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Articles principalement au format texte avec quelques images et éventuellement l’inclusion de vidéos

Positions de mains diverses

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En regardant quelques extraits de la vidéothèque consacrée à la danse que j’ai constituée année après année, l’idée m’est venue de vous parler un peu des positions de mains. Peut-être certains d’entre vous utilisent toujours la même position de mains avec votre partenaire pour toutes les danses. D’autres choisissent les positions selon la danse, ce qui se comprend dans la mesure où les techniques varient d’une danse à l’autre. Aujourd’hui, je vais vous parler de la main gauche du danseur quand il est en position fermée (rapprochée) avec sa danseuse. C’est cette position que je vous représente ci-contre avec deux des personnages que j’utilise pour montrer les figures dans mes livres techniques. La constitution de la position classique consiste pour le danseur à faire comme s’il tenait un gobelet dans sa main gauche puis à proposer l’espace ainsi constitué entre son pouce et la pointe de son index à sa partenaire. Cette dernière place sa main droite en crochet à l’endroit proposé, le pouce séparé des autres doigts de sa main par le pouce du danseur. Une fois le contact pris, les partenaires raffermissent la position de mains ainsi faite.

Cette position est une position classique et que la grande majorité des danseurs utilisent en couple. Mais saviez-vous que selon la culture et l’époque on peut trouver diverses positions ? Par exemple, prenons la position qui servait pour danser le foxtrot dans les années 1930. Dans cette position, la main du danseur enveloppe littéralement la main de la danseuse. Il est donc amené à plier son poignet pour bien tenir la main de sa danseuse. Pour appuyer mon propos, j’ai extrait deux images du film « Taxi » de 1932 réalisé par Roy Del Ruth (avec James Cagney et Loretta Young) où l’on voit une scène de compétition de foxtrot et où la position de main est bien visible.

Si l’on veut voir la position classique, on peut la trouver dans un film comme « Ballroom Dancing » de 1992 réalisé par Baz Luhrmann (avec Paul Mercurio et Tara Morice). Nous sommes là dans le monde de la compétition dont les règles n’ont pas bougé au niveau des positions de main par rapport à aujourd’hui. Voici également deux images arrêtées du film.

Enfin, une autre position de mains existe dans le milieu de la salsa cubaine. Dans cette position, le danseur fait une sorte de pince entre son pouce et les autres doigts de sa main. Le pouce se retrouve donc au creux de la main de sa partenaire. Dans certaines figures comme le « dile que no », cette position de main est utile pour maintenir une tension entre le danseur et sa partenaire (la main du danseur se tourne généralement vers l’extérieur pour amplifier l’effet). Pour illustrer cette position de mains, je vous ai fait deux images arrêtées de « Dance with Me » de 1998 réalisé par Randa Haines (avec Chayanne et Vanessa Williams).

On le voit, selon les époques et les cultures, les positions de mains peuvent différer pour une même position globale du couple. Tout ensuite n’est qu’une histoire de technique (lorsque la danse est standardisée) ou de préférence (tant que la partenaire n’est pas gênée dans sa danse et pour ce recevoir le guidage…).

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La valse mexicaine

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Il existe différents types de valse. Tout le monde connaît la valse viennoise que les nouveaux mariés aiment danser pour ouvrir leur bal. On connaît aussi la valse musette que l’on danse dans les bals populaires. On connaît moins la valse lente de compétition et encore moins le boston, une valse ayant fait l’aller-retour entre l’Europe et les États-Unis et y a pris son nom au passage. Et puis, il y a aussi la valse à deux temps, la java (qui se rapproche de la valse musette), etc. Enfin, citons des valses que nous qualifierons de folkloriques comme la valse écossaise, péruvienne, irlandaise ou encore la valse mexicaine dont je voulais vous dire quelques mots dans ce premier « vrai » article de l’année.

La valse mexicaine (la danse) est née dans la première moitié du XXe siècle (alors que les valses d’origine mexicaine ont commencé à être jouées dans la seconde moitié du XIXe siècle) et se danse sur un type de musique bien précis. Les couples y alternent les sections dansées en valse classique (plutôt musette) et les sections chorégraphiées comportant des claquements de mains. Dans ces dernières, les partenaires démarrent en position ouverte, légèrement décalés l’un par rapport à l’autre et se tiennent les deux mains. Ils font une série de mouvements, puis claquent deux fois des mains. C’est à cela que vous reconnaîtrez visuellement la valse mexicaine. Avec le temps (et probablement quelques malentendus…) différentes variantes sont apparues dans les pas, mais on peut cependant distinguer la variante de couple (où l’on effectue des pas chassés face à face) de celle de groupe (où tous les couples sont en cercle et où l’on alterne l’orientation face au cercle puis face à son/sa partenaire).

Fortement marquées par une influence espagnole, les musiques (de tempo modéré) utilisées ne sont pas très nombreuses et doivent avoir une structure particulière. Dans les versions originales, on entend beaucoup les cuivres, dont les trompettes et la guitare, mais la plupart des versions utilisées dans les bals en France sont jouées à l’accordéon. Les bals populaires n’ont pas la possibilité de se payer les Mariachis juste pour un titre… À propos, saviez-vous que le mot mariachi est une déformation du mot mariage qui a été faite à l’époque où l’empereur Maximilien a pu régner sur le Mexique aidé par Napoléon III (dans les années 1860) ? Ainsi, il désigne les orchestres jouant pour les mariages et autres cérémonies dans ce pays. Un peu de culture ne fait pas de mal.

Ce qui est amusant, c’est qu’on ne rencontre pas beaucoup la valse mexicaine dans les écoles de danse. C’est là où certaines associations trouvent le terrain complémentaire en proposant la valse mexicaine aussi bien dans leurs cours que dans leurs soirées. Il est vrai que la valse mexicaine fait un peu plus « vielliot » et moins classe que la valse viennoise, mais c’est néanmoins une variante aisée à apprendre (musique lente, majorité des pas semblables à la valse musette) et obligeant les danseuses et danseurs à écouter la musique. On la qualifie parfois de danse d’animation, mais du fait de la présence des pas de la valse, elle demande un peu plus de temps d’apprentissage. Restons-en donc à la dénomination de danse folklorique (ou traditionnelle).

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LA photo des jazzmen

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Cela fait quelques billets que je poste dans ce blog où je parle de swing. C’est en effet un de mes sujets de prédilection et, vous le savez, la relation entre la musique et la danse est très étroite ; c’est bien pour cela que l’on trouve généralement en librairie les livres sur ces deux thèmes au même rayon. Aujourd’hui, j’ai juste envie de vous parler d’une photo. Une simple photo ? Non, LA photo.

Cette photo, nommée « Harlem 1958 » ou encore « A Great Day in Harlem », a été prise en 1958 par Art Kane. Il s’agit d’une photo majeure dans le monde du jazz. En effet, cette photo représente, en une seule fois, 57 des plus grands musiciens de jazz (54 hommes et 3 femmes) regroupés à New York. Elle a été publiée pour la première fois en janvier 1959 dans l’édition jazz du magazine Esquire.

Alors pourquoi cette photo est-elle si extraordinaire ? La réponse est simple, vous pouvez y voir les visages de grands noms connus comme Dizzy Gillespie, Thelonius Monk, Charles Mingus, Benny Golson, Gene Krupa, Count Basie, Gerry Mulligan, Sonny Rollins ainsi que Lester Young et bien d’autres. Bien que tous les musiciens de jazz de l’époque fussent invités, Art Kane n’avait aucune idée de combien d’entre-eux seraient présents. Il se demandait même s’il en aurait un seul pour faire la photo tout comme ceux à qui il en avait parlé. Il devait être environ 10 heures du matin ; pas vraiment l’heure à laquelle les musiciens de jazz sortent habituellement du lit… L’un d’eux s’étonna d’ailleurs de découvrir qu’il y avait un « 10 heures » chaque matin. C’était en plein été et, pour cette occasion, les jazzmen arrivèrent l’un après l’autre par le bus, en taxi ou via le métro. Dans une interview, Dizzie Gillespie a dit un jour : « Quand j’ai découvert que cette photo allait donner l’occasion de cette grande réunion, je me suis dit que c’était une chance de voir tous ces musiciens sans avoir à aller à un enterrement. » La petite histoire associée à cette photo est qu’il y manque un musicien qui, pourtant était présent ; il s’agit de Willie « The Lion » Smith. En effet, fatigué du temps que mettait la photo à se faire, ce dernier s’était assis sur les marches au moment où le photographe appuya sur le bouton… Quoi qu’il en soit, ces 57 musiciens ont plus ou moins joué les uns avec les autres durant des années sous des combinaisons les plus variées et ont marqué leur temps et l’histoire du jazz. Pour ce qui concerne la danse, c’est leur musique qui a servi à un moment ou à un autre de support à tous les danseurs de lindy hop, de balboa, de shag, de charleston, etc.

Ci-dessus, voici la photo originale à gauche et le même immeuble de nos jours à droite. Sur la photo originale, je vous ai entouré les 3 femmes du groupe et je vous ai ajouté la photo de Willie « The Lion » Smith qui est assis. Il va de soi que cette incrustation est issue d’une autre photo prise le même jour. En avant-plan, on voit que les gamins du quartier ont été autorisés à figurer sur la photo. Peut-être des futurs musiciens (ou danseurs) ?

Au fil des années, cette photo unique a fait le tour du monde. Une très forte allusion à cette photo a d’ailleurs été faite dans le film Acheter sur Amazon de Steven Spielberg où Tom Hanks joue le rôle d’un ressortissant de Krakozie, un pays (fictif) en pleine révolution. Cet étranger au fort accent des pays de l’Europe de l’Est se retrouve coincé dans le no man’s land de l’aéroport de New York (JFK). Il faut attendre la fin du long métrage pour comprendre, mais je vous rassure, j’ai adoré ce film très touchant. Vous pouvez donc le voir ou le revoir si ce n’est pas déjà fait. Je précise quand même qu’il n’y a (quasiment) pas de danse dans ce film, c’est donc un coup de cœur dans l’absolu.

Si l’on a parfois tendance à consommer la musique en tant que danseur, il n’en reste pas moins que, à l’âge d’or du swing, les musiciens et les danseurs étaient très liés. Les danseurs portaient une attention toute particulière aux musiciens de chaque orchestre, car c’est leur musique live qui leur permettait de danser et de passer du bon temps. De leur côté, les musiciens connaissaient aussi certains danseurs et faisaient attention à ce qui se passait sur la piste de danse, et ils n’hésitant pas à même agrémenter leurs improvisations de quelques passages permettant aux danseurs de faire certains mouvements spécifiques. Avec l’expérience et cette cohabitation des musiciens et des danseurs dans un même lieu chaque soir, un lien fort s’est tissé entre eux. L’arrivée progressive des enregistrements, puis des fichiers mp3 et du streaming a ôté une partie de cette communication et a malheureusement souvent transformé la musique en un « consommable » sans âme utilisé pour danser dans l’esprit de certains. Il me semble donc qu’avoir un minimum de culture musicale lorsqu’on danse est particulièrement justifié (toutes musiques confondues) et je ne peux que vous encourager à vous précipiter pour danser devant un orchestre « en direct live » lorsque c’est possible, sans ignorer les musiciens, et de leur accorder vos applaudissements après chaque danse.

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La position du renversé avec ou sans technique

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Bonjour monsieur Phelps. Cette position, si vous l’acceptez, vous mènera jusqu’aux confins du ridicule. Elle vous sera tellement difficile à tenir et elle vous compliquera tellement la danse que vous la considérerez bien vite comme une position impossible. Attention, ce message s’autodétruira dans 5 secondes. Pschiittt !

Si le principe « la technique ne doit pas se voir » est bien connu des danseurs de bon niveau (ce sont ceux qui parviennent à faire en sorte que l’on ait cette impression de facilité lorsqu’ils dansent), il en est une constatation que je ne peux m’empêcher de faire : « le manque de technique ne peut que se voir ». Avez-vous déjà essayé de vous poser lors d’une soirée dansante et d’en profiter pour observer la faune du coin ? On peut brosser le portrait du couple assorti dont les gestes complémentaires agrémentent une danse qui semble naturelle, autant que le portrait du couple un peu étrange où le danseur aux airs hautains de celui qui a un balai là où on pense ne regarde jamais sa danseuse qui, de son côté, gesticule dans tous les sens et donne des coups de pieds dans les chevilles de ceux de ses voisins qui n’ont pas encore compris qu’elle a deux pieds gauches. Bref, je vous conseille de regarder un peu autour de vous de temps en temps, il y a souvent du beau spectacle. Notez tout de même que si ces oiseaux-là s’amusent et vivent bien leur manière de danser sur la piste, ce n’est pas si mal que ça (sauf pour les chevilles pleines de bleus des voisins lents à la détente…).

En dehors de cela, l’image fixe raconte elle aussi beaucoup de choses. Pour les besoins de mon activité d’édition, j’ai ces jours-ci l’occasion de parcourir les catalogues d’agences de photo montrant des danseurs. Chaque situation prise sur le vif est particulièrement loquace. Si l’impression générale et immédiate est importante, le second regard l’est également si l’on souhaite comprendre ce qui se passe. Il est intéressant aussi de jouer à « Où est Charlie ? » avec des photos de soirées dansantes. Prenez par exemple, la photo qui suit.

On regarde plus facilement le couple central qui salue, mais en y regardant de plus près, on peut voir, juste derrière, une main qui est plutôt confortablement installée. Amusant, non ? Si vous avez d’autres photos comme cela, n’hésitez pas à me les faire parvenir.

Un autre point à noter est qu’une position arrêtée dénote aussi souvent très facilement la danse associée. Ira-t-on penser qu’une danseuse en robe longue à plumes et qu’un danseur en queue-de-pie sont en train de danser une valse ? Ira-t-on déduire qu’une danseuse en combinaison brillante rose fluo la tête en bas à trois mètres du sol au-dessus de son partenaire (lui aussi en combinaison moulante) sont en train de danser un paso doble ? D’accord, je caricature. Mais comme chaque danse a ses codes et sa technique, certaines positions sont tout à fait caractéristiques de certaines danses. La photo ci-contre, par exemple, montre une position tout à fait caractéristique de la rumba (ou à défaut, du cha-cha) de danse sportive. Et alors, que se passe-t-il si la bonne technique n’est pas appliquée par les danseurs ? Eh bien, c’est simple : une danse peut passer pour une autre ou alors on peut réellement mettre en doute que les partenaires soient en train de danser…

Je pends juste l’exemple des deux images ci-dessus. La première provient d’un catalogue d’une agence de photo alimentant généralement les magazines de tous vents. Si l’on examine un peu ces positions, on se rend compte que la première est réellement inconfortable pour la danseuse, alors que la seconde est tout aussi spectaculaire (et même beaucoup plus jolie à mon avis) mais plus logique : la danseuse est équilibrée, le danseur se tient droit, prêt à revenir dans la position fermée de base du tango. Bref un joli renversé. On en déduit donc que les deux personnes de la première photo ne sont que des mannequins et probablement pas de vrais danseurs. On retrouve ainsi de nombreuses photos qui illustrent des articles de presse faisant allusion à la danse en couple et qui feraient hérisser les cheveux sur la tête d’un professeur de danse atteint de calvitie avancée. Ces images ont au moins l’avantage de suggérer deux personnes en train de danser. J’aurais personnellement préféré que cela aille au-delà de la suggestion… Avis aux photographes !

Allez, pour finir, je vous donne en bonus encore une de ces photos à se tordre de rire où l’on montre une « position impossible ». Essayez donc de danser le tango comme cela. Encore heureux que ces deux personnes n’aient pas adopté la position des doigts entrelacés si souvent rencontrée chez les non-danseurs qui s’essayent au tango. Si vous vous y retrouvez, n’en faites pas des cauchemars ; il est toujours possible de se défaire des mauvaises habitudes avec de la bonne volonté…

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Le breakaway et les minstrels

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Le site UltraDanse.com présente le lindy hop dans sa section Danses en couple. Quand on lit la page correspondante, on découvre que le lindy hop est l’ancêtre du rock’n’roll (la danse, pas la musique). Mais chacun le sait bien, peu de danses naissent spontanément du jour au lendemain. Le lindy hop, lui-même, est né d’une évolution.

Avant les années 30, à Harlem, on ne dansait pas le lindy comme aujourd’hui. D’ailleurs, il semble établi qu’avant 1927 on n’appelait pas encore « lindy hop » la manière de danser sur du swing. On dansait, entre autres danses, le charleston et le breakaway. C’est le mélange de ces deux danses qui donna le lindy. Tout le monde connaît le charleston, au moins de nom et peut-être aussi le nom de Josephine Baker vient-il à l’esprit en même temps. Car c’est en effet elle qui, dans sa Revue Nègre, diffusa les mouvements du charleston en France. On revoit aisément à cette époque (les « années folles »), les jeunes filles vêtues court avec un chapeau cloche et des robes à paillettes qui gesticulent dans tous les sens et jetant leurs pieds en avant, en arrière et sur les côtés.

Le breakaway est différent. C’est une danse ou la position du couple reste fermée. On retrouve plus ou moins le lindy turn qui servira de base au lindy hop plus tard ainsi que quelques variantes sur des jeux de jambes de charleston. La différence avec le lindy « Savoy style » est que les danseurs se tiennent très droits et suivent une orientation du corps verticale. Le lindy concrétisa une évolution de cette danse où les partenaires pouvaient ouvrir la position et se séparer pour faire des mouvements beaucoup plus libres. La photo ci-dessous fut prise en décembre 1941 où l’on voit un couple encore danser le breakaway, en tout cas c’est ce qu’un oeil exercé pourra vous dire. Et je vous le dis . Comme quoi la manière « moderne » (à l’époque) de danser le lindy cohabita un temps avec la manière « ancienne » de danser le breakaway. Et cela à tel point que le lindy de 1927 devait être dansé tout aussi redressé que le breakaway. Qui peut réellement dire le jour où l’on est réellement passé de l’un à l’autre ? Même les contemporains de cette période ne savent pas le dire.

Au passage, vous noterez peut-être à l’arrière-plan de la photo un personnage au canotier qui consulte ses notes. Il s’agit en réalité d’un « minstrel », un présentateur grimé en noir à outrance : peau noircie au cirage et lèvres marquées de blanc. Les minstrels étaient à l’origine des blancs qui se grimaient en noirs, mais après la Guerre de Sécession, ce sont les noirs eux-mêmes qui adoptaient le déguisement. Le nom « minstrel » vient du français « ménestrel  » et était adopté par des artistes au 19e siècle qui se produisaient dans un spectacle appelé le Minstrel Show, une forme de divertissement typiquement américaine comportant des sketches comiques, de la musique et de la danse. Le maquillage des minstrels a ensuite été adopté maintes fois dans le domaine des spectacles ou lors de films. Voici un exemple de film des années 30 qui adopte encore cette optique (il y a là à la fois des blancs et des noirs sous le maquillage). Le film s’appelle « Mammy » et on y voit chanter Al Johnson. Cela dit, au-delà de l’apparente joie de vivre, n’oublions pas qu’il y a un arrière-goût de racisme dans cette représentation stéréotypée…

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De l’évolution des danses

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Il y a quelques années, je faisais alors des démonstrations lors de soirées dansantes, j’avais eu l’idée de regrouper les danses du début du XXe siècle avec celles de la fin. Ainsi, ma partenaire de l’époque dansait en solo le charleston, le tango, la valse, etc., et j’arrivais en alternance pour danser le disco, les mouvements déstructurés des années 80, la macarena, etc. Il y avait là de quoi étonner les spectateurs. À la fin de notre passage, nous dansions en couple un rock sur une version swing de Y.M.C.A… L’idée était de suggérer aux gens que toutes les danses se rencontrent dans un dancing et que, de ce fait, les danses s’influencent les unes les autres.

L’évolution des danses est particulièrement complexe quand on s’y intéresse de près. Par exemple, le rock’n’roll n’est pas né subitement de rien du tout, pour aboutir au rock, il a fallu passer par le lindy hop qui lui-même vient en partie du charleston. Puis il y a eu aussi l’appropriation par les blancs de cette danse développée par les noirs américains et encore l’influence des chanteurs vedette et leurs mouvements (comme Elvis Presley). Et enfin, de nos jours, on voit bien que la cohabitation avec la salsa influence et amène les nouvelles figures du rock avec ses mouvements de bras un peu compliqués. D’un autre côté, si l’on regarde les danses en solo que l’on voit de nos jours, il y a aussi des influences. On retrouve ainsi, les origines de la tektonik (ou danse electro) dans le hip-hop d’un côté, mais on y trouve quelques petits pas qui sont aussi pratiqués dans les danses en ligne depuis des années. Et je ne parle pas du ragga qui est aussi influencé par la salsa ou des disciplines du fitness comme le step ou l’aérobic où l’on retrouve des « pas de mambo » ou des « cha-cha-cha ».

Ce qui est amusant dans tout cela, c’est qu’à n’importe quelle époque, on essaye de reproduire ce qui a été fait dans les époques précédentes. Aujourd’hui, on danse encore le charleston des années 20, le madison des années 60 et même le disco des années 70-80. Tant mieux, car cela permet de pérenniser ces trouvailles représentatives d’une certaine époque. L’essentiel est de bien avoir conscience que toutes ces danses ont été créées pour s’amuser et se divertir dans une bonne ambiance. Bref, gardez l’esprit ouvert : ce qui est aujourd’hui démodé peut revenir à la mode sous une autre forme dans quelques années. Autant s’y intéresser dès maintenant !

Pour finir la thématique de ce billet, je vous propose de découvrir une petite vidéo qui circule sur Internet. Il s’agit du comique américain Judson Laipply qui retranscrit dans son sketch quelques courants de la danse en solo dans la seconde moitié du XXe siècle. Il a été plusieurs fois imité, mais jamais égalé.

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Une partenaire articifielle

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Depuis que l’homme a acquis quelques compétences en technique, il a toujours essayé de remplacer un manque dans le vivant par un objet de sa conception. Le meilleur exemple est la création de la lame (originellement en silex) pour trancher ce qu’il ne parvenait pas à découper avec ses propres mains. Beaucoup plus proche de nous, citons aussi la conception de diverses prothèses (éventuellement motorisées) pour remplacer un membre ou un organe non fonctionnel ou tout simplement disparu. Naturellement, notre monde de la danse n’échappe pas à cette manifestation inéluctable de la nature humaine à utiliser les progrès technologiques…

Dans la « vraie vie », il est très courant qu’il y ait un manque de danseurs par rapport au nombre de danseuses disponibles. Les filles ont alors trouvé la parade : elles dansent entre elles. Qui n’a jamais vu deux femmes danser la valse ensemble dans les bals populaires pour compenser le manque de partenaires masculins ? Quand il s’agit de la situation inverse, la réaction est toute différente… Pas question de danser entre hommes ! Pourtant à la belle époque du swing, les soldats américains dansaient ensemble tout comme, à une autre époque, les tangueros argentins s’entraînaient ensemble pour progresser et gagner plus tard les faveurs des rares femmes présentes dans les bals tango. Cependant, la solution que le mâle technophile a trouvée pour s’entraîner à danser sans partenaire féminine est toute autre. Il a simplement imaginé remplacer sa partenaire par un mécanisme technologique plus ou moins évolué, autrement dit par une machine. J’ai retrouvé dans des archives un brevet américain, déposé par un certain S. E. Feist le 17 mai 1921 décrivant un tel système. Voyez donc ci-dessous.

Il est à noter qu’un système similaire avait été mis en scène dans le spectacle Burn The Floor de 1999 : les danseurs dansaient avec des mannequins de couture sur roulettes. Cela me rappelle que je dois plus ou moins figurer dans cette catégorie des danseurs technophiles car j’ai moi-même conçu ce genre de chose pour m’exercer à une époque ou aucune de mes partenaires de danse n’avait la disponibilité pour s’entraîner avec moi. C’est assez simple, je vous explique… Un fin mât en bois d’1m70 de haut auquel on fixe de simples roulettes réparties sur 3 pieds lestés. On y ajoute une barre horizontale pour matérialiser les épaules. À cette barre, on fixe des manches remplies de tissus pour matérialiser les bras. Ensuite, si on le souhaite, il suffit d’y adjoindre une structure en fil métallique fin sur laquelle on peut mettre un vêtement pour donner une vague impression féminine. Cela m’a permis de travailler quelques figures de rock ou de salsa pendant un temps, quoi qu’on en dise…

Encore plus récemment, nos amis japonais ont poussé le bouchon encore plus loin. Tout le monde connaît leur passion pour remplacer l’homme par des robots. Ce sont eux qui ont créé le premier robot marcheur à forme humaine (Asimo de Honda), ainsi qu’il y a quelques mois le premier exosquelette motorisé qui permet de se rapprocher des performances de l’homme qui valait trois milliards (série télévisée fétiche des années 80). Ils ont aussi créé il y a quelques mois la partenaire de danse robotisée. Apparemment elle danse la valse. D’un point de vue technique c’est intéressant. Du point de vue du danseur, l’utilité semble assez limitée car cette danseuse motorisée ne semble être ni très maniable, ni très véloce…

N’hésitez pas à réagir et donner vos commentaires à cet article. Je serais curieux de voir ce que vous en pensez…

 

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La valse, danse de couple par excellence

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Depuis des décennies, la valse connaît un succès certain dans les bals et autres réunions dansantes. Chez la jeune génération, elle est à la fois recherchée comme symbole du couple parfait (quand elle est viennoise), dédaignée comme symbole d’un ancien temps démodé (quand elle est musette) et admirée de loin, souvent par méconnaissance (quand elle est anglaise). Quoiqu’il en soit, tout danseur (ou danseuse) de valse vous dira qu’il est enivrant de se laisser tout simplement porter par le rythme ternaire dans une rotation infinie en parfait accord avec sa (ou son) partenaire. 

Tout cela semble bien simple lorsqu’on le dit, mais il n’en n’est pas moins vrai qu’une maîtrise technique est nécessaire pour arriver à l’extase indiquée… Nous allons ici tenter de présenter quelques considérations techniques communes qui permettent d’exécuter les valses sans entrer dans le détail des pas de base de chaque style.

La base de la valse

Le principe de la valse réside dans la rotation infinie d’un couple de danseurs d’abord sur lui-même et ensuite autour de la piste de danse. D’ailleurs, la valse résulte des techniques les plus abouties permettant à un couple d’effectuer une rotation efficace du plus bel effet. 

Par définition, une rotation s’effectue autour d’un axe. Dans notre cas, cet axe vertical passe entre les deux danseurs. La rotation est d’autant plus facile à réaliser que la masse des danseurs est équilibrée de part et d’autre de l’axe et donc qu’il n’y a pas trop de différence entre leurs morphologies respectives. Autrement dit, une danseuse maigre aura plus de mal à danser avec un danseur gros qu’avec un autre maigre…

La technique de réalisation des pas a aussi son importance dans la réalisation d’une belle valse. En valse viennoise, on recherche plutôt le déplacement le long de la ligne de danse alors qu’en valse musette c’est plutôt la rotation du couple sur lui-même qui est privilégiée. D’où deux techniques très différentes. En viennoise, le pas réalisé sur une « 1 » (et le « 4 ») est bien marqué vers le bas et en avant (ou en arrière selon le partenaire et le temps) alors que la rotation est effectuée sur les deux autres temps tout en remontant sur la demi-pointe des pieds et en rééquilibrant le poids global autour de l’axe vertical qui s’est déplacé.  L’effet global de cette technique esquissée ici consiste en un déplacement important du couple sur une ligne. En musette, le « 1 » et le « 2 » (ou « 4 » et « 5 ») marquent un déplacement très petit en avant (ou en arrière selon le partenaire et le temps) alors que la rotation est effectuée sur le « 3 » (ou le « 6 ») sur les plantes. Durant tout le mouvement, le poids global et l’axe de rotation ne se déplacent que très peu sur l’horizontale. 

Ces quelques explications nous permettent de dire que plus les partenaires seront proches l’un de l’autre et plus la rotation pourra se faire proprement et rapidement. En effet, le contact des partenaires au niveau de la hanche est nécessaire à une bonne exécution. Même si, parfois, les convenances voudraient plus de distance entre les danseurs, il faut avouer qu’elles sont un obstacle à la rotation complète du couple sur 6 temps… La seule solution pour se conformer aux convenances est soit de diminuer le montant de tour effectué tous les 3 temps, soit que les partenaires compensent d’une manière qui sera de toute façon désagréable l’écart laissé de part et d’autre de l’axe..

L’action des partenaires

Une question essentielle se pose pour expliquer le mouvement global de la valse : pourquoi le couple tourne-t-il ? Il y a plusieurs facteurs permettant de répondre.

  • Parce que l’un des partenaires effectue une action vers l’autre qui ne la contrarie pas. A priori, les deux partenaires effectuent des actions complémentaires lors d’un tour : pour schématiser, l’un pousse, l’autre tire ; l’un tourne à droite, l’autre tourne à droite.
  • Parce qu’à chaque demi-tour les partenaires inversent les rôles (sauf pour le guidage de la trajectoire globale du couple qui revient à l’homme). Comme tous les 3 temps le couple a effectué un demi tour, le danseur qui se trouvait face à la ligne de danse sur le « 1 » se trouve dos ligne de danse sur le « 3 » et le « 4 » pour se retrouver face ligne de danse sur le « 6 » (et le « 1 » suivant évidemment). Donc si à un demi-tour l’un des partenaires avance pour son premier pas, il reculera forcément sur le premier pas du demi-tour suivant. Et inversement pour l’autre. L’homme reste cependant dans tous les cas maître de la trajectoire et du sens de la rotation par convention.
  • Parce que les pas et les montants de tour respectifs des danseurs ont des dimensions similaires. Pour une rotation régulière demi-tour après demi-tour, chaque danseur essaye de s’adapter le plus possible aux pas de son partenaire de telle manière que le couple approche la moyenne idéale particulièrement au niveau de la longueur des pas.
  • Parce que chaque danseur du couple compense tout décalage dans les mouvements par rapport à la moyenne pour une rotation et un déplacement donné. Un danseur avec de grandes jambes est obligé de s’adapter à ce que peut physiquement faire une petite danseuse… ou inversement ! De même s’il y a une différence de niveau technique entre les deux danseurs, le meilleur des deux doit s’adapter quitte à changer de style et aboutir à une valse (style « empire ») où l’on ne fait pas forcément un tour complet tous les 6 comptes et l’on suit donc pas la ligne de danse.

Le déplacement dans la salle

Dans une valse « normale », non seulement le couple doit-il tourner sur lui-même, mais aussi le long de la ligne de danse qui fait le tour de la salle. En fait, dans une salle de danse, il y a deux lignes de danse qui permettent de faire le tour de la piste dans le sens inverse de la rotation des aiguilles d’une montre. La première, la plus extérieure, est suivie par les couples (généralement les plus expérimentés en valse viennoise) à la progression la plus rapide. La seconde, plus vers l’intérieur de la piste, concerne les couples les plus lents. Les couples débutants, eux, susceptibles de s’arrêter en cours de route, restent au milieu de la piste pour ne pas gêner les autres danseurs. Dans le cas de la valse musette, comme on ne cherche évidemment pas la progression rapide, cette distinction des lignes de danse n’est pas aussi marquée qu’en viennoise. On dit d’ailleurs que les meilleurs danseurs de musette savent danser sur place sur un guéridon à peine plus grand que le couple lui-même. Du fait de la progression typique de la valse lente, les deux lignes ne font qu’une. Il est d’ailleurs impossible de danser une valse lente (anglaise) sur une piste bondée.

Même s’il n’est pas facile de progresser sur une piste bondée, le strict respect des lignes de danse aide beaucoup. Malheureusement, c’est rarement le cas : peu de gens se conforment à ces règles (principalement par méconnaissance)… Aussi les cavaliers doivent-ils s’adonner à un exercice particulièrement difficile : celui qui consiste à progresser tout en évitant les autres couples qui ne font pas forcément un déplacement dans les règles. Le couple doit donc cultiver une attirance vers les espaces vides pour avancer. Différentes astuces permettent de gérer un obstacle. Bien sûr la succession de pas de change a l’avantage de conserver le cavalier face à la ligne de danse : il peut ainsi surveiller le chemin. Le pas de change peut aussi être réduit au point de faire du sur place en attendant qu’un « bouchon » se résorbe par exemple. L’évitement d’un obstacle peut aussi être réalisé par un changement de sens de rotation qui pourra s’accompagner d’un changement de trajectoire. Il est vrai que c’est plus élégant que le simple pas de change, mais c’est plus difficile à négocier… L’essentiel est quand-même de ne jamais s’arrêter de faire ses pas… C’est ce qu’on appelle danser !

Suivre la musique

Chaque type de valse se danse sur certaines musiques qu’il faut savoir reconnaître. Sur une musique de valse lente, on danse forcément une valse lente mais les débutants pourront aussi s’essayer à la viennoise en attendant les nombreuses heures de pratique nécessaires à l’acquisition de la vitesse de rotation sans que la tête ne tourne. La musette, elle, permet de danser les tempos les plus rapides du fait de ses petits pas. 

Certaines valses viennoises sont régulières du début à la fin mais les Strauss se sont fait une spécialité d’introduire des ralentissements de tempo temporaires dans leurs compositions. Ce qui renforce la difficulté de la danse… Il est donc nécessaire de bien écouter la musique afin de ralentir le mouvement au bon moment. Il peut être intéressant de connaître le morceau à l’avance pour négocier certains passages, d’où l’intérêt de varier les musiques à l’apprentissage ou à l’entraînement. 

Dans le style musette, des morceaux de java peuvent se danser en valse musette. Certains de ces morceaux contiennent des breaks caractérisés par un arrêt brusque de la musique sur trois temps. Là où la plupart des danseurs continuent à danser sur ces trois temps, pourquoi ne pas marquer une pause ? Ceci incorpore une variation amusante dans la succession de tours à droite et tours à gauche de la valse.

Conclusion

Nous avons rapidement évoqué tout au long de cet article quelques points importants pour danser la valse (ou plutôt les valses) avec aisance. Il est évident que l’on pourrait écrire des pages et des pages en plus tant le sujet est vaste. Si tout cela vous semble compliqué, c’est probablement que vous êtes encore débutant dans ce domaine. Rassurez-vous : il est normal que vous ayez un peu de mal à prendre en compte toutes ces considérations dès de départ. Tout vient progressivement avec la pratique. Il n’y a pas de secret en valse, chacun apprend peu à peu à prendre conscience de son corps et gagne en équilibre et donc en vitesse. 

En parallèle, le changement de cavalier (ou de cavalière) offert par les cours collectifs aide à prendre conscience des interactions qui s’exercent entre son corps et celui de sa (ou son) partenaire. N’oubliez pas qu’un bon danseur ou une bonne danseuse de valse saura toujours s’adapter à un partenaire moyen ou débutant pour que la valse soit globalement acceptable. Ceci n’implique pas forcément que le meilleur des deux « s’éclate » mais ce dernier peut être assuré que l’autre y prendra réellement du plaisir. La danse en couple c’est faire plaisir à l’autre et se faire plaisir en lui faisant plaisir…

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L’étiquette de la piste de danse : connaissez-vous les bonnes manières ?

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On entend de nombreuses danseuses et danseur, expérimenté(e)s ou non, se plaindre des conditions dans lesquelles il leur est donné de danser à l’occasion de soirées dansantes. Ce n’est pas tant à cause de la température de la salle, ou du manque de convivialité de l’accueil, qu’à cause d’autres participants avec qui ils ont partagé la piste de danse. La raison de ce mécontentement : l’impolitesse de certaines ou certains et le non respect des règles élémentaires de savoir-vivre sur une piste de danse.

Le savoir-vivre — que l’on pourrait appeler aussi savoir-danser — est ce qui fait que l’on danse en bonne entente avec les autres personnes dans un même endroit. Chacun respecte l’autre et respecte également un ensemble de règles que l’on regroupe sous le terme de « l’étiquette », tout comme les bonnes manières que l’on apprend aux enfants dès qu’ils sont en âge de comprendre…

La ligne de danse

L’aspect essentiel du savoir-vivre lorsque l’on danse est le respect de la ligne de danse. C’est un aspect technique et qui, par conséquent, doit absolument être enseigné dès la première année de cours.

Il existe différentes lignes de danse selon la danse que l’on pratique. La plus connue est la ligne de danse définie comme « la ligne imaginaire faisant le tour de la piste de danse (souvent de la salle) dans le sens contraire de la rotation des aiguilles d’une montre ». Certains parlent aussi de « couloir ». Cette ligne de danse est utilisée dans toutes les danses progressives : valse, tango, paso-doble, foxtrot, boléro, boston, java, etc. Si l’on ne connaît pas cette ligne de danse, il est impossible de danser avec les autres. Imaginez la voiture allant en zigzaguant (ou, pire, à contresens) sur une autoroute… Il faut éviter de s’arrêter, et progresser autour de la salle dans la mesure du possible. Cette ligne de danse n’est pas la seule utilisable : il est possible de danser davantage vers le centre de la piste. D’une manière générale, on distingue deux lignes de danse progressives. La ligne extérieure, ou ligne rapide, est utilisée par les danseurs souvent les plus expérimentés progressant plus rapidement que les autres. La ligne intérieure, ou ligne lente, est utilisée par les danseurs peu assurés dans leurs pas et progressant de ce fait plus lentement. Le centre de la piste peut tout à fait servir aux débutants ne sachant pas encore faire correctement leurs pas de base et pour les utilisateurs de la ligne lente lorsqu’ils désirent s’arrêter (figure stationnaire, hésitation ou problème technique…).

La notion de ligne de danse est différente dans le domaine des danses stationnaires (rock, cha-cha, rumba, etc.). Dans ce cas, la ligne de danse est une portion de droite servant de repère pour délimiter un espace de danse (souvent rectangulaire) dans lequel va essayer de se cantonner le couple de danseurs. Chaque couple dispose de son espace de danse avec sa petite ligne de danse. En rock, la ligne de danse traverse les danseurs lorsqu’ils sont en position ouverte (et les sépare lorsqu’ils sont en position fermée). En cha-cha, la ligne de danse sépare les danseurs lorsqu’ils sont en position fermée (ou ouverte dans la même orientation). À chaque couple de garder ses repères en tête pour éviter de déborder sur l’espace dévolu aux couples de danseurs voisins. Chacun respecte l’espace de danse des autres et tout se passe au mieux sans coups de pieds dans les chevilles ni manchettes dans le visage.

Certaines danses n’ont pas de ligne de danse fixe dans la salle. La salsa cubaine et le lindy hop en sont des exemples. La ligne de danse varie dans l’espace mais est un repère constant pour un partenaire vis-à-vis de l’autre. La danseuse essaye généralement de se replacer le plus possible face à son danseur même après des figures les plus complexes ou acrobatiques.

Le comportement

L’étiquette de la piste de danse va plus loin que ces simples aspects techniques (qui vont de pair avec le fait de savoir danser tout simplement). D’autres facteurs plus humains entrent en compte dans le fait de bien se comporter : hygiène corporelle, politesse et respect de l’autre en sont les principaux.

Lorsque vous vous préparez à vous rendre à une soirée dansante, vous devez garder en mémoire que vous allez côtoyer d’autres personnes de très près et que vous allez beaucoup bouger. Ainsi pensez à vous laver, à vous brosser les dents (pitié pas d’aïoli avant !) et à appliquer du déodorant sur les parties les plus odoriférantes de votre individu. Si besoin, prenez un stick de déodorant avec vous pour un petit raccord, on ne sait jamais… Apportez avec vous des vêtements de rechange, c’est toujours désagréable de danser avec une éponge imbibée de sueur. Mesdemoiselles, ne considérez pas que ceci ne s’adresse qu’aux messieurs : tout est valide dans les deux sens.

Le choix des chaussures est aussi important. Si le sol est glissant et que vos chaussures sont lisses, vous risquez d’entraîner votre partenaire (voire les voisins) dans votre gadin. Le conseil : prenez deux paires de chaussures, une pour les sols glissants, une pour les sols qui accrochent. Enfin, avant de partir ou sur le chemin, remémorez-vous vos cours de danse, avec une bonne technique, vous ferez le plaisir de votre partenaire. C’est respecter ses partenaires éventuel(le)s que de faire des efforts pour ne pas faire « boulet » dans une soirée dansante… C’est pour cela qu’il est important pour les garçons aussi bien que pour les filles de prendre un minimum de cours de danse.

L’invitation est le moment crucial qui fait déjà partie de la danse. Traditionnellement, ce sont les hommes qui invitent, à l’exception des quarts d’heure américains où les rôles sont inversés. Cependant la société évolue et de nos jours les femmes peuvent inviter les hommes sans paraître dévergondées ou que ceux-ci ne s’en offusquent. Sachez qu’avant tout si vous voulez être invité(e), il faut paraître « disponible ». Les papotages à tout va et les farfouillages dans le sac à main sont donc à éviter. Un simple contact des yeux en souriant peut suffire, sans prendre de risques de râteau, à suggérer à une personne que vous désireriez être invité. Messieurs, ne prenez pas l’attitude du macho qui va à la pêche à la greluche et qui, dès qu’il en a repéré une, s’empresse de la saisir par le bras sans la regarder pour l’entraîner sur la piste de danse. De même si on vous invite et que vous désirez refuser, restez poli(e) et souriant(e) et surtout n’acceptez pas d’autre invitation sur ce même morceau de musique. Ce serait incorrect.

Pendant la danse, c’est l’homme qui guide. C’est la règle dans la grande majorité des danses. C’est donc à lui d’établir la trajectoire du couple dans la salle. Mesdames, ne contrecarrez le guidage du danseur que pour éviter une collision qu’il n’a pas pu anticiper ou voir (il peut parfois se trouver dos à la ligne de danse). Si malgré tout vous provoquez un choc avec un danseur voisin, excusez-vous. Si l’on vous donne un coup par inadvertance (ce ne peut être qu’involontaire…), regardez l’auteur en souriant mais suffisamment pour qu’il comprenne son erreur et acceptez ses excuses. La danse doit être faite avec le même partenaire jusqu’au bout du morceau de musique. Pas question d’arrêter au milieu : vous avez invité ou vous avez accepté une invitation. Il faut à présent assumer même si vous vous apercevez qu’il ou elle a un gabarit différent du vôtre. Adaptez votre position à sa morphologie et évitez les mains baladeuses ! Enfin, il est de bon usage d’avoir l’air d’apprécier la danse et de ne pas se plaindre d’un (ou une) mauvais(e) danseur/danseuse. Ce qui n’empêche pas de systématiquement refuser les invitations ultérieures…

À la fin du morceau, vous pouvez proposer à votre partenaire de poursuivre sur le morceau suivant mais ne le (ou la) monopolisez pas trop longtemps. Trois titres d’affilée est un maximum à moins que ce ne soit votre partenaire attitré. Une fois la série achevée, chacun remercie poliment son partenaire et on se doit de quitter la piste de danse rapidement — mais élégamment — pour laisser la place aux autres danseurs qui entrent en piste.

Conclusion

L’étiquette de la piste de danse n’est, on le voit, qu’une simple mise en action du bon sens et l’application des règles de politesses de la vie de tous les jours au fait de danser en société dans un même lieu.  Si chacun y met du sien, chacun doit pouvoir y trouver son compte et réellement apprécier le temps passé en commun sur la piste de danse. Et si vous rencontrez des personnes qui ignorent ces règles minimales de savoir-vivre/savoir-danser, faites-leur passer un lien vers cet article  !

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Connaissez-vous les Zazous ?

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Derrière la dénomination de « Zazou » se cache un mouvement mené par une certaine jeunesse française des années 1940 adepte de musique jazz. Ils doivent l’origine de leur nom à Cab Calloway (le célèbre chef d’orchestre américain à la mèche rebelle) qui, en 1934, chanta le premier les onomatopées « zah zuh zaz » reprises en 1939 par Johnny Hess dans sa chanson « Je suis swing » que tout le monde connaît (enfin au moins le refrain !). Mais au-delà de l’anecdote sur cette dénomination, c’est un vrai mouvement de jeunesse que nous évoquons ici. À titre d’information, je vous mets ci-dessous le début des paroles de la chanson « Je suis swing » de l’époque.

La musique nègre et le jazz hot
Sont déjà de vieilles machines.
Maintenant pour être dans la note
Il faut du swing.
Le swing n’est pas une mélodie
Le swing n’est pas une maladie
Mais aussitôt qu’il vous a plu
Il vous prend et n’vous lâche plus.

Je suis swing, je suis swing
Da dou da dou da dou da dou dé yeah
Je suis swing, oh je suis swing.
C’est fou, c’est fou c’que ça peut griser.
Quand je chante un chant d’amour
J’le pimente d’un tas de petits trucs autour
Je suis swing, je suis swing
Za zou za zou, c’est gentil comme tout.

Johnny Hess

Et un petit clip pour écouter…

Zazous habits

Les Zazous, aussi appelés « Petits Swings », se reconnaissaient par une tenue vestimentaire spéciale : chemise au grand col, cravate relâchée, veston trop long et pantalon trop court pour les garçons et chandail à col roulé détendu, robe plissée courte et bas noirs tombant vers des sandales de curé pour les filles. Leurs cheveux longs et frisés achevaient le tableau et leur donnaient un air rebelle.

L’ambiance des soirées Zazou tournait autour du swing et des vedettes française de l’époque : Johnny Hess, Charles Trénet, Irène de Trébert, Alix Combelle mais aussi Yves Montand et Charles Aznavour. Malgré les restrictions dues à la guerre et l’après-guerre et les erzatz remplaçant la bière ou de café, rien ne pouvait les empêcher de s’amuser en se retrouvant pour danser sur du swing. Tout cela se passait entre 1939 et 1950.

Pour aller plus loin sur le sujet, je vous conseille le coffret BD+CD de chez Nocturne Les ZazousAcheter sur Amazon qui m’a inspiré pour ce billet. Faisant partie d’une collection mêlant BD et CD audio, ce coffret est très instructif sur la période méconnue des Zazous (1938-1952). C’est l’époque où la musique swing rencontre la danse be-bop en France et où les Zazous se retrouvaient dans des caves pour danser. La BD explique tout cela d’une manière concise et agréable alors que les 48 morceaux de swing regroupés sur les 2 CD nous replongent dans l’ambiance musicale de l’époque. On y trouve les artistes clés dont Johnny Hess « Je suis swing », Irène Trébert « Mademoiselle swing » ou encore Charles Trénet « La poule zazou ». Des morceaux au son d’origine qui donnent envie de danser !

Vous pouvez aussi vous procurer le libre Les ZazousAcheter sur Amazon de J.-C. Loiseau, un peu plus ancien mais aussi très informatif ou encore le très récent L’histoire des zazous: Paris – Bruxelles – Prague – BerlinAcheter sur Amazon de Gérard Régnier. Côté musique les compilations regroupant des morceaux de jazz produits sous l’occupation sauront probablement vous mettre dans l’ambiance si les titres du coffret BD+CD cité plus haut ne vous suffit pas.

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Débuter dans les danses en couple : petit guide rapide

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De plus en plus nombreux sont ceux qui, impressionnés par l’image de danseurs expérimentés, désirent eux aussi s’essayer à la danse en couple. La question qui se pose alors systématiquement est : « Par où commencer ? ». En effet, les danses sont très variées, elles ont chacune leur histoire et leur style et ne correspondent pas toujours à la personnalité de chacun. Par ailleurs, afin d’obtenir un bon résultat, le parcours peut être parsemé d’embûches qu’il est parfois souhaitable d’éviter. Nous allons essayer ici d’apporter des éléments de réponses tout à fait subjectifs sur ce sujet afin d’aider un tant soit peu à une entrée heureuse dans le petit monde de la danse en couple.

Choisir une école ou une association

Ça y est, vous vous êtes finalement décidé(e) à prendre des cours de danse. Lassé(e) de rester assis(e) pendant que les autres s’amusent et désirant élargir le champ de vos connaissances, vous vous êtes convaincu(e) que c’est une bonne solution pour changer vos habitudes. Vous n’avez pas tort ! Il est vraisemblable que, ne pratiquant pas, vous n’y connaissiez pas grand chose en dehors des habituels clichés sur la danse en couple (papi et mamie vont en guinguette en l’occurrence voire même le slow langoureux des fins de soirées en boîte…) ou les mises en scène spectaculaires de Danse avec les stars. La première chose à faire, si possible, est de se renseigner auprès des gens qui s’y connaissent. Si vous avez des parents ou amis qui prennent ou ont pris des cours, demandez leur de vous parler de leur expérience. Chaque ville ou région a son microcosme de danseurs à l’intérieur duquel on trouve de tout, le pire comme le meilleur. C’est également le cas des lieux où l’on peut apprendre. Il y a de bons endroits et de moins bons. Certains sont plutôt adaptés à la compétition ou au spectacle, d’autres à la danse de loisir.

Vous apprendrez la danse de loisir dans la plupart des associations dispensant des cours de danse en couple dans des salles municipales. En école de danse privée, vous pourrez apprendre soit la danse de compétition, soit la danse de loisir, soit les deux. Chaque école ou association a une réputation parmi les danseurs, sondez vos connaissances pour connaître les endroits où les cours sont de bonne qualité et où l’ambiance est sympathique. Essayez de trouver l’avis de danseurs expérimentés qui vont régulièrement danser dans des soirées de la région. Notez que les cours dans une école coûtent bien souvent davantage (jusqu’au double) par rapport à une association, mais le niveau d’exigence, les frais de structure et les moyens mis à votre disposition ne sont pas les mêmes non plus. Certaines associations savent cependant se doter d’excellentes conditions. En début de saison (septembre), utilisez les journées « portes ouvertes » ou le « cours d’essai gratuit » proposé pour vous faire une idée. Mais l’idéal est plutôt d’avoir l’occasion de regarder le déroulement d’un cours à la fin de l’année précédente ou d’assister au spectacle de fin d’année sur scène (gala). Vous y verrez le résultat d’une année de cours ainsi que l’ambiance réelle entre les participants et l’enseignant. Rappelez-vous qu’un excellent danseur n’est pas forcément un excellent enseignant mais que pour faire un bon enseignant, il faut au moins savoir danser correctement avec un bon niveau.

Choisir une danse ou un style de danse

Certains sauront quelle danse ils veulent apprendre car il l’auront vue pratiquer lors d’une soirée dansante, un bal de mariage, en boîte de nuit, à la télévision, etc. D’autres (et c’est souvent le cas) ne vont pas réellement savoir ce qu’ils voudront danser par méconnaissance face à la diversité des styles. Dans ce dernier cas, un cours généraliste d’initiation à quelques danses sera une bonne porte d’entrée : en ayant ainsi un aperçu des principales danses, le débutant sera par la suite en mesure de choisir les danses qui lui plaisent le plus. Dans ces cours, on pratique un peu de tout sans pour autant avoir le temps d’approfondir chaque danse dans une seule année, ce qui est parfois frustrant.

Une fois que vous avez une idée précise de ce que vous désirez danser, vous pouvez vous orienter vers un style particulier. Beaucoup de gens s’orientent en premier vers le rock. Contrairement aux idées reçues, on ne le danse pas que sur des tubes des années 50-60. De nombreuses musiques récentes se dansent en rock (Dany Brillant, Céline Dion, Shania Twain, etc. ont des titres intéressants pour danser le rock dans leurs albums). En second, les danses latines attirent beaucoup également : salsa/mambo, cha-cha-cha et bachata en particulier. Pour les amateurs de musiques latinos, parmi ces danses les 2 premières sont très dynamiques comme le rock la dernière est plus tranquille. On retrouve dans les hits des années 90 à aujourd’hui bon nombre de titres dans ce style (Jenifer Lopez, Enrique Iglesias, Shakira, etc.). Puis on a aussi les futurs mariés qui voudront commencer par apprendre la valse (viennoise souvent) pour l’ouverture de leur bal de mariage. Quelques cours particuliers risquent d’être nécessaires s’il veulent danser sur une vraie viennoise à 60 mesures par minute. Les amateurs de musette choisiront le triplé gagnant valse musette-tango-paso. Ce sont des grands classiques des soirées de danses en couple et des mariages très ancrés dans notre culture française des bals musette. Ensuite, on trouve d’autres danses latines (samba, rumba), les danses swing (lindy hop, balboa, west coast swing), les danses des Caraïbes (merengue, zouk, biguine), les danses rétro (java, boléro, etc.), des danses folkloriques (polka, valse mexicaine, etc.). Vous trouverez aussi des danses en ligne, qui se pratiquent en groupe, comme le madison, les danses country western, le disco, etc. Ces danses ne se pratiquent pas à deux, mais sont de bons moyens pour acquérir une aisance dans l’espace avant même de s’essayer en couple. Si vous avez votre propre équilibre et une bonne conscience de votre espace d’évolution ainsi que de votre psychomotricité, vous serez avantagé lorsque vous danserez en couple.

Si vous choisissez d’apprendre une technique compétitive (avec un rythme de travail adéquat), vous aurez le choix entre rock seul, danses latines (cha-cha, rumba, samba, jive et paso) et danses standard (valse viennoise, valse lente, tango, quickstep, slowfox). Dans ces cours vous apprendrez une technique précise et un style esthétique, mais il vous sera parfois difficile de les mettre en application sur une piste de danse bondée… La danse sportive demande parfois de la place.

Pratiquer

Quand vous aurez commencé à acquérir les bases de quelques danses, il faudra absolument vous entraîner un peu chez vous évidemment, mais aussi pratiquer en soirée dansante. La plupart des écoles et associations organisent des entraînements et/ou des soirées dansantes pour leurs élèves. C’est une bonne occasion de réellement mettre les cours en application dans un environnement connu. Mais plus vous trouverez d’occasions de sortir et de pratiquer, plus vous progresserez. Donc n’évitez pas les sorties entre collègues de cours ou entre copains vers des soirées dansantes organisées par d’autres organismes voire des sorties en discothèque passant les musiques adéquates.

Les galas de fin d’année où les élèves montrent aux autres (et éventuellement à leurs proches) ce qu’ils ont appris dans l’année sont aussi très motivants pour progresser. On apprend un enchaînement sur une musique bien précise et on pratique jusqu’à la date fatidique de la démonstration… Même si le fait de se montrer en public peut paraître inquiétant, on aura beaucoup progressé lors des répétitions préalables motivé par l’envie de bien faire. Évidemment, en soirée dansante, il faudra éviter de refaire cet enchaînement tel quel sous peine de ne savoir faire que ça… Et là on ne s’amuse plus beaucoup, ce qui n’est pas le but recherché.

Conclusion

Voilà qui devrait donner aux futurs danseurs en herbe des éléments pour les rassurer et permettre une rapide intégration dans l’univers de la danse en couple. Ensuite, chacun progresse à son rythme. Il ne faut absolument pas se décourager. L’apprentissage se fait par paliers et il est difficile de prévoir quand le prochain aura lieu. Une fois que l’on a commencé et qu’on est accroché par la danse en couple, il est difficile de s’en défaire. De nombreuses personnes continuent à danser ensuite durant toute leur vie tant le plaisir qu’ils en retirent est important. Aujourd’hui vous êtes débutant, mais d’ici quelques mois d’autres néophytes vous regarderont danser avec de grands yeux et, séduits par la votre manière de danser en couple, iront s’inscrire pour leur premier cours de danse.

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