À une époque, je m’essayais à tout type d’écrit autour du thème de la danse.
J’ai écrit des livres de technique, un livre de type « cahier de vacances »/quiz, j’ai traduit des ouvrages de l’américain vers le français, etc. Je me suis aussi essayé à divers styles d’écriture et divers exercices autour de la danse que j’ai regroupés dans « Histoires de danseurs » et « Nouvelles histoires de danseurs« . J’ai décidé de partager le texte qui suit avec vous pour vous faire découvrir cela. Il s’agit d’un exercice un peu spécial où je me suis essayé à entremêler les textes de trois chansons que j’aime bien pour former une unique histoire courte.
Je vous laisse deviner le titre des chansons (que vous pouvez me demander par message si vraiment vous ne trouvez pas) et le nom des auteurs (que je cite en fin d’article). Je vous dirai seulement que l’action se passe lors de la Saint-Jean…
Mes parents m’ont donné pour prénom Lucie. Lucie, c’est moi. Un prénom, c’est d’ailleurs la seule chose à laquelle on peut se raccrocher dans les moments les plus difficiles. Je ne suis plus toute jeune, mais il y a des événements, dans une vie, qu’on n’oublie jamais. Ne pleure pas ma petite fille. Ce qui t’est arrivé aujourd’hui est arrivé à bien d’autres. Même à ta grand-mère. Je sais, il y a des soirs comme ça où tout s’écroule autour de toi.
J’avais à peine dix-huit ans. De mon temps, nous n’avions pas beaucoup de distractions. Surtout dans les villages de campagne. Le vingt-quatre juin était traditionnellement organisée une grande fête ainsi qu’un bal. C’est comme cela qu’on célébrait l’arrivée de l’été chez moi. On réalisait un grand feu de joie qui devait se voir le plus loin possible. Dans mon humble village, en ce soir de la Saint-Jean, tous les gens de la commune apportaient à l’endroit désigné, des fagots de brindilles, des branches mortes et autres combustibles divers qu’on regroupait en tas, dans la gaieté générale. Parfois, on entassait tous ces matériaux autour d’un grand arbre coupé et laissé là depuis quelques semaines en prévision de l’occasion. Le sommet en était alors décoré de fleurs en bouquet, en couronne ou en croix.
Je n’ai jamais particulièrement aimé la foule. Chaque année, je ne sais pourquoi j’allais danser, à la Saint-Jean, au bal musette. Tout le monde venait de la campagne environnante et se retrouvait au même endroit. Pour les jeunes gens, c’était aussi l’occasion de se rencontrer et de danser ensemble. Chacun attendait l’événement avec impatience.
Pour ma part, je m’y rendais comme d’habitude avec ma famille. Une fois sur place, chacun pouvait vaquer à ses occupations : discussions animées avec des connaissances ou fréquentation de la buvette. Parfois les deux. Je n’avais à l’époque que très peu d’amies. Ma cousine, Manon, était aussi ma meilleure amie. Cette année-là, elle était la seule amie qui était présente à la fête. Heureusement car, même si mes parents étaient présents, je me serais sentie un peu seule sinon.
Je m’émerveillais devant le flamboiement du grand brasier. Sa lumière changeante et imprévisible donnait des accents de fête aux autres éclairages mis en place autour de l’orchestre. Dans le bruit des rires et la clarté des flammes, il s’est avancé. Jules — c’était son prénom, je l’appris plus tard — avait le sourire éclatant d’un prince charmant. Un verre à la main, il m’a frôlé la hanche et s’est penché vers moi en me disant « Tu es bien jolie. » Soudainement fébrile, je sentis ma respiration s’arrêter. Son divin sourire m’hypnotisait. Pourtant, il était déjà passé et avait rejoint ses amis. Sur le coup, je n’ai pas bien compris ce qui se passait.
En ce temps-là, je travaillais dans une ferme dont mes parents connaissaient les propriétaires. Un dur travail où les occasions de se détendre étaient difficiles à trouver. L’ambiance générale et mon jeune âge aidant, mon esprit fût happé par ce gars que je n’avais pourtant jamais rencontré auparavant. Juste quatre mots qui ne cessaient de tourner dans ma tête. Juste quatre mots qu’on ne m’avait encore jamais dits. Juste quatre mots pour lesquels j’étais subitement prête à changer de vie. Étrangement troublée, je ne pouvais m’ôter ce garçon de l’esprit.
Timide, j’avais tendance à rester auprès de ma famille et les amis de la famille. Personne en dehors de mes connaissances proches ne m’invitait à danser. Et encore… Je devinais bien que c’était, parfois, simplement par gentillesse pour qu’une jeune fille ne reste pas là sans danser que mon oncle m’invitait. À un moment donné, Jules s’est dirigé vers moi et m’a prise par la main. Sans un mot. J’étais aux anges lorsque nous avons commencé à danser. Les virevoltes de la valse nous ont petit à petit éloignés de l’endroit où ma famille était regroupée.
Je lui souriais déjà sans retenue, mais quand ce gars m’a pris un baiser, j’ai frissonné. J’étais chipée. Irrémédiablement perdue dans ses magnifiques yeux bleus. Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l’on croit toujours aux doux mots d’amour quand ils sont dits avec les yeux. Je me sentais toute chose. Un élan de sentiments était monté en moi. Moi qui l’aimais tant, je le trouvais le plus beau de Saint-Jean. Et je restais grisée, sans volonté, sous ses baisers.
Il m’a ensuite emmenée un peu à l’écart des danseurs et de la foule. Plein de tendresse, de son sourire charmeur, il me chantait Ramona. Sans plus réfléchir, je lui donnais le meilleur de mon être. Beau parleur, chaque fois qu’il mentait, je le savais. Mais je l’aimais. Je me faisais une raison. Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l’on croit toujours aux doux mots d’amour quand ils sont dits avec les yeux. Moi qui l’aimais tant, je le trouvais le plus beau de Saint-Jean. Encore et encore, je restais grisée, sans volonté, sous ses baisers.
Il me promit qu’il m’aimait avec force de regards enjôleurs. En réalité, il ne prononça jamais les mots « je t’aime. » Il avait sûrement ses raisons pour ne pas me les dire ; il me semblait pourtant évident, à cet instant, qu’il les pensait. Mais hélas, à la Saint-Jean comme ailleurs, un serment n’est qu’un leurre. Je devais le comprendre bientôt.
Alors que la soirée avançait, ma cousine Manon vint me chercher. Il était temps de rentrer. Il était encore tôt malgré tout. Mais dans une ferme on se lève aux aurores. Le travail n’attend pas à la campagne. Je dus donc, à contrecoeur, me séparer de mon amant et rejoindre ma famille. Je dus attendre quelques instants que mon père eût fini sa conversation avec mon patron qu’il venait de croiser au détour du grand feu central aux ardeurs déclinantes. Puis ce fut le signal du départ. À ce moment, de l’autre côté du grand brasier, je crus distinguer mon Jules. Mon coeur se brisa en mille morceaux quand je compris qu’une autre jeune fille se trouvait dans ses bras, suspendue à ses lèvres.
J’étais folle de croire au bonheur et de vouloir garder son coeur. Je prenais conscience de mon erreur, mais comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l’on croit toujours aux doux mots d’amour quand ils sont dits avec les yeux. Moi qui l’aimais tant, mon bel amour, mon amant de Saint-Jean. Il ne m’aime plus. C’est du passé. N’en parlons plus.
Mais ce trouble-là brûle en mes souvenirs. Tout avait commencé si doucement. Juste quatre mots, le trouble d’une vie. Juste quatre mots qu’aussitôt il oublia. Mais j’y pense encore, encore et toujours. La musique, le décor et ses mots de velours. Son parfum, ses dents blanches, les moindres détails sont encore en moi.
Ma petite fille… Ne pleure pas. Cette cruelle déception que tu as eue, tu le vois, je l’ai eue moi aussi dans le passé. Mais j’ai survécu. Ce ne fut pas facile, crois-moi. Au début, j’ai essayé, sans trop savoir pourquoi, de toujours regarder devant moi. Sans jamais baisser les bras. Je sais… Ce n’est pas le remède à tout, mais il faut se forcer parfois.
J’ai bien failli ne pas connaître ma grand-mère. Mais un ange en a décidé autrement. Il te faut profiter du temps qui nous est donné de vivre avec les autres tant que possible. Et vivre ses sentiments. Ma grand-mère me disait : « Lucie… Lucie, dépêche-toi. On vit et on ne meurt qu’une fois. Et on n’a le temps de rien, que c’est déjà la fin. Mais ce n’est pas marqué dans les livres que le plus important à vivre est de vivre au jour le jour. Le temps c’est de l’amour. »
Ma petite fille ne t’arrête pas. On ne vit qu’une vie à la fois. À peine le temps de savoir, qu’il est déjà trop tard… J’ai fait le tour de tant d’histoires d’amour et je sais qu’il te faut bien assez de courage pour tourner d’autres pages. Sache que le temps nous est compté. Il ne faut jamais se retourner en se disant que c’est dommage d’avoir passé l’âge.
*
* *
Merci principalement à Léon Agel mais aussi à Pascal Obispo et Jean-Jacques Goldman, tous trois auteurs talentueux de chansons à succès, pour leur participation involontaire à l’écriture de ce texte. Je vous suggère de relire leurs textes afin de les apprécier en tant que tels et ensuite de comprendre comment je les ai utilisés et mélangés.
Les deux recueils que j’ai cités en début d’article contiennent chacun une quinzaine de textes et nouvelles ainsi qu’un dernier chapitre dépeignant des portraits de différents stéréotypes de danseurs et danseuses traités sur le ton de l’humour. Les histoires courtes parlent toutes de danse (essentiellement de danse en couple) et pourront rappeler à certaines et certains des situations connues… Vous pouvez évidemment les commander sur mon site https://www.rolland-editions.fr

Depuis des années, les réseaux sociaux sont devenus les vecteurs de contenu dit « viral » et le support vidéo est particulièrement concerné. Autant YouTube était le principal site de propagation durant longtemps, autant de nos jours les plateformes proposant des vidéos courtes au format portrait comme TikTok ou Instagram ont-elles su tirer leur épingle du jeu. Et c’est de TikTok qu’est parti l’engouement pour une danse en déplacement permanent sur une portion du titre « I Like To Move It ».
Sa vidéo a été likée des millions de fois (presque 8 sur la version d’origine TikTok) et cela laisse imaginer le nombre de vues caché derrière (plus de 60 millions sur la vidéo originale) sans compter les reprises, copies, etc. Cela a entraîné l’explosion du nombre de ses abonnés (au jour où j’écris il en est à 2,5 millions d’abonnés sur TikTok :
Elle a été reprise dans le monde entier par des danseurs connus, mais aussi par des inconnus dans des situations de tous les jours aussi variées que dans la rue, qu’en salle de sport, dans un hôpital, lors d’un mariage, etc. Même Alex, le lion du dessin animé Madagascar, a eu la possibilité de danser cette chorégraphie en 3D grâce au graphiste
Si vous cherchez un beau livre sur le thème de la danse à (vous) offrir, voici une bonne idée : Échappés In The Streets. Bon, d’accord, c’est un peu de l’autopromotion, car s’il a été écrit par Valérie Fourrier, il n’en demeure pas moins que j’en ai assuré la mise en page et le travail d’édition. Ce livre préfacé par Patrick Dupond fera la joie des amateurs de ballet, comme celle des amateurs de belles photos agrémentées d’un texte riche et inspirant. Voici le texte de la quatrième de couverture qui parle de lui-même :
Cette semaine, on va parler mariage et plus particulièrement danse d’ouverture de bal. L’un des chapitres d’un des livres de technique que j’ai écrits porte sur l’ouverture du bal de mariage par une valse (et le protocole qui va avec) et c’est un grand classique que l’on retrouve chaque année. Bien sûr, l’objectif étant de pouvoir donner à voir quelque chose de joli en un minimum de temps d’apprentissage, je présente dans ce livre une méthode simple. Cependant, je ne me cantonne qu’à la tradition… Et si la valse était replacée par autre chose ?
C’est vers l’année 2005 que l’on a vu apparaître sur Internet des vidéos où les mariés ont fait une bonne blague et une bonne surprise à leurs invités. Ils commençaient leur bal de mariage en valse viennoise comme le veut la tradition, mais leur bande-son était truquée : la valse se transforma bien vite en un morceau bien plus dynamique et empli de percussions d’Afrika Bambaataa. Faisant semblant d’être surpris, les mariés ne se démontent pas pour autant et suivent la musique en dansant à la manière hip-hop, faisant des pops, des locks, etc. Voici, ci-dessous, l’une de ces vidéos.
D’autres mariés ont, quant à eux, choisi de reprendre le sketch « L’évolution de la danse » de Judson Laipply que je vous ai déjà présenté dans un article, ici même, il y a plusieurs années. Si les mariés ont une bande de copains qui dansent aussi, ils peuvent préparer une petite chorégraphie pour épater la famille et les invités qui ne dansent pas. C’est ce que les mariés présentés dans la vidéo ci-dessous ont fait avec succès en reprenant la chorégraphie de « Thriller » de Mickael Jackson.
Depuis toutes ces années où j’ai préparé la danse d’ouverture de bal de mariage avec des dizaines de couples (oui, oui, c’est bien moi en plein travail sur la photo ci-contre issue d’un article du magazine Marie-Claire sur le sujet…), j’en ai vu défiler des demandes variées, allant de la petite danse simple « parce qu’il en faut une » au véritable show de 10 minutes. En même temps, tous les styles de danses y sont passés : valse viennoise (bien sûr), mais aussi slow amélioré, rumba, cha-cha, rock, charleston, lindy hop, contemporain, hip-hop new style, danses de l’été (oui, oui, il y en a !) etc. sans oublier les combinaisons hybrides entre ces styles. Certaines années, on repère des tendances entre le mambo de Dirty Dancing, les titres d’Ed Sheeran ou encore les tubes du moment à la radio. Tout dépend de la musique choisie, en fait. Pour moi, c’est toujours du sur-mesure. À chaque fois, c’est un réel plaisir pour moi que de comprendre la personnalité de chaque couple et leur envie afin de créer pour eux la chorégraphie qu’il prendront plaisir à présenter pour surprendre leurs invités. L’avantage dans cette situation est que les futurs mariés sont hyper motivés et n’économisent pas leur énergie dans les répétitions inlassables qui sont nécessaires pour atteindre leur objectif.
Avant d’aborder la danse Bollywood, jetons un oeil à la danse indienne dans son ensemble. La pluralité culturelle de l’Inde n’est plus à démontrer et cela est autant dû à l’étendue du pays qu’à son histoire. La danse classique indienne impose au danseur une forte expression émotionnelle, une dextérité importante ainsi qu’un maniement du rythme très précis. Trois formes de danse classique indienne sont les plus connues : le Bharata Natyam (originaire sur Sud-Est de l’Inde), le Kathak (originaire sur Nord) et le Kathakali (Sud-Ouest de l’Inde), une forme de danse théâtrale où la symbolique des positions de mains est prédominante. Le Bharata Natyam, pratiqué au départ exclusivement dans les temples religieux par les femmes (les devadasi), est composé de plusieurs éléments dont le maître de danse qui fait aussi office de chef d’orchestre, des rythmiques effectuées par les pieds, des gestuelles de mains (mudras) inspirées de l’iconographie de la religion hindoue, des postures de corps (karanas), etc. Il est à noter que le dieu des arts de la scène hindou est Brahmâ et que le dieu de la danse est Shiva. La danse cosmique de ce dernier exprime le cycle de la destruction et de la création de l’univers. Comme le Bharata Natyam, le Kathak est une danse généralement effectuée en solo. Il a commencé par être associé à une certaine sensualité (ce qui lui a donné mauvaise réputation jusqu’au 19e siècle). Le Kathak raconte une histoire via le mime et des rythmiques de pied complexes. Enfin, le Kathakali, originaire de la région de Kerala, une importante zone de commerce avec l’étranger où le multiculturalisme est de mise. Les danseurs ont le visage fortement peint, une bande de papier faisant office de barbe, un énorme couvre-chef et une tunique imposante, faisant ainsi référence aux divinités, démons et humains de l’ancien temps. La danse se fait pieds nus et comporte des passages où l’on prend appui sur l’extérieur du pied. Dans un programme complet de danse indienne, les trois formes peuvent se succéder au gré des musiques employées. Pour vous donner une idée de ce que j’ai décrit dans ce paragraphe, voici un exemple de Bharata Natyam : un extrait de « Pushpanjali », dansé par Savitha Sastry.
Mais venons-en au Bollywood. Le cinéma indien s’est développé depuis le début du 20e siècle un peu de la même manière que le cinéma américain. Des premiers films silencieux en noir et blanc, on est passé progressivement aux films de comédie musicale dans les années 1930 et 1940. C’est le caractère imaginaire et enluminé des films musicaux de cette époque qui a probablement aidé les populations indiennes à surmonter des périodes difficiles de l’histoire comme la Seconde Guerre mondiale et la partition des Indes en 1947. Cet âge d’or du cinéma indien dura jusque dans les années 1960 et vit naître la plupart des grands classiques. La croissance de l’aspect commercial de ces films à succès continua jusque dans les années 1970 où le terme « Bollywood » est pour la première fois utilisé. Ce néologisme est la concaténation du « B » de Bombay (ville la plus peuplée de l’Inde et de nos jours connue sous le nom de Mumbai) et de l’essentiel du mot « Hollywood », capitale du cinéma américain. Ainsi, le terme « Bollywood » se rapporte-t-il uniquement aux films créés à Bombay (et il y en a beaucoup ; ils ont souvent en Hindi, très populaires, et comportent des scènes chantées et dansées). Chaque autre région de l’Inde (et même au-delà) produisant des films est dotée d’un surnom composé selon les mêmes règles : Kollywood pour les films du quartier de Kodambakkam à Chennai (anciennement Madras, et sont en Tamil avec beaucoup d’action et de cascades), Lollywood pour les films du Pakistan tournés à Lahore, etc. Ainsi, les films Bollywood sont construits à grand renfort de costumes brillants, d’éclairages évolués, d’accessoires divers pour appuyer les chorégraphies chantées un peu comme les musicals hollywoodiens. Depuis le début des années 2000, Bollywood a été le producteur du plus grand nombre de films grand public par an (soit environ 1000 films chaque année), dépassant largement ce qui se fait aux USA.
Dans les premiers films de Bollywood, les chorégraphies étaient basées sur la danse indienne traditionnelle ou classique, dont le Bharata Natyam et le Kathak. Petit à petit, l’influence américaine s’est fait ressentir dans ces danses. En particulier, des éléments des chorégraphies venues de Broadway et des clips passant sur les chaînes de télévision émises dans le monde entier (comme MTV, chaîne musicale « pour les jeunes ») ont peu à peu été intégrés pour ajouter de l’originalité et du spectaculaire dans les productions indiennes. Ces éléments sont donc principalement issus du jazz et du hip-hop. Chaque film raconte une histoire et les chorégraphies dansées sont là pour marquer une étape de l’histoire en question, il y a donc une mise en scène particulière dans chaque chorégraphie où l’histoire intervient. Par exemple, cela peut être une scène romantique entre une femme et un homme qui se rencontrent ou encore une dispute entre deux soeurs dans un décor un peu irréel. À titre d’exemple, j’inclus ci-dessous un exemple de danse Bollywood avec le titre « Bole Chudiyaan Bole Kangana » issu du film Kabhi Khushi Kabhie Gham, tourné en 2001.
En plus des films Bollywood que l’on peut acheter sur DVD un peu partout dans le monde, il est possible de voir des chorégraphies de ce type, par exemple, dans l’émission américaine « So You Think You Can Dance » (d’ailleurs, il y en avait une dans l’émission de la saison 10 américaine diffusée la semaine dernière ; petite copie d’écran maison ci-contre…), mais aussi dans plusieurs spectacles montés par des troupes dans divers pays, dont la France. Ces spectacles à caractère « exotique » pour nous combinent des éléments favorisant l’évasion du quotidien (vêtements d’Inde, bijoux, danseuses aux cheveux longs et bruns, chants dans une autre langue, mouvements différents, etc.), constituant ainsi un certain stéréotype apprécié de nos jours. Cela explique donc l’engouement actuel pour la danse indienne moderne, et en particulier Bollywood, qui permet la création de cours dédiés dans les écoles de danse.
« Ai se eu te pego », que l’on peut traduire par « Oh si je t’attrape », est à l’origine une chanson brésilienne écrite en portugais en 2008 par Sharon Acioly et Antônio Dyggs. Elle fut interprétée en premier par Os Meninos de Seu Zeh. Ensuite, elle fut reprise par divers groupes brésiliens dont Cangaia de Jegue et sa version style reggae jusqu’à ce qu’en juillet 2011, le Brésilien Michel Teló s’en empare et la popularise dans le monde entier au point d’en faire une version en anglais « Oh, If I Catch You! » (dont la vidéo est sortie en janvier 2012). Cela commence par le Brésil ou le titre atteint rapidement la première place des hit-parades, puis ce fut au tour de l’Espagne, puis des autres pays. Plus récemment, des remixes pour discothèques ont été réalisés à partir de cette chanson dont la plus connue interprétée par Inna. Voici le texte original de la chanson avec une traduction (qui n’est pas de moi) qui permet un peu de comprendre certains mouvements suggestifs de la chorégraphie associée dont je parlerai plus loin.
Pour ce qui est de la chorégraphie, j’avoue que les choses sont moins claires… Il y a évidemment ces stars du football, du rugby ou du tennis que l’on voit esquisser quelques mouvements au son de la chanson fin 2011 : Neymar, Cristiano Ronaldo, Rafael Nadal, etc. C’est de là que certains mouvements ont été propagés dans les médias internationaux. La vidéo la plus ancienne que j’aie pu trouver présentant une chorégraphie sur ce titre est celle du groupe Cangaia de Jegue déjà évoqué plus haut. Elle date de 2008, année de la sortie de leur single « Ai se eu te pego! ». Voici la vidéo en question et on y voit bien dès cette époque des mouvements caractéristiques lors du refrain.
Il semble qu’en réalité seul le refrain de la chanson soit dansé de la même manière partout. Pour le reste, diverses versions existent en vidéo sur Internet. Il y a la version « street dance », la version « zumba » (disons même plusieurs dans ce cas), etc. En tout cas, Michel Telo ne fait la promotion d’aucune chorégraphie ni dans ses clips, ni sur son site Internet. Il n’y a donc pas de chorégraphie officielle. Celle que je vous propose en premier ci-dessous a pourtant été libellée comme chorégraphie officielle sur Youtube, mais j’ai l’impression qu’elle a été créée pour accompagner la reprise de la chanson par Manuel Malanotte. On pourrait penser que je l’ai choisie à cause des danseuses présentes dans la vidéo, ce n’est pas la vraie raison (si, si je vous assure !). C’est plutôt ma sensibilité salsa qui a parlé (quelques pas on 2 y sont présents). Voici donc le détail de cette chorégraphie.