion. On comprend dès lors qu’il pouvait y avoir un peu de retard dans la sortie de ce livre enfin disponible dans le commerce. Attention, une petite offre promotionnelle de sortie est encore valable une semaine sur le site « C. Rolland éditions« . C’est donc le moment d’en profiter pour vous ou pour faire un cadeau de Noël !

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Les chaussons rouges

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Le 9 novembre dernier vient de ressortir le film « Les Chaussons rouges » en DVD et Blu-Ray (et en haute définition sur ce dernier média). Ayant eu la possibilité de visionner ce film dans son édition « Blu-ray collector » (merci à Carlotta Films, l’éditeur de ce film en France), j’ai souhaité partager mes impressions avec vous. Ce film est un monument dans le monde des films dont l’action porte sur la danse (et particulièrement le ballet classique) et ceux qui aiment voir traiter ce sujet sur leur écran (en spectacle ou fiction) auront sûrement plaisir à se le procurer… ou se le faire offrir pour Noël.

« Les Chaussons rouges » est un film de Michael Powell, réalisé en 1948 (mais sorti en France en juin 1949), scénarisé par Emeric Pressburger et tout en couleur. Il est interprété, entre autres, par Moira Shearer, Marius Goring et Anton Walbrook pour les principaux rôles. L’histoire est inspirée du conte d’Andersen « Les chausson rouges » (ou « Les souliers rouges » selon les traductions), écrit en 1845. La particularité est que ce film met aussi en scène le conte dont il est lui-même inspiré sous la forme d’un ballet classique. Ce conte relate l’histoire d’une jeune fille nommée Karen à qui l’on offrit une paire de chaussures rouges. Le premier pas de danse qu’elle fit ainsi chaussée suit suivi d’un second, puis un troisième et elle ne put plus empêcher ses jambes de danser. Il lui fut impossible d’enlever les chaussures de ses pieds qui continuèrent de danser de plus belle durant des jours. Je ne vous cache pas que l’histoire ne finit pas très bien…

L’histoire du film commence comme suit. Après avoir attiré l’attention du producteur Boris Lermontov, Vicky Page est engagée dans la troupe de celui-ci. Parallèlement, Julian Craster, un jeune compositeur est, lui aussi, engagé. Lermontov licencie sa danseuse principale et convoque Vicky pour lui annoncer que c’est elle qui tiendra le premier rôle dans son prochain ballet « Les Chaussons rouges », dont la musique sera composée par Julian. Les répétitions sont dures et l’interaction entre le musicien et la danseuse implique un certain nombre de tensions qui se transformeront en attirance. Le ballet des « Chaussons rouges » fait un tabac à Monte-Carlo (lorsqu’on visionne le film en version originale, on entend d’ailleurs de nombreuses phrases en français) et ce la donne le coup d’envoi à la carrière de Vicky qui enchaîne dès lors les ballets au sein de la compagnie Lermontov. Malgré tout, lors d’une fête, Lermontov découvre l’histoire d’amour qui se déroule entre son compositeur et sa première danseuse. Il ne le supporte pas et impose cruellement à Vicky de choisir entre l’amour et sa carrière de danseuse. Ici, nous en sommes déjà à la moitié du film et j’en ai peut-être trop dévoilé à ceux qui souhaitent découvrir l’histoire… J’arrête donc là.

Je vois trois grandes parties dans ce film qui dure quand même 2h15. Il y a tout d’abord la première heure où l’on voit tout ce qui mène à la préparation du ballet « Les Chaussons rouges » de la compagnie Lermontov. C’est l’ascension. Il y a ensuite un gros quart d’heure où l’on voit le ballet en question, et donc le conte d’Andersen adapté à la scène de jolie manière avec des effets spéciaux (révolutionnaires à l’époque et réalisés sans ordinateur !) et une approche de type comédie musicale hollywoodienne, ce qui donne un ballet cinématographique avec quelques scènes surréalistes et oniriques. Enfin, il y a la troisième partie où l’on voit en quelque sorte la descente aux enfers avec la conclusion.

Si, par rapport aux films que l’on fait de nos jours, l’action est plutôt lente (si l’on n’aime ni le cinéma, ni la danse, on peut même se dire qu’il n’y a pas beaucoup d’action), on ne peut que saluer la place importante accordée aux chorégraphies aériennes de Robert Helpmann durant tout le film et spécialement pendant les 17 minutes du milieu qui, à elles seules ont nécessité six semaines de tournage pour les 53 danseurs. Il faut aussi ajouter que ce sont de vraies danseuses et de vrais danseurs qui sont filmés (y compris l’actrice principale) et qu’il n’y a pas d’artifice pour masquer un manque éventuel de technique (contrairement à « Black Swan »). Il faut parier que les scènes de danse ont dû nécessiter plusieurs prises avant d’obtenir la version finale, mais le spectacle est agréable et la technique cinématographique met en valeur les danseurs dont on saisit bien l’univers. À l’époque du tournage, le film a suscité de vives discussions parmi les puristes du ballet. La discussion tournait autour du fait que le film montrait une danse dopée aux effets spéciaux qui ne pouvait pas être retrouvée sur une scène en direct lors d’un spectacle.

Pour ce qui concerne l’édition DVD et Blu-ray qui vient de sortir, il y a plusieurs compléments intéressants en plus du film. Il y a en particulier, la description par Martin Scorcese de la numérisation du film en HD et de la manière dont on a pu réparer les attaques du temps sur les bobines en couleur, au point d’atteindre une qualité parfois supérieure à l’original. Il y a aussi des reportages sur le tournage du film avec des témoins de l’époque, une interview de la veuve de M. Powell et un reportage sur les coulisses des ballets du film avec Nicolas Le Riche (danseur étoile à l’Opéra national de Paris) et de Mathias Auclair (conservateur en chef à la Bibliothèque-musée de l’Opéra).

Si vous n’avez pas encore le DVD ou le Blu-ray, je vous propose la bande-annonce en VO sous-titrée. Cela vous donnera une petite idée. Vous noterez que la qualité d’image de cette bande-annonce issue de YouTube ne reflète en rien la qualité d’image du DVD et encore moins celle du Blu-ray où les couleurs sont flamboyantes. Je pense, d’ailleurs, que cette bande-annonce est une version non restaurée en HD si j’en crois le léger voile qui couvre les images.

Je n’ai certes pas d’actions dans ce film, mais je ne pouvais pas manquer de présenter ce film précurseur qui a inspiré des nombreux réalisateurs (Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian De Palma) ainsi que de nombreux autres travaux, dont le récent film « Black Swan », dont j’ai déjà fait la critique dans ce blog il y a quelques semaines (je vous avais d’ailleurs conseillé « Les Chaussons rouges » à cette occasion). J’ai personnellement apprécié ce film dont je conseille le visionnage en version originale sous-titrée et en HD évidemment afin de pouvoir profiter de tous les détails dont regorgent les scènes de ce film.

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Le shim sham

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S’il y a une routine swing (aussi appelée enchaînement de jazz roots ou authentic jazz) que tout danseur de swing doit connaître, c’est bien le shim sham, où plutôt le « Shim Sham Shimmy » qui est son nom complet d’origine. C’est un enchaînement amusant et qui s’apprend assez vite que l’on retrouve traditionnellement dans nos soirées swing contemporaines, particulièrement lorsqu’il y a un orchestre en direct.

Le shim sham shimmy est à l’origine un enchaînement de danse à claquettes. Leonard Reed et Willie Bryant sont souvent crédités de la création de cet enchaînement, évolution d’un autre enchaînement appelé « Goofus ». J’aimerais partager avec vous ce qu’écrit Constance Vallis Hill, dans son très complet livre « Tap Dancing America » à ce propos (je vous le traduis, car le livre est en anglais).
Sur le titre « Turkey in the Straw », l’enchaînement sur la durée d’un thème était dansé sur 32 mesures. […] Reed se souvient que les chorus girls aimaient tant « Goofus » qu’elles y ajoutèrent leur propre touche féminine sur le pas de sortie par un shimmy. Quand Reed et Bryant parvinrent à New York en 1931 pour se produire au Lafayette Theatre de Harlem, ils découvrirent que la danse avait déjà pris et qu’elle constituait un enchaînement de prédilection dans un club nommé le Shim Sham. En ce lieu, il était régulièrement dansé par une troupe de filles sous le nouveau nom de shim sham shimmy. […] Depuis cette époque, littéralement des centaines de personnes, ne connaissant pas les origines de la danse parmi les chorus girls, créèrent leurs propres versions du shim sham. Dansé durant tout le XXe siècle au point fort des spectacles, le shim sham est considéré comme l’hymne national de la danse à claquettes.
Par la suite, le shim sham s’étendit au monde de la danse swing et fut dansé dans les soirées dansantes à la fois par les danseurs à claquettes et par les danseurs de swing (et en particulier de lindy hop). Comme le lindy hop s’endormit durant les années rock et disco, le shim sham survécut aussi en sommeil dans le milieu des claquettes.

Voici ce que dit Frankie Manning (dans son autobiographie, « Frankie Manning, l’ambassadeur du lindy hop« ) sur le renouveau du shim sham dans les années 80.
[Le shim sham] est constitué de quatre pas de base : le shim sham, les pushes avec un crossover, tacky Annie et les half breaks. […]
Au fil des années, j’ai enseigné dans de nombreux stages de la NYSDS et j’ai assez tôt introduit le shim sham lors de leurs soirées. Quelques-uns d’entre nous, comme Norma, Buster, Betty Brisbane (une ancienne girl) et moi, commencèrent à le faire et les gens commencèrent à le connaître avant que j’enseigne le moindre shim sham en stage. Je créai une version spéciale du shim sham pour les danseurs de swing avec des freezes au lieu des breaks dans le second thème et un troisième thème de boogies et Shorty George. D’une certaine manière, nous en vînmes à le faire chaque semaine (ce que nous ne faisions pas au Savoy), toujours au début du troisième set. Au fur et à mesure, j’ajoutai de nouvelles caractéristiques comme le fait de partir en swing out après le troisième thème, avec du slow motion, des freezes et des itches. Le shim sham a vraiment pris et il est à présent dansé dans les soirées du monde entier.

Le shim sham peut être dansé sur diverses musiques swing, mais il est d’usage de le faire sur « T’Ain’t What You Do » (la version de l’orchestre de Billy May ou celle de l’orchestre de Jimmy Lunceford sont souvent préférées) car ce titre contient les breaks adéquats. On peut aussi utiliser le « Shim Sham Song » du Bill Elliot Swing Orchestra (album « Swingin’ the Century », « Tuxedo Junction » d’Erskine Hawkins ou « Stompin’ at the Savoy » de l’orchestre de George Gee (avec les annonces faites par Frankie Manning en personne). Le shim sham est aujourd’hui traditionnellement dansé à la fin d’une soirée swing. Les danseurs se mettent face à l’orchestre pour faire ce shim sham en guise de remerciement pour la musique sur laquelle ils ont dansé toute la soirée. Cela n’empêche pas que cet enchaînement puisse être dansé n’importe quand dans la soirée. Bien des danseurs de swing ont acquis le réflexe de danser un shim sham dès qu’il entendent les premières notes de « T’Ain’t What You Do ».

Pour finir cet article, voici la chorégraphie du shim sham la plus dansée, celle de Frankie Manning. Chaque ligne numérotée se danse sur 8 temps. Pour savoir ce que signifient les noms indiqués, je vous conseille soit de prendre des cours, soit de consulter mon livre « Le lindy hop et le balboa » qui comporte tous les détails pas à pas.

Partie 1
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1 Stomp off pied droit    (départ sur le 8)
2 Stomp off pied gauche
3 Stomp off pied droit
4 Break

5 Push et crossover à droite
6 Push et crossover à gauche
7 Push et crossover à droite
8 Crossover à gauche, puis à droite

9 Tacky Annie
10 Tacky Annie
11 Tacky Annie
12 Break

13 Half break
14 Break
15 Half break
16 Break

Partie 2 (avec les freezes)
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17 Stomp off pied droit
18 Stomp off pied gauche
19 Stomp off pied droit

20 Freeze  (avancer le pied droit sur le 8)
21 Push et crossover à droite (poids du corps sur pied gauche...)
22 Push et crossover à gauche (...avant de démarrer le 1er push)
23 Push et crossover à droite
24 Crossover à gauche, puis à droite

25 Tacky Annie
26 Tacky Annie
27 Tacky Annie
28 Freeze (avancer le pied droit sur le 8)

29 Half break
30 Freeze (avancer le pied droit sur le 8)
31 Half break
32 Freeze (avancer le pied droit sur le 8)

Partie 3 (les boogies)
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33 Boogie back
34 Boogie forward
35 Boogie back
36 Boogie forward

37 Boogie back
38 Shorty George
39 Boogie back
40 Shorty George

Partie 4 (improvisation)
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41 Lindy hop en couple     
   (avec le ou la partenaire le ou la plus proche...)

La vidéo qui me permet de conclure ici montre Frankie Manning en personne qui, en 2003 et à l’âge de 89 ans, conduisait un shim sham dans le Kansas, aux USA. Frankie Manning est décédé à l’âge de presque 95 ans et nous lègue sa passionnante autobiographie dont j’ai eu le plaisir d’assurer la traduction en français et l’édition française (voir plus haut). N’hésitez pas à l’acheter, ça vaut la peine de se cultiver directement auprès de personnes qui ont vécu la naissance du lindy hop au son des big bands autour des années 30.

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La rueda de casino

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La rueda de casino (aussi connue sous son diminutif de « rueda ») est une manière de danser la salsa cubaine (aussi appelée « casino ») en groupe et en cercle dont la popularité va de pair avec la pratique de la salsa cubaine. Pour ce qui est de la salsa en tant que telle, il y a déjà une fiche sur Ultradanse.com. Il ne reste plus qu’à détailler ce qui se cache sous le terme de « rueda de casino » ci-après. Si vous voulez en savoir davantage du côté de la technique, je vous invite à consulter mon prochain livre (oui, je sais ça fait des mois que j’en parle, mais c’est pour bientôt : fin novembre !) qui détaille les bases de la salsa cubaine, la rueda de casino et le merengue.

Cette manière de danser est apparue dans la seconde moitié des années 50 à La Havane, sur l’île de Cuba (difficile d’être plus précis, même si certains donnent arbitrairement l’année 1957). C’est une période de temps où plusieurs danses sont pratiquées à Cuba : son, mambo, cha-cha, rock, etc. À cette époque, les clubs privés et les casinos de La Havane proposaient des activités de loisir à côté des jeux de table. En particulier, le Casino Deportivo semble avoir donné son nom de « casino » à cette danse que l’on pratiquait dans les casinos et que l’on connaît aujourd’hui beaucoup sous le nom de salsa cubaine (ou parfois salsa de casino). Les jeunes danseurs de La Havane se réunissaient et certains, juste pour s’amuser, eurent l’idée de changer de partenaire sans s’arrêter de danser. Ce petit jeu improvisé connut un succès tel parmi les autres danseurs que ce petit jeu se transforma en une danse de groupe ludique où l’on changeait de partenaire de temps en temps. Cela commença à deux couples (côte à côte), puis trois (en triangle) , puis quatre (en carré), etc., et on en vint pour des raisons pratiques à disposer les couples sur un cercle. Comme tout cela se déroulait dans les murs d’un casino, on pensa naturellement à la roulette (la « rueda » pour nommer le cercle formé par les danseurs). La danse de l’époque empruntait un peu partout : cha-cha cubain, rumba cubaine, danzon, mambo, son et même rock’n’roll dont la déferlante mondiale avait également touché Cuba (mais cela n’a pas perduré longtemps après la révolution cubaine de 1959). Afin que tout un groupe puisse danser simultanément la même chose, il fallait un meneur (le « cantor », aussi appelé « annonceur ») qui annonçait les mouvements (les « pasitos ») auxquels on avait donné des noms de code, selon l’inspiration du moment de leur création, pour pouvoir s’y retrouver. La rueda de casino était née.

Partie d’un ou deux établissements de La Havane, la rueda de casino se propagea par la suite dans d’autres lieux à l’origine à l’accès réservé, mais qui ouvrirent plus largement leurs portes au public dans les années 60. La révolution cubaine changea beaucoup de choses dans le quotidien des habitants de l’île et cette redistribution de l’accès aux établissements de loisirs en fait partie puisque de nombreux clubs furent nationalisés. Ainsi, les groupes d’aficionados de la rueda se déplaçaient-ils de salle en salle à la recherche des meilleurs orchestres. Le point culminant de la popularité de la rueda se situe au milieu des années 60. À l’époque, il y a même eu des émissions de télévision cubaine consacrées à la rueda qui devient une composante des grands événements et de la vie quotidienne des Cubains.

La popularité de la rueda décline à la fin des années 60 avec la disparition de certains lieux de loisirs. Comme partout dans le monde, les danses individuelles prennent le pas sur les danses en couples ainsi que les danses de groupe. De plus, des rythmes nouveaux arrivent aussi à Cuba, détournant ainsi la jeunesse des goûts de leurs parents. Malgré tout, la rueda, ensommeillée, survit dans des petits groupes et dans les fêtes traditionnelles de famille. Le renouveau de la salsa au niveau international ravive en même temps la rueda dans les années 2000 où musiciens (jouant de la musique « timba » aussi appelée « salsa cubaine » par abus de langage) et danseurs (dansant la salsa) se retrouvent pour le plaisir de tous. À la demande du public étranger, des stages de salsa sont organisés à Cuba et génèrent des revenus non négligeables aux Cubains, heureux de partager leur culture avec les « touristes de la danse ».

En rueda, il est nécessaire de ne pas avoir de doute sur les figures qui sont annoncées. C’est pour cela qu’il est souhaitable que celles-ci portent des noms suffisamment distincts à l’oreille. Cependant, les figures de rueda sont tellement nombreuses que les noms se résument parfois à de simples numéros (setenta/70, ochenta y cuatro/84, etc.) ! Par ailleurs, comme la salsa et la rueda se sont propagées dans le monde par différents intermédiaires, il était inévitable que différents noms existent pour une même figure, voire qu’un même nom fasse référence à plusieurs figures… Pas facile de s’y retrouver. D’autant plus que certains enseignants, ne manquant pas d’imagination et ne sachant comment nommer une de leurs trouvailles, ont tout simplement imaginé des noms comme « Tralala », « Schtroumpf », etc. (leur utilisation est souvent circonscrite à une ville donnée, voire à une école en particulier). De nos jours, les figures inventées durent parfois 4 x 8 temps, voire davantage. C’est bien souvent trop long. Les créateurs des années 60 faisaient des figures simples et assez courtes, sur 8 ou 16 temps bien souvent. Pas la peine de faire compliqué pour s’amuser, au contraire !

Je ne pouvais achever cet article sans aborder les ruedas géantes qui ont été faites dans le monde. Certaines ont été classées au Guinness Book des records. Le premier record date de 2007 en Colombie avec 540 danseurs (soit 270 couples) qui dansaient sous la pluie (on ne peut pas choisir facilement la météo quand on organise un tel événement…). Les Italiens ont dès l’année suivante battu ce record et ils conservent la première marche du podium depuis. Le dernier record que je connaisse date de juillet 2010 et est aussi italien avec plus de 700 participants à Milan. Pour vous donner une idée de ce que cela donne, voici le film du record de 2007 à Santiago de Cali.

En dehors du fait que tous les danseurs doivent connaître les mêmes figures associées aux mêmes noms, la grande difficulté des ruedas géantes est la diffusion du son sur un grand espace. Il faut non seulement que la musique soit entendue simultanément par tous les danseurs (nécessité de synchroniser les pas), mais il faut aussi que l’annonceur (le cantor) soit entendu par tous immédiatement. C’est donc des techniques de sonorisation dignes des méga-concerts de musique dans les stades qu’il faut mettre en place pour parvenir à établir de tels records dans de bonnes conditions. Une sorte de flash mob très organisé, quoi…

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Le Lac des cygnes

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S’il est un ballet qui est universellement connu, c’est bien « Le lac des Cygnes » (ou « Swan Lake » en anglais). Tout le monde en a entendu certains passages musicaux, ne serait-ce que dans des spots publicitaires, et tout le monde a en tête l’image du pas de quatre des « petits cygnes » exécuté par quatre danseuses en tutu blanc se tenant les mains. Pour les amateurs de ballet et pour ceux qui ne connaissent pas le spectacle, voici un petit dossier om figures évidemment des informations sur le film « Black Swan » dont le DVD vient de sortir dans le commerce.

« Le Lac des cygnes » est un ballet basé sur une musique de Piotr Tchaïkovski qui a été créé pour la première fois le 4 mars 1877 au Théâtre Impérial Bolchoï de Moscou. On en doit le livret (c’est là où l’intrigue/l’histoire est décrite, on appelle aussi cela l’argument) à Vladimir Begichev et Vassili Geltzer qui ont travaillé à partir de contes et légendes. L’ensemble se déroulait à l’origine sur 4 actes, mais des adaptations en 3 actes existent aussi. Le succès de ce ballet ne viendra que lorsque Marius Petita le reprend en 1895. Rudolf Noureev, quant à lui, en réalise une nouvelle version en 1984 pour l’Opéra de Paris, où l’histoire prend un tournant un peu plus psychologique.

L’histoire du Lac des cygnes est assez simple. Je vous la résume. Le premier acte débute par la fête d’anniversaire du prince Siegfried. Au cours du bal, sa mère lui apprend qu’il devra choisir une épouse et lui offre une arbalète qu’il va emmener à la chasse avec lui. Acte deux : la partie de chasse entraîne Siegfried près d’un lac où il s’apprête à tirer sur des cygnes. Soudain, l’un des cygnes blancs se transforme en jeune fille, Odette, qui explique qu’un sorcier lui a jeté un sort de telle manière qu’elle se retrouve transformée en cygne durant la journée. Seul le serment d’amour que lui porterait un homme pourra la sauver, elle et ses amies. Le prince tombe amoureux. C’est là où se fait le célèbre pas de quatre. Acte trois. Lors d’une fête au château, on présente Siegfried à des princesses pour le marier. Arrive Odile (copie maléfique d’Odette et fille du sorcier) que le prince prend pour sa bien aimée et avec qui ce dernier va danser (scène où l’on voit les 32 fouettés du cygne noir). Les efforts d’Odette pour attirer son attention n’y feront rien. Dernier acte. Le cygne blanc est en plein désespoir. Le prince réapparaît et lui réaffirme son amour, pensant s’adresser à la même personne qu’au bal. Faisant suite au mauvais sort, le tumulte des flots emporte Siegfried tandis que la jeune fille-cygne meurt de chagrin. Il est à noter qu’il existe aussi une fin alternative et heureuse…

Voici la scène du pas de quatre issu du Lac des cygnes, interprété à l’Opéra de Paris.

Le Lac des cygnes a été mis à l’honneur il y a quelques mois (début février 2011) dans le film « Black Swan » (« Le cygne noir ») de Darren Aronofsky. L’héroïne de l’action est Natalie Portman et l’on y retrouve aussi Vincent Cassel dans le rôle d’un directeur artistique assez spécial. Cédant à une nonchalance estivale, je reprends ici le synopsis du magazine « Première » : Nina est ballerine au sein du très prestigieux New York City Ballet. Sa vie, comme celle de toutes ses consoeurs, est entièrement vouée à la danse. Lorsque Thomas Leroy, le directeur artistique de la troupe, décide de remplacer la danseuse étoile Beth McIntyre pour son nouveau spectacle, « Le Lac des cygnes », son choix s’oriente vers Nina. Mais une nouvelle arrivante, Lily, l’impressionne également beaucoup. « Le Lac des cygnes » exige une danseuse capable de jouer le Cygne blanc dans toute son innocence et sa grâce, et le Cygne noir, qui symbolise la ruse et la sensualité. Nina est parfaite pour danser le Cygne blanc, Lily pour le Cygne noir. Alors que la rivalité de Nina et Lily se mue peu à peu en une amitié perverse, Nina découvre, de plus en plus fascinée, son côté sombre. Mais s’y abandonner pourrait bien la détruire… Le film a été présenté en ouverture de la compétition dans le cadre de la 67ème Mostra de Venise. Et j’ajoute que ce film a été plusieurs fois nominé aux Oscars. Le DVD de « Black Swan » est sorti cet été et je vous conseille même l’édition combo DVD+Blu-Ray qui a l’avantage, pour à peine plus cher, de contenir les deux supports.

Afin de vous donner un aperçu, voici la bande annonce du film.

J’ai trouvé de film intéressant dans la mesure où une danseuse matérialise le centre de l’intrigue. Natalie Portman est excellente et elle a dû travailler durant un an pour préparer les scènes de danse. Cependant, lorsqu’on la voit danser, on ne voit généralement que le haut de son corps, avec quelques faiblesses dans les postures que les néophytes ne remarqueront certainement pas. On imagine bien qu’on de devient pas danseuse étoile en une année et que la doublure (en réalité 2 doublures) a été nécessaire pour les plans larges. Cela dit, à mon avis, « Black Swan » est davantage un drame psychologique qu’un film de danse. La danse ne sert que d’environnement au déroulement du film. C’est le thème de l’opposition côté pur/côté sombre, blanc/noir, bien/mal qui prime dans les 110 minutes de ce film. Le personnage de Nina dégringole petit à petit de la lumière vers les ténèbres et la folie alors qu’elle s’approche de la perfection dans son rôle à deux faces Cygne blanc + Cygne noir dans « Le Lac des cygnes ». En revanche, le parti pris très « sexuel » du réalisateur est parfois dérangeant et on se demande en quoi cet aspect particulier dénote de la noirceur de l’âme du personnage. Bref, la fin du film est sujette à interprétation et cela n’a rien à voir avec de la danse… Si vous voulez un film qui porte réellement sur le ballet, je vous conseille plutôt « Les chaussons rouges » ou encore « Company ». La question soulevée qui, elle, a à voir avec de la danse concerne la manière d’approcher l’interprétation d’un rôle dans un ballet par une danseuse ou un danseur. Pour faire simple, « peut-on toucher à la perfection dans le fait de danser un personnage de ballet sans être atteint par ce rôle au plus profond de son être ? » Je relève d’ailleurs que la relation entre l’état d’esprit du danseur ou de la danseuse et l’émotion qu’il/elle fait passer au public est un thème également abordé dans le manga « Subaru, danse vers les étoiles » dont j’ai parlé dans ce blog il y a quelques jours (et on y parle aussi du Lac des cygnes dans les premiers tomes de la série). Pour conclure, je me permets d’annoncer que le Lac des cygnes est aussi présent dans un roman que je vais éditer en 2012 : « Les Sourieurs de l’Opéra », écrit par Aurore Rivals. Je vous en dirai davantage lorsque la sortie du livre sera imminente.

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Livres sur la danse country western

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Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé de livres dans ce blog et certains d’entre vous se demandaient sûrement ce que je préparais durant tout ce temps. Voici la réponse : mon travail récent s’est porté sur la danse country & western. Partant de la constatation qu’il n’existait pas de livre en français consacré à la danse country & western (incluant la danse en ligne), je me suis mis en quête de quoi créer le livre en question. Je vous donne quelques détails dans la suite et je vous donne aussi quelques informations sur un autre livre sur le même thème et qui (hasard du calendrier !) sort au même moment… Cela donne par conséquent un article plutôt long, mais qui devrait intéresser les amateurs de line dance et de danse country & western.

Partant du principe que les amateurs de danses country aimeraient sûrement savoir d’où proviennent non seulement les danses qu’ils pratiquent, mais aussi les musiques qui les accompagnent, j’ai choisi de traduire en français le livre de Ralph G. Giordano « Country & Western Dance » initialement édité aux USA aux éditions Greenwood. C’est un livre récent (2010) de bonne qualité et qui a demandé plusieurs années de travail à son auteur américain. Cela fait donc plusieurs mois que je travaille à la mise à disposition de ce texte aux amateurs francophones de country. Le résultat de ces mois de travail est à présent disponible (dès à présent auprès de moi et le mois prochain en librairie) et s’appelle évidemment « La danse country & western« . Comme à mon habitude, j’ai essayé de faire en sorte que l’édition française soit au moins aussi bonne sinon meilleure que l’édition d’origine : il y a donc des notes du traducteur pour éclairer certains détails culturels, davantage de photographies (j’ai acheté les droits pour de nouvelles photos et celles qui sont présentées sont mieux mises en valeur), l’index a été entièrement refait tout comme la gestion des références bibliographiques et, enfin, un avant-propos écrit par l’auteur spécialement pour le public français a été ajouté. Bref, il ne s’agit pas que d’une traduction, mais d’une édition augmentée réalisée avec une méthode de travail similaire à celle utilisée pour l’autobiographie de Frankie Manning.

Voici l’argumentaire descriptif du livre que j’ai rédigé pour préparer sa sortie.

Pour faire court, ce livre tout en français :

  • Inclut des photographies de danse country & western exclusives (en noir et blanc) et encore jamais publiées
  • Présente une bibliographie détaillée des sources et références citées, dont des adresses Youtube pour des vidéos et émissions de danse à succès comme « Club Dance » dans les années 1990
  • Raconte toute l’histoire de la danse country & western (et rien que celle-ci !) de la naissance du western swing en tant que musique à l’âge d’or du jazz jusqu’à aujourd’hui en passant par l’époque du film Urban Cowboy en 1980 ainsi que la folie de la line dance suite au tube Achy Breaky Heart en 1994.
  • Présente le résultat de plusieurs années de recherches et de fréquentation des honky-tonks américains par l’auteur, lui-même américain et mordu de la danse country depuis plus de 30 ans
  • Démontre la puissante influence des médias (radio, télévision et cinéma) sur la diffusion et la popularisation de la danse country & western aux États-Unis, puis dans le monde entier.

Chaque chapitre fournit des informations sur les racines historiques des danses country & western les plus populaires tout comme sur les pionniers de la musique dans une région donnée, tout cela dans un contexte en pleine évolution aux États-Unis aussi bien culturellement, socialement, politiquement qu’économiquement. Ce livre considère aussi l’impact déterminant de la radio, de la télévision et du cinéma dans la diffusion de la musique, des pas et du plaisir de danser à la manière country sur la piste de danse. Ce livre est une mine d’informations en direct des USA pour satisfaire les francophones curieux comme les plus exigeants.

Davantage d’informations sont présentées sur le site de ma maison d’éditions, dont la table des matières complète. Je rappelle (attention : bon plan inside !) que ce livre est disponible en souscription auprès de moi (formulaire sur le site http://www.rolland-editions.fr) au prix de 24 euros (+ frais de port si je dois vous le faire livrer par la poste) au lieu de 29 euros jusque mi-juillet, date de sa sortie en librairie. Au-delà de cette date, il sera vendu en librairie à plein tarif. Cela étant, il se peut que votre école de danse ait accès à des tarifs préférentiels via une affiliation à une fédération ou un autre organisme ayant un accord adéquat avec ma structure d’éditions. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre école ou association (et cela peut être valable aussi pour tous les autres ouvrages du catalogue…).

Je le disais en introduction, un autre livre sur la danse country vient de sortir aux éditions Saint-Léger : « L’esprit des danses country & western », écrit par Anne Guegan. On peut penser que ce livre vient faire concurrence à celui que j’édite (ou inversement), mais il n’en est rien : les deux sont complémentaires. Je suis persuadé que les amateurs de danse country ou de line dance vont acheter les deux. En effet, le livre de R. Giordano porte le regard d’un Américain sur la musique et la danse country & western en Amérique (là d’où tout est parti…) alors que le livre d’A. Guegan porte le regard d’une Française sur la danse country & western dans son évolution jusqu’en France de nos jours.

L’esprit des danses country & western est un livre français d’A. Gueguan qui présente la genèse des danses country en accordant une large part à l’évolution de ces danses en France. En un peu plus de 200 pages laissant la part belle à des photos en couleur, l’auteur commence très loin en amont, avec les danses du moyen-âge en Europe pour aboutir aux bals et festivals country qui ont lieu régulièrement en France de nos jours. Entre ces deux époques très éloignées, il est question de diverses danses pratiquées aux États-Unis et parfois importées par les colons européens, tout autant que de la country line dance qui plaît tant à nos contemporains. Ce livre aborde donc des thèmes très variés et tente le difficile exercice de résumer en quelques pages des dizaines d’années et presque autant de danses qui se sont influencées les unes les autres.

Ce livre est un bel objet et le résultat d’un travail conséquent. J’ai bien apprécié en particulier les nombreuses illustrations. J’ai un peu de mal à en donner un aperçu en quelques lignes tellement les sujets sont variés. On y parle même un peu du lindy hop et de Frankie Manning (mais la couverture de son autobiographie reproduite n’est pas celle de la traduction française. Je ne pouvais que le remarquer, non ? ). Je vais donc plutôt m’attacher à vous donner quelques thèmes traités dans la partie du livre consacrée à la country en France, qui est particulièrement inédite. Ainsi vous pourrez vous informer sur les premiers grands événements de musique country en France dans les années 1980, les premières associations de danse country (en et particulier de square dance) en région parisienne, les débuts de la line dance en Alsace vers 1990, le rôle joué par le regretté Robert Wanstreet et du Billy Bob’s dans la diffusion de la danse country en France, les festivals comme celui de Mirande, les structures et fédérations, les compétitions, etc. Je vous laisse le soin de découvrir vous-mêmes les autres thèmes.

Ce livre, édité aux éditions Saint-Léger et bénéficiant de nombreux partenariats, est disponible à la vente au prix de 34,90 euros auprès de son éditeur. Vous pouvez vous référer au site du livre pour plus d’informations à l’adresse http://www.esprit-danses-country-western.com. Au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas trouvé de librairie en ligne proposant ce livre : renseignez-vous donc auprès de son éditeur pur savoir où le trouver près de chez vous.

Je ne sais pas si je le fais suffisamment apparaître dans cet article, mais les angles d’attaque pris par les deux livres sont complètement différents et l’un comme l’autre fournissent des informations qui leur sont propres. Par exemple, j’ai aimé le livre de R. Giordano car il parle beaucoup des médias (télévision, cinéma, radio, etc.) dans la diffusion de la country aux USA. C’est un aspect qui ne ressort pas beaucoup du livre d’A. Guegan. À l’inverse, le livre d’A. Guegan parle davantage des origines européennes des danses country, alors que celui de R. Giordano n’en parle qu’une fois les danses Européennes arrivées sur le sol américain. Bref, deux points de vue particulièrement intéressants pris ensemble. Pour conclure et étayer l’idée que ces livres sont tous les deux indispensables et complémentaires, je précise que les éditions Rolland et Saint-Léger ont décidé de ne pas se faire concurrence et d’annoncer mutuellement le livre édité par l’autre à la fin de chacun d’eux. Pour être plus clair, « L’esprit des danses country et western » informe de l’existence de « La danse country & western » dans ses dernières pages et inversement. C’est ce que j’appellerai un bel esprit d’intelligence à l’avantage de tous et particulièrement des amateurs de danse country qui apprécieront sûrement. Et je ne dis pas cela uniquement parce que je suis impliqué dans cette initiative dont je suis plutôt satisfait… Car la danse est un loisir qui peut se passer de rivalités énergivores et inutiles entre ses acteurs. Conclusion : achetez les deux livres pour avoir une vision complète sur les danses country & western et vous ne le regretterez pas !

NB : Et si vous cherchez un livre de technique de danse country en ligne, il est en cours d’écriture et sortira en 2012 aux éditions Rolland (évidemment). Pour ce livre que je vais éditer, j’ai fait appel à un spécialiste de la line dance : rendez-vous dans quelques mois !

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Danse et manga : Subaru

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Pour démarrer l’été, je vous propose de découvrir de quoi vous détendre sur les plages avec un peu de lecture. Comme je voulais un peu avancer dans la lecture de ce que je vous présente ci-après avant d’en parler, la sortie de cet article a pris un peu de retard… Si je vous dis « Subaru », beaucoup vont bien sûr me répondre « voiture de sport ». Mais ce n’est pas ce dont je veux vous parler aujourd’hui (ceci n’est pas un blog sur les sports mécaniques…). « Subaru », c’est le nom d’une série de mangas dessinés et écrits par Masahito Soda. Le titre complet est « Subaru, danse vers les étoiles » et la série est composée de 11 épisodes dont le premier est sorti en France en 2006 aux éditions Delcourt. C’est le seul manga consacré à la danse que je connaisse et il méritait donc bien un article complet dans le blog UltraDanse.com !

La base de l’histoire est la suivante. Subaru est une petite fille japonaise (et, comme souvent dans les mangas, elle n’a pas le type japonais) mais, contrairement aux autres enfants de son âge, elle prend rarement le temps de jouer. À la fin de ses cours, elle se rend à l’hôpital où elle retrouve son frère, atteint d’une tumeur au cerveau et dont l’état empire petit à petit. Chaque jour, la petite Subaru danse pour redonner le sourire à son frère, mais la danse va rapidement prendre une importance primordiale dans la vie de la petite fille, surtout après le décès de celui-ci. Cette danse va lui permettre d’extérioriser tout son mal-être. Au fil des différents tomes du manga, on retrouve une Subaru qui grandit. Devenue adolescente, elle ne jure plus que par la danse et espère un jour devenir professionnelle. Mais la route est encore longue…

Les 11 volumes de la série s’enchaînent dans une histoire continue (il vaut donc mieux lire tout cela dans l’ordre). D’ailleurs, les chapitres sont numérotés en continu sur l’ensemble de la série : on commence au chapitre 1 au début du tome 1 et on finit au chapitre 123 à la fin du tome 11. La danse dont on parle dans ce manga tourne à la base autour de la danse classique, mais Subaru se met aussi très bien au hip-hop et à la danse contemporaine (tome 3). Bien entendu, comme tout manga qui se respecte, la lecture s’effectue à l’envers d’un livre traditionnel Européen : on commence à la « dernière page » et on va vers la « première ». Lorsqu’on n’est pas habitué, c’est tout d’abord déstabilisant, car on a tendance à reprendre une lecture de gauche à droite, mais on s’y fait finalement très bien. Par ailleurs, les dessins sont en noir et blanc et réalisés d’un trait très noir, ce qui confère au manga une ambiance bien particulière et assez « sérieuse ».

Lorsqu’on regarde ce qui existe dans le domaine de la BD sur le thème de la danse, on a assez peu de choix. J’ai d’ailleurs écrit un article sur le sujet ici il y a quelques mois. On a en particulier, « Studio Danse », une BD humoristique, « Danse! », l’adaptation de la série de livres du même nom, « Danseuse » qui n’a pour l’instant qu’un seul tome. Toutes ces bandes dessinées s’adressent à un public très large allant des enfants aux jeunes étudiant(e)s en passant par les adolescents. Dans le cas de « Subaru », je dirais qu’il faut avoir déjà une certaine maturité pour le lire et que son public commence à l’adolescence. En effet, les sujets qui y sont traités sont parfois difficiles (la mort, les rivalités, l’abandon de sa famille, l’influence que l’on a sur les autres, etc.) et cela change décidément des petites histoires légères des BD citées plus haut et des mièvreries sucrées qui sont souvent écrites pour les préadolescentes aimant la danse classique.

Je dois avouer que l’ambiance créée par l’auteur Masahito Soda est efficace. Autant dans ses dessins que dans son texte. On est petit à petit captivé par l’histoire de cette jeune fille qui ne cesse de progresser en tant que danseuse malgré toutes les épreuves de la vie (et de la scène) qu’elle doit surmonter. On retrouve bien l’esprit manga des dessins animés qui passent à la télévision où les pensées intérieures des personnages sont abondamment exprimées en s’intercalant dans des scènes d’action. La pensée récurrente des personnages regardant Subaru danser est « Mais comment a-t-elle fait pour progresser si vite ? ». A certains moments, comme dans le tome 2, j’ai même eu l’impression de lire un livre traitant d’arts martiaux, car Subaru doit trouver un moyen (que je ne vous dévoilerai pas…) pour prendre conscience des autres danseuses du ballet autour d’elle. L’auteur de ce manga dessine avec réalisme les scènes de danse. Il me semble parfaitement au courant des différents éléments de la danse et est certainement un passionné de danse qui retranscrit certains détails avec précision tant au niveau du trait de ses dessins qu’au niveau de l’état d’esprit général. Ainsi, le lecteur assiste réellement à des scènes de danse très vivantes.

Il peut aussi être intéressant de savoir que cette série de mangas a été adaptée au cinéma dans un film nommé « Dance, Subaru ! » en 2009, réalisé par Chi-Ngai Lee et produit par William Kong (celui qui est derrière « Tigre et Dragon » ou encore « Le secret des poignards volants », deux films à l’univers graphique très réussi et que j’ai personnellement bien aimés) avec, dans le rôle principal, la (vraie) danseuse Meisa Kuroki. Cette adaptation, sortie au Japon, s’éloigne un peu des 11 volumes du manga, mais le thème général de l’histoire est le même. Les scènes de danse sont bonnes, mais il me semble qu’elles sont moins efficaces que celles décrites dans les livres. Le DVD existe (vo, sous-titres en anglais), mais il n’est pas vendu en France. Toutefois, pour vous mettre l’eau à la bouche, voici la bande-annonce de ce film, issue de Youtube. Les sous-titres vous aideront probablement à saisir de quoi il s’agit.

Si vous voulez acquérir l’intégralité des 11 volumes de « Subaru, danse vers les étoiles », il se peut que vous ne puissiez pas le faire chez un seul et unique vendeur. Personnellement, j’ai dû jongler entre divers vendeurs en ligne (et même eBay pour l’un des tomes) afin d’obtenir toute la série rapidement. Néanmoins, je ne regrette pas mon achat (chaque livre coûte environ 7,50 euros) et, si vous êtes amateur/trice de mangas et passionné(e) de danse de surcroît, je vous recommande cette série de « Subaru, danse vers les étoiles ». Enfin, si vous n’en avez pas eu assez, vous pourrez aussi vous mettre en quête de la suite : « Subaru 2 : Moon ». Une nouvelle série de mangas par le même auteur encore en cours (8 tomes parus au Japon, dont le dernier sort aujourd’hui) et qui n’a pas encore été traduite en français à ma connaissance.

Comme tous les ans, je ralentis le rythme du blog durant l’été (du reste, j’avais déjà un peu commencé en juin…) et je vous donne donc rendez-vous à la rentrée de septembre. Passez un bon été où il se peut que j’écrive néanmoins quelques lignes dans ce blog !

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