Pour cette fois, j’ai choisi d’aborder un sujet technique, peut-être un peu pointu pour certains, qui touche aux danses à deux. J’ai fait l’expérience de me livrer à une petite analyse comparative des impressions que l’on ressent lorsque l’on danse en me focalisant sur les élévations et les « descentes » (je n’ai pas trouvé de terme plus approprié) associées à un pas de base. C’est difficile à résumer, aussi entrons directement dans le vif du sujet.
Nous le savons bien, chaque danse, associée à un certain type de musique, nous donne une impression spécifique. Selon que l’on danse un tango, un rock ou une samba en couple, on se met naturellement dans une gestuelle spécifique et un mode de déplacement adéquat. Imaginez un tango argentin où les danseurs sautillent à chaque pas et vous n’avez plus l’impression de voir un tango argentin.
L’idée m’est donc venue de regrouper sur un même graphique les différentes courbes qui pourraient symboliser l’aspect vertical de quelques danses, ce qui correspond à une partie de leurs signatures respectives. J’ai donc pris un axe des temps où sont représentés huit temps musicaux et un axe pour la hauteur d’élévation (ou de descente) en exagérant suffisamment pour que les choses soient bien visibles.
La position de base (position zéro) et une position debout, le dos et les jambes droites, les pieds à plat sur le sol ou, pour les danseuses en talons, le talon et la plante en contact avec le sol. Lorsqu’on fait une élévation, on monte sur les demi-pointes en utilisant les articulations du pied et les chevilles. Lorsqu’on descend vers le sol, on fléchit les genoux, les chevilles et éventuellement même on se plie au niveau du bassin. Voilà pour le contexte.
Quant au schéma, le voici, avec une couleur par ligne :

La ligne la plus facile à repérer est la ligne noire du milieu (en pointillés). C’est une ligne qui correspond au fait que les danseurs conservent une hauteur constante durant tout le pas de base. J’y ai associé des danses comme le tango, la salsa et le west coast swing et j’aurais pu y ajouter le paso doble, la rumba et bien d’autres danses. Cela montre bien que cet aspect ne constitue qu’une partie de la signature de chaque danse. Par souci de simplification, je n’ai pas essayé de dissocier les subtilités de chacune de ces danses au niveau rythmique. Ce qui m’intéresse ici, c’est l’élévation ou l’abaissement du corps sur un pas de base (et non sur une figure en particulier).
Prenons ensuite les courbes de haut en bas. La première est celle de la valse (valse lente ou anglaise uniquement). C’est la seule danse se pratiquant sur de la musique en 3/4 dans ce graphique et l’allure de la courbe se différencie donc bien des autres. Sur le temps 1, on glisse sur le sol après avoir fait une légère flexion des genoux (c’est pour cela qu’on descend brièvement en dessous de la ligne du zéro) et une remise à plat des pieds qui étaient en élévation. Ensuite, sur le second temps, on se lance vers le haut puisque c’est le moment où l’on pivote sur les demi-pointes. Enfin, on maintient l’élévation sur le temps 3 avant de redescendre et de recommencer le second demi-pas de base. L’amplitude de la courbe étant importante et l’élévation durant 2 temps donne une sensation de grosses vagues déferlant sur le rivage ou encore de montagnes russes où la pente descendante est plus raide que la pente montante.
La courbe suivante représente la samba. On voit que l’on est à plat sur le temps et que l’on est en élévation sur le demi-temps. Cela donnt un peu une image de kangourou qui sautille. Cette courbe correspond à ce que font les personnes débutant leur apprentissage de la samba. Bien sûr, l’ajout de la rétroversion du bassin que l’on acquiert par la suite atténue, voire annule, ces sautillements, mais ce que je veux montrer ici est l’impression que le danseur peut avoir. Cette impression est donc orientée en permanence vers le haut, comme si l’on rebondissait sans cesse. Les rebonds sont alors réguliers, malgré une rythmique de pas qui dure successivement 3/4 de temps, 1/4 de temps, puis 1 temps et qui, donc, ne se constate pas dans la rythmique des élévations. C’est une partie de la difficulté de la samba.
La courbe suivante montre le pas de base du rock à 6 temps. J’ai ajouté la mention « rapide », car cet effet est plus visible (et davantage ressenti) sur les tempos les plus rapides. On reconnaît la rythmique lent, lent, vite, vite, lent, vite, vite, lent (1, 2, 3 et 4, 5 et 6) du rock à 6 temps. Sur chaque pas, le danseur revient à plat (ou presque), mais comme il doit repartir très vite, il ne pose quasiment jamais le talon au sol, il reste donc en légère suspension sur les demi-pointes. C’est la raison pour laquelle la courbe bleue ne revient jamais au point zéro. Ce n’est pas pour autant que le mouvement monte aussi haut que la samba ou la valse (là on est au maximum), car on ne recherche qu’un effet ressort qui permet de se déplacer rapidement et de pivoter aisément sur l’avant du pied.
La dernière courbe est celle du lindy hop. C’est la seule courbe qui se trouve sous le niveau zéro (jambes droites et pieds à plat) puisque le style le plus souvent rencontré impose une légère flexion des genoux et un amortissement des pas effectués sur chaque temps. On voit une courbe régulière, comme pour la samba, où chaque temps est marqué. Mais, contrairement à cette dernière, le mouvement est orienté vers le sol. Il s’agit des « bounces », des amortis de pas qui sont effectués à chaque temps, même lorsqu’il y a un pas triple syncopé (pas chassé, par exemple, soit 3 pas sur 2 temps). Cela permet donc de mettre le doigt sur l’une des difficultés de lindy hop au niveau du style. Ainsi, le danseur peut-il avoir l’impression de s’enfoncer dans le sol à chaque pas, sans jamais décoller. C’est donc exactement l’opposé de la samba.
Encore un mot à propos des musiques. Chaque style de danse est généralement associé à un ensemble de styles musicaux qui vont bien avec. Pour être compatible avec une danse (samba, valse, etc.), l’orchestration des musiques en question doit donc permettre de calquer les courbes que j’ai décrites ci-avant. Si l’on veut danser une valse lente, il faut (outre l’écriture en 3/4) que la musique propose un temps fort (la courbe descend), suivi de deux temps faibles (la courbe remonte et reste un peu en haut). Même chose pour le lindy hop pour lequel la musique swing idéale comporte des bounces (terme aussi utilisé par les musiciens) réguliers qui donnent la pulsation vers le bas à la danse. Le petit bémol concerne le rock, pour lequel un rythme binaire alternant temps fort et temps faible (malgré tout bien marqué) fait l’affaire. Je viens de regarder la saison 16 de « Dancing with the stars », la version américaine de « Danse avec les stars », et je dois avouer que sur ce point les Américains s’en sortent mieux que les Français, malgré quelques exceptions à noter. Malheureusement, chaque saison de la version française ne déroge pas à la règle qui propose trop de morceaux de musique ne correspondant pas à la danse qui est pratiquée dessus… Voir mon article sur le sujet, il y a plusieurs mois dans ce blog.
Voici donc qui conclut ce petit essai que l’on pourrait sûrement compléter de bien d’autres pistes de réflexion, n’hésitez pas à me faire parvenir vos idées ou commentaires en fin d’article, par le formulaire de contact du site ou sur Facebook. Pour finir à propos de graphiques sur la danse, je vous conseille de lire un article intéressant mettant sous la forme de courbes la progression des personnes apprenant à danser en couple, filles et garçons. Il s’agit d’un article écrit par une amie au pseudo Internet de Sundrine Nereide auquel vous pourrez accéder en cliquant sur la présente phrase.
Il est vrai que je ne suis pas spécialiste de la danse contemporaine mais, comme vous le savez, je m’intéresse à toutes les formes de danse. Et c’est par le biais d’un projet de livre que l’on m’a proposé que je me suis intéressé à cette danseuse et chorégraphe qu’est Carolyn Carlson. Mais commençons par le début : Carolyn Carlson est née en 1943 à Oakland, en Californie, de parents d’origine finlandaise. Elle apprend la danse classique sur la Côte Ouest des États-Unis et passe sept années à l’Alwin Nikolais Dance Theatre à New York (1965-1971) d’où elle tirera une grande partie de sa vision de la danse. Elle arrive en France en 1971 où elle est danseuse étoile-chorégraphe au Ballet de l’Opéra de Paris, invitée par Rolf Liebermann. Son parcours professionnel la conduit ensuite en Italie où elle prend durant 4 ans la direction artistique du théâtre de La Fenice de Venise, puis de nouveau à Paris, au théâtre de la Ville. Ensuite, elle passe quelques années en Finlande et en Suède avant de revenir à Venise. Enfin, elle revient en France en 1999. D’abord à Paris où elle crée sa propre structure, y invitant régulièrement des artistes renommés comme Trisha Brown ou Lloyd Newson, puis parallèlement à Roubaix comme directrice artistique du Centre chorégraphique national.
La conception de la danse de Carolyn Carlson intègre à la fois une dimension philosophique et une dimension spirituelle. D’ailleurs, elle parle elle-même de « poésie virtuelle ». La poésie est en effet un exercice qu’elle pratique aussi en dehors de la danse puisqu’elle est l’auteur de plusieurs livres de poèmes et calligraphies. Son approche de la danse contemporaine privilégie l’improvisation et les solos dans un univers souvent très dépouillé et minimaliste. On y retrouve un peu l’esprit de la calligraphie asiatique où tout s’exprime en quelques coups de pinceau et un peu d’encre de Chine. Depuis 40 ans, Carolyn Carlson a influencé de manière importante la danse contemporaine en Europe et ses créations font le tour du monde. Sa première pièce, « Density 21.5 », est montée en Avignon en 1972. Depuis, elle a créé plus de 100 pièces, dont certaines comme « Blue Lady » (1983), « Signes » (1997, et qui a remporté une victoire de la musique en 1998) ou encore « Mundus Imaginalis » (2010) ont marqué les esprits. Entre autres distinctions, elle a été décorée des insignes de chevalier de la légion d’honneur en 2000, puis de celles de commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres le 20 mars 2013. Elle a également été la première chorégraphe à recevoir le lion d’or à la Biennale de Venise en 2006 À l’âge de 70 ans, Carolyn Carlson est actuellement à la tête du Centre chorégraphique national (CCN) de Roubaix et du Nord-Pas-de-Calais et sera remplacée par Olivier Dubois le 1er janvier 2014. Par ailleurs, elle dirige l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson une structure internationale créée en 1999 dans les locaux de la Cartoucherie de Paris.
Carolyn Carlson est le sujet d’un tout nouveau livre de photographies, « Carolyn Carlson – Regards, gestes et costumes », écrit et photographié par Raphaël-Didier de l’Hommel. Ce livre tout en couleurs a deux particularités, outre ses photographies exclusives et uniques : la première est de présenter 7 calligraphies réalisées par Carolyn Carlson elle-même (dont une inédite), la seconde est d’être en édition bilingue français-anglais. J’ai moi-même beaucoup travaillé sur ce livre avec l’auteur afin d’aboutir à un livre d’un format pratique (contrairement à d’autres livres déjà édités précédemment ailleurs) et visuellement agréable à parcourir.
L’auteur, quant à lui, est un admirateur du travail de Carolyn Carlson de longue date, puisque les photos qu’il présente ont été prises entre 1980 et 2010. Il a été le témoin de séances d’improvisation exceptionnelles dans divers pays d’Europe, qu’il a pu photographier de manière privilégiée. J’avoue que c’était pour moi un travail important puisqu’il s’agit du premier livre en couleur que j’édite. L’erreur n’était pas permise, mais je sais de source sûre (et directe…) que Carolyn Carlson a beaucoup apprécié le travail réalisé sur ce livre et je ne doute pas qu’il plaira également à tous ceux qui aiment cette danseuse/chorégraphe ainsi que son travail. Pour en savoir davantage, vous pouvez visiter le
De nos jours, parler de danse en ligne, de line dance ou encore de danse country est bien souvent équivalent. Pourtant, il y a un peu d’abus de langage là-dedans. Même si le retour de la danse en ligne sur le devant de la scène française est principalement dû à une certaine ferveur autour de la musique country américaine dans les années 1990, toute danse en ligne n’est pas forcément country. À l’inverse, toute danse country & western n’est pas forcément de la danse en ligne. La danse country & western est en réalité une famille de danses qui sont pratiquées au son de la musique traditionnelle country américaine. On y trouve des danses en couple (dont le two-step ou des variantes de polka), des danses à deux (les « partner dances » où la notion d’homme/femme est moins prononcée) et donc des danses en ligne. Comme je l’ai déjà expliqué lors de la présentation du livre de Ralph Giordano « La danse country & western », cette famille de danse vient de loin et hérite du mélange culturel des Européens (Anglais, Irlandais, etc.) qui ont émigré vers le nouveau continent par le passé. Ainsi, le fait de « danser la country » va-t-il plus loin que danser en ligne.
Pour ce qui est de la danse en ligne à proprement parler, cette forme de danse existe depuis très longtemps. Certaines danses traditionnelles françaises se dansent même en ligne (le Brise Pied, par exemple) et les danses traditionnelles en chaîne ou en cercle sont aussi quelque part une déclinaison des danses en ligne. L’une des danses en ligne américaine les plus anciennes pourrait être le Shim Sham des années swing (1930-1940) qui était dansé aussi bien par les danseurs de claquettes que les danseurs de swing. J’y ai déjà consacré un article dans ce blog. D’autres danses en ligne existent à la même époque, mais on a essentiellement retenu les danses des années 60 comme le madison (même si, aujourd’hui en France, nous ne le dansons plus de la même façon qu’à l’époque) ou encore le hully gully.
Avec la période de la danse en solo (« free style »), les danses en ligne chorégraphiées ont été moins populaires. Puis est elles sont revenues durant la période disco avec des enchaînements comme le Bus Stop et ce que l’on voit dans le film « La Fièvre du samedi soir » avec John Travolta.
« La danse (country) en ligne » est donc un livre de technique de line dance. Le premier chapitre introduit la danse en ligne dans l’histoire des danses et donne quelques conseils pour les débutants. Le second chapitre présente toutes les techniques et notions qui servent de base à l’apprentissage des danses qui sont présentées dans le reste de l’ouvrage. Cela va du simple pas de marche avec la gestion du poids du corps, au sailor step en passant par le grapevine, le hook et le heel split. Après ces descriptions, ne viennent pas moins de 37 danses parmi les plus dansées dans les bals country et les soirées de line dance de nos jours en France. Ce sont principalement les grands classiques (Electric Slide, Tush Push, Hooked on Country) et certaines autres danses servant de prétexte à l’apprentissage progressif de certaines techniques et déplacements (en particulier certaines danses de la série AB de Val Myers). Il y a même des danses récentes comme Foxy Girl.
Enfin, le dernier chapitre aborde tous les aspects musicaux liés à la pratique de la line dance : suggestion de titres, calcul de la vitesse, reconnaissance du style, utilisation des tags et restarts. Bref, c’est un ouvrage complet dont la grande originalité est de présenter chaque pas sous forme illustrée : chaque mouvement d’une danse est présenté à la fois sous la forme d’un schéma et sous la forme d’une description textuelle. Aucun livre en français ne propose ce genre de représentation à ce jour.
Isadora Duncan est née à San Francisco, aux États-Unis en 1877. Son père était banquier et grand amateur d’art de manière générale, avec une sensibilité particulière pour la culture grecque antique, et sa mère était musicienne. Suite au divorce de ses parents vers 1880, Isadora et sa famille déménagèrent à Oakland. La petite famille vécut pauvrement et les filles durent donner quelques cours de danse à d’autres enfants du quartier durant leur adolescence afin de compléter les revenus de la mère de famille. En 1895, à l’âge de 18 ans, Isadora Duncan intégra la Augustin Daly’s theater company à New York, mais la danse classique ne lui donnait aucune réelle satisfaction. Sous l’impulsion d’Isadora et pour développer la conception de la danse de celle-ci, toute la famille déménagea pour Londres en 1899, puis quelques mois plus tard pour Paris. Dans ces deux villes, les vestiges grecs des musées (le British Museum et le Louvre) passionnèrent Isadora. On dit qu’à cette époque elle dansait en imitant les positions des peintures de vases antiques tandis que son frère Raymond la photographiait. Ses spectacles de danse étaient basés sur une interprétation de morceaux de musique classique comme le Beau Danube bleu de Strauss, la Marche funéraire de Chopin ou encore la Symphonie Pathétique de Tchaïkovsky.
Plus tard dans sa vie, après l’avoir déjà fait en France et en Allemagne, Isadora Duncan créa sa propre école de danse à Moscou, motivée par la promesse du gouvernement russe de lui apporter son soutien. Une fois l’école bâtie, le soutien en question ne vint pas et elle dut reprendre le chemin de la scène. Le rêve d’Isadora Duncan était de pouvoir enseigner à des enfants qui, à leur tour, auraient enseigné à d’autres enfants. Isadora Duncan est décédée alors qu’elle était dans une automobile en 1927 à l’âge de 50 ans, étranglée par son écharpe. Ses cendres se trouvent au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
L’un des adeptes de la manière de danser d’Isadora Duncan, François Malkovsky, était ami avec l’un des frères de celle-ci, Raymond Duncan. Venu en France pour travailler le chant lyrique, il se découvrit à son contact une vocation pour la danse. Il finit par enseigner lui-même la danse libre dans les écoles et les cours d’éducation physique, imaginant ainsi une approche pédagogique du mouvement naturel humain au sein de la « danse libre » telle qu’elle a été initiée par Isadora Duncan. François Malkovsky est décédé en 1982 en France, à Laon, et son approche de la danse libre continue de se transmettre dans de nombreuses villes.
Cela m’amène à vous parler d’un des livres sur lesquels j’ai travaillé ces dernières semaines et qui a, entre autres activités, retardé le redémarrage de l’écriture d’articles pour le blog que vous consultez. Ce livre, écrit par Anne-Marie Bruyant (qui enseigne la danse libre depuis de nombreuses années), s’intitule « La danse libre » avec pour sous-titre « Sur les traces d’Isadora Duncan et de François Malkovsky ». Je pense qu’à l’éclairage des lignes ci-dessus vous aurez deviné ce dont il parle et que le terme « danse libre » ne fait pas référence au fait d’improviser dans n’importe quel style de danse.
En réalité, ce livre n’est ni un livre sur l’histoire de la danse libre, ni un livre de technique permettant d’apprendre la danse libre chez soi. C’est un ouvrage qui, même si les aspects précédemment cités sont en partie présents, tente d’expliquer les bases de la danse libre, vues de l’intérieur. En effet, la danse libre permet de s’exprimer en toute liberté et en adéquation avec la nature profonde du corps humain, mais elle peut aussi constituer un cheminement intérieur vers un certain bien-être. Le principe est de ne pas forcer le corps dans des positions extrêmes (comme les pointes de la danse classique) et de faire se succéder des mouvements et positions qui correspondent à celle que le corps humain peut faire sans aucune contrainte.
C’est donc une forme de danse toute en douceur qui peut très bien convenir aux enfants, aux adultes et aux personnes âgées et elle peut se faire avec ou sans accessoires (balles, bâtons, etc.). S’il est clair que ce n’est pas une manière de danser spectaculaire (mais il existe des chorégraphies et des spectacles de danse libre), le travail se fait à la fois intérieurement, en s’accordant avec la musique et avec sa nature propre, et extérieurement, en oubliant certaines déformations qu’occasionne la vie moderne. Par exemple, il est courant que les personnes débutant la danse libre découvrent qu’ils ne savent pas vraiment marcher et que leur marche de tous les jours pour aller au travail induit des contraintes inconscientes à leur corps. Ceci n’est qu’un exemple de ce que le livre d’Anne-Marie Bruyant explique et j’ai pu découvrir dans cet ouvrage une approche de la danse plus spirituelle que dans d’autres formes de danse. Il est difficile d’expliquer tout cela dans un petit paragraphe comme ici, je vous laisse vous faire votre propre idée en lisant ce livre qui comporte de nombreuses photographies de danse libre aussi bien issues d’archives que prises récemment.
En cette période de fin de saison, les galas et spectacles de fin d’année sont nombreux dans toutes les villes où des cours de danse sont dispensés. C’est l’occasion de montrer ce qui a été fait durant l’année et de fêter la fin d’une saison où l’on a mis tout son coeur à perfectionner sa danse. Apprendre une chorégraphie pour la reproduire à la perfection lors d’un spectacle est une tâche où la mémoire est beaucoup sollicitée, mais qui a l’avantage, répétition après répétition, d’imprégner le corps des mouvements qui composent la danse. Il n’est donc pas seulement question d’apprendre une poésie par coeur, chacun s’approprie aussi l’esprit de la poésie au point de pouvoir en écrire une nouvelle variante après des heures de répétition. La chorégraphie forme une certaine logique dans les mouvements et cette logique intègre plus ou moins consciemment la danseuse ou le danseur. Cela fait partie de sa formation.
En ce moment, j’ai moi-même des élèves qui travaillent des chorégraphies de ce type. Prenons le cas de cours de rock au niveau débutant. La chorégraphie permet de réviser toutes les figures que l’on a apprises depuis le début de l’année et de les intégrer. Pour mettre un peu de piment dans l’exercice, j’ajoute en général un petit passage où l’interprétation musicale prime sur l’enchaînement de figures. L’apprentissage de l’enchaînement des figures connues et structurées se passe généralement bien. Je précise, pour les lecteurs qui ne pratiquent pas les danses en couple, que ces fameuses figures sont comme des briques ou des séquences de mouvements et de pas que l’on assemble pour former la danse. Pour simplifier, en soirée dansante, on utilise les mêmes briques, mais c’est ordre qui change au gré du danseur et de son aptitude à improviser cette succession selon la musique qu’il entend. Mais je reviens à mon enchaînement chorégraphique. La partie qui pose davantage de problèmes aux élèves habitués à manipuler ces fameuses briques est celle où j’ai un peu changé le rythme des pas et où je propose une gestuelle démonstrative inspirée par la musique et l’histoire que l’on veut raconter aux éventuels spectateurs. Autant la danse à deux improvisée est-elle un dialogue entre les partenaires, autant cet aspect spectacle ajoute-t-il le public comme troisième larron de l’affaire. Les danseurs doivent sortir de leur cadre protégé de la technique réglée du rock qui leur permet d’improviser et, le temps de quelques mesures, faire un tout autre exercice très cadré, mais où l’improvisation n’est plus possible. Cela oblige à écouter la musique et à danser pour un public, bref, à faire ce que font tout le temps les danseuses et danseurs de hip-hop, modern jazz, etc.
Tiens, parlons-en, des danseuses et danseurs de hip-hop, modern jazz et autre danse classique. Leur spécialité, c’est le spectacle en priorité, c’est la performance au sens anglais du terme. Ce n’est donc pas tout à fait la même problématique pour eux. Leur style de danse les habitue à danser soit pour eux-mêmes, soit pour un public. Les spectacles sont donc chorégraphiés au millimètre et il vaut mieux ne pas s’écarter de la ligne dessinée par le chorégraphie sous peine de perturber tout le spectacle. J’admets qu’en hip-hop, ce n’est pas tout à fait cela, car les battles peuvent amener les danseurs à improviser, mais tous les danseurs de hip-hop ne font pas des battles… En modern jazz, classique, etc. tout est donc cadré. La chorégraphie de fin d’année représente le travail de toute la saison et, à chaque représentation, les mouvements doivent être reproduits à l’identique. Il n’y a généralement pas d’improvisation, c’est un exercice que l’on apprend beaucoup plus tard après avoir appris des dizaines de mouvements nouveaux et après avoir suffisamment gagné en maturité pour les faire se succéder en suivant son inspiration. C’est plus difficile que pour les danseurs en couple, car le niveau n’est plus la brique dont je parle plus haut, mais plutôt le gravillon voire le grain de sable. Mais une fois que la danseuse ou le danseur a atteint ce niveau, quelle liberté s’offre à elle/lui ! Cela a toutefois un revers : un danseur formé uniquement au spectacle aura du mal à danser en fonction d’un/une partenaire. On connaît les pas de deux du ballet classique, mais je pense que même dans ce cas les danseurs, bien souvent, dansent chacun l’un à côté de l’autre et assez peu l’un avec l’autre (en dehors des portés, évidemment). La danseuse peut faire une pirouette sans l’aide ou le guidage de son partenaire et le danseur tente généralement de bien se positionner, mais ne donne aucun guidage puisque sa danseuse ne l’utiliserait pas.
On le voit, il y a différents niveaux d’improvisation et différents types de techniques. Je ne crois pas que certains soient davantage « vrais danseurs » que d’autres comme j’entends parfois dire. Les usages sont différents : d’un côté, il y a l’aspect social et convivial de la danse où l’improvisation est faite de briques qu’il faut ordonner un minimum (et parfois de petits cailloux lorsqu’il y a des jeux de jambes ou des attitudes). De l’autre côté, il y a l’aspect, spectaculaire et festif de la danse où l’improvisation se fait au niveau du grain de sable. C’est un peu plus long d’atteindre l’aisance en improvisation, mais le degré de liberté est aussi plus important. Le danseur complet devrait donc être en mesure à la fois de danser avec une/un partenaire en utilisant cette notion de suivi/guidage que tous les danseurs de danse à deux connaissent et de danser librement en improvisation devant un public. Ce sont ces deux qualités qui sont nécessaires dans le cadre de l’émission So You Think You Can Dance dont la nouvelle saison vient de démarrer aux USA. Et c’est peut-être pour cela que j’aime bien ce concept.
‘article fait allusion au cancan que Mark Twain évoquait dans « Le voyage des innocents » en 1869. Cet écrivain décrit dans ce texte les scènes qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on dit « French Cancan » : des filles qui saisissent leur robe à deux mains et lancent leurs jambes le plus haut possible. En réalité le texte que j’ai traduit ci-dessus est exactement le texte de Mark Twain, repris par la journaliste du Guardian. On le voit, à chaque époque correspond son lot de danses scandaleuses. En son temps, il y a eu la valse, puis le rock, puis le twist, puis… Mais le daggering va encore plus loin que toutes ces danses.
Le daggering dont il s’agit ici est une manière bien particulière de se trémousser en boîte de nuit. Une description succincte devrait suffire à vous en donner une idée : l’homme se colle derrière la femme, le premier met ses mains sur les hanches de la seconde alors que celle-ci se penche en avant avant que les protagonistes ne se mettent à gesticuler du bassin de manière très suggestive. S’ils n’étaient pas habillés, on pourrait penser à autre chose, mais il paraît que c’est une forme de danse. Je vous passe ici un certain nombre de détails et de variantes plus ou moins acrobatiques que vous pourrez aisément trouver sur Internet en tapant le mot sur Google. J’ai essayé de trouver une photo d’illustration la plus soft possible, mais j’avoue que cela n’a pas été facile, alors vous n’aurez que des dessins…
Sans oublier les filles en maillot jaune suggérant la fameuse marque de boisson pétillante à l’orange partenaire de l’opération. Plus de 500 000 disques ont été vendus à l’époque. Contrairement à la lambada, dans la soca, on roule des hanches et il n’y a pas réellement de figures identifiables.
Pour finir cet article, je vais reprendre une image (ci-contre) qui circule sur Internet et les réseaux sociaux. Elle donne en quatre images une certaine évolution de la manière de danser dans les soirées « jeunes ». En 1970, on pouvait encore trouver de nombreuses personnes dansant à deux dans les règles de bienséance. En 1980, c’est la continuité du disco et chacun pour soi. En 1990, c’est la soca dance et les rapprochements suggestifs des hommes derrière les femmes. Enfin en 2011, c’est le daggering et là, tout est très explicite avec le consentement des femmes qui en rajoutent. Même si ce n’est qu’une branche extrême de l’évolution (on continue toujours à beaucoup danser en couple avec les règles de savoir-vivre et les adeptes du daggering sont une minorité), cela doit aussi sûrement dénoter d’une certaine évolution de la société, passée d’un modèle d’autorité patriarcale à un modèle plus libéral pour ce qui concerne les plus jeunes. Il paraît que cette manière de danser se rencontre de plus en plus fréquemment dans les mariages aux USA. Si cela se passe entre adultes consentants, cela peut encore passer, mais il semble que les adolescents (et même les préadolescents à partir de 11 ans !) s’approprient de plus en plus cette mode un peu violente sur les bords. Tout cela se fait via des vidéos sur Internet et non pas le canal des clips vidéo diffusés à la télévision. Comme le « Guardian », les médias anglophones parlent beaucoup de cette pratique qui est devenue un sujet de société. En tout cas, il semble que l’on ait d’ores et déjà recensé des séquelles au niveau du bas ventre de certains pratiquants mâles un peu trop exaltés. Comme quoi, mieux vaut parfois garder quelques distances…
« Ai se eu te pego », que l’on peut traduire par « Oh si je t’attrape », est à l’origine une chanson brésilienne écrite en portugais en 2008 par Sharon Acioly et Antônio Dyggs. Elle fut interprétée en premier par Os Meninos de Seu Zeh. Ensuite, elle fut reprise par divers groupes brésiliens dont Cangaia de Jegue et sa version style reggae jusqu’à ce qu’en juillet 2011, le Brésilien Michel Teló s’en empare et la popularise dans le monde entier au point d’en faire une version en anglais « Oh, If I Catch You! » (dont la vidéo est sortie en janvier 2012). Cela commence par le Brésil ou le titre atteint rapidement la première place des hit-parades, puis ce fut au tour de l’Espagne, puis des autres pays. Plus récemment, des remixes pour discothèques ont été réalisés à partir de cette chanson dont la plus connue interprétée par Inna. Voici le texte original de la chanson avec une traduction (qui n’est pas de moi) qui permet un peu de comprendre certains mouvements suggestifs de la chorégraphie associée dont je parlerai plus loin.
Pour ce qui est de la chorégraphie, j’avoue que les choses sont moins claires… Il y a évidemment ces stars du football, du rugby ou du tennis que l’on voit esquisser quelques mouvements au son de la chanson fin 2011 : Neymar, Cristiano Ronaldo, Rafael Nadal, etc. C’est de là que certains mouvements ont été propagés dans les médias internationaux. La vidéo la plus ancienne que j’aie pu trouver présentant une chorégraphie sur ce titre est celle du groupe Cangaia de Jegue déjà évoqué plus haut. Elle date de 2008, année de la sortie de leur single « Ai se eu te pego! ». Voici la vidéo en question et on y voit bien dès cette époque des mouvements caractéristiques lors du refrain.
Il semble qu’en réalité seul le refrain de la chanson soit dansé de la même manière partout. Pour le reste, diverses versions existent en vidéo sur Internet. Il y a la version « street dance », la version « zumba » (disons même plusieurs dans ce cas), etc. En tout cas, Michel Telo ne fait la promotion d’aucune chorégraphie ni dans ses clips, ni sur son site Internet. Il n’y a donc pas de chorégraphie officielle. Celle que je vous propose en premier ci-dessous a pourtant été libellée comme chorégraphie officielle sur Youtube, mais j’ai l’impression qu’elle a été créée pour accompagner la reprise de la chanson par Manuel Malanotte. On pourrait penser que je l’ai choisie à cause des danseuses présentes dans la vidéo, ce n’est pas la vraie raison (si, si je vous assure !). C’est plutôt ma sensibilité salsa qui a parlé (quelques pas on 2 y sont présents). Voici donc le détail de cette chorégraphie.
Commençons par parler de l’émission originale américaine. « So You Think You Can Dance » (abrégé à l’écrit en « SYTYCD ») est une émission-concours créée en 2005 et produite Simon Fuller et Nigel Lythgoe. Le principe de base est similaire à des émissions comme « La nouvelle star », mais il n’y a ici que de la danse. On commence avec des milliers de candidats qui participent aux sélections libres (à la manière des castings individuels) dans diverses villes américaines. À l’issue de cette première étape, les sélectionnés se voient offrir un billet d’avion pour Las Vegas, ville où a lieu la seconde étape : les éliminatoires qui prennent la forme d’ateliers avec chorégraphies imposées. À la fin de cette étape ne restent que 20 danseuses ou danseurs (16 pour la saison 1) qui vont participer à la suite et être éliminés deux à deux (un garçon et une fille par semaine, puisqu’ils dansent à deux) à chaque émission sous le vote des téléspectateurs jusqu’à ce qu’il ne reste plus que deux finalistes, dont le gagnant. Le gagnant de l’émission est donc élu « danseuse/danseur préféré(e) des Américains ». Le vote des téléspectateurs n’est pas l’unique mode de sélection :
il y a un jury composé de 4 personnes, généralement N. Lythgoe (le producteur exécutif qui connaît aussi bien la danse, il pratique en particulier les claquettes), un spécialiste des danses en couple (généralement M. Murphy qui fait de la danse sportive), un spécialiste de la danse contemporaine/moderne (là, ça varie selon les saisons, mais M. Michaels est souvent là) et enfin un chorégraphe d’une autre discipline qui varie selon les émissions (hip-hop, krump, etc.) voire même dans la dernière saison une célébrité de type guest star (il y a eu Lady Gaga ou Debbie Reynolds, bien connue pour sa prestation dans « Chantons sous la pluie » et d’autre films hollywoodiens). Sur l’ensemble d’une saison, de nombreux styles de danse sont chorégraphiés (il y a un tirage au sort du style en question pour chaque couple/duo de candidats) et on passe de la danse contemporaine, au hip-hop en passant pas la valse, le quickstep, la salsa ou encore la danse bollywood ou le disco. Bref, un spectacle très complet où les chorégraphes rivalisent d’inventivité pour mettre en valeur les talents des différents candidats danseurs. Une fois la saison achevée, une tournée est organisée avec les 10 meilleurs danseurs de l’émission et le vainqueur se voir offrir le fait de participer à de prestigieux spectacles
(comme, une année, de faire partie des danseurs de Céline Dion à Las Vegas) et une somme d’argent. Ajoutons que les sélections de la saison 9 sont actuellement en cours dans cinq grandes villes américaines. Voilà donc pour ce qui se passe aux USA… Et en France ?
Dans la version canadienne, il y a au moins en permanence Jean-Marc Généreux (qui est décidément partout puisqu’il a participé à SYTYCD USA et à Danse avec les stars en France) et, ponctuellement, Mary Murphy (de SYTYCD USA). Je trouve cette situation paradoxale puisque les chorégraphies, qu’elles soient contemporaines, hip-hop ou de danse sportive, seront toutes effectuées en couple par les candidats-danseurs. Et il est certain qu’on ne danse pas en solo comme on danse à deux. L’émission doit trouver ses marques, nous verrons donc si le dispositif évolue au fil des émissions (et peut-être des saisons). Enfin, sur ces aspects d’organisation, la présentation est faite par Benjamin Castaldi qui, contrairement à son habitude, reste sobre et, je crois, professionnel (nonobstant un petit bafouillage malheureux lors de l’annonce de la « mise en danger » de deux candidats lors de l’émission 3 pour faire durer le suspens).
Il ne faut pas oublier que l’émission ne va pas élire le meilleur danseur, mais le danseur préféré des téléspectateurs français avec l’exercice imposé de pouvoir faire du spectaculaire sur une variété de styles. C’est l’effet un peu pervers du vote du public qui est néanmoins tempéré par le repêchage opéré par le jury à chaque fin d’émission. Il s’agit bien d’une émission de télévision et non de la retransmission d’une compétition académique… Côté esthétique, j’ai trouvé jusqu’ici la réalisation un peu gênante au niveau du cadrage des chorégraphies. Le réalisateur et les cameramen feront sûrement des progrès avec la pratique. Il est dommage de couper fréquemment les pieds de danseurs qui dansent avec tout leur corps… Enfin, j’ai un problème avec le choix de certaines musiques, comme par exemple le fait de faire faire un quickstep sur « La groupie du pianiste » de Michel Berger. Ca ne colle vraiment pas ! Cela a été visiblement handicapant pour les concurrents. D’accord pour un peu de modernité, mais il ne faut pas pousser trop loin. Cela semble être dû à une volonté de donner une image plus jeune des danses de salon et je pense que cela les dénature plutôt dans ce cas. J’avais d’ailleurs fait cette même remarque pour certains numéros de « Danse avec les stars » sur TF1.
Ne croyez pas que je sois négatif en lisant ce que j’ai écrit jusqu’ici (tout n’est d’ailleurs pas négatif… et en plus j’aime bien les critiques constructives). Je suis au contraire content de l’arrivée en France de « You Can Dance », dont le concept est excellent à la base (contrairement à d’autres émissions dont j’ai déjà parlé dans ce blog). Il y a des danseurs de bon niveau, la mécanique de l’émission américaine fonctionne plutôt bien (même si les équipes françaises doivent se l’approprier encore un peu), des profils variés et atypiques sont mis en lumière et la France découvre que l’on peut danser à deux de jolie façon sans pour autant se cantonner aux danses de salon. Bref, cela fait un joli spectacle à regarder le jeudi soir en prime time. Pourtant, pour avoir vu toutes les émissions des 8 saisons de l’édition américaine, je trouve que l’édition française doit encore progresser pour arriver au niveau de ce qui se fait outre-Atlantique. Par ailleurs et d’un point de vue très personnel, j’espère que l’édition française saura introduire des danses en couple que j’aime beaucoup comme le lindy hop, la salsa ou encore le rock (qui est quand-même une manière de danser typiquement française !). Avec des danses comme le rock (ou — pourquoi pas? — la java ou la valse musette), il y aurait une vraie originalité et un plus par rapport à ce qui se fait outre-Atlantique.
Ce livre a pour titre « Les Sourieurs de l’Opéra ». Lorsque son auteur, Aurore Rivals, m’a proposé son manuscrit il y a plusieurs mois, je me suis dit qu’il y avait dans ce texte une originalité de ton mêlée à une action qui se déroule dans le monde du ballet classique. Après la lecture de ce texte initial, j’ai donc décidé d’accepter ce projet, ainsi que le travail d’accompagnement que tout éditeur se doit de faire pour mener un auteur à « accoucher » de son texte sous une forme commercialisable. Le rôle d’un éditeur digne de ce nom (aussi spécialisé soit-il dans un domaine, comme moi dans la danse) est d’être présent aux côtés de son auteur et de le complémenter dans un échange de points de vue constructif basé sur le texte d’origine et les contraintes d’une publication au grand public. Il est rare qu’un auteur sorte d’une traite un texte parfait (et encore… peut-on considérer qu’un texte est un jour parfait ?), à moins d’en être à plus de vingt ouvrages publiés et mûrement revus en étroite collaboration avec un correcteur. L’expérience fait qu’un auteur s’améliore au fil de ses ouvrages. Bref, nous avons travaillé de concert sur ce texte qui a été repris plusieurs fois afin d’aboutir au livre qui va sortir mi-mars 2012.
Je vous livre ici le texte de la quatrième de couverture de ce livre d’Aurore Rivals.
Le sourire est leur métier, la danse est leur passion : Nils, Chrissy et Cillian sont les danseurs étoiles de l’Opéra. Nils se prend pour la réincarnation de Maximilien Robespierre et mène sa révolution très personnelle aussi bien à l’Opéra que dans sa vie intime. Eddy, le maître de ballet, homme sombre et solitaire, porte sur le monde un regard d’une extrême lucidité. Il sait déjouer les comédies humaines, celle des autres comme la sienne, mais son esprit trop clairvoyant finira par avoir raison de lui. Ce roman nous fait découvrir des éclats de vie de ces personnages qui, à leur manière, font leur révolution dans l’univers de l’Opéra et du ballet classique. Les interprètes du Lac des Cygnes vont ainsi peu à peu dévoiler le côté blanc et le côté noir de leur existence. 
Et voici un court extrait pour vous en donner une idée. (p. 19)
Les Sourieurs, ce sont ces danseurs que nous voyons sur scène, au sourire permanent, qui semblent danser avec élégance mais sans effort des pièces imposant la difficile discipline du ballet classique comme « Le Lac des Cygnes ». Ils passent une bonne partie de leur temps à l’Opéra, mais ils ont aussi leur vie en dehors de la scène. Certains comme Nils ont même une conception très personnelle de la vie. Mais que savons-nous de ces artistes, au fond ? Que peut-il bien se passer dans leur vie en dehors des deux heures que dure le spectacle que nous regardons, médusés sur notre siège ? « Les Sourieurs de l’Opéra » nous parle de certains de ces personnages qui, finalement, sont comme nous : ils mangent, ils dorment, ils ont des sentiments, des joies, des peines. Aurore Rivals, musicienne de formation, tire en partie son inspiration du fait d’avoir côtoyé des danseuses et des danseurs durant des années entières. Elle les a observés, elle les dépeint avec un regard facétieux qui, parfois, nous fait sourire et, d’autres fois, nous émeut. Le ton qu’elle emploie est loin du babillage mielleux pour petites filles que l’on lit habituellement autour des ballerines et des ballets classiques. C’est un ton et une histoire modernes, réalistes, avec des personnages attachants. J’espère que vous aurez envie de découvrir ce livre de 144 pages à prix abordable (aux alentours de 12 euros) et de le faire découvrir autour de vous. D’ailleurs, vous pouvez retrouver la
Selon la danse que l’on pratique, l’impact du port de talons n’est pas le même. Lors de la pratique de certaines danses, on porte peu (voir pas du tout) de talons alors que d’autres danses conviennent particulièrement au port de talons. La différence est particulièrement visible au niveau des chaussures des danseuses. Dans le domaine des danses swing, le talon est bas et large ; dans le domaine des danses standard, le talon est bas à intermédiaire et fin ; dans le domaine des danses latines, le talon est intermédiaire à haut et fin. D’autres différences sont notables entre les danses « percussives » des claquettes ou du flamenco où les semelles sont rigides comme les chaussures de ville (ou les chaussures décrites dans la première partie de cet article) et les danses en couple où les semelles sont souples (peut replier la chaussure sur elle-même). C’est d’ailleurs la semelle rigide qui permet la pose de fers pour les claquettes (un fer sur la demi-pointe, un fer sur le talon).
Si, lorsqu’on va « clubber » (« danser en club » si vous préférez), les filles peuvent porter les talons très hauts le temps d’une soirée, il n’en va pas de même pour les soirées dansantes où l’on pratique le rock, la salsa, le tango, etc. Ces danses vont au-delà du pas de marche ou du simple posé-pointé alterné. Ainsi, si des plateformes et les talons de 12 cm à la mode permettent de clubber, il est difficile de danser réellement sur des talons de plus de 8 cm (ou 3,5 pouces, unité plutôt utilisée à l’étranger). Les chaussures des danses standard (valse, etc.) ont des talons assez bas, ce qui s’explique par le fait que la pose du pied lors d’un mouvement en avant se fasse en commençant par le talon, puis le pied se déroule vers la demi-pointe. Les chaussures de danse latine pour femmes ont généralement des talons de 6,5 à 7,5 cm (2,5 ou 3 pouces) avec une semelle souple.
Ce talon plus haut s’explique par le fait qu’un mouvement en avant se fasse en posant la pointe du pied en premier au sol avant de poser le talon. C’est d’ailleurs cette technique commune aux hommes et aux femmes qui permet aux danseurs le port de chaussures à talon cubain jusqu’à 4 cm de haut. À noter qu’en tango argentin et en salsa portoricaine, les danseuses peuvent utiliser des talons plus hauts que pour les danses latines. D’ailleurs, en tango argentin, les talons sont parfois « aiguilles », car la technique de danse n’est pas caractérisée par un fort appui sur le talon, au contraire les « ochos » se font particulièrement sur les demi-pointes (cette partie de la semelle est généralement plus rigide que pour les autres chaussures de danse).
Dernier détail important, les chaussures de danse ont une bride/lanière autour de la cheville pour maintenir le talon à l’arrière de la chaussure. Cet élément est important pour éviter les désagréments et pertes de chaussures…
Cela évitera sûrement quelques entorses, car il faut rester attentif à la position des pieds et ne pas se relâcher pour éviter tout problème. Avec la pratique, le renforcement musculaire (mollets) et tendineux adéquat se fait et la cheville gagne en stabilité. Il est aussi conseillé de s’exercer en se tenant en équilibre pendant plusieurs secondes sur la demi-pointe des pieds sans chaussures. Si on fait cet exercice en chaussures, il faut que le talon soit décollé du sol. Certains se rappellent sûrement cette scène de « Dirty Dancing » où Patrick Swayze et Jennifer Gray s’entraînent : vous vous demandiez pourquoi celle-ci dansait sur les demi-pointes ? Eh bien, vous avez la réponse aujourd’hui ! Lorsqu’on s’entraîne à un certain style de danse, c’est donc la répétition qui va faire entrer les bons mouvements dans notre corps. Cette répétition va également intégrer dans nos mouvements la position du pied et donc la hauteur du talon. Il est donc fortement déconseillé de changer de hauteur de talon pour travailler un même style de danse : non seulement le danseur ou la danseuse perdrait une partie de son entraînement, mais en plus il y aurait un risque d’accident ou de trébucher. Il n’y a donc pas de secret, il faut pratiquer le plus possible dans un certain contexte pour être à l’aise dans celui-ci.
Jusqu’il y a peu, les études scientifiques s’étaient intéressées à l’impact de la position du pied sur celui-ci lors de la marche dans divers types de chaussures, mais l’aspect intensif de la danse avait été négligé. Il y a quelques mois, la revue « International Journal of Experimental and Computational Biomechanics » a publié une étude (sept 2010, Vol. 1, No.3, pp. 296-305, étude conjointe de la Liverpool John Moores University en Angleterre et du Human Movement Research Center en Chine) concernant l’utilisation des talons lors de la danse et en particulier la pratique des danses latines comme le cha-cha. Les résultats de cette étude montrent que danser en portant des talons hauts — peu importe la hauteur — implique une pression disproportionnée sur les orteils. Danser en talons de 10 cm de haut (ce qui est déjà très haut pour des chaussures de latines) triplerait la pression sur les orteils alors que danser les pieds nus équilibre la pression entre le talon et les orteils.
Le fait de danser sur des talons hauts implique un déplacement de l’appui du talon vers l’avant du pied. Cette altération dans la répartition de la pression peut mener à des problèmes plantaires, des irritations ou un gonflement de la partie inférieure du pied qui entraîne des maux au niveau du talon. L’équipe scientifique conseille le port de chaussures qui fournissent un bon amortissement et un enveloppement du pied de manière à éviter ces désagréments. Ce type d’étude pourra déboucher sur l’amélioration de la conception des chaussures de danse à talons afin de réduire les effets néfastes de leur port.
Lorsqu’on porte des chaussures à talon, il faut en prendre soin si l’on veut les faire durer un peu. De plus, un talon fin peut tout aussi bien abîmer ou rayer un sol. Pour ce genre de situation, les magasins spécialisés vendent des protections en plastique pour talon. Il y a différentes formes, adaptées à différents talons. Ces embouts sont obligatoires dans certaines salles de danse et de nombreuses compétitions. Ajoutons que lorsque l’extrémité du talon (« bonbout ») elle-même est usée, celle-ci peut être généralement remplacée sur des chaussures de danse à talon qu’elles soient pour femmes ou pour hommes. Ce remplacement à neuf restabilisera la chaussure (surtout si le talon est fin) et évitera des entorses inopportunes.
Et, pour ceux qui l’ont remarqué dans l’actualité récente, même Madonna arrive à danser le Melbourne shuffle (voir l’article décrivant cette danse dans ce blog) en talons sur le titre ‘Party Rock Anthem » de LMFAO au SuperBowl ! Voilà, nous sommes arrivés à la fin de cet article en trois parties ! Il m’a fallu compiler de nombreuses sources d’information pour son écriture en m’assurant de la fiabilité des informations. Lorsqu’on danse, il est nécessaire de ne pas s’arrêter à la simple pratique des mouvements et à l’utilisation d’accessoires a priori banals comme des chaussures. Il faut creuser un peu et s’intéresser aux à-côtés. C’est ce que j’essaye de faire et dont je partage le résultat dans une forme synthétique dans ce blog (ou dans une forme plus détaillée dans mes livres) dans des domaines variés comme l’histoire, la science et la santé, la culture, la technique, la musique, l’art, etc.
Si l’on essaye d’imaginer l’impact du port de talons sur notre corps, nous vient immédiatement à l’esprit les pauvres top-models qui présentent les nouvelles collections de haute-couture et qui défilent sur les podiums sur des talons hauts de telle manière que bon nombre d’entre elles ont connu des chutes en se tordant une cheville. Cela dit, il y a des conséquences beaucoup moins visibles que ces problèmes d’équilibre, sauf pour celles qui les ont vécues. Je me base pour la suite sur une série d’études parues entre 2001 et 2005 dans des revues médicales spécialisées américaines comme le « Journal of Experimental Biology ».
Impact sur les pieds
Il y a aussi le syndrome de Haglund est une inflammation du talon s’accompagnant de douleurs dues à la survenue d’une saillie anormale sur la partie postérieure du calcaneus (os du pied où est rattaché le tendon d’Achille) qui frotte contre la partie arrière de la chaussure. Les pieds y sont particulièrement sensibles en hiver. De plus, l’inclinaison de la chaussure à semelle rigide et talon haut fait plus ou moins glisser le pied vers l’avant, ce qui comprime tous les orteils (phalanges) contre l’avant de la chaussure (surtout si l’extrémité est en pointe) dans le cas de chaussures fermées et certains orteils contre les lanières ou le rebord de la chaussure dans le cas de chaussures ouvertes (et les orteils dépassent parfois de la chaussure). Cela peut être matérialisé par de la corne sur les articulations des orteils ou au niveau de la plante du pied. Il est donc ici important de préciser qu’il faut bien faire attention à l’adéquation de la taille des chaussures par rapport à vos pieds et que, dans les cas entre deux pointures, il existe des compléments de semelle intérieure adhésifs (aussi appelés anti-glissoires, cales talon, semelles antidérapantes, etc.) à mettre à l’intérieur de la chaussure (talon et plante). L’effet secondaire est, malgré tout et du fait de l’épaisseur ajoutée, de comprimer un peu plus le pied dans la chaussure pour le maintenir en place et cela peut entraîner des métatarsalgies (douleurs du métatarse).
Impact nerveux, musculaire, articulaire et osseux
Dans la continuité de ce raccourcissement, le tendon d’Achille a tendance à rétrécir, à s’élargir et à devenir moins souple. Cela ne pose a priori pas de problème lorsque l’on porte des chaussures à talon, mais cela devient gênant dès que l’on revient aux chaussures basses ou que l’on marche pieds nus puisque le tendon est étiré au-delà de sa position habituelle avec les talons hauts. C’est un effet pervers du fait que le corps s’adapte à l’environnement dans lequel il vit. Si le port des talons est systématique, le corps considérera qu’il s’agit de sa situation normale et il s’adapte en conséquence. Pour éviter cela, il faut donc alterner le port de talons hauts avec la marche à plat et l’étirement du tendon qui y est associée. Le port des talons hauts augmente aussi les tensions articulaires au niveau du genou, ce qui entraîne arthrose du genou due à une usure prématurée du cartilage. Il semble que le fait de porter des talons larges au lieu de talons fins ne change rien de significatif au problème. Seule la hauteur du talon compte. Une étude a montré que le port de talons pouvait augmenter la pression sur le genou de l’ordre de 26 pour cent par rapport à une situation sans talons. Et je passe sur les cas d’arthrose du genou qui est développée à la suite d’années entières à porter des talons hauts. J’aurais pu parler de ce qui suit dans le paragraphe relatif aux pieds, mais ici on parle aussi des nerfs. Le névrome de Morton est une autre affectation associée à une douleur particulièrement vive au niveau du troisième ou du deuxième espace métatarsien (entre les doigts de pieds). C’est un problème relatif au nerf digital comprimé dans des chaussures étroites.
Impact sur le dos
En résumé, on se redresse. En cas de port prolongé de talons hauts, les muscles du dos agissent de telle manière que la lordose lombaire (courbure concave du bas du dos) s’en trouve naturellement accentuée : les fesses semblent ressortir et la cambrure du creux des reins augmente. C’est une posture qui est exagérée par rapport à la posture naturelle de départ. C’est cela qui entraîne certaines douleurs dans le dos. Pour éviter cela, il faut régulièrement s’étirer le bas du dos pour compenser les muscles qui auront tendance à rester en position rétractée.
Pour conclure cette partie, il faut se dire que si l’on force le corps dans une certaine position répétée, ce dernier va tenter de s’adapter au mieux à la nouvelle situation selon sa constitution (et avec ses limites). C’est le principe de l’entraînement.
Le problème est qu’il s’adapte parfois tellement qu’il ne peut plus spontanément revenir dans sa position naturelle d’origine, sauf si on l’entraîne dans l’autre sens. Je rementionnerai d’ailleurs le sujet de l’entraînement dans la prochaine partie de cet article qui sera consacrée au port de talons pour la danse puisqu’il est déconseillé de s’entraîner en changeant de hauteur de talon à tout bout de champ. Rendez-vous donc dans quelques jours pour la fin de ce long article consacré aux talons !
L’être humain porte des chaussures depuis environ 40 000 ans, mais le fait de porter les chaussures à talons est bien plus récent puisqu’en en trouve dans la culture de l’Égypte ancienne. Si l’on regarde dans l’histoire de France, on s’aperçoit que la mode des talons hauts provient du XVIe siècle, époque à laquelle Catherine de Médicis utilise des talons de provenance italienne pour se grandir et ainsi faire honneur à son mari le Duc d’Orléans (futur Henri II de France) qui était plutôt grand. La mode des talons envahira rapidement la cour de France aussi bien parmi les hommes que les femmes avec une surélévation pouvant atteindre une dizaine de centimètres. On trouve de cette époque des peintures italiennes montrant les chaussures à semelle haute et, ultérieurement, des chaussures où seuls les talons sont hauts dont j’ai regroupé deux exemples dans l’image ci-contre.
Jusqu’à la Révolution, les talons ont été associés à la noblesse ou la richesse, ce qui explique le fait qu’ils aient quasiment disparu après 1789, laissant la place à la botte basse ou à la bottine. Ce n’est qu’au XIXe siècle que les talons reviennent à la mode chez les femmes et en particulier chez les prostituées. Il semble que les avantages esthétiques procurés par les talons hauts aient été assez rapidement recherchés par les « honnêtes femmes » afin de ne pas laisser cet avantage compétitif aux « filles de joie ». À noter que ce n’est que vers 1850 que l’on a commencé à fabriquer des chaussures droite et gauche de formes différentes correspondant à la forme de chaque pied.
À la base, les femmes mettent des talons hauts parce que cela les grandit, les amincit et que cela embellit leurs jambes. De plus, sur des talons hauts, la démarche peut devenir plus féminine, voire aguicheuse, du fait de la mobilisation des hanches pour le mouvement. Diverses causes à cela : les fesses ressortent un peu plus, la cheville en tension prolonge la jambe, les hanches sont utilisées pour marcher, le mollet est contracté et donne une belle courbure à la jambe, la nécessité de se tenir droite si l’on ne veut pas avoir l’air cruche, sans compter le rehaussement général de plusieurs centimètres. Il paraît même que la position de la jambe et de la cheville seraient un signal subliminal à caractère sexuel adressé aux mâles… Or, nombreuses sont celles qui ne parviennent pas à tenir sur des talons fins et encore moins à marcher correctement. Or, tout cela s’apprend et nécessite un certain entraînement au niveau de l’équilibre et au niveau des muscles.
S’il est conseillé à certaines personnes ayant mal au dos de marcher sur un talon de 1,5 centimètre environ au lieu de chaussures plates, la plupart des amatrices de talons privilégient un petit talon de 3 à 4 centimètres. Cela apporte quelques avantages esthétiques sans trop de désagréments (j’y viens bientôt…). Oui, mais voilà, la mode mène vers des talons plus hauts : au moins 9 ou 10 centimètres voire davantage s’il y a une semelle compensée en plus. Et l’équilibre est d’autant plus difficile que le talon est fin (comme le talon aiguille). Ces chaussures à la mode sont très jolies et ont un effet garanti sur la gent masculine, mais il est généralement déconseillé de les porter en permanence, au point de prévoir une paire de chaussures basses de rechange à passer au bout de quelques heures de talons vertigineux. Certain(e)s pourraient croire que le sujet de cet article ne s’applique qu’aux femmes, mais ce n’est pas exact. Les hommes aussi peuvent porter des talons couramment. Il existe des modèles de chaussures portés par les deux sexes et qui ont des talons plutôt élevés (et je n’utilise pas ici le terme de « hauts » puisqu’on n’y est pas encore). Parmi ces chaussures, il y a des bottes de style cowboy (santiags et boots) dont le talon peut atteindre 6 cm (elles sont souvent utilisées pour monter à cheval) et des chaussures à talon cubain dont le talon peut atteindre 4 à 5 cm (voir un article précédent dans ce blog pour plus d’informations sur ce type de talon en danse latine chez les hommes). Et je ne parle pas ici des chaussures une peu exotiques ou à plateforme qui circulaient dans les années de la fin des années 60 aux années 80.
Pour ce qui est de danser, les chaussures de ville à talon haut sont à réserver à une danse modérée et basique, un peu comme en discothèque, car elles sont faites pour la marche ou pour rester assise. En effet, la semelle de ce type de chaussures est bien souvent rigide (voire compensée), ce qui aide à maintenir un équilibre sur des talons très hauts. Ces dernières années, il y a deux styles de danse qui utilisent les chaussures à talon haut. La première discipline est la pole dance (danse sensuelle sur une barre verticale ) dont j’ai déjà parlé dans ce blog. Ici, les talons ne servent pas réellement à la danse, ils sont là pour le côté sexy et « aguicheur ». Il faut dire que les danseuses de pole dance n’ont pas souvent les pieds au sol. Le second style pourrait tout simplement s’appeler « Danse sur talons hauts » (parfois apparentée au style burlesque) et a été tout particulièrement mis à l’honneur par les Pussycat Dolls. Ces dernières ont d’ailleurs sorti un DVD d’entraînement (en anglais ou allemand). Les caractéristiques du port de talons hauts sont mises en avant comme un déhanchement prononcé ou encore une légère position cambrée. On remarque en passant dans le DVD que les filles des Pussycat Dolls ne portent pas leurs talons pour l’entraînement, seulement pour la représentation finale. Un autre exemple de performance sur des talons se trouve dans le clip « Single Ladies » de Beyoncé, rendu célèbre par de nombreuses reprises de la chorégraphie (y compris par des hommes) et en particulier dans la série Glee.
Avant de parler de danse en couple (rock, salsa, tango, etc.) sur des chaussures à talons (voir partie 3), voyons donc comment se passe une simple marche dans ces accessoires de mode… Celles qui ont directement essayé de marcher sur des talons hauts disent : « Pas facile ! » Effectivement, la marche sur des talons demande un certain équilibre et une certaine habitude, d’autant plus s’ils sont hauts. On considère généralement la classification suivante : talon bas (moins de 6 cm), talon moyen (entre 6 et 8,5 cm) et talon haut (supérieur à 8,5 cm). Pour démarrer, on peut s’habituer aux talons à la maison en marchant et effectuant des tâches de base en intérieur plutôt qu’aller directement faire un après-midi de shopping en ville ou une soirée dansante. Le mieux est d’alterner le port de talons plats et de talons hauts de manière à préserver les articulations et le dos. Car le port de talons de manière systématique n’est pas sans impact sur la santé. Je reprends ci-après une photo (je n’ai malheureusement pas noté la source) qui illustre très bien les différentes hauteurs de talons hauts (pas ceux pour danser que je montrerai dans la partie 3 de cet article) sans présence de semelle compensée ou de plateforme et qui montre bien la position de la jambe et de ses muscles en fonction de la hauteur. J’aurai l’occasion d’aborder la dernière hauteur de talon dans un prochain article qui portera sur les pointes (je crois que j’aurai alors fait le tour du sujet des pieds !).
Commençons déjà par avoir une bonne posture. Il faut en effet se tenir droit(e) et le cou dégagé : pas question de compenser la position tendue des chevilles par une flexion des genoux qui, elle-même, entraînera inévitablement un avachissement au niveau de la colonne vertébrale. En chaussures à talons, le poids du corps repose essentiellement sur le talon des pieds et tout le reste du corps doit être aligné au-dessus de ceux-ci. Ensuite, il faut relâcher les muscles ne servant pas à maintenir cette posture élégante. Au niveau des pieds, la marche en chaussures à talons hauts ressemble à la marche sans talons : on avance le pied en posant le talon (aussi haut soit-il) en premier au sol, puis l’avant du pied.
Il ne faut pas avoir peur de mettre le talon sous pression, car il est normalement conçu pour résister. La différence se situe au niveau de l’engagement des abdominaux et du mouvement prononcé des hanches. Contrairement à une idée en vogue, il ne faut pas essayer de marcher comme les top models qui lèvent beaucoup les pieds en pliant les genoux et posent les pieds au sol sur une même ligne. Au contraire, il n’est pas nécessaire de lever exagérément les pieds du sol et il suffit de marcher un pied après l’autre, chacun d’eux ayant sa propre ligne parallèle à celle de l’autre. Évidemment, les deux lignes sont proches l’une de l’autre afin de ne pas avoir une démarche de cowboy… En talons aiguilles, l’équilibre peut être plus difficile à maintenir, mais cette difficulté est compensée par une musculature qu’il faut développer au niveau des jambes, des chevilles et des pieds. Et pour cela, rien de mieux que la danse…